En 212, Origène, de passage à Rome, avait voulu entendre le célèbre prêtre Hippolyte. Celui-ci eut l’adresse de glisser dans son discours l’éloge de son illustre auditeur : c’est ainsi qu’Hippolyte apparaît dans l’histoire. On ne sait rien de sa jeunesse ni de sa formation théologique; on constate qu’en ce début du IIIe siècle il enseignait une théologie extrêmement traditionnelle et combattait les hérétiques avec violence. Quand, en 217, Calixte devint pape, Hippolyte refusa de le reconnaître et devint le premier antipape de l’histoire. Il composa contre Calixte un violent pamphlet. Puis il lui reprocha d’accorder trop facilement le pardon des péchés et d’autoriser les mariages entre matrones et hommes de condition inférieure; c’était là une manifestation de son esprit conservateur à l’excès. Hippolyte fut plus heureux en rédigeant sa Tradition apostolique, où il consigna les plus anciennes prières liturgiques romaines qui aient été conservées. Hippolyte eut le premier l’idée de dresser des tables permettant de trouver facilement la date de Pâques. Toutes ses œuvres sont écrites en grec, alors qu’à cette époque la communauté chrétienne de Rome commençait à adopter le latin.
En 235, la persécution se déclencha ; sans se mettre en peine de savoir lequel était légitime, les autorités déportèrent en Sardaigne les deux personnages qui se prétendaient "évêque de Rome", Pontien et Hippolyte. Ils moururent tous les deux en déportation après avoir démissionné. Hippolyte avait invité ses fidèles à rejoindre l’Église. Ils conservèrent cependant son souvenir et firent revenir à Rome son corps, qui fut déposé sur la voie Tiburtine dans le cimetière qui prit son nom. Sa fête est célébrée le 13 août.