MATINES DU SAMEDI SAINT

OFFICE DES MYROPHORES
LE SAMEDI SAINT À MATINES

Les Matines sont habituellement célébrées le vendredi soir et commencent par l'office royal.
Le prêtre dit : Béni soit notre Dieu… Le lecteur : Amen et les prières initiales… Kyrie eleison (12 fois). Gloire... et maintenant... Venez, adorons,les psaumes 19 et 20. Gloire... et maintenant... De nouveau le Trisagion : saint Dieu…
Sauve ton peuple, Seigneur… Toi qui souffris librement… et Protectrice infaillible…
Le prêtre dit la petite litanie du triple Kyrie eleison et l'ecphonèse : Car tu es un Dieu miséricordieux…
Le chœur : Amen et Au nom du Seigneur, Père, bénis !
Le prêtre : Gloire à la sainte, consubstantielle et indivisible Trinité…
Le Supérieur ou un lecteur lit l'hexapsalme.
Ensuite, le prêtre ou le diacre dit la grande litanie de paix. Après l'ecphonèse, Amen et l'on chante, lentement, sur mélodie ornée :

Le Seigneur-Dieu, nous est apparu; béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Versets :
1. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour.
2. Toutes les nations m'ont entouré, au nom du Seigneur je les ai repoussées.
3. Non, je ne mourrai pas, je vivrai et publierai les hauts faits du Seigneur.
4. La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle; c'est là l'œuvre du Seigneur : une merveille à nos yeux.

Et ces tropaires, mode 2 :
Le noble Joseph, lorsque de la croix il eut descendu ton corps immaculé, l'enveloppa d'un blanc linceul et l'embauma de précieux parfums, et pour sa sépulture il le déposa dans un tombeau tout neuf.

Gloire au Père...

Lorsque tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, l'enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité et, lorsque tu ressuscitas les morts qui gisaient au fond du tombeau, tous les anges dans les cieux se mirent à chanter : Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu.

Et maintenant...

Près du sépulcre, un ange du Seigneur apparut aux Myrophores et leur dit : Aux morts conviennent la myrrhe et les aromates; le corps du Christ est affranchi de toute corruption.

On lit le cathisme 17, c'est-à-dire le psaume 118, en trois stances. Après chaque verset, on chante une strophe sur le modèle suivant.

Tu es béni, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

1. Bienheureux ceux qui suivent sans reproche la voie, ceux qui marchent dans la loi du Seigneur.

En ce jour dans le sépulcre tu fus déposé, ô Christ notre Vie; les puissances angéliques étaient saisies d'effroi, mais chantèrent : Gloire à ta condescendance.

2. Bienheureux ceux qui scrutent ses témoignages, ceux qui le cherchent de tout cœur.

Le tombe, pour détruire à tout jamais l'empire de la mort et sauver d'enfer les morts en les ressuscitant.

3. Car ce n'est pas les artisans d'iniquité qui empruntent ses voies.

Vénérant ta sépulture, la Passion que tu souffris pour nous sauver et la mort qui nous délivre de la corruption, nous te magnifions et nous chantons ta royauté.

4. Tu nous as donné tes préceptes pour les garder fidèlement.

Toi qui as créé la terre, lui fixant ses dimensions, sa grandeur, en ce jour, ô Roi de tous, tu loges à l'étroit, mais dans leurs tombeaux les morts se lèvent avec toi.

5. Puissent mes voies se fixer dans l'observance de ta loi !

Ô Seigneur de toutes choses, Christ Jésus, ô Roi de tout l'univers, aux Enfers que cherchais-tu pour être descendu ? c'est la race des mortels que tu voulais sauver.

6. Alors je ne serai pas confondu, en fixant des yeux tous tes préceptes.

Le Seigneur, le Roi du monde, à nos yeux se laisse voir dans la mort, et Joseph a déposé dans un tombeau tout neuf le Sauveur qui a vidé les tombes de leurs morts !

7. Je te louerai dans la droiture de mon cœur, instruit de tes justes jugements .

En ce jour dans le sépulcre tu fus déposé, ô Christ notre Vie : par la mort tu as vaincu l'empire de la mort, pour le monde tu ouvris les sources de la vie.

8. Tes volontés, je les veux observer, ne me délaisse pas jusqu'à la fin.

Vrai Soleil de la justice, tu es arrêté, ô Christ, comme un brigand; toi qui justifies tout homme, tu es mis en croix au milieu de deux larrons, Sauveur du monde.

9. Comment, jeune, garder pur son chemin ? En observant ta parole.

Plus que tous les fils des hommes rayonnant par la splendeur de sa beauté, il a pris l'aspect d'un mort sans grâce et sans éclat, lui dont la nature entière tire sa beauté.

10. De tout cœur, c'est toi que j'ai cherché, ne permets pas que je m'écarte de ta loi.

La splendeur de ta présence pour l'enfer aura l'effet d'un éclair et l'Hadès par ta venue sera tout ébloui, ne pouvant pas soutenir le jour et la clarté.

11. Au fond de mon cœur j'ai conservé tes paroles pour ne point faillir envers toi.

Ô Jésus, douce lumière qui m'éclaires et donnes au monde le salut, au sépulcre ténébreux comment te caches-tu, en ton ineffable et mystérieuse soumission ?

12. Tu es béni, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

Ineffable est le mystère de ta sépulture, ô Christ notre Dieu, et les anges dans les cieux ne peuvent s'expliquer la façon dont Dieu lui-même gît dans le tombeau.

13. De mes lèvres, j'ai annoncé tous les décrets de ta bouche.

Étonnante est la merveille qui dépasse les merveilles de jadis : car le Maître de ma vie sans vie est transporté, recevant la sépulture offerte par Joseph.

14. L'observance de tes préceptes a fait ma joie, plus que toute richesse.

Tu descends dans le sépulcre sans pourtant quitter le sein paternel : qui de nous pourrait saisir le mystère étonnant et l'énigme qui dépasse notre entendement ?

15. Tes commandements, je les veux méditer, je saisis tes sentiers.

Roi du ciel et de la terre, véritablement tu es partout présent : l'étroitesse du tombeau ne nous empêche pas de te connaître pour le Roi de l'univers.

16. En tes volontés je trouve mes délices, jamais je n'oublierai ta parole.

Au tombeau l'on te dépose, Verbe créateur de tout l'univers : les assises de l'enfer en sont tout ébranlées et les tombes des mortels libèrent leurs captifs.

17. À ton serviteur accorde cette grâce : que je vive en observant ta parole.

Celui qui maintient la terre et la place dans le creux de sa main, sous la terre par son corps se trouve retenu, libérant les morts de la contrainte de l'enfer.

18. Ouvre mes yeux, que je considère, les merveilles de ta loi.

Tu nous tires de la fosse, tu nous sauves et nous conduis vers la vie, par ta mort tu donnes aux morts la joie de ta venue et tu brises les verrous qui les tenaient captifs.

19. À l'étranger que je suis sur la terre ne cache pas tes commandements.

Chandelier de la Lumière, maintenant le corps de Dieu est déposé, sous la terre il disparaît, brillant sous le boisseau, mais jusqu'aux Enfers il porte sa lumière.

20. Mon âme est consumée par le désir qui toujours la porte vers tes lois.

À Joseph et Nicodème viennent s'associer les anges des cieux : le tombeau va-t-il suffire au Dieu de l'univers que ne saurait contenir la terre entière ?

21. Tu corriges les superbes, malheur à qui dévie de tes commandements.

Dans la tombe tu reposes, ayant déposé ta vie librement; ô Jésus, Source de vie, tu fais revivre Adam qui avait désobéi sous l'arbre défendu.

22. Écarte de moi la honte et le mépris, car j'observe tes préceptes.

Avec toi la créature a souffert de tes souffrances, ô Jésus, l'univers entier se trouble de te voir mourir, connaissant le Dieu qui tient la terre dans sa main.

23. Les princes ont beau siéger et parler contre moi, ton serviteur médite sur tes volontés.

Lorsqu'il engloutit la pierre (et la pierre était le Christ, notre vie), le vorace enfer dut rendre tous les prisonniers que depuis les siècles il avait pris et dévorés.

24. Tes préceptes font mes délices, tes jugements, voilà mes conseillers.

Dans la tombe toute neuve, tu es déposé, ô Christ mon Sauveur, mais ainsi tu renouvelles tout le genre humain, en ressuscitant divinement d'entre les morts.

25. Mon âme est collée à la poussière, selon ta parole rends-moi la vie.

Tu es descendu sur terre pour chercher Adam que tu voulais sauver : mais, ô Maître, sur la terre ne le trouvant pas, jusque dans l'enfer tu es allé le rechercher.

26. J'énumère mes voies, tu me réponds; apprends-moi tes volontés.

De frayeur la terre tremble, l'univers est secoué de terreur et les astres de lumière cachent leurs rayons quand s'incline vers la terre ton éclat divin.

27. Fais-moi comprendre la voie de les préceptes, je méditerai sur tes merveilles.

Librement, mais comme un homme, ô Sauveur, tu as goûté notre mort et par ta divinité tu as ressuscité les mortels que retenait le gouffre du péché.

28. Mon âme se relâche, dégoûtée : fortifie-moi par tes paroles.

Ô Jésus, ta sainte Mère pleure et se lamente maternellement; dans sa peine, elle s'écrie : Hélas, en quel endroit, en quel lieu pourrai-je mettre mon Fils et mon Dieu ?

29. Éloigne de moi la voie du mensonge, rends-moi la grâce de ta loi.

Ô Semence très féconde, comme un grain de blé semé en plein sillon, tu produis le lourd épi portant beaucoup de fruit, quand des morts tu ressuscites tout le genre humain.

30. J’ai choisi la voie de vérité, je n'ai pas oublié tes jugements.

Tu te caches sous la terre comme le soleil se couche au même instant et le voile de la nuit a recouvert ton corps : tu te lèveras, Seigneur, vêtu de plus d'éclat.

31. Je m'attache à tes préceptes : Seigneur, ne me déçois pas.

Ô Seigneur, comme la lune parvient à masquer le disque du soleil, ton sépulcre maintenant te cache à nos regards, corporellement la mort éclipse ta clarté.

32. Je cours sur les voies de tes commandements, car tu dilates mon cœur.

En entrant dans le sépulcre, en portant sa vie au sein des Enfers, de la mort le Christ libère tout le genre humain pour nous faire à tous le don de l'immortelle vie.

33. Trace-moi, Seigneur, la voie de tes jugements : je la suivrai jusqu'à la fin.

Par la jalousie du diable autrefois l'antique Adam connut la mort; à présent tu le ramènes à l'immortelle vie, toi qui parmi nous incarnes le nouvel Adam.

34. Donne-moi l'intelligence et je suivrai ta loi, je la garderai de tout mon cœur.

Les puissances angéliques de stupeur étaient frappées en te voyant et les anges se couvraient la face, ô mon Sauveur, lorsque tu gisais pour nous dans le sépulcre.

35. Guide-moi sur le chemin de tes commandements, car j'ai là mon plaisir.

Vers le soir un bon notable, ayant descendu ton corps de la croix, au sépulcre te dépose, mais nous te chantons : Lève-toi, ô Dieu, et sauve tous les hommes !

36. Incline mon cœur vers tes préceptes, et non point vers le gain.

Toi qui fais la joie des anges, maintenant tu es la cause de leur deuil; ils gémissent de tristesse en te voyant sans vie, corporellement couché dans l'ombre de la mort.

37. Détourne mes yeux des images de rien, fais-moi vivre en ta voie.

Sur la croix où l'on t'exalte, tu élèves tous les hommes avec toi; sous la terre où tu descends tu as ressuscité tous les fils des hommes qui gisaient dans les tombeaux.

38. Confirme envers ton serviteur ta promesse envers ceux qui te craignent.

Dans la tombe où tu te couches, tu t'es endormi, Seigneur, comme un lion, comme un jeune lion tu ressusciteras des morts, ayant déposé la chrysalide de ton corps.

39. Éloigne de moi l'opprobre qui m'effraie, car tes sentences donnent la joie.

Toi qui, pour créer la femme, as ouvert la chair d'Adam sur son coté, de la plaie de ton côté blessé par le soldat tu as fait jaillir la source qui nous purifie.

40. Voici, j'ai désiré tes préceptes; fais-moi vivre en ta justice.

Autrefois, c'est en cachette que les Juifs ont immolé l'agneau pascal; à présent, c'est en plein jour que tu es immolé, ô Sauveur qui purifies toute la création.

41. Que m'advienne ta miséricorde, Seigneur, ton salut, selon ta parole.

0 merveille inexplicable qui dépasse les merveilles de jadis : oui, le Maître de la terre et de la création en ce jour accepte de mourir pour nous sauver.

42. J'aurai pour qui m'outrage une réponse, car j'ai confiance en ta parole.

La stupeur saisit les anges, elle accable les puissances d'en-haut, car le Maître de la vie se montre dans la mort et le Dieu du ciel est enfermé dans un tombeau.

43. De ma bouche n'ôte pas la parole de vérité, car j'espère en tes jugements.

Ô Sauveur, lorsque la lance frappe ton côté d'où coule la vie, tu rachètes et vivifies la mère des vivants,que sa faute avait privée de l'arbre de la vie.

44. Alors je garderai sans cesse ta loi, pour toujours et dans les siècles des siècles.

Ô Jésus, tu nous rassembles, sur la croix tu réunis tous les mortels, de la plaie de ton côté s'épanche un flot de vie, et tu fais jaillir sur nous les fleuves du pardon.

45. Et ma route s'élargira, car j'ai suivi tes commandements.

Ô Sauveur, dans le suaire pieusement te met Joseph d'Arimathie; noblement il organise ton enterrement, regardant avec effroi ton noble vêtement.

46. Devant les rois je dirai ton témoignage, sans éprouver de honte.

Lorsque tu descends sous terre, ayant déposé ta vie librement, les mortels après leur faute obtiennent le pardon, de la terre jusqu'aux cieux tu les ramènes.

47. Tes préceptes feront mes délices, je les aime par-dessus tout.

Dans la tombe tu reposes, mais tu es le Dieu vivant qui rend la vie aux mortels que retenait la force de la mort, et ta sépulture me délivre du tombeau.

48. Je tends les mains vers tes préceptes que j'aime tant et je médite sur tes jugements.

Tu apportes l'allégresse aux captifs que retenaient les Enfers : quel plaisir et quelle joie leur donne ta venue, lorsque ta clarté dissipe les ténèbres !

49. Souviens-toi de ta promesse à ton serviteur: en elle tu m'as fait espérer.

Devant toi je me prosterne, je célèbre tes souffrances et ta mort, et je chante la puissance de ton amitié, qui m'a délivré de mes passions et du tombeau.

50. Telle est ma consolation dans mon épreuve: ta parole me vivifie.

Contre toi l'éclat du glaive a brillé, ô Christ, la nuit de ta Passion, mais du prince de l'Enfer le glaive est émoussé, et le glaive flamboyant ne garde plus l'Éden.

51. Les superbes désobéissent jusqu'au bout; moi, je n'ai pas dévié de ta loi.

Elle fut frappée d'un glaive, en voyant frappé de mort son agneau, et la terre fit écho à ses lamentations,quand la Vierge mère gémissait, pleurant son Fils.

52. Au souvenir de tes décrets éternels,Seigneur, je me console.

Tu reposes dans la tombe, Christ Sauveur, et tu descends aux Enfers, mais tu vides les tombeaux de ceux qui y gisaient, dépouillant notre Ennemi de tous ses prisonniers.

53. La tristesse me prend à la vue des pécheurs qui délaissent ta loi.

Lorsque tu descends sous terre, ayant déposé ta vie librement, ô Sauveur, tu rends la vie à tout le genre humain, pour le ramener au Père glorieusement.

54. Cantiques pour moi que tes volontés, en ma demeure d'étranger!

De frayeur la terre tremble, le soleil blêmit de crainte, lorsqu'il voit dans la chair souffrir l'Unique de la Trinité jusqu'à en mourir de male-mort pour nous sauver.

55. Je me souviens de ton nom pendant la nuit, Seigneur, et j'observe ta loi.

Ceux qui ont reçu la manne dont tu les avais nourris au désert, dans ta soif, te firent boire leur breuvage amer et dans une fosse ont déposé leur Bienfaiteur.

56. Tel est mon lot: que je garde tes préceptes.

Présenté devant Pilate comme un accusé devant le tribunal, notre Juge injustement se laisse condamner à mourir, pour nous sauver, sur l'arbre de la croix.

57. Mon partage, c'est toi, Seigneur; j'ai résolu d'observer ta loi.

Israël, ô peuple injuste qui massacres les prophètes du Seigneur, tu libères Barabbas et livres ton Sauveur pour que meure sur la croix celui qui est ton Roi.

58. De tout cœur j'implore ta face: pitié pour moi selon ta promesse.

Créateur qui de la glaise façonnas le corps humain de tes doigts, pour sauver notre nature tu l'as revêtue, par ton bon vouloir tu as daigné souffrir la croix.

59. Je médite sur tes voies et reviens à ton témoignage.

Écoutant la voix du Père, Verbe, tu es descendu au plus profond, jusqu'au fond du sombre enfer tu daignes pénétrer pour ressusciter Adam et tout le genre humain.

60. Je me mets, sans ambages, en devoir d'observer tes commandements.

Ô Lumière de mon âme, s'écriait la Vierge Mère de Dieu, ô Jésus, Fils bien aimé, Clarté de l'univers, je te pleure amèrement, Lumière de mes yeux.

61. Les filets des pécheurs m'ont enlacé, mais ta loi, je ne l'ai pas oubliée.

Peuple, reconnais ton crime et confesse ton erreur en voyant le tombeau, les bandelettes, le linceul plié, le suaire que laissa le Christ ressuscité.

62. Au milieu de la nuit je me lève pour te louer de tes justes jugements.

Ô Judas, triste disciple, toi qui vends le Christ pour trente deniers, qui pouffait sonder l'abîme de méchanceté où tu es tombé en trahissant ton Mettre?

63. Je fais partie de tous ceux qui te craignent, de ceux qui gardent tes préceptes.

Toi qui fais le philanthrope, tu prétends venir en aide aux indigents et tirer trois cents deniers du précieux parfum qu'en ton avarice tu aurais gardés pour toi!

64. De ta miséricorde la terre est pleine, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

Pour le juste que tu livres, tu n'as pas reçu sa juste valeur: quelle somme as-tu perçue pour le divin Parfum qui du ciel apporte au monde sa suavité?

65. Tu as fait du bien à ton serviteur, Seigneur, selon ta parole.

Si tu es l'ami des pauvres, si vraiment tu veux aider les malheureux et regrettes l'effusion d'un précieux parfum, tu n'aurais pas dû livrer notre Lumière.

66. Enseigne-moi le bien, la discipline, le savoir, je me fie à tes préceptes.

Ô ma Joie, ô Dieu et Verbe, gémissait la sainte Mère de Dieu, mes entrailles se déchirent douloureusement de te voir enseveli trois jours dans le tombeau.

67. Avant d'être humilié, je faisais fausse route, mais à présent je garde ta parole.

Qui me prêtera ses larmes, gémissait la Vierge Mère de Dieu, qui me donnera les sources et toute l'eau des cieux pour pleurer tout à mon aise mon très doux Jésus?

68. Tu es bon, Seigneur, en ta bienveillance apprends-moi tes volontés.

Ô rivières et fontaines, grêle, neige, brume et tout l'univers, arrosez de vos ondées le deuil de notre Dieu, unissant vos pleurs aux larmes de sa Mère.

69. L'injustice des superbes a déferlé contre moi, mais de tout mon cœur je garde tes préceptes.

Ô Sauveur, quand te verrai-je, s'écriait la Vierge Mère de Dieu, quand pourrai-je contempler la joie de ton retour, ô Clarté sans fin, Lumière de mon âme.

70. Leur cœur s'est caillé comme du lait; moi, je fais mes délices de ta loi.

Tu deviens la pierre d'angle, ô Sauveur qu'ont rejeté les bâtisseurs; du rocher tu fais jaillir la source de la vie, et tu fais couler sur nous l'eau vive du salut.

71. C'est pour mon bien que tu m'as humilié, pour que j'apprenne tes volontés.

Abreuvés au double fleuve que la lance a fait jaillir de ton côté, à ta source vivifiante nous venons puiser le sang du calice et l'eau qui donne le salut.

72. La loi de ta bouche a pour moi plus de prix que des montagnes d'or ou d'argent.

Dans ton bon vouloir, ô Verbe, tu as accepté la mort et le tombeau, mais tu es le Dieu vivant et tu nous as promis de ressusciter les morts en ta Résurrection.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit.

Nous te célébrons, ô Verbe, seul Seigneur et Dieu de tout l'univers, avec toi nous célébrons le Père et l'Esprit saint, près de ton sépulcre nous chantons La gloire.

Maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

En ce jour, dans le sépulcre tu fus déposé, ô Christ, notre Vie-, les puissances angéliques étaient saisies d'effroi, mais chantèrent : Gloire à ta condescendance.

Le diacre dit la petite litanie; le prêtre l'ecphonèse : Car à ton nom convient la bénédiction, comme à ton règne la gloire, Père, Fils et saint Esprit, maintenant...
Le lecteur continue le psaume 118, el le chœur chante la deuxième stance sur le modèle suivant.

Il est digne et juste de te magnifier, de chanter ta gloire, ô Source de vie, toi qui sur la croix as étendu les mains et qui as brisé la force de notre Ennemi,

73. Tes mains m'ont formé et façonné, instruis-moi, que j'apprenne tes commandements.

Il est digne et juste de te magnifier, de chanter ta gloire, ô Verbe créateur, car tu nous délivres de la corruption et par tes souffrances tu réprimes nos passions.

74. Ceux qui te craignent se réjouissent de me voir, car j'espère en ta parole.

Dieu Sauveur, la terre a tressailli d'effroi, en ténèbre le soleil s'est changé lorsqu'il t'aperçut, Lumière sans déclin, corporellement, ô Christ, sous terre te couchant.

75. Je reconnais, Seigneur, que tes sentences sont justes : c'est par fidélité que tu m'as humilié.

Tu t'es endormi, Seigneur, dans le tombeau d'un sommeil fécond, ô Christ notre Dieu, qui drûment réveille tout le genre humain de la somnolence où le péché l'avait plongé.

76. Que ta miséricorde me console, selon la promesse à ton serviteur !

Ô mon Fils, disait la Vierge immaculée, moi qui sans douleurs t'avais donné le jour, seule entre les femmes je subis aussi la plus rude peine en te voyant souffrir ainsi.

77. Vienne sur moi ta compassion, et je vivrai, car ta loi fait mes délices.

Dieu Sauveur qui sièges au plus haut des cieux en l'union du Père inséparablement, ici-bas sur terre tu gis au tombeau, et les Séraphins s'émeuvent de te voir ainsi.

78. Honte aux superbes qui m'affligent sans raison; pour moi, je médite sur tes préceptes.

Quand tu rends l'esprit sur l'arbre de la croix, le rideau du Temple se déchire en deux; ô Soleil, quand tu te couches sous le sol, dans le ciel les astres cachent leur lumière.

79. Ceux qui te craignent se tourneront vers moi, ceux qui connaissent ton témoignage.

Lui qui a fixé dès le commencement le chemin que suit la terre dans les cieux, il veut bien descendre au ténébreux séjour, et le firmament est ébranlé à cette vue.

80. Puisse mon cœur trouver sa perfection dans tes volontés, afin que je n'aie pas à rougir.

Bien que l'homme soit l'ouvrage de tes mains, tu t'incarnes et tu descends dans le tombeau pour en relever les héritiers d'Adam, les ressuscitant par la puissance de ton bras.

81. Mon âme languit après ton salut, j'espère en ta parole.

Sur la tombe où notre Dieu est descendu venez tous pleurer le Christ en le chantant, et des Myrophores suivons le chemin pour entendre, nous aussi, l'annonce du salut.

82. Après ta promesse languissent mes yeux, attendant que tu viennes me consoler.

Toi qui es la source de tous les parfums, tu reçois la myrrhe pleine de senteur que les saintes femmes viennent t'apporter pour en embaumer ton corps, Source de vie.

83. Je suis comme une outre fi mais je me garde d'oublier tes volontés.

Par ta sépulture, ô Christ, tu as détruit le royaume et la puissance de l'Enfer, par ta propre mort tu as vaincu la mort, de la corruption tu sauves tout le genre humain.

84. Sont-ils nombreux, les jours de ton serviteur ? quand jugeras-tu mes persécuteurs ?

Dieu dont la sagesse fait couler à flots les torrents de l'onde qui nous

vivifie, lorsque dans la tombe tu es descendu, tu portas la vie jusqu'aux abîmes de l'Enfer.

85. Les impies m'ont tenu de beaux discours, mais pas comme ta loi, Seigneur.

Ô ma Mère, cesse tes lamentations, ne me pleure pas malgré ce que tu vois, car c'est librement que je subis la mort pour renouveler, après leur chute, les mortels.

86. Tous tes préceptes sont vérité; on me persécute sans raison, protège-moi.

Comme au soir se couche l'astre radieux, sous la terre, ô Christ, tu caches ton éclat pour tirer les morts de leur profond sommeil aux Enfers, dont tu dissipes les ténèbres.

87. Pour un peu ils m'auraient terrassé,mais je ne quitte point tes préceptes.

En ce jour, la terre accueille dans ses flancs la semence pleine de fécondité, dans les larmes douloureusement semée, qui bientôt fera germer la joie du monde.

88. Selon ta miséricorde je vivrai, gardant le témoignage de tes lèvres.

Lorsque Dieu se promenait au paradis, nos premiers parents se mirent à trembler; mais, lorsqu'ils le voient venir jusqu'aux Enfers, ils accueillent avec joie leur délivrance.

89. Pour les siècles, Seigneur, ta parole demeure dans le ciel.

Celle qui t'a mis au monde, Dieu Sauveur, en voyant dans le tombeau ton corps privé de vie, ne put retenir ses larmes et te cria : Ressuscite, ô Christ, ainsi que tu nous l'as promis !

90. D'âge en âge demeure ta vérité : tu as fixé la terre, elle tient bon.

Lorsqu'il te dépose en un tombeau tout neuf, pieusement Joseph te chante, ô mon Sauveur, les ultimes trine qu'inspirait son deuil et les hymnes qui célèbrent sa divinité.

91. Par ton ordre l'univers subsiste, à ce jour, car toute chose est ta servante.

Sur la croix, ô Verbe, lorsque les bourreaux de leurs clous te percent les mains et les pieds, quel déchirement ta Mère en ressentit, comme si les clous avaient percé son âme.

92. Si ta loi n'eût fait mes délices, j'aurai déjà péri dans ma misère.

Vraie Douceur du monde, lorsque les soldats te donnèrent à boire le breuvage amer, quel amer chagrin ta Mère en éprouva et son cœur dolent fut abreuvé de larmes.

93. Jamais je n'oublierai tes préceptes : c'est par eux que tu me fais vivre.

Te voyant souffrir, la Vierge immaculée te criait, Seigneur, en ses lamentations : Ô mon Fils, combien tu souffres injustement, ton immolation déchire mes entrailles,

94. Je t'appartiens, sauve-moi qui recherche tes volontés.

Dans la tombe quand Joseph te déposa, tout tremblant il s'écriait devant ton corps : Vais-je donc fermer tes lèvres et tes yeux, quel honneur funèbre dois-je rendre au Créateur ?

95. Les impies me guettent pour me perdre, mais j'ai saisi ton témoignage.

Deux notables ont pris ton corps immaculé pour le mettre dignement dans un tombeau et les Anges chantent pour accompagner l'hymne que Joseph et Nicodème ont entonnée.

96. De toute perfection j'ai vu le terme : tes préceptes ont l'ampleur de l'infini.

Sous la terre tu t'enfonces, ô Dieu Sauveur, comme le Soleil tu caches tes rayons, et la lune vierge qui t'a mis au jour, te voyant perdu, s'éclipse dans les larmes.

97. Que j'aime ta loi, Seigneur ! tout le jour je la médite.

Christ Sauveur, l'enfer frissonne de terreur lorsqu'il voit venir la Source de la vie qui va le priver de son riche butin et ressusciter les morts qu'il retenait captifs.

98. Plus qu'à mes ennemis tu me donnes la sagesse, puisque ta loi ne me quitte jamais.

Comme le soleil se lève après la nuit, tout brillant de sa clarté renouvelée, resplendis, ô Verbe, d'un nouvel éclat lorsqu'après la mort tu quitteras ton lit nuptial.

99. Tous ceux qui m'enseignent je les ai surpasses, dans la méditation de tes préceptes.

En son sein la terre, ô Verbe, te reçoit, mais lorsqu'elle reconnaît son Créateur, devant toi, Sauveur, elle est tout ébranlée, et ce tremblement parvient à réveiller les morts.

100. Plus que les anciens j'ai de science, car j'observe tes commandements.

Lorsqu'ils te déposent en un tombeau tout neuf, embaumant ton corps de précieux parfums, Nicodème s'écriait avec Joseph : Que la terre tremble en recevant son Maître !

101. De toute voie mauvaise je garde mes pas, pour observer ta parole.

Sous la terre tu descends, Dieu créateur, avec toi se couche l'astre radieux, toute créature est prise de frayeur en voyant pâlir l'Auteur de la lumière.

102. De tes sentences je n'ai pas dévié, puisque tu m'as instruit de ta loi.

Pierre d'angle omise par les bâtisseurs, sous la pierre du tombeau tu t'es caché : de ton corps tu suis l'humaine destinée; mais, voyant mourir son Dieu, la terre tremble.

103. Qu'elle est douce à mon palais, ta promesse, plus que miel à ma bouche !

Ô mon Fils, clamait la Vierge tout en pleurs, à ta mère et ton disciple bien-aimé donne le plus doux de tous les testaments : il sera mon fils et je serai sa mère.

104. Par tes préceptes j'ai l'intelligence; dès lors, je hais tout chemin de mensonge.

Toi qui es venu pour nous donner la vie, lorsque les mortels te fixent sur la croix, loin de les punir en les frappant de mort, tu pardonnes à tous et tu nous ressuscites.

105. Ta loi est une lampe guidant mes pas, une lumière sur mon chemin.

Lorsque tu souffrais sur l'arbre de la croix, tu avais perdu ton charme et ta beauté; lève-toi, Seigneur, paré de plus d'éclat, et redonne aux hommes leur beauté première.

106. Je l'ai promis, je le tiendrai : garder tes justes jugements.

Astre sans couchant, Lumière sans déclin, tu te couches en terre corporellement : ne pouvant souffrir l'éclipse de son Dieu, le soleil, en plein midi, de sombre s'est vêtu.

107. Je suis au fond de la misère, Seigneur, vivifie-moi selon ta parole.

Serviteur fidèle de ta majesté, en ténèbre le soleil s'est changé, et prenant le deuil la lune veut aussi se voiler de crêpe pour tes funérailles.

108. Agrée l'offrande de mes lèvres, Seigneur, apprends-moi tes jugements.

Si le centurion pour Dieu t'a reconnu, s'écriait Joseph avant de t'emporter, oserai-je prendre en mains ton divin corps ? Ô Seigneur, je tremble de toucher mon Créateur !

109. À tout instant j'expose ma vie, mais je n'oublie rien de ta loi.

Lorsqu'au paradis Adam s'est endormi, son côté livra la cause de la mort; lorsque tu t'endors, ô Verbe de Dieu, tu fais sourdre de ton flanc la vie du monde.

110. Que les impies me tendent un piège, point ne dévie de tes préceptes.

Pour le peu de temps que tu t'es endormi tu as le pouvoir de rendre vie aux morts : en ressuscitant tu ressusciteras les mortels qui ont dormi depuis les siècles.

111. Tes ordres sont pour toujours mon héritage, l'exultation de mon cœur.

Arraché de terre, tu nous donnes encore de nous abreuver au flot de sang précieux, car tu es le Cep d'où coule notre vie, et nous glorifions ta Croix et tes Souffrances.

112. J'incline mon cœur à faire ta volonté, en vue de l'éternelle rétribution.

Ô Sauveur, comment les anges dans les cieux ont-ils pu souffrir de te voir outragé, et comment leurs chefs retinrent leurs légions en voyant l'audace de ceux qui te crucifiaient ?

113. Je hais la forfaiture, tandis que j'aime ta loi.

Toi qui rebâtis le temple de ton corps,en trois jours, Seigneur, tu le reconstruiras; Christ, roi d'Israël, quand tu descends de croix, tu nous sauves par ta mort, et nous croyons en toi.

114. Tu es mon secours, mon défenseur, en ta parole j'ai mon espoir.

Toi qui donnes au monde toute sa splendeur, revêtant les cieux d'or et de broderies, tu revêts la pourpre pour ta dérision, sur la terre que tu ornes merveilleusement.

115. Éloignez-vous de moi, vous qui faites le mal : je veux garder les préceptes de mon Dieu.

Verbe de bonté, semblable au pélican, lorsque le soldat transperce ton côté tu revivifies le cœur de tes enfants en faisant jaillir sur eux la source de la vie.

116. Sois mon soutien selon ta parole, et je vivrai, ne déçois pas mon attente.

Josué, pour triompher de l'ennemi, arrêta jadis la marche du soleil : en ce jour, ô Christ, tu caches son éclat, devenant vainqueur du Prince des ténèbres.

117. Viens à mon aide, je serai sauf et sans cesse méditerai tes jugements.

Tout en venant prendre notre humanité, dans le sein du Père tu es demeuré : dans ta compassion, ô Christ, tu as voulu prendre notre mort et la porter jusqu'aux Enfers.

118. Ceux qui délaissent tes volontés, tu les comptes pour rien, vu leur injuste raisonnement.

Sur la croix fut suspendu le Créateur qui a suspendu la terre sur les eaux, et sans vie s'incline maintenant son front vers la terre, qui frémit en le voyant mourir.

119. Je tiens pour impies tous les pécheurs de la terre : j'en aime d'autant plus ton témoignage.

Ô mon Fils, disait la Mère inépousée en versant d'amères larmes sous la croix, tel un condamné je dois voir à présent celui dont le règne ne devait avoir de fin !

120. Perce ma chair des clous de ta crainte, car tes sentences m'inspirent l'effroi.

Ô mon Fils Jésus, l'attente d'Israël, l'ange Gabriel, lorsqu'il vola vers moi, nous avait promis le trône de David et pour Israël un règne qui ne passe point.

121. J'observe le droit et la justice : ne me livre pas à mes bourreaux.

En ce jour est accomplie la prophétie prononcée par Siméon lorsqu'il te vit, puisqu'en ce moment où meurt l'Emmanuel, le tranchant du glaive a pénétré mon âme.

122. Prends ton serviteur sous ta garde pour son bien, afin que cessent les calomnies des orgueilleux.

Peuple ingrat, reviens de ton égarement, reconnais celui que tu as transpercé, vois de quel amour il t'aime et te prévient, t'accordant aussi la vie et la résurrection.

123. Mes yeux s'enflamment pour ton salut, pour ta promesse de justice.

Ô Lumière inaccessible et sans déclin, lorsque le soleil te voit dans le tombeau, il frémit et tremble de te voir sans vie et d'un voile obscur il cache sa lumière.

124. Agis envers ton serviteur selon ta miséricorde, et apprends-moi tes volontés.

Ô mon Fils, clamait la Vierge immaculée, quel amer chagrin traverse tout mon cœur lorsque je te vois gisant dans le tombeau, toi, le Verbe plein de charmes que j'ai enfanté !

125. Je suis ton serviteur, accorde-moi la sagesse, que je connaisse ton témoignage.

Ô mon Fils, pleurait la Mère inépousée, de quelle amertume est abreuvé mon cœur lorsque je contemple ton abaissement : toi qui es la Vie, ne reste pas sous terre !

126. Pour le Seigneur il es t temps d'agir : ils ont fait disparaître ta loi !

La terreur s'empare du terrible enfer : te voyant descendre jusqu'en sa prison, devant toi, Lumière du Père immortel, il s'incline et rend les morts qu'il retenait captifs.

127. Aussi j'aime tes ordres, plus que l'or et les joyaux.

Quel spectacle s'offre au monde terrifié : maintenant le Dieu qui a créé la vie volontairement s'enfonce dans la mort pour sauver et vivifier sa créature.

128. Et je me règle sur tes préceptes, je hais tout chemin de mensonge.

Par tes mains clouées tu nous fais oublier l'insatiable main de nos premiers parents, et par le côté que perce le soldat, le côté d'Adam livrant la cause de la mort.

129. Merveille que ton témoignage; c'est pourquoi mon âme l'observe.

En ce jour, s'est fait entendre la clameur qui ressemble à l'amertume de Rachel : c'est Marie pleurant le Fils qu'elle a perdu, et tous les apôtres pleurent avec elle.

130. Ta parole, en se révélant, fait la lumière : aux simples elle donne l'intelligence.

Verbe dont la main créa le genre humain, tu te laisses souffleter par les soldats, toi qui as brisé les dents de l'Ennemi, tu acceptes patiemment tous les outrages.

131. J'ouvre la bouche et j'attire l'Esprit, car j'ai soif de tes préceptes.

Par nos hymnes nous voulons chanter, ô Christ, le divin éclat de ta précieuse Croix et ta Sépulture qui nous vivifie, car tu nous rachètes du filet de l'Ennemi.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit.

Trinité qui règnes en toute éternité, Dieu le Père uni au Verbe et à l'Esprit, donne à tes fidèles ton royal soutien, fortifie nos cœurs en face de tes ennemis.

Et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Sainte Vierge, pure et tout-immaculée, toi qui enfantas la Source de la vie, sauve notre Église de l'adversité et dans ta bonté accorde-nous de vivre en paix.

El l'on chante à nouveau le premier tropaire.

Il est digne et juste de te magnifier, de chanter ta gloire, ô Source de vie, toi qui sur la croix as étendu les mains et qui as brisé la force de notre Ennemi.

Le diacre dit la petite litanie; le prêtre l’ecphonèse : Car tu es saint, ô Christ notre Dieu, et reposes sur le trône des Chérubins, et nous te rendons gloire, ainsi qu'à ton Père éternel et à ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant... Le Lecteur continue le psaume 118, et le chœur chante la deuxième stance sur le modèle suivant.

Tous les peuples, toutes les nations célèbrent ton ensevelissement et t'offrent, ô Christ, l'hommage de leurs chants.

132. Regarde vers moi et prends pitié de moi, comme il est juste pour qui aime ton nom.

Lorsqu'il te fit prendre sur la croix et mettre en un linceul immaculé, joseph te déposa dans son tombeau.

133. Selon ta parole dirige mes pas, et que le mal n'ait pas d'emprise sur moi.

Pour en oindre, ô Christ, ton corps divin les Myrophores prirent du parfum et te l'offrirent avec empressement.

134. De l'oppression des hommes délivre-moi, pour que j'observe ta loi.

Vienne ici toute la création afin de présenter au Créateur l'hommage ultime de ses serviteurs.

135. Illumine ton serviteur à la clarté de ton visage, et apprends-moi tes volontés.

Près de ton sépulcre nous venons avec les Myrophores, nous aussi, pour embaumer ton corps, ô Dieu vivant.

136. Sources de larmes deviennent mes yeux, car on n'observe pas ta loi.

Ô Joseph, homme trois fois heureux,tu rends hommage au corps immaculé du Christ Seigneur et Maître de la vie.

137. Tu es juste, Seigneur, tes sentences sont droites.

Ceux qu'il a nourris dans le désert en leur donnant la manne à satiété ont conspiré contre leur Bienfaiteur.

138. Ton témoignage reflète la justice, ton entière vérité.

Ceux qu'il a nourris dans le désert en leur donnant la manne, pain des cieux, lui ont offert le vinaigre et le fiel.

139. Ton zèle me consume, car mes ennemis ont oublié ta parole.

Ceux qui ont tué les envoyés, les sages, les prophètes de tout temps, ont mis en croix le propre fils de Dieu.

140. Ta promesse est éprouvée entièrement, ton serviteur la chérit.

Ô Judas, perfide serviteur, à peine as-tu reçu l'initiation que tu trahis ton illuminateur.

141. Chétif et méprisé que je suis, je n'oublie pas tes volontés.

Ô Judas, piètre calculateur qui vends le Rédempteur de l'univers, tu as perdu le plus précieux trésor.

142. Justice éternelle que ta justice, vérité que ta loi.

Lorsqu'au Maître il donne son baiser, sa bouche est comme un gouffre très profond, selon le mort du sage Salomon.

143. Si l'angoisse et l'affliction m'ont saisi, tes décrets font mes délices.

Ô Judas, morne spéculateur, tu suis la voie des prévaricateurs, mais tu y trouves pièges et traquenards.

144. Justice éternelle que ton témoignage, donne-moi l'intelligence et je vivrai.

Pour ensevelir leur Créateur, Joseph et Nicodème ont apporté un vase plein de myrrhe et d'aloès.

145. J'appelle de tout mon cœur, exauce-moi, Seigneur, je garderai tes volontés.

Ô Sauveur, ô Source de la vie, je chante, je célèbre et glorifie ta force qui triomphe de l'enfer.

146. Vers toi je crie, sauve-moi, j'observerai ton témoignage.

Verbe retenu dans le tombeau, ta Mère pleure et clame son malheur et chante une hymne de lamentation.

147. Je devance l'aurore pour t'implorer, j'espère en ta parole.

Ô mon Fils, ô mon très doux Enfant, Printemps qui meurs en pleine floraison, où est passée la fleur de ta beauté ?

148. Mes yeux devancent les veilles du matin pour méditer sur ta promesse.

Verbe qui souffris sans dire un mot, ta Mère pure et tout-immaculée te pleure en te disant l'ultime adieu.

149. En ton amour, Seigneur, écoute ma voix, selon tes jugements vivifie-moi.

Pour en oindre ô Christ, ton corps divin des femmes sont parties de grand matin, portant la myrrhe pleine de senteur.

150. Ils approchent, mes injustes persécuteurs, eux qui s'éloignent de ta loi.

Grâce à ta divine seigneurie, ô Christ mon Dieu, tu rends la vie aux morts et par ta mort tu as détruit la mort.

151. Tu es proche, Seigneur, et toutes tes voies sont vérité.

Ève exulte, Adam est consolé : la ruse du serpent est abolie par ta sagesse, ô Verbe de Dieu.

152. Dès longtemps j'ai su de, ton témoignage qu'à jamais tu l'as fondé.

Ô Judas, ô sombre délateur, pour prix de ta honteuse trahison tu tombes dans le puits de perdition.

153. Vois ma misère, délivre-moi : je n'oublie pas ta loi.

Ô Judas, ô triste trésorier, tu fais faillite et livres ton trésor, et ton chemin conduit au nœud coulant.

154. Défends ma cause, rachète-moi, selon ta promesse rends-moi la vie.

Face à Dieu périssent les impies et comme cire ils fondent devant toi, ô Fils de Dieu et Roi de l'univers.

155. Loin des pécheurs est le salut, car ils ne cherchent pas tes volontés.

Dans le puits du gouffre ils périront, les hommes qui ont répandu le sang et dont la droite est pleine de profits.

156. Grande est ta compassion, elle surabonde, Seigneur : selon tes jugements rends-moi la vie.

Fils de Dieu, ô Roi de l'univers, Seigneur qui es mon Dieu, mon Créateur, comment as-tu daigné souffrir ainsi ?

157. En grand nombre mes persécuteurs fondent sur moi : je n'ai pas dévié de ton témoignage.

Quand sa mère vit l'agneau divin fixé au bois pour être sacrifié, son âme fut d'un glaive transpercée.

158. Avec dégoût je vois les insensés qui n'ont pas gardé ta parole.

Pour ensevelir le corps du Christ, joseph lui cède son tombeau tout neuf et Nicodème offre un précieux parfum.

159. Vois, Seigneur, combien j'aime tes préceptes, dans ta miséricorde vivifie-moi.

Qui pourrait lui consoler le cœur ? la Vierge pleure et clame sa douleur, son âme en proie au plus cruel tourment.

160. Le principe de ta parole est vérité, éternels sont les décrets de ta justice.

Ô Jésus, lumière de mes yeux, comment peux-tu rester dans le tombeau ? Relève-toi, ô mon très doux Enfant.

161. Des puissants me persécutent sans raison : mon cœur ne craint que ta parole.

Ô ma Mère, ne me pleure pas : je souffre, mais c'est pour ressusciter Adam et Ève, nos premiers parents.

162. Je me réjouis de ta promesse, comme celui qui trouve un grand butin.

Ô mon Fils, je chante et glorifie l'amour et la divine compassion qui te permettent de souffrir pour nous.

163. Je hais l'injustice, je l'exècre; ce que j’aime, c'est ta loi.

Sur la croix, Seigneur compatissant,tu bois l'amer breuvage plein de fiel au lieu du suc de l'arbre défendu.

164. Sept fois le jour, je te loue pour tes justes jugements.

De ta croix que l'arbre vertical devienne la colonne de nuée guidant nos pas vers le pays promis !

165. Grande paix pour les amants de ta loi : rien ne les fait trébucher.

Ô Sauveur gisant dans le tombeau, les saintes femmes t'offrent leurs parfums pour embaumer ton corps immaculé.

166. J'attends, Seigneur, ton salut, tes ordres, je les aime.

Lève-toi, ô Dieu compatissant, fais-nous sortir du gouffre de l'Enfer et ressuscite en nous ressuscitant.

167. Mon âme garde ton témoignage et l'affectionne grandement.

Lève-toi, ô Source de la vie, disait la Mère tout-immaculée, pleurant son Fils gisant dans le tombeau.

168. Je garde tes préceptes, ton témoignage, toutes mes voies sont devant toi, Seigneur.

Lève-toi, ô Verbe de Dieu, pour mettre fin au deuil et au chagrin de celle qui enfante le Sauveur.

169. Que ma demande parvienne devant toi, Seigneur, instruis-moi selon ta parole.

Dans le ciel les anges du Seigneur tremblèrent de frayeur en te voyant, ô Christ gisant dans l'ombre de la mort.

170. Que ma prière monte jusqu'à toi, délivre-moi selon ta promesse.

Toi que nous chantons avec amour, à nous, pécheurs sauvés par ta Passion, accorde-nous ta grâce et ton pardon.

171. Que mes lèvres publient ta louange, car tu m'enseignes tes volontés.

Ô spectacle étrange et tout nouveau, comment la terre cache dans ses flancs le Verbe et la Sagesse de Dieu ?

172. Que ma langue redise ta parole, car tous tes ordres sont justice.

Ô Sauveur, Joseph t'ensevelit, prenant la place du père adoptif qui a nourri le Christ Emmanuel.

173. Que ta main soit là pour me sauver, car j'ai choisi tes préceptes.

Ô Sauveur, la Vierge tout en pleurs gémit de voir descendre dans la mort celui qu'elle enfanta pour nous sauver.

174. Seigneur, j'ai soif de ton salut, ta loi fait mes délices.

Tremblent tous les cœurs et les esprits, devant l'étrange ensevelissement du Dieu qui a créé tout l'univers.

175. Que vive mon âme pour te louer, que me soutiennent tes jugements.

La strophe suivante est chantée 3 fois, tandis que le prêtre répand de l'eau parfumée sur l'épitaphion.

Sur la tombe où reposait ton corps les saintes Myrophores sont venues de grand matin répandre leur parfum.

176. Je suis errant comme brebis perdue, viens chercher ton serviteur, car je n'ai pas oublié tes commandements.

Donne à ton Église la paix, bénis ton héritage, Seigneur, et sauve-le par ta Résurrection.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit.

Trinité, divine Majesté, ô Père, Fils unique et saint Esprit, prends en pitié ce monde qui est tien.

Et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Vierge sainte, Mère de Dieu, accorde-nous comme à tes serviteurs de voir ton Fils en sa Résurrection.

Et l'on chante à nouveau le premier tropaire :

Tous les peuples, toutes les nations célèbrent ton ensevelissement et t'offrent, ô Christ, l'hommage de leurs chants.

Le chœur continue avec les Evloghitaires de la Résurrection, mode 5.

Tu es béni, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

Les chœurs angéliques furent frappés d'étonnement lorsqu'ils te virent compté parmi les morts, toi le Sauveur qui as détruit la force de la mort, mais avec toi tu as ressuscité Adam et de l'Enfer tu nous as tous délivrés.

Tu es béni, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

Dans le sépulcre un ange resplendissant demandait aux Myrophores : Pourquoi mêlez-vous ces larmes de compassion à la myrrhe que vous portez ? Voyez vous-mêmes la tombe et comprenez que le Sauveur est ressuscité du tombeau.

Tu es béni, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

De grand matin, les Myrophores se hâtaient tout en larmes vers le tombeau, mais l'ange se tint devant elles et leur dit : Le temps des larmes est passé, ne pleurez plus, mais informez les Apôtres de la Résurrection.

Tu es béni, Seigneur, apprends-moi tes volontés.

Les saintes femmes porteuses de parfums se rendaient au sépulcre en pleurant, mais un ange leur dit : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui vit ? Car notre Dieu est ressuscité du tombeau.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit.

Devant le Père prosternons-nous, devant son Fils et le saint Esprit, Trinité sainte et consubstantielle qu'avec les séraphins nous chantons : Saint, saint, saint est le Seigneur notre Dieu.

Et maintenant...

Toi qui as enfanté la Source de vie, ô Vierge, tu as délivré Adam du péché, par toi les larmes d'Ève furent changées en joie, car il a fait couler sur elle les sources de vie, l'Homme-Dieu qui a pris chair de ton sein.

Alléluia, alléluia, alléluia, gloire à toi, ô Dieu (3 fois) Notre espérance, Seigneur, gloire à toi.

Le diacre dit la petite litanie; le prêtre, l’ecphonèse : Car tu es le Roi de la paix, ô Christ notre Dieu, et nous te rendons gloire, ainsi qu'à ton Père éternel et à ton très-saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant...

Les fidèles éteignent leur cierge.

Cathisme, mode 1

Joseph, l'ayant réclamé à Pilate, couvrit ton corps d'un linceul immaculé et l'embauma de précieux parfums pour le déposer dans un tombeau tout neuf; de grand matin, les saintes Myrophores s'écriaient : 0 Christ, comme tu l'as prédit, montre-nous La Résurrection.

Gloire au Père... et maintenant...

Les anges dans le ciel furent frappés d'effroi lorsqu'ils virent celui qui siège dans le sein du Père éternellement déposé comme un mort dans le tombeau; ils firent cercle autour de lui pour glorifier avec les morts dans les enfers leur Créateur et Seigneur.

On lit le psaume 50, puis on chante ce canon, qui a pour acrostiche : Et aujourd'hui je chante le grand Samedi.

ODE 1, mode 6

Jadis sous les flots de la mer le Seigneur ensevelit le Pharaon persécuteur; et les fils du peuple racheté ont mis en terre leur Sauveur; mais nous, comme les enfants d'Israël, chantons une hymne à notre Dieu : car il S'est couvert de gloire.

Refrain : Gloire à toi, notre Dieu, gloire à toi.

Seigneur mon Dieu, je chante pour toi sur ton sépulcre une hymne d'adieu : par ta mise au tombeau tu m'ouvres les portes de la vie, détruisant la mort et l'Enfer par ta mort.

Au ciel sur un trône, ici-bas gisant dans le tombeau, Dieu Sauveur, tu ébranlas par ta mort les puissances du ciel et de l'enfer contemplant le spectacle inouï du Créateur couché dans la mort.

Pour que de ta gloire fût rempli tout l'univers, au plus profond de la terre tu es descendu; et là je n'ai pu te cacher ma nature déchue en Adam, mais ta sépulture me renouvelle, Seigneur ami des hommes.

Catavasie : Jadis sous les flots de la mer…

ODE 3

Seigneur qui suspendis la terre sur les eaux, la création, te voyant suspendu à la croix, trembla de frayeur et s'écria : Nul n'est saint comme toi, ô notre Dieu.

Multipliant les prodiges autrefois, tu nous montras les symboles de ta mort; mais en ce jour c'est aux habitants de l'Enfer que tu révèles tes mystères, Seigneur, et ils s'écrient devant ta divine humanité. Nul n'est saint comme toi, ô notre Dieu.

En étendant les bras sur la croix, tu réunis les enfants dispersés; enveloppé d'un linceul dans le tombeau, tu délivres, Sauveur, les captifs qui s'écrient : Nul n'est saint comme toi, ô notre Dieu.

Catavasie : Seigneur qui suspendis la terre sur les eaux…

Petite litanie, conclue par l’ecphonèse : Car tu es notre Dieu, et nous te rendons gloire…

Cathisme, mode 1

Les soldats gardant ton sépulcre, Sauveur,furent terrassés par la splendeur de l’ange qui se manifesta pour annoncer aux femmes ta sainte Résurrection; et toi qui nous délivres de la mort, nous te glorifions et nous prosternons devant toi, Ressuscité du tombeau et notre unique Dieu.

ODE 4

Prévoyant ton divin abaissement et ta mort sur la croix, le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria : Ô Dieu de bonté, par ta descente aux enfers, tu as brisé la force des tyrans, car tu es le Roi tout-puissant.

Aujourd'hui tu sanctifies le septième jour que jadis tu as béni en te reposant de tes œuvres; Dieu Créateur et Sauveur, en observant le Sabbat, tu renouvelles toutes choses et recrées l'univers.

En ta victoire, Seigneur tout-puissant, ton âme fut séparée de ton corps; ô Verbe, ta force a rompu les liens de l'Enfer et les chaînes de la mort.

L'enfer, ô Verbe, à ta venue fut rempli d'amertume en voyant un mortel déifié, un homme couvert de plaies, vainqueur et tout-puissant : à cette vue l'enfer fut saisi de terreur.

Catavasie : Prévoyant ton divin abaissement.

ODE 5

Contemplant déjà la lumière sans déclin qu'en ta bonté, ô Christ, tu nous as montrée par ta venue, le prophète Isaïe veillait devant toi et s'écria au milieu de la nuit : Les morts ressusciteront et de leurs tombes se lèveront, et la terre entière sera dans la joie.

Tu renouvelles la nature des mortels, ô Créateur, en te couvrant de limon; le sépulcre et le linceul viennent révéler, ô Verbe, ton mystère le plus secret : le noble conseiller représente le dessein de ton Père éternel qui me renouvelle en toi de merveilleuse façon.

Par ta mort tu transformes ce qui est mortel, par ta sépulture, ce qui est soumis à la corruption, tu nous tires de la fosse par ta divinité, tu rends immortel ce que tu as assumé-, ta chair, ô mon Maître, n'a pu voir la corruption et ton âme n'est pas restée aux Enfers, où tu étais étranger.

Tu es né de l'Inépousée et lorsque le soldat perça de sa lance ton côté, ô Créateur, tu en fis sortir une Ève nouvellement façonnée; et toi, nouvel Adam, tu t'es endormi d'un merveilleux sommeil, d'un sommeil qui nous procure la vie; du Sommeil et de la mort tu as réveillé notre vie, ô Seigneur tout-puissant.

Catavasie : Contemplant déjà la lumière sans déclin…

ODE 6

Enfermé dans les entrailles du monstre marin, Jonas n'y fut point retenu, car il portait l'image de ta Passion; préfigurant ton séjour dans le tombeau, il en sortit comme d'une chambre nuptiale, en disant aux soldats : C'est en vain que la garde veille encore celui qui nous accorde la grâce du salut.

Ô Verbe, la chair que tu avais assumée te fut enlevée sans que tu en sois séparé; à l'heure de ta passion, le temple de ton corps fut détruit, mais ta divinité reste unie à ta chair : en l'une et l'autre tu es l'Homme-Dieu, le Fils et le Verbe de Dieu.

Au genre humain, non pas à la divinité la chute d'Adam porta un coup mortel; et, si ta chair a souffert en sa terrestre condition, impassible tu demeures en ta divinité; dans la tombe, tu nous fais rejoindre l'immortalité, et tu nous montres la source de l'immortelle vie par ta Résurrection.

L'enfer domine sur le genre humain, mais son empire n'est pas éternel; Dieu tout-puissant, lorsqu'on te mit dans le tombeau, de ta main vivifiante tu as brisé les chaînes de la mort; à ceux qui reposaient depuis les siècles tu annonces l'unique rédemption, toi notre Sauveur, le premier-né d'entre les morts.

Catavasie : Enfermé dans les entrailles du monstre marin…
Petite litanie, avec l'ecphonèse : Car tu es le Roi de la paix et le Sauveur de nos âmes, et nous te rendons gloire…

Kontakion, mode 6
Celui qui a fermé l'abîme autrefois se laisse voir à présent dans la mort, l'Immortel repose sous un linceul dans le tombeau, les saintes femmes viennent l'embaumer et disent en pleurant : Voici le Sabbat qui est béni entre tous, car le Christ endormi doit ressusciter le troisième jour.

Ikos
Celui qui dans sa main contient l'univers fut élevé sur la croix, et toute la création pleure de le voir suspendu sur le bois; le soleil cache ses rayons, les astres perdent leur éclat-, la terre tremble, saisie de frayeur, la mer s'enfuit et se fendent les rochers; des tombes s'ouvrent, d'où se lèvent les corps de plusieurs saints; l'enfer se lamente et le sanhédrin se réunit pour dissimuler la Résurrection du Christ, les femmes s'écrient : Voici le Sabbat qui est béni entre tous, car le Christ endormi doit ressusciter le troisième jour.

SYNAXAIRE

Le saint et grand Samedi, nous célébrons la divine Sépulture et le Séjour aux enfers de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui a fait passer le genre humain de la mort à la vie éternelle.

C'est en vain que les gardes sur la tombe veillent :
la mort ne peut garder la Vie qui y sommeille !

Le saint Carême arrive au terme de ses jours, et surtout de cette grande et sainte Semaine, dont voici le plus grand jour : le Samedi saint. Lorsqu'on parle de grande Semaine, ce n'est pas que ses jours ou ses heures soient plus grands, mais à cause de la grandeur et de l'excellence des merveilles et des œuvres extraordinaires accomplies par le Sauveur, en particulier en ce jour. De même que Dieu, ayant, lors de la première création du monde, accompli toute son œuvre, en particulier après avoir créé, l'homme le sixième jour, se reposa de toutes ses œuvres le septième jour, et le sanctifia en lui donnant le nom de sabbat, ce qui signifie repos, de même ici, en l'élaboration d'un monde spirituel, ayant de façon excellente accompli toute chose, après avoir le sixième jour recréé l'humanité déchue et l'avoir renouvelée par la vivifiante Croix et par sa mort, il se reposa de nouveau en ce septième jour et, après les œuvres accomplies, il dormit d'un sommeil revivifiant et salutaire.
Le Verbe de Dieu descend donc au tombeau avec sa chair, mais il descend aussi dans l'Hadès avec son âme divine et toute-pure, que la mort a séparée de son corps et qu'il a remise entre les mains du Père, auquel il offrit également son sang, qui fut notre rédemption, sans qu'il ait eu besoin de la demander. Car dans l'Hadès l'âme du Seigneur ne fut pas retenue, comme les âmes des autres saints. Comment donc ? Parce qu'il n'était pas sujet, comme eux, à la malédiction portée contre nos premiers parents. Notre ennemi le diable, même s'il nous -retenait, ne put prendre le sang au prix duquel nous fûmes rachetés. Et comment le diable, ce voleur, aurait-il pu l'engloutir, puisque le Christ n'était pas seulement de Dieu, mais Dieu lui-même ? En outre, notre Seigneur Jésus Christ demeura au tombeau avec son corps et avec sa divinité, étroitement unie à sa chair. Étant donc au Paradis avec le Larron et, en même temps, se trouvant aux Enfers, comme on dit, avec son âme divinisé,e, il siégeait aussi, en sa nature divine, avec le Père et l'Esprit, il était partout présent, étant le Dieu incirconscrit, sans que la divinité ait eu à souffrir, pas plus au tombeau que sur la croix. Certes, le corps du Seigneur eut à souffrir la mortalité, c'est-à-dire la séparation du corps et de l'âme, mais en aucune manière la corruption, c'est-à-dire la dissolution, la complète destruction de la chair et des membres.
Mais revenons à Joseph : ayant descendu le saint corps du Seigneur, il l'ensevelit dans un tombeau neuf, qui se trouvait tout près, dans le jardin, et il plaça une très grande pierre à l'entrée du tombeau. Car les Juifs, après le vendredi, allèrent trouver Pilate pour lui dire : «Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit de son vivant : Après trois jours, je ressusciterai ! En conséquence, il nous semble bon que ton pouvoir donne l'ordre à l'armée de garder le tombeau,» Pilate aurait dû leur répondre : «Si c'est un imposteur, pourquoi tenir compte de ses paroles ? Était-il vivant, lorsque vous avez reconnu qu'il était mort ? Et quand a-t-il dit qu'il ressusciterait ?» Mais certains l'avait déduit du signe de Jonas. «De toute manière, s'il y a une garde au tombeau, on ne pourra pas le dérober !» Insensés, ils n'avaient pas compris que ce qu'ils faisaient allait se retourner contre eux ! Pilate l'ayant ordonné, ils firent donc garder le tombeau par des soldats, après y avoir mis soigneusement des scellés, de sorte qu'on ne pût pas dire, de façon calomnieuse, que la résurrection du Seigneur était advenue sans garde ni scellés
Mais l'Hadès fut surpris et bouleversé de rencontrer une force plus puissante; et il rejeta peu après celui qu'il avait avalé indûment, le Christ, pierre angulaire et trop ferme rocher, et avec lui ceux qu'il avait mis depuis les siècles en son sein pour en faire sa pâture.

Par ton ineffable condescendance, ô Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

ODE 7

Ô merveille ineffable,celui qui libéra de la fournaise les Jeunes Gens maintenant sans vie est déposé au tombeau : il l'a voulu ainsi pour notre salut; chantons-lui : Toi qui nous sauves, Seigneur, tu es béni.

L'enfer est frappé au cœur en recevant Celui dont le côté fut blessé par la lance du soldat; il gémit, consumé par le feu divin : c'est pour notre salut; chantons-lui : Toi qui nous sauves, Seigneur, tu es béni.

Sépulcre fortuné qui as abrité le sommeil du Créateur, tu es devenu le divin trésor de la vie : c'est pour notre salut; chantons-lui : Toi qui nous sauves, Seigneur, tu es béni.

Pour se soumettre à la loi de la mort l'universelle Vie accepte d'être mise au tombeau, et le sépulcre devient la source de la Résurrection : c'est pour notre salut; chantons-lui : Toi qui nous sauves, Seigneur, tu es béni.

Aux enfers, inséparablement, comme en la tombe et dans l'Éden, unique était la divinité du Christ avec le Père et l'Esprit saint : c'est pour notre salut; chantons-lui : Toi qui nous sauves, Seigneur, tu es béni.

Catavasie : Ô merveille ineffable…

ODE 8

Que les cieux frémissent d'effroi, que tremble la terre en ses fondements, car le Dieu du ciel est compté parmi les morts et loge en l'étroitesse du tombeau : jeunes gens, bénissez le Seigneur et vous, prêtres, louez-le, peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Le très-saint Temple est détruit, mais il relève le tabernacle déchu, car celui qui habite au plus haut des cieux, le nouvel Adam, descend aux Enfers pour y relever le premier : jeunes gens, bénissez le Seigneur et vous, prêtres, louez-le, peuple exalte-le dans tous les siècles.

Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.

Le courage des apôtres s'est évanoui, et c'est Joseph d'Arimathie qui, te voyant sans vie et sans vêtement, réclame le Dieu de l'univers pour l'ensevelir en clamant : Jeunes gens, bénissez le Seigneur et vous, prêtres, louez-le, peuple exalte-le dans tous les siècles.

Et maintenant...

Ô merveille ineffable, ô bonté, ô condescendance inouïe, celui qui habite au plus haut des cieux se laisse enclore sous une pierre scellée, et Dieu lui-même est traité d'imposteur ! Jeunes gens, bénissez le Seigneur et vous, prêtres, louez-le, peuple exalte-le dans tous les siècles.

Louons, bénissons le Seigneur, prosternons-nous devant lui, le chantant et l'exaltant dans tous les siècles.

Catavasie : Que les cieux frémissent d'effroi…

ODE 9

Ne me pleure pas, ô Mère, bien que tu aies vu gisant dans le tombeau le Fils que tu avais conçu de merveilleuse façon, car je ressusciterai et serai glorifié, et dans ma gloire divine j'exalterai pour l'éternité les fidèles qui t'aiment et chantent ta gloire.

Ô mon Fils éternel, je t'ai conçu merveilleusement, plus que toutes je fus heureuse et n'ai pas connu les douleurs; mais aujourd'hui je te vois sans vie, ô mon Dieu, un glaive de tristesse me perce cruellement; mais ressuscite, Seigneur, pour que je sois magnifiée.

Ô Mère, la terre me recouvre selon mon bon vouloir, mais les gardiens de l'Enfer frémissent en me voyant porter la robe ensanglantée du châtiment, car sur la croix j'ai frappé mes ennemis : divinement je ressusciterai et tu seras magnifiée.

Que se réjouisse ma création,qu'exultent d'allégresse tous les mortels : l'enfer ennemi, je l'ai dépouillé; que les Myrophores viennent m'embaumer : je veux racheter Adam et Ève et tout le genre humain, et le troisième jour je ressusciterai.

Catavasie : Ne me pleure pas, ô Mère…

Petite litanie, avec l’ecphonèse : Car toutes les Puissances des cieux…
Alternant avec le diacre, le chœur chante 3 fois l'exapostilaire :

Saint est le Seigneur notre Dieu.

LAUDES, mode 2

Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. À toi, notre Dieu, convient l'hommage de nos chants.

Louez-le, tous ses anges, louez-le, toutes les Puissances des cieux. À toi, notre Dieu, convient l'hommage de nos chants.

On lit les psaumes 148 et 149, et le psaume 150 jusqu'à ce verset :

Louez-Le pour ses hauts faits, louez-Le selon sa Grandeur infinie.

En ce jour, est contenu dans un tombeau celui qui tient dans sa main la création, une pierre recouvre celui qui a couvert les cieux de beauté, la Vie s'est endormie, l'Enfer est pris d'effroi, Adam est libéré de ses liens. Gloire à ton œuvre de salut : par elle tu as accompli l'éternel repos du sabbat pour nous faire de don de ta sainte Résurrection.

Louez-Le au son de la trompe, louez-Le sur la harpe et la cithare.

Quelle vision S'offre à nos yeux ! Dieu se repose en ce jour, par sa passion le Roi des siècles a terminé son œuvre de salut, dans le sépulcre il renouvelle le sabbat, et nous chantons au Dieu de miséricorde infinie : Lève-toi, Seigneur, et juge la terre, car tu règnes pour les siècles des siècles.

Louez-Le par le tambourin et la danse, louez-Le au son des cordes et des instruments.

Venez, contemplons notre Vie au sépulcre déposée pour que vivent ceux qui gisaient dans les tombeaux; venez, contemplons en ce jour le lion de Judas; avec le prophète crions-lui : Tu reposes, endormi, qui pourrait te réveiller, ô notre Roi ? En ta puissance lève-toi, Seigneur qui as
voulu te livrer pour nous, gloire à toi.

Mode 6
Louez-Le avec les cymbales retentissantes, louez-Le avec les cymbales de jubilation,
que tout souffle loue le Seigneur !

Joseph réclama ton corps immaculé et le déposa dans son tombeau tout neuf : comme d'une chambre nuptiale tu devais sortir du tombeau, ô Christ qui as brisé l'empire de la mort pour ouvrir aux hommes les portes du paradis, Seigneur, gloire à toi.

Gloire au Père...

En ce jour, la parole mystérieuse du prophète Moïse s'accomplit : «Dieu bénit le septième jour», car voici le jour béni du Sabbat, voici le jour du repos où le Fils unique de Dieu de toutes ses œuvres se reposa dans la mort corporelle qu'il subit pour notre salut, retournant à la gloire d'où il était descendu pour nous donner la vie éternelle par sa Résurrection, dans son unique bonté et son amour pour les hommes.

Et maintenant...

Tu es bénie, par dessus tout , ô Mère de Dieu…

Les fidèles allument de nouveau leur cierge pendant le chant de la grande Doxologie.

On part en procession autour de l'église : en tête la croix et les fanaux, puis les chantres; derrière eux le clergé, portant ou entourant l'épitaphios; enfin les fidèles, avec leur cierge allumé. De retour à l'église, le prêtre dit devant les portes saintes : Sagesse, debout !
Tandis que le clergé descend vers le tombeau pour y déposer l'épitaphios, le chœur chante le tropaire du jour et celui de la prophétie, mode 2 :

Le noble Joseph, lorsque de la croix il eut descendu ton corps immaculé, l'enveloppa d'un blanc linceul et l'embauma de précieux parfums, et pour sa sépulture il le déposa dans un tombeau tout neuf.

Toi qui tiens en main les confins de l'univers, ô Christ, tu t'es laissé ravir par le tombeau pour racheter le genre humain après sa chute aux Enfers : Dieu immortel, tu nous donnes la vie pour l'éternité.

Diacre : Sagesse, soyons attentifs !

Lecteur et chœur :

Prokimenon, mode 4
Lève-toi, Seigneur, viens à notre aide et rachète-nous pour la gloire de ton nom.
Verset : Ô Dieu, nous avons ouï de nos oreilles, nos pères nous ont raconté l'œuvre que tu fis de leur temps, aux jours d'autrefois.

Lecture de la prophétie d'Ezéchiel (37,1-14)

La main du Seigneur fut sur moi, et le Seigneur me fit sortir en esprit, pour me placer au milieu de la plaine, qui était couverte d'ossements. Il me fit passer près d'eux, tout autour. Et voici, ils étaient fort nombreux, à la surface de la plaine, et ils étaient tout à fait desséchés. Le Seigneur me dit : Fils d'homme, ces ossements pourront-ils revivre ? Je répondis : Seigneur mon Dieu, toi seul tu le sais. Il me dit : Prophétise sur ces ossements et dis-leur : Ossements desséchés, écoutez
la parole du Seigneur. Voici ce que vous déclare le Seigneur Je vais faire entrer en vous l'esprit qui vous fera revivre. Sur vous je mettrai des muscles, je ferai croître sur vous de la chair, et je vous couvrirai de peau; en vous je mettrai l'esprit, et vous vivrez; et vous saurez que je suis le Seigneur. Je prophétisais, comme j'en avais reçu l'ordre; et, comme je Prophétisais, il se fit un bruit, puis il y eut un mouvement, et les os se rapprochèrent, pour s'articuler entre eux. Je regardais et voici, il leur vint des muscles et de la chair, et la peau les recouvrit; mais l'esprit n'était pas en eux, Il me dit : Prophétise à l'esprit, prophétise, fils d'homme, et dis à l'esprit : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre vents, esprit, et souffle sur ces morts pour qu'ils vivent ! Je prophétisais, comme il me l'avait ordonné, et l'esprit entra en eux; ils reprirent vie et se tinrent' sur leurs pieds : c'était une foule innombrable. Et le Seigneur me dit alors : Fils d'homme, ces ossements, c'est toute la maison d'Israël, car ils disent : Nos os sont desséchés, notre espérance est morte, nous sommes perdus ! Prophétise donc et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous en ferai sortir, pour vous ramener sur la terre d'Israël-, et vous saurez que je suis le Seigneur, lorsque j'ouvrirai vos tombes pour en faire sortir mon peuple. En vous je mettrai mon esprit pour vous rendre la vie; et je vous rétablirai sur votre sol, et vous saurez que je suis le Seigneur qui parle et qui agit — oracle du Seigneur.

Prokimenon, mode 7.
Lève-toi, Seigneur mon Dieu, et dresse ta main, ne laisse pas dans l'oubli les malheureux jusqu'à la fin.
Verset : Je veux te rendre grâce, Seigneur, de tout mon cœur et raconter toutes tes merveilles.

Lecture de la première épître de l’apôtre Paul aux Corinthiens
(5,6-8; Gal 3,13-14)

Frères, un peu de levain fait lever toute la pâte. Purifiez-vous donc du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car le Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc cette fête non avec du vieux levain ni avec un levain de malice et de perversité, mais avec les azymes de la pureté et de la vérité. Car le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant lui-même malédiction pour nous (il est écrit en effet : Maudit soit quiconque pend au gibet), afin que dans le Christ Jésus la bénédiction d'Abraham s'étende aux nations païennes et que nous recevions par la foi l'Esprit de la promesse.

Alléluia, mode 5.
Versets : 1. Que Dieu se lève et que ses ennemis se dispersent, que ses adversaires fuient devant sa face !
2. Comme se dissipe la fumée, ils se dispersent, comme fond la cire en face du feu !
3. Périssent les impies en face de Dieu, mais les justes jubilent devant lui !

Diacre : Sagesse, debout, écoutons la lecture du saint évangile. Prêtre : Paix à tous.
Chœur : Et à ton esprit.

Lecture de l’évangile selon Matthieu (27,62-65)

Ch. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.

Le lendemain, c'est-à-dire après la Parascève, les grands prêtres et les pharisiens allèrent ensemble trouver Pilate et leur dirent : Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit de son vivant : Après trois jours je ressusciterai ! Veuille donc faire garder le sépulcre jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent le dérober et ne disent au peuple : Il est ressuscité des morts ! Cette dernière imposture serait pire que la première. Pilate leur dit : Voici une garde, allez et gardez-le comme vous l'entendez. Ils allèrent donc et s'assurèrent du sépulcre, en scellant la pierre et en y mettant une garde.

Chœur : Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.
Litanie : Disons tous… avec triple Kyrie eleison et ecphonèse : Car tu es un Dieu de miséricorde, plein d'amour pour les hommes, et nous te rendons gloire, Père, Fils et saint Esprit, maintenant et toujours...

Litanie de demandes : Complétons notre prière…, avec l'ecphonèse : Car tu es un Dieu de miséricordieux…
Diacre : Inclinons nos tête devant le Seigneur.
Chœur : Devant toi, Seigneur.
Prêtre : Car il t'appartient de nous faire miséricorde et de nous sauver, ô notre Dieu, et nous te rendons gloire, Père, Fils et saint Esprit, maintenant et toujours...
Chœur : Amen.
Diacre : Sagesse !
Chœur : Bénis !
Prêtre : Que vous bénisse celui qui est béni, le Christ notre Dieu, en tout temps, maintenant et toujours...
Chœur : Amen. Affermis, Seigneur, la sainte foi des chrétiens fidèles et orthodoxes pour les siècles des siècles.
Prêtre : Toute sainte Enfantrice de Dieu, sauve-nous.
Chœur : Toi plus vénérable que les chérubins…
Prêtre : Gloire à toi, Christ Dieu, notre espérance, gloire à toi. Chœur : Gloire au Père... et maintenant... Kyrie eleison (3 fois). Père, bénis !

Le Prêtre dit le congé :
Que Celui qui, pour nous les hommes et pour notre salut, accepta librement dans sa chair la terrible Passion, la Croix vivifiante et la Sépulture, le Christ notre vrai Dieu, par l'intercession de sa Mère toute pure et immaculée, des saints, glorieux et il lustres apôtres, des saints et justes ancêtres du Seigneur, Joachim et Anne, et de tous les saints, ait pitié de nous et nous sauve, lui qui est bon et qui aime les hommes.

Le chœur : Amen, puis : Venez et bénissons le souvenir... Les fidèles s'approchent pour vénérer le tombeau du Christ, comme après les vêpres du Vendredi saint, en se prosternant trois fois : on baise l'évangéliaire, la tête et les pieds du Christ, et on se retire sur un des côtés (pour ne pas gêner les fidèles derrière soi) en se prosternant une fois encore. Pendant la vénération du tombeau, le chœur chante à nouveau :

Venez et bénissons le souvenir de Joseph d'Arimathie, qui de nuit alla trouver Pilate pour lui réclamer Celui qui est notre Vie. Donne-Moi, dit-il, le corps de ce pèlerin qui n'a point de pierre où reposer la tête; donne-moi le corps de mon Maître et Seigneur, qu'un mauvais disciple a fait conduire à la mort; donne-moi le corps du Fils unique, qu'une Mère a vu pendu à la croix, pleurant et gémissant et se lamentant maternellement : «Hélas, ô mon Enfant bien-aimé, hélas, ô Lumière de mes yeux, ô trésor de mon âme et de mon cœur, en ce jour s'accomplit
la prophétie de Siméon dans le Temple, car une glaive a transperce mon cœur, mais tu changeras mon deuil en la joie de ta Résurrection.» Devant ta Passion nous nous prosternons, ô Christ, devant ta Passion nous nous prosternons, Ô Christ, devant ta Passion nous nous prosternons, ô Christ, et nous adorons ta sainte Résurrection.

VÊPRES DU SAMEDI SAINT

VIGILE PASCALE ET LITURGIE DE SAINT BASILE

Les vêpres sont habituellement célébrées dans la matinée. Le prêtre dit : Béni soit le règne…
Le lecteur : Amen et les prières initiales… Kyrie eleison (12 fois). Gloire... et maintenant... Venez, adorons… et le psaume 103. Le prêtre ou le diacre dit la grande litanie de paix.

Lucernaire, mode 1

Seigneur, je crie vers toi, exauce-moi.…

— Des profondeurs, j'ai crié vers Toi, Seigneur, Seigneur, écoute ma voix.

Notre prière du soir, reçois-la, Seigneur très-saint, et accorde-nous la rémission de nos péchés, toi qui seul dans le monde nous as montré la Résurrection.

— Que tes Oreilles soient attentives à la voix de ma supplication.

Peuples, faites cercle autour de Sion, faites-en le tour en procession, en son enceinte rendez gloire au Ressuscité d'entre les morts, car il est notre Dieu, celui qui a racheté nos péchés.

— Si Tu regardes les fautes, Seigneur, Seigneur, qui pourra tenir?
Mais auprès de Toi se trouve la propitiation.

Venez, tous les peuples, chantons le Christ et prosternons-nous devant lui, rendons gloire à sa Résurrection d'entre les morts, car il est notre Dieu, celui qui rachète le monde égaré par l'Ennemi.

— À cause de ton Nom, je T'ai attendu, Seigneur,
mon âme a attendu ta Parole, mon âme a mis son espérance dans le Seigneur.

Par ta Passion, ô Christ, tu nous as libérés de nos passions, par ta Résurrection tu nous rachètes de la mort : Seigneur, gloire à toi.

Mode 8
— Depuis la garde du matin jusqu'à la nuit,
depuis la garde du matin, qu'Israël espère dans le Seigneur.

En ce jour, l'enfer s'écrie en gémissant : Il eût mieux valu que je ne reçoive pas le Fils de Marie, car en pénétrant dans mon domaine il a détruit mon pouvoir, il a brisé les portes d'airain; et ces âmes que je tenais captives, il les a ressuscitées, car il est Dieu ! Nous glorifions, Seigneur, ta Croix et ta sainte Résurrection.

— Car auprès du Seigneur est la miséricorde, et auprès de Lui une abondante rédemption.
C'est Lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités.

En ce jour, l'Enfer s'écrie en gémissant : Il eût mieux valu que je ne reçoive pas le Fils de Marie, car en pénétrant dans mon domaine il a détruit mon pouvoir, il a brisé les portes d'airain; et ces âmes que je tenais captives, il les a ressuscitées, car il est Dieu ! Nous glorifions, Seigneur, ta Croix et ta sainte Résurrection.

— Louez le Seigneur, toutes les nations, célébrez-Le, tous les peuples.

En ce jour, l'enfer s'écrie en gémissant : Mon pouvoir est aboli, j'ai reçu un mortel semblable à tous les morts, mais je ne puis le retenir : il me dépouille de tous mes sujets, il ressuscite ceux que depuis les siècles je tenais captifs ! Nous glorifions, Seigneur, ta Croix et ta sainte Résurrection.

— Car puissante a été sa Miséricorde envers nous,
et la Vérité du Seigneur demeure dans les siècles.

En ce jour, l'enfer s'écrie en gémissant : Mon empire est effondré, le Pasteur crucifié a relevé Adam; je suis privé de mes sujets, je dois rendre ceux que de force j'avais pris, le Crucifié a vidé les tombeaux, l'empire de la mort s'est écroulé. Nous glorifions, Seigneur, ta Croix et ta sainte Résurrection.

Gloire au Père… mode 6

En ce jour, la parole mystérieuse du prophète Moïse s'accomplit : «Dieu bénit le septième jour», car voici le jour béni du Sabbat, voici le jour du repos où le Fils unique de Dieu de toutes ses œuvres se reposa dans la mort corporelle qu'il subit pour notre salut, retournant à la gloire d'où il était descendu pour nous donner la vie éternelle par sa Résurrection, dans son unique bonté et son amour pour les hommes.

Et maintenant, mode 1

Chantons celle qui est la gloire de l'univers éclose en notre humanité, la Mère du Seigneur, la porte du ciel, la Vierge Marie, celle que chantent les célestes esprits, la parure et l'ornement des fidèles, car elle est devenue le ciel, le temple de la divinité; elle a renversé la barrière d'inimitié et nous a ramené la paix en nous ouvrant les portes du royaume; tenant en elle l'ancre de la foi, nous avons pour défenseur le Seigneur qu'elle enfanta; prends courage désormais, prends courage, peuple de Dieu, car le Seigneur combat tes ennemis, le Seigneur tout-puissant.

Entrée avec l'évangéliaire. Après : Lumière joyeuse, il n'y a pas de prokimenon, mais le diacre dit tout de suite : Sagesse et, après le titre de la lecture : Soyons attentifs !

Lecture de la Genèse (1,1-13)

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l'abîme, et l'esprit de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière Jour et les ténèbres Nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le premier jour.
Dieu dit : Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il les sépare les unes des autres ! Et il en fut ainsi : Dieu fit le firmament et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament de celles qui sont au-dessus. Dieu appela le firmament Ciel, et il vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le second jour.
Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu et qu'apparaisse le continent ! Et il en fut ainsi. Les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblèrent en un seul lieu, et le continent apparut. Dieu appela le continent Terre et la masse des eaux Mers, et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : Que la terre produise de la verdure, des herbes portant semence selon leur espèce et des arbres fruitiers donnant sur la terre des fruits contenant leur semence ! Et il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure, des herbes portant semence selon leur espèce et des arbres fruitiers donnant sur la terre des fruits contenant leur semence, et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le troisième jour.

Lecture de la prophétie d'Isaïe (60,1-16)

Resplendis, resplendis, Jérusalem, car voici ta lumière, et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi. Voici que les ténèbres s'étendent sur la terre et l'obscurité sur les nations, mais sur toi se lève le Seigneur et sa gloire t'illumine. À ta lumière s'avancent les rois, et les nations vers ta splendeur. Lève
les yeux et regarde autour de toi comme se rassemblent tes enfants. De loin arrivent tous tes fils, et tes filles sont portées sur les bras. Cette vue te réjouira, ton cœur sera gonflé d'émotion, car tu recevras les richesses de la mer, les trésors des nations et des peuples. Tu seras envahie par une multitude de chameaux, les dromadaires de Madian et d'Epha. Tous, ils viendront de Saba, apportant l'or et l'encens et la pierre précieuse, pour annoncer le salut du Seigneur. Tous les troupeaux de Kédar se rassembleront chez toi, et tu auras les béliers de Nébayot : ils monteront pour être acceptés sur mon
autel, pour l'honneur de mon temple saint.
Qu'est-ce qui vole comme des nuages, ou comme des colombes vers leur nid ? Les îles espèrent en moi, et
les vaisseaux de Tarsis ouvrent la marche, pour ramener de loin tes enfants, avec or et argent, pour honorer le nom du Seigneur ton Dieu et le Saint d'Israël, qui t'a couverte de gloire. Des étrangers relèveront tes remparts, et leurs rois te serviront, car si je t'ai frappée dans mon courroux, dans ma bienveillance j'ai pitié de toi. Tes portes seront toujours ouvertes, on ne les fermera ni le jour ni la nuit, afin de laisser affluer les richesses des nations, sous la conduite de leurs rois. Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, et leur pays sera dévasté. La gloire du Liban viendra chez toi, avec le cyprès, le cèdre et le pin, pour décorer mon lieu saint, pour glorifier le lieu où je me tiens. Vers toi viendront s'incliner les fils de tes oppresseurs, à tes pieds se prosterneront tous ceux qui te méprisaient. On t'appellera Cité du Seigneur, Sion du Saint d'Israël, alors que tu étais honnie et délaissée, sans personne pour te secourir. Et je ferai de toi un objet d'éternelle fierté, d'âge en âge un sujet de joie. Tu suceras le lait des nations, tu goûteras aux richesses des rois. Et tu sauras que je suis le Seigneur, ton Sauveur, le Dieu d'Israël, ton Rédempteur.

Lecture de l'Exode (12,1-11)

Le Seigneur dit à Moïse et Aaron en terre d'Égypte : Ce mois viendra pour vous en tête des autres, vous en ferez le premier des mois de l'année. Dites à toute l'assemblée d'Israël : Le dixième jour de ce mois, que chacun se procure un agneau par famille, un agneau par maison. Si la famille est trop peu nombreuse pour un agneau, on invitera son voisin le plus proche, afin d'être assez nombreux, en tenant compte de l'appétit de chacun. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, né dans l'année. Vous la choisirez parmi les moutons ou les chèvres. Vous la garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois. Toute l'assemblée d'Israël l'immolera vers le soir. On prendra de son sang pour en mettre sur les deux montants et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera. Cette nuit-là on en mangera la chair rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous n'en mangerez rien qui soit cru ou bouilli, mais seulement rôti au feu, avec la tête, les pattes et les entrailles. Vous n'en laisserez rien pour le lendemain et vous ne lui briserez pas les os. Ce qui en resterait au point du jour, vous le brûlerez au feu. Vous la mangerez ainsi : les reins ceints, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous la mangerez à la hâte : c'est la Pâque du Seigneur !

Lecture de la prophétie de Jonas (1-4)

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas, fils d'Amathi : Lève-toi, dit-il, va à Ninive, la grande ville, et là tu annonceras que le bruit de son iniquité est monté jusqu'à moi. Jonas se mit
en route, mais pour s'enfuir à Tarsis loin de la face du Seigneur. Il descendit à Joppé, où il trouva un navire en
partance pour Tarsis. Il paya son passage et s'embarqua pour Tarsis, loin de la face du Seigneur. Mais le Seigneur lança sur la mer un vent violent, et il y eut en mer une grande tempête, au point que le vaisseau menaçait de se briser. Épouvantés, les matelots crièrent chacun vers son dieu, puis ils jetèrent la cargaison à la mer, pour alléger le navire. Jonas, lui, était descendu au fond du bateau, il s'était couché et donnait profondément. Le chef de l'équipage s'approcha de lui et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève-toi et invoque ton Dieu, s'il peut nous sauver et nous soustraire à la mort. Puis ils se dirent les uns aux autres : Venez, tirons au sort, pour savoir de qui nous vient ce mal. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. Ils lui dirent alors : Dis-nous d'où nous vient ce malheur, ce que tu fais, d'où tu viens, où tu vas, de quel pays, de quel peuple tu es. Il leur répondit : Je suis un serviteur du Seigneur, j'adore le Seigneur, Dieu du ciel, celui qui a fait la mer et la terre. Les matelots furent saisis d'une grande crainte et lui dirent : Pourquoi as-tu fait cela ? - car ils venaient de comprendre, aux aveux de Jonas, qu'il fuyait loin de la face du Seigneur. Ils lui demandèrent : Que faut-il faire de toi, pour que la mer s'apaise autour de nous ? - car la mer se soulevait de plus en plus. Jonas leur répondit : Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer s'apaisera pour vous. Car, je le sais, c'est à cause de moi que cette violente tempête vous assaille. Les matelots s'efforcèrent de gagner le rivage, mais en vain, car la mer se soulevait de plus en plus contre eux. Alors ils invoquèrent le Seigneur et dirent : Seigneur, puissions-nous ne pas périr à cause de la vie de cet homme, ne fais pas retomber sur nous le sang d'un juste, car c'est toi, Seigneur, qui auras agi selon ton bon plaisir. Et, s'emparant de Jonas, ils le jetèrent à la mer, dont la fureur se calma. Les hommes furent saisis d'une grande crainte envers le Seigneur et firent monter vers lui leur prière.
Le Seigneur commanda à un grand poisson d'engloutir Jonas, et Jonas demeura dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. Des entrailles du poisson, il adressa cette prière au Seigneur son Dieu : Dans ma détresse, j'ai invoqué le Seigneur, et il m'a répondu. Du sein de l'enfer, j'ai crié : tu écoutes ma voix. Tu m'as jeté dans l'abîme, au cœur des eaux, et les flots me cernaient. L'écume de tes vagues, les lames de tes flots ont passé sur moi. Je me disais : me voilà rejeté loin de tes yeux, pourrai-je revoir ton temple saint ? Les eaux m'ont assailli jusqu'à l'âme et le fond de l'abîme m'a cerné. Ma tête s'enfonça jusqu'aux racines des montagnes, je descendis au pays que ferment les éternels verrous. Mais de la fosse tu as fait remonter ma vie vers toi, Seigneur mon Dieu. Quand la vie allait me quitter, je me suis souvenu du Seigneur, et ma prière parvint jusqu'à toi, dans ton temple saint. Les servants de vaines idoles perdent la source de leur grâce. Mais moi, au son de la louange, je t'offrirai un sacrifice d'action de grâce, accomplissant envers toi, Seigneur, le vœu que j'ai fait pour mon salut.
Le Seigneur ordonna au poisson de déposer Jonas sur le rivage. La parole du Seigneur fut adressée à Jonas pour la seconde fois : Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et là, tu annonceras le message dont je t'avais chargé. Jonas se mit en route et se rendit à Ninive, selon la parole du Seigneur. Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser ! Jonas s'y avança, l'espace d'une journée, prêchant en ces termes : Encore trois jours, et Ninive sera détruite ! Les gens de Ninive crurent en Dieu, ils proclamèrent un jeûne, se revêtirent de sacs, du plus grand au plus petit. La nouvelle parvint au roi de Ninive : il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. Puis on fit crier dans la ville, par ordre du roi et des grands, ce décret : Hommes et bêtes, gros et menu bétail, s'abstiendront de manger, de paître ou de boire. Hommes et bêtes seront couverts de sacs, et l'on criera vers Dieu avec force. Chacun renoncera à sa conduite perverse et à l'iniquité de ses mains. Peut-être Dieu se ravisera-t-il, laissant calmer l'ardeur de son courroux, en sorte que nous ne périssions point ?
Dieu vit ce qu'ils faisaient pour se détourner de leur conduite perverse : il se ravisa du mal qu'il avait promis de leur faire et ne l'exécuta point. Jonas en eut un grand dépit et il se fâcha, et il adressa cette prière au Seigneur en disant : Ah, Seigneur, c'est bien ce que je disais, quand j'étais encore dans mon pays ! C'est pourquoi je m'étais d'abord enfui vers Tarsis. Je savais bien que tu es un Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en miséricorde et regrettant le mal. À présent, Maître et Seigneur, reprends mon âme, car je préfère la mort à la vie ! Le Seigneur répondit : Faut-il que tu te fâches à ce point ? Jonas sortit de la ville et s'assit à l'orient de la cité. Il se fit une cabane pour s'asseoir à l'ombre, dans l'attente de ce qui devait arriver dans la ville. Le Seigneur Dieu fit croître un ricin, qui s'éleva au-dessus de Jonas, afin de donner de l'ombre à sa tête et de le guérir de son mal. Jonas fut très content du ricin. Mais le lendemain, au point du jour, Dieu fit venir un ver, qui piqua le ricin, en sorte qu'il sécha. Puis, quand le soleil se leva, Dieu fit souffler un vent brûlant, et le soleil darda ses rayons sur la tête de Jonas qui, tout défaillant, demanda la mort en disant : Je préfère la mort à la vie ! Dieu dit à Jonas : Faut-il que tu te fâches pour ce ricin ? Il répondit : Oui, je suis mortellement fâché ! Le Seigneur reprit : Tu as de la peine pour ce ricin, qui ne t'a coûté aucun travail et que tu n'as pas fait croître, qui a poussé en une nuit et, en une nuit, a péri. Et moi, je ne serais pas en peine pour Ninive, la grande ville, où il y a plus de cent vingt mille êtres humains, qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, ainsi qu'une foule d'animaux !

Lecture du livre de Josué, fils de Noun (5,10-16)

Les fils d'Israël campèrent à Galgala et y célébrèrent la Pâque, le quatorzième jour du mois, vers le soir, à l'occident de Jéricho, dans la plaine du Jourdain. Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent des produits de la contrée, des pains sans levain et des épis grillés. Ce même jour, la manne cessa de tomber, après qu'ils eurent mangé des produits du pays. Les fils d'Israël n'eurent donc plus de manne : cette année-là, ils se nourrirent de la récolte du pays des Phéniciens.
Comme Josué se trouvait à Jéricho, il leva les yeux et vit un homme qui se tenait debout devant lui, une épée nue à la main. Josué s'avança vers lui et lui dit : Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? Moi, dit-il, je suis l'archistratège de l'armée du Seigneur, et je viens d'arriver. Josué, tombant la face contre terre, se prosterna devant lui et lui dit : Quels sont les ordres de mon Maître pour ton serviteur ? L'archistratège du Seigneur répondit à Josué, ôte tes sandales de tes pieds, car il est saint, le lieu où tu te trouves. Et Josué fit ainsi.

Lecture de l'Exode (13,20 -15,19)

Partis de Soukkoth, les fils d'Israël campèrent à Etham, en bordure du désert. Le Seigneur les précédait, le jour dans une colonne de nuée, pour leur montrer le chemin, et la nuit dans une colonne de feu, pour les éclairer. La colonne de nuée ne manquait jamais de précéder le peuple pendant le jour, ni la colonne de feu, pendant la nuit. Le Seigneur parla à Moïse en ces termes : Dis aux enfants d'Israël de revenir sur leurs pas et d'établir le camp entre Migdol et la mer, en face de Béèl-Céphôn. Vous camperez vis à vis de ce lieu, près de la mer. Pharaon dira à son peuple : Les fils d'Israël se sont égarés dans le pays, le désert les tient enfermés. Et moi, j'endurcirai le cœur de Pharaon, qui va se lancer à leur poursuite; mais je triompherai glorieusement de Pharaon et de toute son armée, et les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur ! Les enfants d'Israël firent ainsi Lorsqu'on annonça au roi d'Égypte que le peuple s'était enfui, le cœur de Pharaon et de ses serviteurs fut changé à l'égard du peuple, et ils dirent : Qu'avons-nous fait, de laisser partir les fils d'Israël et de nous priver ainsi de ses services ? Pharaon fit atteler ses chars et emmena toutes ses troupes avec lui. Il prit six cents chars d'élite, avec les meilleurs équipages, et toute la cavalerie des Égyptiens. Le Seigneur endurcit le cœur de Pharaon, le roi d'Égypte, qui se mit à la poursuite d'Israël, tandis que les fils d'Israël sortaient librement. Les Égyptiens les poursuivaient donc et les rejoignirent à leur campement, au bord de la mer. Tous les chevaux, les chars de Pharaon, ses cavaliers et son armée arrivèrent devant le camp, en face de Béèl-Céphôn.
À l'approche de Pharaon, les fils d'Israël, levant les yeux, virent les Égyptiens en marche derrière eux, et ils furent saisis d'une grande frayeur. Ils crièrent vers le Seigneur et dirent à Moïse : Manquait-il des tombeaux en Égypte, que tu nous aies menés mourir dans le désert ? Était-ce pour cela que tu nous as fait sortir d'Égypte ? Nous t'avions pourtant demandé de nous y laisser, pour servir les Égyptiens; car il vaut mieux servir les Égyptiens que de mourir dans ce désert ! Moïse dit au peuple : Courage, tenez bon, vous verrez ce que va faire le Seigneur pour vous sauver en ce jour. Car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les reverrez jamais plus : le Seigneur combattra pour vous; et vous, tenez-vous tranquilles !
Le Seigneur dit à Moïse : Pourquoi ces cris ? Dis aux enfants d'Israël de se mettre en marche. Et toi, lève ton bâton, étends ta main sur la mer, pour la fendre; et que les fils d'Israël y pénètrent à pied sec. Moi, je vais endurcir le cœur de Pharaon et de tous les Égyptiens, pour qu'ils s'y engagent après vous. Alors, je triompherai glorieusement de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de sa cavalerie. Et tous les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, lorsque j'aurai triomphé de Pharaon, de ses chars et de ses cavaliers !
L'Ange de Dieu, qui marchait en tête de l'armée d'Israël, changea de place et marcha derrière eux. La colonne de nuée se déplaça, elle aussi, et passa d'avant en arrière. Elle prit position entre l'armée des Égyptiens et celle des fils d'Israël. elle était obscure et ténébreuse pendant toute la nuit, de sorte que les armées ne parent se rapprocher l'une de l'autre.
Moïse étendit sa main sur la mer : le Seigneur la fit refouler toute la nuit, par un fort vent d'est, et il la mit à sec. Les eaux se fendirent, et les enfants d'Israël passèrent à pied sec au milieu de la mer, tandis que les eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens les poursuivirent : tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers s'engagèrent à leur suite au milieu de la mer. Et il arriva, pendant la veille du matin, que le Seigneur, depuis la colonne de feu et de nuée, jeta ses regards sur l'armée des Égyptiens et y sema la confusion : il bloqua les roues de leurs chars, de sorte qu'ils avançaient à grand peine. Les Égyptiens dirent alors : Fuyons de devant Israël, car le Seigneur combat pour eux, cotre les Égyptiens ! Le Seigneur dit à Moïse : Étends ta main sur la mer, pour que les eaux refluent et submergent les Égyptiens, leurs chars et leurs cavaliers. Moïse étendit sa main sur la mer, qui au point du jour reprit sa place habituelle. Les Égyptiens s'enfuirent avec le courant, et le Seigneur les culbuta au milieu de la mer. Les eaux, dans leur reflux, submergèrent les chars et les cavaliers, toutes les forces de Pharaon, qui s'étaient engagées, à la suite d'Israël, dans le lit de la mer. Il n'en resta pas un seul. Quant aux fils d'Israël, ils avaient marché à pied sec au milieu de la mer, tandis que les eaux formaient comme une muraille, à leur droite et à leur gauche.
Ce jour-là, le Seigneur délivra Israël de la main des Égyptiens, et Israël vit les cadavres des Égyptiens sur le rivage de la mer. Israël fut témoin des hauts faits du Seigneur contre les Égyptiens. Le peuple fut rempli de crainte envers le Seigneur : il eut foi en Dieu et en Moïse, son serviteur. Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique au Seigneur. Ils dirent :

On se met debout pour le cantique; chaque fois que le Lecteur dit : Chantons le Seigneur, le chœur achève le refrain (R.) : Car il s'est couvert de gloire.

Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Il a jeté à l'eau cheval et cavalier. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Il est mon secours, ma protection, c'est lui qui m'a sauvé. Il est mon Dieu, et je veux le glorifier, le Dieu de mon père, et je l'exalterai. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Le Seigneur brise les guerres, «Seigneur» est son nom. Les chars de Pharaon et son armée, il les jette à la mer, l'élite de ses cavaliers, la mer Rouge l'engloutit. Le flot les submerge, ils sombrent dans l'abîme comme une masse. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force, ta droite, Seigneur, écrase l'ennemi. Par la grandeur de ta gloire, tu renverses les adversaires. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Tu déchaînes ta fureur, qui les dévore comme paille. Au souffle de ton courroux les eaux se divisent, les flots se dressent comme une digue, les vagues se figent au milieu de la mer. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

L'ennemi disait : En poursuivant, je les prendrai, je partagerai le butin, mon âme sera comblée; je l'emporterai par mon glaive, ma main sera plus forte. Mais tu envoies ton souffle, et la mer les recouvre; comme plomb ils s'abîment au sein des vastes eaux. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Qui est comme toi, Seigneur, parmi les dieux, qui est comme toi, glorifié parmi les saints, admirable en gloires, accomplissant des prodiges ? Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Tu étends la main, et la terre les engloutit; ta justice conduit ce peuple par toi racheté, ta puissance le guide vers La sainte demeure. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

À cette nouvelle, les peuples tremblent, la frayeur secoue les habitants de la Philistie. L'épouvante gagne les chefs en Edom, la terreur saisit les princes de Moab, ensemble s'effondrent les habitants de Canaan. Crainte et tremblement puissent fondre sur eux ! Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Que la force de ton bras les pétrifie, jusqu'à ce que passe ton peuple, Seigneur, jusqu'à ce que passe ce peuple que tu as acquis. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire,

Tu les mèneras, tu les planteras sur la montagne de ton héritage, au lieu dont tu fis, Seigneur, ta demeure, au sanctuaire qu'ont préparé tes mains. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Le Seigneur règne pour les siècles, toujours et à jamais. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Car les chevaux de Pharaon, avec les chars et les cavaliers, s'étaient engagés dans la mer, et sur eux le Seigneur fit refluer les flots, mais les enfants d'Israël passèrent au milieu de la mer, à pied sec. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit. Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Chantons le Seigneur, R. car il s'est couvert de gloire.

Lecture de la prophétie de Sophonie (3,8-15)

Voici ce que dit le Seigneur : Attendez- moi jusqu'au jour où je me lèverai pour témoigner, car j'ai décrété de réunir les nations, de rassembler les royaumes, pour verser sur vous ma
fureur, toute l'ardeur de ma colère. Car alors, je changerai dans chaque peuple la langue de sa race, afin que tous invoquent le nom du Seigneur et le servent sous un même joug. De par delà les fleuves d'Éthiopie je recevrai mes adorateurs, les fils de la dispersion m'apporteront leurs offrandes. En ce jour-là, tu n'auras plus à rougir pour tous les méfaits que tu as commis contre moi, car alors je ferai tomber ton orgueil méprisant, et tu cesseras de te pavaner sur ma sainte montagne. Je ne laisserai subsister chez toi qu'un peuple doux et modeste, et le reste d'Israël craindra le nom du Seigneur. Ils s'abstiendront de l'iniquité, ils ne diront plus de mensonge, et dans leur bouche on ne trouvera plus de langue trompeuse. Mais ils pourront paître et se reposer, sans que personne les inquiète. Réjouis-toi, fille de Sion, proclame-le, fille de Jérusalem, danse de joie, exulte de tout ton cœur, fille de Jérusalem. Le Seigneur a effacé tes injustices, il t'a délivré de la main de tes ennemis. Le Seigneur, roi d'Israël, est au milieu de toi : tu ne verras plus le malheur.

Lecture du troisième livre des Rois (17,8-24)

La parole du Seigneur fut adressée à Élie en ces termes : Lève-toi et va à Sarepta, au pays de Sidon, et tu y demeureras, car là-bas j'ai ordonné à une veuve de te donner à manger. Il se leva et alla à Sarepta. En arrivant à la porte de la ville, il vit une veuve qui ramassait du bois; il l'interpella et lui dit : Apporte-moi donc un peu d'eau dans ta cruche, que je boive ! Comme elle allait en chercher, il la rappela et lui dit : Apporte-moi aussi un morceau de pain dan ta main ! La femme répondit : Par le Dieu vivant, ton Seigneur, je n'ai pas de pain cuit; je n'ai qu'une poignée de farine dans une jarre et un peu d'huile dans une cruche : je viens de ramasser deux bouts de bois, je vais préparer cela pour moi et mes enfants, nous mangerons et nous mourrons ! Mais Élie lui dit : Sois sans crainte, va faire comme tu l'as dit; mais prépare-moi d'abord un petit pain, que tu m'apporteras; ensuite tu prépareras le reste pour toi et tes enfants, car voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d'Israël :

La jarre de farine ne s'épuisera et la cruche d'huile ne se videra, jusqu'au jour où sur tout ce terroir le Seigneur fera pleuvoir !
La femme s'en alla et fit comme Élie lui avait dit. Il y en eut pour lui, pour elle et pour ses enfants, et depuis ce jour la jarre de farine ne se vida et la cruche d'huile ne s'épuisa, selon la parole du Seigneur transmise par Élie. Après cela il arriva que le fils de la maîtresse de maison tomba malade, et sa maladie fut si violente qu'il en mourut. Alors elle dit à Élie : Qu'y at-il entre nous, homme de Dieu ? Serais-tu venu chez moi pour me rappeler mes fautes et faire mourir mon fils ? Élie dit à la femme : Donne-moi ton fils ! Et il le prit des bras de sa mère, le porta dans la chambre haute où il logeait et le coucha sur son lit. Puis il invoqua le Seigneur en disant : Seigneur mon Dieu, veux-tu donc aussi du mal à la veuve qui m'héberge, pour que tu fasses mourir son fils ? Il souffla par trois fois sur l'enfant et il invoqua le Seigneur en disant : Seigneur mon Dieu, je t'en prie, fais revenir en lui l'âme de cet enfant ! Et il en fut ainsi : comme Élie l'invoquait, le Seigneur écouta son appel, l'âme de l'enfant revint en lui et il fut rendu à la vie.
Élie prit l'enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison et le remit à sa mère en disant : Voici ton fils, il est vivant ! La femme dit à Élie : Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu et que la parole de Dieu dans ta bouche est vérité.

Lecture de la prophétie d'Isaïe (61,10-62,5)

Exulte de joie, ô mon âme, dans le Seigneur, car il m'a revêtu d'un vêtement de salut, il m'a couvert d'une tunique d'allégresse, comme un nouvel époux couronné du diadème et
comme une mariée parée de ses bijoux. Comme une terre produit sa floraison, comme un jardin fait croître ses semences, ainsi le Seigneur va faire éclore la justice et l'allégresse à la face de tous les peuples.
Pour Sion je ne me tairai point et pour Jérusalem je n'aurai de cesse que brille sa justice comme l'aurore et son salut comme un flambeau. Alors les nations verront ta justice et tous les rois ta gloire. Et l'on t'appellera d'un nom nouveau (c'est le Seigneur qui le donnera), tu seras une couronne splendide dans la main du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu.
On ne t'appellera plus «la Délaissée» ni ta terre «l'Abandonnée», mais on t'appellera «ma Plaisance» et ta terre «l'Épousée». Car le Seigneur mettra son plaisir en toi et ta terre aura un époux. Comme un jeune homme épouse une vierge, tes fils habiteront chez toi, et comme le mari se réjouit de son épouse, tu feras la joie de ton Seigneur.

Lecture de la Genèse (22,1-18)

Après cela, Dieu mit Abraham à l'épreuve et il lui dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici ! Dieu dit : Prends ton fils, ton fils unique que tu aimes, Isaac. Va sur la hauteur; et là, tu l'offriras en holocauste, sur une montagne que je t'indiquerai.
Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l'holocauste et se mit en route pour l'endroit que Dieu lui avait dit. Le troisième jour Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : Demeurez ici avec l'âne. Moi et l'enfant, nous irons là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac. Lui-même, il prit en main le feu et le couteau, et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Isaac dit à son père Abraham : Mon père ! Il répondit : Qu'y a-t-il, mon fils ? Il dit : Voici le feu et le bois; mais où est l'agneau pour l'holocauste ? Abraham répondit : C'est Dieu qui pourvoira à l'agneau pour l'holocauste, mon fils ! Et ils s'en allèrent tous deux ensemble.
Quand ils furent arrivés à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du ciel et lui dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici ! L'ange dit : N'étends pas la main contre l'enfant, ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique ! Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste, à la place de son fils. Abraham appela ce lieu «le Seigneur pourvoit», de sorte qu'on dit aujourd'hui : Sur la montagne le Seigneur pourvoit.
Une seconde fois l'ange du Seigneur appela du ciel Abraham et lui dit : Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable du rivage de la mer. Elle possédera la porte de ses ennemis; en elle seront bénies toutes les nations de la terre, parce que tu as obéi à ma voix.

Lecture de la prophétie dIsaïe (61,1-10)

L'Esprit du Seigneur repose sur moi, car il m'a consacré, il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la délivrance, aux aveugles la vue, proclamer une année de grâce de la part du Seigneur, un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler les affligés et leur donner un diadème au lieu de cendres, l'huile d'allégresse au lieu des vêtements de deuil, la louange au lieu du désespoir.

On les appellera «térébinthes de justice, plantés par le Seigneur pour sa gloire». Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les débris du passé, ils restaureront les villes détruites, dévastées depuis des siècles. Des étrangers viendront faire paître vos troupeaux, des gens du dehors deviendront vos laboureurs et vos vignerons. Et vous, vous serez appelés «prêtres du Seigneur», «ministres de notre Dieu». Vous vous nourrirez des richesses des nations, vous resplendirez de leur opulence. Ceux qui ont eu double part de honte recevront dans leur pays double part d'héritage, et leur joie sera sans fin
Car moi, le Seigneur, j'aime l'équité, je hais la rapine et le crime. Aux justes je donnerai leur récompense, avec eux je conclurai une alliance éternelle. Leur race deviendra célèbre parmi les nations et leur descendance au milieu des peuples : tout le monde, à les voir, reconnaîtra qu'ils sont une race bénie du Seigneur.

Lecture du quatrième livre des Rois (4,8-27)

Un jour Élisée passait à Sunam, et une femme de qualité l'invita à partager son repas. Depuis lors, chaque fois qu'il passait, il se rendait là pour manger. Elle dit à son mari : Écoute, je suis sûre que cet homme qui passe toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Construisons-lui donc une petite chambre sur la terrasse, nous y mettrons pour lui un lit, une table, un siège et une lampe : il pourra s'y retirer quand il viendra chez nous.
Un jour qu'il vint là, il se retira dans la chambre haute et s'y coucha. Il dit à Ghiézi, son serviteur : Appelle cette bonne Sunamite. Il l'appela, et elle se tint devant lui. Élisée reprit : Dis-lui : Tu nous as témoigné tant d'empressement; que peut-on faire pour toi ? Y a-t-il un mot à dire pour toi au roi ou au chef de l'armée ? Elle lui dit : Je vis heureuse au milieu de mon peuple. Élisée dit à Ghiézi : Alors, que peut-on faire pour elle ? Ghiézi répondit : Eh bien, elle n'a pas de fils et son mari est âgé. Élisée dit : Appelle-la. Il l'appela, et elle se tint à l'entrée. Élisée lui dit : L'an prochain, à pareille époque, tu enfanteras un fils ! Mais elle répondit : Non, Seigneur, ne te moque pas de ta servante ! Or la femme conçut, et elle enfanta un fils, l'année suivante, à pareille date, comme Élisée l'avait prédit.
L'enfant grandit. Un jour qu'il était allé trouver son père auprès des moissonneurs, il lui dit : Oh, ma tête ! ma tête ! Et le père ordonna à un serviteur de le porter à sa mère. Celui-ci l'emporta et le remit à sa mère. Il resta sur ses genoux jusqu'à midi, puis il mourut. Elle monta l'étendre sur le lit de l'homme de Dieu, ferma la porte et sortit. Elle appela son mari et lui dit : Envoie-moi l'un des serviteurs avec une ânesse, je cours chez l'homme de Dieu et je reviens. Il demanda : Pourquoi vas-tu chez lui aujourd'hui ? Ce n'est pas la nouvelle lune ni le sabbat ! Mais elle répondit : Je t'en prie ! Elle fit seller l'ânesse et dit à son serviteur : Conduis-moi vite, ne t'arrête pas en cours de route sans que je te l'ordonne ! Elle partit et arriva chez l'homme de Dieu, au mont Carmel.
Lorsqu'il la vit de loin, Élisée dit à Ghiézi, son serviteur : Voici cette bonne Sunamite; cours donc à sa rencontre et demande-lui si elle va bien, ainsi que son mari et son enfant. Elle répondit : Bien ! Mais, quand elle arriva sur la montagne, devant l'homme de Dieu, elle lui saisit les pieds. Ghiézi s'approcha pour la repousser, mais Élisée lui dit : Laisse-la, car son âme est dans l'amertume; le Seigneur me l'a caché, il ne m'a rien annoncé ! Elle dit : Avais-je demandé un fils à mon Seigneur ? Ne t'avais-je pas dit de ne pas me leurrer ?
Élisée dit à Ghiézi : Mets ta ceinture, prends mon bâton et va. Si tu rencontre quelqu'un, ne le salue pas; si quelqu'un te salue, ne lui réponds pas. Tu étendras mon bâton au-dessus de l'enfant ! Mais la mère de l'enfant s'écria : Par la vie du Seigneur et par la tienne, je ne te quitterai pas ! Alors il se leva et la suivit. Ghiézi les avait précédés et il avait étendu le bâton au-dessus de l'enfant, mais il n'y eut ni voix ni signe de vie. Il revint au-devant d'Élisée et lui dit : L'enfant ne s'est pas réveillé !
Élisée entra dans la maison, où il vit l'enfant mort couché sur son propre lit. Il entra donc, ferma la porte pour rester seul avec l'enfant et pria le Seigneur. Puis il monta sur le lit, s'étendit sur l'enfant, mit sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux, ses mains contre ses mains. Il se replia sur lui, et la chair de l'enfant se réchauffa. Il se releva et marcha de long en large dans la chambre, puis remonta et se replia sur lui jusqu'à sept fois : alors l'enfant ouvrit les yeux.
Élisée appela Ghiézi et lui dit : Appelle cette bonne Sunamite ! Il l'appela, et elle se présenta devant lui. Il lui dit : Prends ton fils ! Alors elle entra et se prosterna à ses pieds, puis elle prit son fils et sortit.

Lecture de la prophétie d'Isaïe (63,11-64,5)

Ainsi parle le Seigneur : Où est celui qui a sauvé des eaux le pasteur des brebis ? Où est celui qui mit en lui son Esprit saint ? N'est-ce pas celui qui fit agir à la droite de Moïse un bras glorieux ? Il fendit les eaux devant eux, pour se faire un éternel renom. Il les fit marcher au fond de l'abîme, comme un cheval dans le désert, sans plus de fatigue qu'un troupeau dans la plaine. L'Esprit du Seigneur descendit pour les guider.

C'est ainsi que tu menas ton peuple, pour la gloire de ton nom. Regarde du ciel et vois, de La demeure sainte et glorieuse. Où sont passés ton zèle et ta puissance, où sont les frémissements de tes entrailles, l'abondance de ta miséricorde envers nous ? Car tu es notre Père : Abraham ne nous connaît plus et Israël ne se souvient plus de nous, mais c'est toi, Seigneur, qui es notre Père, notre Rédempteur; tel est ton nom pour nous, depuis toujours. Pourquoi nous fourvoyer loin de tes voies, rendre nos cœurs insensibles à ta crainte ? Reviens, Seigneur, pour l'amour de tes serviteurs, pour les tribus de ton héritage !
Les impies ont envahi ta montagne sainte, nos ennemis ont foulé ton sanctuaire. Nous sommes, depuis longtemps, ceux que tu ne gouvernes plus et qui ne portent plus ton nom. Si tu ouvrais les cieux pour descendre, devant ta face fondraient les monts, comme cire en face du feu, et le feu consumerait nos ennemis, ton nom serait magnifié devant eux; devant ta face trembleraient les nations, à la vue de tes exploits, et les montagnes seraient ébranlées. Nulle oreille n'a entendu, nul œil n'a vu d'autre dieu agissant comme toi pour ceux qui espèrent ta miséricorde. Car tu viens au-devant de ceux qui t'espèrent, de ceux qui pratiquent la justice et se souviennent de tes voies.

Lecture de la prophétie de Jérémie (38,31-34)

Ainsi parle le Seigneur : Voici venir des jours où je conclura avec la maison d'Israël et la maison de Juda, une
alliance nouvelle, non pas comme l'alliance que j'ai conclue avec leurs pères, le jour où je les pris par la main pour les faire sortir de la terre d'Égypte, car ils ne sont pas demeurés dans mon alliance, et moi, je ne me suis plus souvenu d'eux — oracle du
Seigneur. Mais voici l'alliance que je conclurai avec la maison d'Israël en ces jours-là, dit le Seigneur. Je mettrai ma loi au fond de leurs pensées, je l'inscrirai au fond de leur cœur. Ils
n'auront plus à s'instruire mutuellement, se disant l'un à l'autre; Connaissez le Seigneur; mais tous ils me connaîtront, du plus petit jusqu'au plus grand — oracle du Seigneur — car je vais pardonner leur crime et ne plus me souvenir de leur péché.

Lecture de la prophétie de Daniel (3,1-88)

La dix-huitième année, le roi Nabuchodonosor fit une statue d'or haute de soixante coudées et large de six coudées, qu'il érigea dans la plaine de Doura, dans la province de Babylone. Puis il fit convoquer les satrapes, les préfets, les gouverneurs, les officiers, les intendants, les magistrats et toutes les autorités des provinces, pour l’inauguration de la statue élevée par le roi Nabuchodonosor. Lors s'assemblèrent satrapes, préfets, gouverneurs, officiers, intendants, magistrats et toutes les autorités des provinces, pour la dédicace de la statue érigée par le roi Nabuchodonosor, et ils se tinrent devant la statue. Un héraut cria d'une voix forte : À vous, peuples et nations, gens de toutes langues, voici ce qui a été commandé : à l'instant où vous entendrez sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, vous vous prosternerez pour adorer la statue d'or élevée par le roi Nabuchodonosor. Quiconque ne se prosternera pas pour adorer sera jeté aussitôt dans la fournaise de feu ardent.
Sur quoi, dès que les peuples eurent entendu sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, se prosternèrent nations et gens de toutes langues pour adorer la statue d'or qu'avait élevée le roi Nabuchodonosor. Cependant, certains Chaldéens s'approchèrent pour dénoncer les Juifs. Ils dirent au roi Nabuchodonosor : Ô Roi, vis à jamais ! Toi-même, ô Roi, tu as promulgué un décret prescrivant à tout homme qui entendrait sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse, et toute espèce de musique, de se prosterner pour adorer la statue d'or, sous peine d'être jeté dans la fournaise de feu ardent. Eh bien, il y a quelques Juifs, à qui tu as confié les affaires de la province de Babylone : Sédrak, Misak et Abdénago, ces gens-là n'ont pas suivi ton ordre, ô Roi, ils ne servent pas tes dieux et ne se prosternent pas devant la statue d'or que tu as élevée.
Alors, Nabuchodonosor entra dans une violente colère et fit quérir Sédrak, Misak et Abdénago. On les amena devant le roi, et Nabuchodonosor leur dit : Est-il vrai, Sédrak, Misak et Abdénago, que vous ne servez pas mes dieux et que vous ne vous prosternez pas devant la statue d'or que j'ai élevée ? Eh bien, êtes-vous disposés, quand vous entendrez sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse, et toute espèce de musique, à vous prosterner pour adorer la statue d'or que j'ai faite ? Si vous n'adorez pas, vous serez jetés aussitôt dans la fournaise de feu ardent, et quel est le Dieu qui pourra vous délivrer de ma main ?
Sédrak, Misak et Abdénago dirent au roi Nabuchodonosor : Point n'est besoin de te répondre à ce sujet. Il est dans les cieux, le Dieu que nous servons, il est capable de nous délivrer de la fournaise de feu ardent, et de ta main, ô Roi, il nous sauvera. Et, s'il ne le fait pas, sache, ô Roi, que nous ne servirons pas tes dieux et que nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as élevée.
Alors Nabuchodonosor fut rempli de colère, et l'expression de son visage changea à l'égard de Sédrak, Misak et Abdénago. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus que de coutume et il demanda à des hommes forts de son armée de lier S&Irak, Misak et Abdénago, pour les jeter dans la fournaise de feu ardent. Ceux-ci furent donc liés, tout vêtus, avec manteau, chausses et chapeau, et jetés au milieu de la fournaise de feu ardent, selon l'ordre formel du roi. Les trois jeunes gens, Sédrak, Misak et Abdénago, descendirent dans la fournaise de feu ardent et ils se promenaient au milieu des flammes, louant Dieu et bénissant le Seigneur.
Azarias, debout, se mit à prier; il ouvrit la bouche et, dans les flammes, il disait : Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, ton nom est loué et exalté dans tous les siècles. Car tu es juste en tout ce que tu nous as fait, toutes tes œuvres sont vérité, tes voies sont droites, tes jugements sont équitables. Tu as porté juste sentence en tout ce que tu as fait venir sur nous et sur Jérusalem, la ville sainte de nos Pères. C'est à cause de nos péchés que tu nous as traités ainsi, par un juste jugement. Oui, nous avons péché et commis l'iniquité en nous éloignant de toi, nous avons failli totalement. Nous n'avons pas suivi ni mis en pratique tes commandements, nous n'avons pas accompli ce qui nous était prescrit pour notre bien. Et tous les maux dont tu nous as frappés, tous les châtiments que tu nous as infligés sont l'effet de ta justice. Tu nous as livrés aux mains d'injustes ennemis, d'impies acharnés contre nous, à un roi inique, le plus mauvais de toute la terre. Et maintenant, nous ne pouvons ouvrir la bouche : la honte et l'opprobre sont le lot de ceux qui te servent en t'adorant. Ne nous rejette pas jusqu'à la fin, pour la gloire de ton saint nom; ne brise pas ton alliance, n'éloigne pas de nous ta miséricorde, à cause d'Abraham ton bien-aimé, d'Isaac ton serviteur et d'Israël ton élu. Car tu leur as promis une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel, comme le sable sur le rivage de la mer. Seigneur, nous voici réduits à peu par rapport à toutes les nations, nous voici humiliés par toute la terre, aujourd'hui, à cause de nos péchés. À présent, nous n'avons plus ni chef ni prophète ni prince, ni holocauste ni sacrifice ni oblation ni encens, ni même un lieu pour t'offrir nos prémices et trouver grâce auprès de toi. Mais qu'une âme brisée et un esprit humilié nous fassent agréer de toi, comme holocaustes de béliers et de taureaux, comme des milliers d'agneaux gras ! Qu'ainsi notre sacrifice à tes yeux soit agréable, en ce jour, et parfait, pour que ne soient confondus ceux qui espèrent en toi. Désormais, c'est de tout cœur que nous voulons te suivre, te craindre et rechercher ta face. Ne déçois pas notre attente, mais agis envers nous selon ta clémence et ta grande miséricorde. Renouvelle tes prodiges pour nous délivrer, Seigneur, couvre de gloire ton nom. Que soient confondus ceux qui maltraitent tes serviteurs, qu'ils soient couverts de honte, privés de tout pouvoir, et que leur force soit brisée ! Qu'ils sachent que tu es le Seigneur, le seul Dieu à qui revient la gloire par tout l'univers.
Les serviteurs du roi, qui les y avaient jetés, ne cessaient d'entretenir la fournaise avec du naphte, de la poix, de l'étoupe et des sarments, si bien que la flamme s'élevait de quarante-neuf coudées au-dessus de la fournaise : elle déborda et brûla ceux des Chaldéens qu'elle trouva alentour. Mais l'ange du Seigneur descendit dans la fournaise auprès d'Azarias et de ses compagnons, il repoussa la flamme au dehors et fit souffler au milieu de la fournaise comme une fraîcheur de brise et de rosée, si bien que le feu ne les toucha point et ne leur causa ni douleur ni angoisse. Alors tous trois, comme d'une seule bouche, se mirent à chanter, glorifiant et bénissant Dieu dans la fournaise et disant :

Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, surpassant toute louange et pardessus tout exalté dans les siècles.

Béni est le saint nom de ta gloire, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Béni es-tu dans le temple de ta sainte gloire, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Béni es-tu qui sondes les abîmes et sièges sur les chérubins, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Béni es-tu sur le trône de gloire de ton royaume, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Béni es-tu au firmament du ciel, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

On se lève pour le Cantique des créatures.
Le Lecteur :
Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Bénissez, toutes ses œuvres, le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Anges du Seigneur et cieux du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Toutes les eaux par-dessus les cieux, et toutes ses puissances, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Soleil et lune, tous les astres du ciel, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Lumière et ténèbres, les nuits et les jours, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Toute pluie et rosée, tous les souffles du vent, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Feu et chaleur, frimas et canicule, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Gelées et grêles, givre et rosées, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Glaces et neiges, éclairs et nuées, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Montagnes et collines, toutes les plantes de la terre, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Sources, mers et fleuves, monstres marins et tout ce qui se meut dans les eaux, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Bêtes et bestiaux, et tous les Oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Fils des hommes, bénissez le Seigneur, Israël bénisse le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Prêtres du Seigneur et serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Esprits et âmes des justes, saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Ananias, Azarias, Misaël, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Apôtres, prophètes et Témoins du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.

Chœur : Chantons le Seigneur, exaltons-le dans tous les siècles.

Et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Chœur : Chantez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Louons, bénissons le Seigneur, prosternons-nous devant lui.

Chœur : Chantons le Seigneur, exaltons-le dans tous les siècles.

Petite litanie, avec l'ecphonèse du Trisagion : Car tu es saint, ô notre Dieu, et nous te rendons gloire...
Diacre : et dans les siècles des siècles.

Au lieu du Trisagion, on chante :

Vous tous qui avez été baptisés en Christ été, vous avez revêtu le Christ. Alléluia.

Diacre : Soyons attentifs !
Prêtre : Paix à tous.
Lecteur : Et à ton esprit.
Diacre : Sagesse !
Le Lecteur alterne avec le chœur :

Prokimenon, mode 5
Toute la terre se prosterne devant toi et chante pour toi, qu'elle chante pour ton nom, ô Dieu très-haut !
Verset : Acclamez le Seigneur, tous les habitants de la terre, chantez à la gloire de son nom, rendez-lui honneur et louange.

Diacre : Sagesse !
Lecteur : Lecture de l'épître de l’apôtre Paul aux Romains.
Diacre : Soyons attentifs !

(6,3-11)
Frères, nous tous qui avons été baptisés dans le Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Par le baptême nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions, nous aussi, dans une vie nouvelle. Si, par une mort semblable à la sienne, nous sommes devenus un
même être avec lui, nous le serons aussi par la résurrection. Comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui pour que fût détruit ce corps de péché, afin que nous cessions
d'être asservis au péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que le Christ, une
fois ressuscité des morts, ne meurt plus, la mort n'a plus d'emprise sur lui. Car sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie pour Dieu. Vous donc aussi, considérez-vous comme morts au péché et comme vivants pour Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Prêtre : Paix à toi qui as lu et à tout le peuple.
Lecteur : Et à ton esprit.
Diacre : Sagesse !
À la place de l'Alléluia, on chante cette antienne, mode 7 :

Lève-toi, ô Dieu, juge la terre, car tu domines sur toutes les nations.
Versets :
1. Dieu se tient au conseil divin, au milieu des juges pour juger
2. Jusques à quand jugerez-vous injustement, faisant acception de la personne des méchants ?
3. Rendez justice au pauvre, à l'orphelin, faites droit au faible, à l'indigent.
4. Délivrez l'indigent et le pauvre, sauvez-le de la main du méchant.
5. Mais non, sans savoir et sans comprendre, ils marchent dans les ténèbres; les fondements de la terre en sont ébranlés.
6. J'ai dit que vous êtes des dieux,que tous vous êtes fils du Très-Haut;
7. mais vous, comme des hommes vous mourrez et comme un de leurs chefs vous tomberez.»

Le diacre demande comme d'habitude la bénédiction. Après avoir béni la lecture de l'évangile, le prêtre dit : Sagesse, debout, écoutons la lecture du saint évangile. Paix à tous.
Le chœur : Et à ton esprit.
Le diacre :
Lecture du saint évangile selon Matthieu (28,1-20)

Après comme avant l'évangile, le chœur chante : Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.
Suit la Liturgie de saint Basile le Grand. À la place de l'hymne des chérubins, on chante ce tropaire, mode 5 :

Que fasse silence toute chair mortelle, qu'elle se tienne immobie, avec crainte et tremblement, et que rien de terrestre n'occupe sa pensée, car le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs s'avance pour être immolé et donné en nourriture aux fidèles, précédé des chœurs angéliques, avec toutes les Principautés et les Puissances des cieux, les Chérubins aux yeux innombrables et les Séraphins aux six ailes, qui se couvrent la face et chantent l'hymne sainte : Alléluia, alléluia, alléluia.

Après l'épiclèse, comme mégalynaire de la Mère de Dieu, on chante lentement, en le répétant jusqu'à trois fois, si nécessaire, l'hirmos de l'ode 9 du canon de matines :

Ne me pleure pas, ô Mère, bien que tu aies vu gisant dans le tombeau le Fils que tu avais conçu de merveilleuse façon, car je ressusciterai et serai glorifié, et dans ma gloire divine j'exalterai pour l'éternité les fidèles qui t'aiment et chantent La gloire.

Après : un seul est saint, on ajoute ce chant de communion, mode 4 :

Il s'est réveillé comme un dormeur, le Seigneur, il s'est levé, notre Sauveur. Alléluia.

Là où c'est l'usage, après la communion, à la place de : Nous avons vu la vraie lumière… on chante, mode 2 :

Souviens-toi de nous, Seigneur de miséricorde, comme tu t'es souvenu du Larron en entrant dans le royaume des cieux.

Congé (de la Liturgie de st Basile) : Que le Christ notre Dieu...