CANONS DU VIme CONCILE OECUMENIQUE (IN TRULLO)

Canons des 165 saints pères réunis à Constantinople dans la salle de la Coupole, du palais impérial sous Justinien, notre très pieux empereur aimé du Christ.
Adresse des saints pères réunis à Constantinople dans la salle de la Coupole à Justinien le très pieux empereur.

Au trs pieux empereur Justinien aimŽ du Christ, le saint concile oecumŽnique rŽuni sur la divine initiative et par dŽcret de votre trs pieux pouvoir en cette ville impŽriale gardŽe de Dieu.

6concile 

Maintenant que l'ineffable et divine Gr‰ce de notre rŽdempteur et Sauveur JŽsus Christ a conquis toute la terre, et la prŽdication vivifiante de la vŽritŽ fut semŽe dans toutes les oreilles, le peuple assis dans les tŽnbres de l'ignorance a vu la grande lumire de la connaissance et fut dŽlivrŽ des cha”nes de l'erreur, Žchangeant le royaume des cieux contre l'antique esclavage tandis que celui qui fut dŽpouillŽ de la beautŽ de la splendeur premire ˆ cause de son orgueil, le premier dragon, la Grande intelligence, l'Assyrien, est vaincu par ses anciens prisonniers et perd toute vigueur gr‰ce ˆ la puissance du Verbe fait chair, selon ce qui est ŽcritÊ: "Les glaives de l'ennemi vinrent ˆ manquer totalement." En effet, partout un culte rationnel est instituŽ, l'offrande parfaite est prŽsentŽe, et Dieu S'offrant en sacrifice et distribuŽ pour le bien des corps et des ‰mes, divinise les participants; par suite de quoi les dŽmons sont mis en fuite et l'assemblŽe sacrŽe des hommes rŽunis dans les Žglises se sanctifie mystiquement, et le paradis de la joie pure est ouvert ˆ tous, et, en un mot, toute la crŽation est rŽnovŽe.

Mais comme le diable, l'assassin du genre humain, qui s'est jadis ŽlevŽ contre le Seigneur tout-puissant et conut et enfanta la douleur de lˆ rŽbellion, ne souffrant pas de nous voir nous relever de la chute de la dŽsobŽissance et nous envoler vers les cieux gr‰ce ˆ notre premier-nŽ, le Christ, qui s'est donnŽ lui-mme pour nous comme ranon, ne cesse de lancer les traits du mal et de blesser les fidles avec les passions, afin qu'ils perdent le don qui leur fut fait d'tre sous la conduite de l'Esprit, d'tre honorŽs de sa prŽsence et d'avoir sa Gr‰ce; Dieu aussi, qui dans sa BontŽ nous accordera la couronne et nous conduit Lui-mme vers le salut, ne nous a pas abandonnŽs sans secours, faisant surgir contre lui ˆ chaque gŽnŽration les hommes qui se rangrent dans l'arne de cette vie armŽs des armes de la vraie foi et lui firent la guerre; ils ont brandi l'ŽpŽe de l'Esprit, c'est-ˆ-dire la parole de Dieu, et livrant ainsi le combat contre le malin, ils l'ont dŽpouillŽ de son empire tyrannique sur nous; pasteurs des troupeaux, rendant droites les voies du Seigneur pour les peuples, afin que ceux-ci ne soient point poussŽs par l'ignorance du bien vers les prŽcipices de l'iniquitŽ et n'y glissent imperceptiblement, il fallait en effet que Celui qui nous a fait le don d'tre et transforma par la grandeur de sa Condescendance et de son HumilitŽ notre race et la rappela ˆ Lui et l'Žleva vers Lui, nous montr‰t aussi le sentier menant au mieux tre par l'intermŽdiaire des docteurs et lumires de l'ƒglise, qui illuminent notre dŽmarche vers Dieu et nous exhortent ˆ vivre selon l'Žvangile, puisque leur vie, selon la parole de l'ap™tre, "fut une vie cŽleste".

Pour nous aussi, qui passons notre vie dans une trop grande nonchalance et nous sommes endormis dans la paresse de nos pensŽes, au point que l'ennemi nous guettant au tournant du chemin nous a surpris sans garde et, nous dŽrobant insensiblement notre vertu, nous l'a ŽchangŽe contre le vice, le Christ notre Dieu, le commandant de cet immense navire qu'est l'univers entier, a fait surgir vous, notre sage capitaine, notre pieux empereur, pour tre notre vrai protecteur, qui nous dispense la parole en prudence, garde la vŽritŽ pour toujours, rend jugement et justice sur terre et marche dans une voie sans reproche. La sagesse vous a portŽ dans son sein et vous a mis au monde bien ornŽ de vertus, vous a ŽlevŽ et formŽ et rempli du divin esprit, faisant ainsi de vous l'oeil de la terre habitŽe, pour illuminer splendidement le peuple soumis ˆ votre empire par la limpiditŽ et l'Žclat de votre intelligence; c'est ˆ vous qu'elle a confiŽ son ƒglise, vous qu'elle a enseignŽ de mŽditer jour et nuit sa loi pour instruire et Ždifier les peuples soumis ˆ votre pouvoir. Vous qui, surpassant le zŽlŽ PhinŽs par l'ardeur de votre Žlan vers Dieu et dŽracinant le pŽchŽ par la puissance de votre piŽtŽ et votre prudence, vous tes proposŽ d'arracher aussi votre troupeau du vice et de la corruption. Il convenait en effet que celui qui tient en ses mains le gouvernail du genre humain remis dans le sillage cŽleste, ne pens‰t pas qu'ˆ lui et au gouvernement de sa vie, mais ˆ sauver ses administrŽs aussi de la tempte et du grand tourbillon de leurs fautes, au moment o les souffles du malin nous assaillent de partout et secouent violemment notre corps humiliŽ.

Or, comme les deux saints conciles oecumŽniques, rŽunis dans cette ville impŽriale gardŽe de Dieu, l'une au temps de Justinien, mort dans le Seigneur, l'autre sous Constantin de pieuse mŽmoire feu notre empereur, pre de votre mansuŽtude, ayant exposŽ par dŽcret conciliaire le mystre de notre foi, n'ont point Žcrit des canons disciplinaires, ˆ l'exemple des quatre autres saints conciles oecumŽniques, canons gr‰ce auxquels les peuples se dŽtourneraient d'une conduite mauvaise et basse pour embrasser une vie meilleure et plus ŽlevŽe; il en rŽsulta que la nation sainte, le sacerdoce royal, pour laquelle le Christ est mort, tiraillŽe par de nombreuses passions dŽsordonnŽes et entra”nŽe sournoisement par elles, se dŽtachant peu ˆ peu du bercail et divisŽ en elle-mme, glissant par suite de l'ignorance et de l'oubli loin des oeuvres de vertu, et, pour employer l'expression de l'ap™tre, "foulant aux pieds le Fils de Dieu et considŽrant comme une chose vile le sang du testament nouveau qui la sanctifia, insulta de la sorte ˆ la Gr‰ce de l'Esprit". Cette nation sainte, dŽsireux de la rassembler comme un peuple de choix, ˆ l'imitation du Christ le pasteur, recherchant par les monts la brebis ŽgarŽe, pour la remettre dans son bercail et l'amener ˆ garder les commandements et les divins prŽceptes, gr‰ce auxquels nous nous Žloignons des oeuvres de mort et recouvrons la vie; aprs avoir discutŽ en vous-mme tous les moyens de salut, cherchant Dieu selon la parole de l'ŽcritureÊ: "celui qui cherche le Seigneur trouvera savoir et justice, et ceux qui le cherchent avec rectitude trouveront la paix", vous avez dŽcidŽ de rŽunir ce saint concile oecumŽnique choisi de Dieu, afin que le commun accord et l'entente du grand nombre vous fasse rŽussir ˆ souhait ce que vous dŽsirez; et si quelque vestige de l'audace pa•enne ou juda•que Žtait mlŽ au blŽ mžr de la vŽritŽ, qu'il soit extirpŽ comme la zizanie avec la racine et que l'aire de l'ƒglise en soit nettoyŽe. Car, "lˆ ou deux ou trois sont rŽunis en mon Nom, J'y suis au milieu d'eux", dit la voix du Seigneur; et Il nous clame par le prophte JŽrŽmieÊ: "recherchez-Moi de tout votre coeur et je Me montrerai ˆ vous".

Nous Žtant donc rŽunis dans ce but sur l'ordre de votre piŽtŽ en cette ville impŽriale gardŽe de Dieu, nous avons Žcrit des saints canons. Et nous prions votre piŽtŽ, dans les termes mmes dont se servirent les pres rŽunis jadis en cette ville gardŽe de Dieu sous notre feu empereur ThŽodose de sainte mŽmoire, que par votre pieuse signature vous couronniez le terme de nos dŽcisions, de mme que vous avez honorŽ l'ƒglise par la convocation du concile.

Et que le Seigneur garde votre règne dans la paix et la justice, le continue de génération en génération et ajoute à votre empire terrestre la jouissance du royaume des cieux.

 

1. Décret de garder sans innovation ni altération la foi transmise par les saints conciles oecuméniques.

L'ordre parfait, c'est de commencer au dŽbut de tout discours ou action par Dieu et de terminer en Dieu, selon le mot de saint GrŽgoire le ThŽologien. C'est pourquoi, en ce temps o nous prchons ouvertement la vraie religion et o l'ƒglise fondŽe dans le Christ grandit et progresse sans cesse au point de s'Žlever au dessus des cdres du Liban, nous aussi en commenant avec la Gr‰ce de Dieu nos saints discours, nous ordonnons de garder sans innovations et invulnŽrable la foi qui nous a ŽtŽ transmise par les ap™tres choisis de Dieu, qui ont vu et servi le Verbe.

De même que celle des trois cent dix-huit saints et bienheureux pères, qui se sont réunis à Nicée sous le règne de Constantin feu notre empereur contre l'impie Arius et l'hétérothéisme ou pour mieux dire le polythéisme qu'il a enseigné ils nous ont révélé et expose clairement dans l'unanimité de leur profession de foi la consubstantialité des trois hypostases de ta nature divine : ils n'ont pas permis qu'elle soit cachée sous le boisseau de l'ignorance, mais ont enseigne ouvertement les fidèles à adorer dans une unique adoration le Père et le Fils et le saint Esprit; ils ont démoli et mis en pièces la croyance à l'inégalité des degrés dans la divinité et jeté à terre et reversé les jouets enfantins faits de sable par les hérétiques contre la vraie foi.

Nous affirmons de même la foi proclamée sous le règne du grand Théodose feu notre empereur par les cent cinquante saints pères rassemblés en cette cite impériale, embrassant leurs déclarations sur la théologie du saint Esprit et rejetant avec les ennemis antérieurs de la vérité le sacrilège Macedonius, parce qu'il a osé effrontément prendre le maître pour un esclave et préféré comme un bandit déchirer l'indivisible Trinité, en sorte que le mystère de notre espérance eût été incomplet; nous condamnons avec cet homme détestable, enragé contre la vérité, Apollinaire, le maître d'iniquité, qui expectora l'opinion impie que le Seigneur assuma un corps sans intelligence, déduisant par là, lui aussi, que notre salut est resté incomplet.

Nous sanctionnons de mme, comme un rempart inŽbranlable de la vraie religion, les enseignements Ždictes par les deux cents pres inspires de Dieu, rŽunis la premire fois dans la ville d'ƒphse sous ThŽodose, feu notre empereur, fils d'Arcadius, proclamant un seul Christ Fils de Dieu et fait chair, et croyant la Vierge toute pure qui L'a engendrŽ sans la coopŽration d'un homme, vraiment et ˆ proprement parler Mre de Dieu, et pourchassons comme Žtant bien ŽloignŽe de la rŽalitŽ divine la radoteuse division des natures de Nestorius, qui proclamait dans l'unique Christ un homme distinct et un Dieu distinct, renouvelant par la l'impiŽtŽ juda•que.

Nous confirmons aussi la foi gravŽe en toute orthodoxie par les six cent trente pres choisis de Dieu, dans la mŽtropole de ChalcŽdoine sous Marcien feu notre empereur, foi qui apprit aux confins de la terre que l'unique Christ, le Fils de Dieu, est composŽ de deux natures et est glorifiŽ dans ces mmes deux natures; elle a exilŽ de l'enceinte sacrŽe de l'ƒglise, comme une horreur et une souillure le vain Eutychs, qui avait dŽclarŽ que le grand mystre de l'incarnation n'a eu lieu qu'en apparence, et avec lui Nestorius et Dioscore, instigateurs et dŽfenseurs l'un, de la division, l'autre, de la confusion des natures, qui venant de directions opposŽes sont tombŽs dans le mme prŽcipice de la perdition et de l'athŽisme.

Mais nous connaissons aussi et enseignons ˆ nos successeurs comme profŽrŽes par le saint esprit, les pieuses voix des cent soixante cinq pres inspirŽs de Dieu, qui se sont rassembles dans cette ville impŽriale sous Justinien de pieuse mŽmoire feu notre empereur; ils ont vouŽ par dŽcret conciliaire ˆ l'anathme et ˆ l'abomination ThŽodore de Mopsueste, le ma”tre de Nestorius, Origne et Didyme et ƒvagre qui ont rŽinventŽ les mythologies pa•ennes et remis en honneur dans le dŽlire et les rveries de leurs esprits des renaissances pŽriodiques et des transformations de certains corps et certaines ‰mes et se sont fourvoyŽs dans la croyance impie du retour des morts ˆ la vie; les Žcrits de ThŽodoret contre la vraie foi et contre les douze chapitres du bienheureux Cyrille, de mme que la lettre dite d'lbas.

Nous confessons aussi de nouveau de garder inattaquable la foi du sixime saint concile, qui fut rŽuni rŽcemment sous Constantin de sainte mŽmoire feu notre empereur en cette ville impŽriale, et reut plus d'autoritŽ du fait que le pieux empereur avait assurŽ ˆ perpŽtuitŽ l'authenticitŽ de ses actes, en apposant ˆ leurs volumes son cachet impŽrial; il a dŽclarŽ que nous devons croire en toute piŽtŽ aux deux vouloirs naturels ou volontŽs et aux deux opŽrations naturelles dans l'incarnation de l'unique notre Seigneur JŽsus Christ, et a condamnŽ par un vote plein de religion ceux qui ont falsifiŽ le vrai dogme de la vŽritŽ et ont enseignŽ aux peuples une volontŽ et une opŽration dans l'unique Seigneur JŽsus Christ notre Dieu, nous voulons dire ThŽodore de Pharan, Cyrus d'Alexandrie, Honorius de Rome, Serge, Pyrrhus, Paul et Pierre, anciens Žvques de cette ville gardŽe de Dieu, Macaire qui fut Žvque de la ville d'Antioche, Etienne son disciple et l'insensŽ Polychrone; il a gardŽ par lˆ intacte la doctrine d'un corps connaturel au n™tre du Christ notre Dieu.

En un mot, nous Ždictons que la foi de tous les hommes, qui se sont distinguŽs dans l'ƒglise de Dieu, qui sont devenus des lumires dans le monde, dispensant la parole de vie, demeure certaine et immuable jusqu'ˆ la consommation des sicles, de mme que leurs Žcrits et enseignements inspirŽs de Dieu nous rejetons et anathŽmatisons ceux qu'ils ont rejetŽs et anathŽmatisŽs comme ennemis de la vŽritŽ, qui se sont ŽlevŽs pleins de vaine arrogance contre Dieu et ont mŽditŽ une injustice extrme.

Si jamais quelqu'un ne garde pas et n'embrasse pas les dogmes déjà énumérés de la vraie foi, et ne croit pas et n'enseigne pas ainsi, mais tente d'aller à leur encontre, qu'il soit anathème conformément à la décision déjà édictée par les prédits saints et bienheureux pères, et qu'il soit expulsé et rejeté de la communauté chrétienne, comme un étranger qu'il est : car nous, nous affirmons de toutes les manières que nous pouvons, qu'en aucune façon on ne doive rien ajouter ou enlever à ce qui a été jusqu'ici défini.

 

2. Confirmation des ordonnances apostoliques, de la tradition des pres et des conciles prŽcŽdents.

Ce saint concile a pris aussi la décision très belle et très importante, que resteront désormais sûrs et confirmés pour le salut des âmes et la guérison des passions les 85 canons reçus et confirmés par les saints et bienheureux pères qui nous ont précédé, et transmis à nous aussi sous le nom des saints et glorieux apôtres. Mais comme dans ces canons il nous est ordonné de recevoir aussi les constitutions des mêmes saints apôtres rédigées par Clément, dans lesquelles jadis les hérétiques ont interpolé au dam de l'Église des choses fausses et étrangères à la vraie foi, qui ont terni la noble beauté des vérités divines, nous avons décidé de rejeter, comme il convenait de le faire, ces mêmes Constitutions pour l'édification et la sécurité du peuple très chrétien, en désapprouvant absolument les élucubrations des mensonges hérétiques et nous appuyant sur le pur et complet enseignement des apôtres.

Nous confirmons aussi tous les autres saints canons, qu'Ždictrent nos saints et bienheureux pres, c'est-ˆ-dire, les trois cent dix huit saints pres rŽunis ˆ NicŽe, ceux d'Ancyre, de plus ceux de NŽocŽsarŽe, de mme ceux de Gangres, de plus ceux d'Antioche de Syrie, et aussi ceux de LaodicŽe de Phrygie; de plus, les cent cinquante pres, qui se sont rŽunis dans cette ville impŽriale gardŽe de Dieu et les deux cents, rassemblŽs la premire fois ˆ ƒphse, et les six cent trente saints et bienheureux pres de ChalcŽdoineÊ: de mme ceux de Sardique, de plus ceux de Carthage, et aussi ceux qui de nouveau se sont rŽunis dans cette ville impŽriale gardŽe de Dieu sous Nectaire Žvque de cette ville impŽriale et ThŽophile feu l'archevque d'Alexandre.

Mais aussi les canons de Denys qui fut archevêque de la grande ville d'Alexandre et de Pierre qui fut archevêque d'Alexandrie et martyr, de Grégoire le thaumaturge, qui fut évêque de Néocésarée, d'Athanase archevêque d'Alexandre, de Basile archevêque de Césarée en Cappadoce, de Grégoire évêque de Nysse, de Grégoire le Théologien, d'Amphiloque d'Iconium, de Timothée le premier qui fut archevêque d'Alexandre, de Théophile archevêque de la même grande ville d'Alexandrie, de Cyrille archevêque de la même Alexandrie et de Gennade qui fut patriarche de cette ville impériale gardée de dieu : de plus, le canon édicté par Cyprien, qui fut archevêque du pays de l'Afrique, et par son synode, canon qui resta en vigueur selon la tradition dans les territoires seuls de ces évêques. Il n'est permis à personne de falsifier les canons énumérés plus haut, ou de les déclarer nuis ou d'admettre d'autres canons que ceux-là, composés en contrefaçon par ceux qui ont essayé d'exploiter la vérité. Si quelqu'un est convaincu d'innover à propos de quelque canon ou d'essayer de le tourner, il aura à répondre de ce même canon, soumis à la peine que ce canon impose et guéri par ce canon même contre lequel il a péché.

Des prtres et des clercs

3. De la place dans le sanctuaire des prêtres qui ont contracté un second mariage ou se sont mariés après l'ordination et de ceux qui ont épousé une veuve ou une épouse renvoyée.

Comme notre pieux empereur aimŽ du Christ demanda dans son allocution ˆ ce saint et oecumŽnique concile qu'il rende tous ceux, qui sont inscrits dans les rangs du clergŽ et par le canal desquels passent aux hommes les gr‰ces des sacrements, purs et irrŽprochables ministres, dignes du sacrifice spirituel du grand Dieu, victime et pontife en mme temps, et qu'il les purifie des souillures de leurs mariages illicites comme d'autre part ceux de la trs sainte ƒglise romaine se proposent de suivre la trs sŽvre discipline, et ceux du sige de cette vide impŽriale gardŽe de Dieu la rgle de l'humanitŽ et de la condescendance, nous avons fondu les deux tendances en une seule, afin que la mansuŽtude ne dŽgŽnre pas en dissolution ni l'austŽritŽ en amertume, ayant en vue surtout la faute par ignorance, qui atteint une multitude non nŽgligeable d'hommes nous dŽcidons que les clercs qui se sont laissŽs aller a des secondes noces et, esclaves du pŽchŽ, n'ont pas voulu s'en relever jusqu'au quinze du mois de janvier ŽcoulŽ de la quatrime indiction commencŽe de l'annŽe six mille cent quatre vingt dix-neuf soient condamnŽs a la dŽposition canonique.

Tandis que ceux qui sont tombŽs dans cette souillure des secondes noces, mais ont reconnu leur intŽrt spirituel avant notre rŽunion et ont ŽloignŽ de leur personne le mal, en rompant cette union Žtrange et illŽgitime, ou bien ceux dont les conjointes dans les secondes noces sont dŽjˆ mortes, ou bien ceux qui ont eux-mmes pourvu a leur retour a Dieu, se remettant ˆ la pratique de la chastetŽ et se h‰tant de ne plus penser ˆ leurs iniquitŽs passŽes; si ces clercs sont des prtres ou des diacres ou des sous-diacres, ceux-lˆ il fut dŽcidŽ qu'ils soient dŽmis de toute fonction sacerdotale, de toute activitŽ, aprs avoir fait pŽnitence un temps dŽterminŽ, ils auront cependant part aux honneurs du sige et de la place occupŽs par ceux de leur rang, se contentant de cette prŽsŽance et implorant du Seigneur le pardon de l'iniquitŽ commise par ignoranceÊ: il serait en effet dŽraisonnable de bŽnir un autre, lorsqu'on a ˆ panser ses propres blessures.

Ceux qui n'ont eu qu'une épouse, mais leur conjointe était une veuve, de même que ceux qui après l'ordination ont contracté un mariage illégitime, prêtres, diacres et sous-diacres, après un bref temps de suspense des fonctions sacrées et de pénitence, seront de nouveau rendus à leur propre grade, sans pouvoir avancer à un grade supérieur, le mariage illicite étant évidemment dissous.

De par notre autorité épiscopale nous avons formulé ces règles à propos de ceux qui ont été surpris dans les seules fautes mentionnées au-dessus jusqu'au quinze janvier, disions-nous, de la quatrième indiction, et nous ordonnons dés ce jour et renouvelons le canon qui dit : "Celui qui après le baptême s'est marié deux fois, ou bien a eu une concubine, ne pourra être évêque, ni prêtre, ni diacre, ni même faire partie du clergé"; de même "celui qui a épousé une veuve, ou une femme renvoyée par son mari, ou une courtisane ou une esclave ou une comédienne, ne pourra être évêque ni prêtre ni diacre ni même faire partie du clergé".

 

4. De la peine canonique de celui qui abuse d'une femme consacrŽe ˆ Dieu.

Si un Žvque ou un prtre ou un diacre ou un sous-diacre ou un lecteur ou un prŽchantre ou un portier a eu un commerce charnel avec une femme vouŽe ˆ Dieu, qu'il soit dŽposŽ, car il a sŽduit l'Žpouse du ChristÊ: si c'est un la•c, qu'il soit excommuniŽ.

 

5. Qu'aucun clerc supérieur ne doit cohabiter avec une servante.

Qu'aucun de ceux qui sont inscrits dans l'ordre du clergé supérieur et qui n'habite pas avec les personnes non suspectes vivant sous une règle, n'ait chez lui une femme ou une servante, gardant par là sa réputation inattaquable; si cependant quelqu'un enfreignait ce que nous ordonnons, qu'il soit déposé. Les eunuques doivent observer la même règle, pourvoyant à leur renom sans reproche; s'ils l'enfreignent, étant clercs, ils seront déposés, laïcs, ils seront excommuniés.

 

6. Qu'il n'est pas permis aux prêtres et aux diacres de contracter mariage après leur ordination.

Comme il est dit dans les Canons apostoliques, que "seuls parmi les célibataires promus dans les rangs du clergé, les lecteurs et les préchantres peuvent se marier, nous aussi, observant cette prescription, nous ordonnons qu'à partir de maintenant aucun sous-diacre ni diacre ni prêtre n'a point le droit, une fois l'ordination reçue, de contracter mariage; s'il ose le faire, qu'il soit déposé. Si quelqu'un de ceux qui s'engagent dans le clergé veut s'unir à une femme par les liens d'un mariage légitime, qu'il le fasse avant son ordination au sous-diaconat ou au diaconat ou à la prêtrise.

 

7. Que le diacre ne doit pas s'asseoir avant le prêtre.

Comme nous avons appris que dans certains ƒglises il se trouve des diacres, occupant des charges administratives, qui, devenus par lˆ arrogants et prŽtentieux, prennent place avant les prtres, nous ordonnons qu'un diacre, quelle que soit la dignitŽ ou charge ecclŽsiastique qu'il occupe, ne s'assoie avant le prtre; sauf si reprŽsentant la personne de son propre patriarche ou mŽtropolitain, il n'arrive dans une autre ville Žpiscopale pour traiter une affaireÊ: il aura alors les honneurs dus ˆ celui qu'il remplace. Si quelqu'un ose faire cela, usant d'arrogance tyrannique, un tel sera destituŽ de son rang et occupera la dernire place dans l'ordre dont il fait partie dans son ƒglise car notre Seigneur nous exhorte ˆ ne pas nous rŽjouir des premires places, selon l'enseignement de notre Seigneur et Dieu lui-mme dans l'Žvangile de saint Luc; observant en effet comme les invitŽs recherchaient les premires places, il leur dit une parabole en ces termesÊ: Lorsqu'on vous invitera ˆ des noces, ne vous mettez pas ˆ la premire place, de peur qu'il ne se trouve parmi les convives un personnage plus considŽrable que vous, et que celui qui vous a invitŽs, vous et lui, ne vienne vous direÊ: cŽdez la place ˆ celui-ci, et qu'alors, vous n'ayez la honte d'tre mis ˆ la dernire place. Mais, quand vous serez invitŽ, allez vous mettre ˆ la dernire place, et lorsque celui qui vous a invitŽ viendra, et vous diraÊ: ami, montez plus haut, alors cela sera pour vous un honneur aux yeux de tous ceux qui seront ˆ table avec vous. Car quiconque s'Žlve sera abaissŽ, et quiconque s'abaisse sera ŽlevŽ". La mme rgle sera observŽe par les autres ordres aussi, car nous savons bien que les dignitŽs spirituelles l'emportent sur les dignitŽs sŽculires.

 

8. Qu'un synode annuel doit avoir lieu dans chaque province au lieu que déterminera le métropolitain.

Désireux d'observer nous aussi ce qui fut décidé par nos saints pères nous renouvelons de même le canon qui ordonne de "tenir chaque année des synodes des évêques de chaque province, au lieu que l'évêque de la métropole choisira". Mais, comme par suite des incursions des barbares et pour d'autres raisons imprévues qui surviennent, les pasteurs des Églises se trouvent dans l'impossibilité de tenir des synodes deux fois par an, il fut décidé que de toute façon une fois par an dans chaque province sera tenu un synode des évêques précités, en vue des affaires ecclésiastiques qui se présenteront normalement, dans le temps qui va de la fête de Pâques à la fin du mois d'octobre de chaque année, au lieu que l'évêque de la métropole, comme nous disions plus haut, choisira. "Les évêques qui ne s'y rendraient pas, tout en se trouvant dans leurs diocèses, étant en bonne santé et libres de toute occupation urgente et nécessaire, seront fraternellement repris".

 

9. Qu'un clerc ne doit pas tenir un cabaret.

A aucun clerc il n'est permis de tenir un cabaret : car, s'il est défendu à un tel d'entrer dans un cabaret, combien plus doit-il ne pas y servir d'autres dans un tel lieu et leur offrir ce qui lui est interdit a lui-même ? S'il fait cela, qu'il cesse ou qu'il soit déposé.

 

10. Qu'un prêtre ne doit pas percevoir des intérêts ou des centièmes.

Un évêque ou un prêtre ou un diacre qui perçoit des intérêts ou ce qu'on appelle des centièmes, doit cesser de le faire ou être déposé.

 

11. Qu'il ne faut pas fréquenter les Juifs, converser avec eux ou recevoir d'eux des médicaments.

Qu'aucun de ceux qui sont inscrits dans les rangs du clergé, ou même un laïc ne mange les azymes en usage chez les Juifs, ni ne se rende leur familier ni ne les appelle dans les maladies, recevant d'eux des remèdes, ni ne fréquente absolument les bains publics en leur compagnie; si quelqu'un tente de faire cela, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

12. Qu'aucun évêque ne doit cohabiter avec son ex-épouse.

Il est venu de mme ˆ notre connaissance qu'en Afrique et en Libye et en d'autres lieux les pasteurs aimŽs de Dieu de ces territoires ne laissent pas que de cohabiter avec leurs Žpouses, mme aprs que le sacre leur fut confŽrŽ, offrant ainsi aux peuples une pierre d'achoppement et un scandale. Ayant donc le grand souci que tout se fasse pour l'Ždification des peuples que nous avons a rŽgir, nous avons dŽcidŽ qu'une telle manire d'agir n'ait plus lieu. Nous ne disons pas cela pour enfreindre ou renverser les ordonnances apostoliques, mais pour procurer le salut des peuples et leur progrs dans la vertu, et pour n'offrir aucune occasion de bl‰me contre la discipline ecclŽsiastique; en effet, le divin ap™tre ditÊ: "Faites tout pour la gloire de Dieu, ne donnez de scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni ˆ l'ƒglise de Dieu c'est ainsi que moi-mme je m'efforce de complaire ˆ tous en toutes choses, en cherchant non mon propre avantage, mais celui du grand nombre, afin que beaucoup d'hommes soient sauvŽsÊ: soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-mme du Christ". Si quelqu'un est pris faisant cela, qu'il soit dŽposŽ.

 

13. Des prêtres et des diacres, qu'ils peuvent garder leurs épouses.

Comme nous avons appris que dans l'ƒglise de Rome il s'est Žtabli comme rgle qu'avant de recevoir l'ordination de diacre ou de prtre les candidats promettent publiquement de ne plus avoir des rapports avec leurs Žpouses nous, nous conformant ˆ l'antique rgle de la stricte observation et de la discipline apostolique, nous voulons que les mariages lŽgitimes des hommes consacrŽs ˆ Dieu restent en vigueur mme a l'avenir, sans dissoudre le lien qui les unit ˆ leurs Žpouses, ni les priver des rapports mutuels dans les temps convenables. De la sorte, si quelqu'un est jugŽ digne d'tre ordonnŽ sous-diacre ou diacre ou prtre, que celui-lˆ ne soit pas empchŽ d'avancer dans cette dignitŽ, parce qu'il a une Žpouse lŽgitime, ni qu'on exige de lui de promettre au moment de son ordination, qu'il s'abstiendra des rapports lŽgitimes avec sa propre Žpouse; car sans cela nous insulterions par lˆ au mariage instituŽ par la loi de Dieu et bŽni par sa prŽsence, alors que la voix de l'Žvangile nous crieÊ: "Que l'homme ne sŽpare pas ceux que Dieu a unis", et l'ap™tre enseigne : "Que le mariage soit respectŽ par tous et le lit conjugal sans souillure"; et encore , "Es-tu liŽ ˆ une femme par les liens du mariageÊ? ne cherche pas ˆ les rompre".

Nous savons d'autre part que les pres rŽunis ˆ Carthage, par mesure de prŽvoyance pour la gravitŽ des moeurs des ministres de l'autel, ont dŽcidŽ, "que les sous-diacres, qui touchent aux saints mystres, les diacres et les prtres aussi pour les mmes raisons, s'abstiennent de leurs femmes"; "ainsi nous garderons, nous aussi, ce qui fut transmis par les ap™tres et observŽ de toute antiquitŽ, sachant qu'il y a un temps pour toute chose, surtout pour le ježne et la prire; il faut en effet que ceux qui s'approchent de l'autel, dans le temps o ils touchent aux choses saintes soient continents en toute chose, afin qu'ils puissent obtenir ce qu'ils demandent en toute simplicitŽ ˆ Dieu". Si donc quelqu'un, agissant contre les canons apostoliques, ose priver un clerc des ordres sacrŽs, c'est-ˆ-dire un prtre ou un diacre ou un sous-diacre, des rapports conjugaux et de la sociŽtŽ de sa femme lŽgitime, qu'il soit dŽposŽ; de mme, "si un prtre ou un diacre renvoie sa femme sous prŽtexte de piŽtŽ, qu'il soit excommuniŽ, et s'il persiste, dŽposŽ".

 

14. Qu'aucun prêtre ne peut être ordonné avant ses 30 ans, ni un diacre avant les 25, ou une diaconesse avant les 40.

Que la rgle de nos saints pres inspirŽs de Dieu reste aussi en vigueur sur le point suivant que "l'on ne doit pas ordonner prtre quelqu'un avant sa trentime annŽe, mme s'il en est trs digne, mais le faire attendre, car le Seigneur JŽsus Christ ne fut baptisŽ et ne commena sa prŽdication qu'ˆ trente ans". De mme, "qu'on n'ordonne pas un diacre avant ses vingt-cinq ans" et "une diaconesse avant ses quarante ans".

 

15. Qu'un sous-diacre ne doit pas être ordonné avant ses vingt ans.

Si quelqu'un dans n'importe quel ordre majeur a été ordonné avant l'âge fixé, qu'il soit déposé.

 

16. Que le nombre 7 des diacres des Actes des apôtres ne doit pas être appliqué aux diacres d'un diocèse.

Comme les Actes des ap™tres nous apprennent que les ap™tres institurent sept diacres et les pres du synode de NŽocŽsarŽe ont affirmŽ clairement dans les canons qu'ils ont ŽdictŽs, "que les diacres doivent tre au nombre de sept, selon ce canon, mme si la ville est trs grande; on en trouvera la preuve dans le livre des Actes"; nous, cherchant au texte apostolique le sens qu'en donnent les pres, nous avons trouvŽ qu'ils parlaient non pas des ministres des saints mystres, mais du service des tables; car voici ce que disent les ActesÊ: "En ce temps-lˆ, le nombre des disciples augmentant, il y eut des plaintes de la part des HellŽnistes contre les HŽbreux, de ce que leurs veuves Žtaient nŽgligŽes dans la distribution qui se faisait chaque jour. Les douze, ayant alors convoquŽ une rŽunion de tous les disciples, leur direntÊ: il n'est pas convenable que nous dŽlaissions la parole de Dieu pour faire le service des tables. Choisissez donc parmi vous, frres, sept hommes de bon renom, plein de sagesse et remplis du saint Esprit, que nous chargerons de ce service; et pour nous, nous continuerons de nous appliquer ˆ la prire et au ministre de la parole. Cette proposition plut ˆ toute l'assemblŽe et ils Žlurent Etienne, homme plein de foi et rempli du saint Esprit, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, ParmŽnas et Nicolas, prosŽlyte d'Antioche; et ils les prŽsentrent aux ap™tres".

Jean Chrysostome, le docteur de l'Église, interprétant ce passage, dit : "Cela mérite notre admiration de voir comment la multitude ne s'est pas divisée pour le choix des hommes, comment ils n'ont pas désapprouvé les apôtres. Il nous faut maintenant savoir quelle fut leur dignité et quelle ordination ils reçurent. Celle des diacres ? Or, le diaconat n'existait pas encore dans les Églises. Était-ce la fonction de prêtre ? Or, il n'existait encore pas même d'évêques, mais les apôtres seuls. C'est pourquoi je crois que le nom ne désigne d'une manière claire et évidente ni les diacres ni les prêtres". Sur ce, nous déclarons donc nous aussi que, conformément à l'enseignement exposé, les sept diacres en question ne sauraient être pris pour les ministres des saints mystères : ce sont ceux qui furent chargés d'administrer les besoins communs de l'assemblée d'alors; et en cela du moins ils nous sont un exemple de charité et de zèle au service des indigents.

 

17. Qu'un clerc ne doit pas prendre service dans un autre diocèse sans l'avis de son évêque.

Parce que des clercs de divers diocèses, abandonnant leurs Églises accourent vers d'autres évêques, et sans le consentement de leur propre évêque prennent du service dans d'autres Églises et deviennent par là des insoumis, nous ordonnons qu'à partir du mois de janvier de la quatrième indiction commencée, absolument aucun clerc, quel que soit son grade, n'est autorisé, sans les lettres dimissoriales de son propre évêque, à prendre du service dans une autre Église; car celui qui n'observera pas cela à partir de maintenant, mais fera honte, quant à lui, à celui qui lui a conféré l'ordination, sera déposé, et en même temps celui qui l'aura reçu irrégulièrement.

 

18. Du retour dans leur diocèse des clercs, qui s'en éloignèrent sous le prétexte d'une incursion barbare ou pour une autre circonstance, dès le départ de la nation barbare.

Les clercs qui, sous prétexte d'incursion de barbares ou pour une autre raison ont quitté leur diocèse, dès que cette raison cessera ou les incursions des barbares ou ce pour quoi ils partirent, nous leur ordonnons de retourner à leurs propres Églises et de ne pas les abandonner trop longtemps sans motif. Si quelqu'un ne se conforme pas au canon présent, qu'il reste excommunié, jusqu'à ce qu'il réintègre sa propre Église. La même peine sera encourue par l'évêque qui le retiendra.

 

19. Que les chefs des diocses doivent donner ˆ leur clergŽ et ˆ leur peuple un enseignement religieux, conforme ˆ la tradition des saints pres inspirŽs de Dieu.

 

Les chefs des diocses doivent certes chaque jour, mais spŽcialement le dimanche, instruire le clergŽ et le peuple dans la vraie foi, en choisissant dans la sainte Žcriture les pensŽes et les jugements de vŽritŽ, sans aller ˆ l'encontre des dŽfinitions dŽjˆ ŽdictŽes ou de la tradition des pres inspirŽs de Dieu. Et s'il s'Žlve une difficultŽ ˆ propos d'un passage de l'Žcriture, qu'ils ne l'interprtent que selon l'enseignement transmis par les lumires et les docteurs de l'ƒglise dans leurs Žcrits; qu'ils cherchent plut™t ˆ se distinguer sur ce point, que de composer des discours ˆ eux et, pris une fois ou l'autre au dŽpourvu, de dŽpasser les bornes de ce qui est permis; en effet, l'enseignement des pres prŽcitŽs permettra aux peuples de distinguer qui est important et ˆ prŽfŽrer, de ce qui est nuisible et ˆ rejeter; ils reformeront ainsi leur vie vers le mieux et ne seront pas pris par le pŽchŽ d'ignorance, mais au contraire, attentifs ˆ la doctrine, ils se tiendront en Žveil pour ne pas succomber au mal par crainte des peines qui les menacent.

 

20. Qu'un évêque ne doit pas prêcher publiquement dans une ville épiscopale étrangère, qui a son propre évêque.

Il n'est pas permis à un évêque de prêcher publiquement dans une ville qui n'appartient pas à son diocèse; si quelqu'un est pris faisant cela, qu'il soit dépouillé de son évêché et réduit au rang de prêtre.

 

21. Des clercs sujets à des peines canoniques, qui se repentent de leurs fautes.

Ceux qui ont eu à répondre de délits canoniques et pour cela sont soumis à la déposition complète et perpétuelle et réduits à la communion laïque, si de leur propre gré pourvoyant à leur retour ils quittent le péché à cause duquel ils perdirent la Grâce, et s'en rendent complètement libres, qu'ils reprennent la tonsure cléricale; sinon, s'ils ne font pas cela spontanément, qu'ils gardent les cheveux longs, comme les laïcs, vu qu'ils ont préféré la vie séculière à la vie céleste.

 

22. De ceux qui se font ordonner contre de l'argent.

Ceux qui ont été ordonnés en donnant de l'argent, qu'ils fussent évêques ou autres clercs, et non point après avoir été éprouvé et sur la foi de leurs bonnes moeurs, nous ordonnons qu'ils soient déposés, eux et ceux qui leur ont conféré les ordres.

 

23. Que l'on ne doit rien percevoir, en donnant la communion.

Personne d'entre les Žvques, prtres ou diacres ne doit en donnant la sainte communion exiger de celui qui la reoit de l'argent ou une espce quelconque pour cette communion; car la Gr‰ce de Dieu n'est pas ˆ vendre et nous ne transmettons pas la sanctification de l'Esprit contre de l'argent, mais au contraire nous faisons part du don de Dieu aux dignes sans arrire-pensŽe. S'il constate que quelque membre du clergŽ exige n'importe quelle espce de celui ˆ qui il donne la sainte communion, qu'il soit dŽposŽ, comme sectateur de l'erreur et du mŽfait de Simon le magicien.

 

24. Qu'un clerc supérieur ou un moine ne doivent pas monter à l'hippodrome.

Qu'il ne soit permis à personne dans les ordres majeurs ni à un moine de monter à l'hippodrome ou d'assister aux jeux du théâtre. Mais même lorsqu'un clerc sera invité aux noces, dès que les jeux de déguisements font leur entrée, il se lèvera et partira aussitôt, ainsi que nous l'ordonne l'enseignement des pères. Si quelqu'un est pris faisant cela, qu'il cesse ou qu'il soit déposé.

 

25. Que les paroisses de campagnes et de villages doivent rester entre les mains des évêques qui les administrent.

De plus, nous renouvelons aussi le canon qui prescrit que les paroisses rurales ou de villages doivent rester sans changement sous la juridiction des évêques qui les possèdent de fait, surtout s'ils les ont administrées durant une possession tranquille de trente ans; si, cependant, pendant ces trente ans s'est élevée ou s'élève une contestation à leur sujet, il sera permis à ceux qui prétendent être lésés d'agiter la question devant le synode provincial.

 

26. Que le prêtre engagé à son insu dans un mariage illicite ne doit garder que sa place dans le sanctuaire.

Le prêtre qui s'est laissé aller par ignorance à un mariage illicite, aura part aux honneurs du siège, conformément au saint canon que nous avons édicté, mais s'abstiendra de toute autre fonction : le pardon seul suffira à un tel; il serait déraisonnable qu'un homme ayant à panser ses propres blessures veuille en bénir un autre; car la bénédiction, c'est la communication de la Grâce, or celui qui ne possède pas celle-ci, par suite de cette faute même, dans laquelle il est tombé sans le savoir, comment la communiquera-t-il à un autre ? Qu'il ne bénisse donc ni publiquement ni en privé, ni ne distribue le corps du Seigneur aux autres ni n'accomplisse quelque autre fonction ecclésiastique, mais se contentant de la préséance il implore du Seigneur le pardon de l'iniquité commise par ignorance. Il est évident que le mariage illicite sera dissous et l'homme n'aura aucun rapport avec la femme, à cause de laquelle il fut suspens du saint ministère.

 

27. Que celui qui fait partie du clergé ne doit pas revêtir un habit inconvenant.

Qu'aucun de ceux qui sont inscrits dans les rangs du clergé ne se revête d'un habit inconvenant, soit qu'il vive dans la ville, soit qu'il se trouve en voyage, mais qu'il use des vêtements attribués par l'usage à ceux qui sont inscrits dans les rangs du clergé. Si quelqu'un agit de la sorte, qu'il soit excommunié pour une semaine.

 

28. Qu'il ne faut pas mêler l'offrande du raisin à l'offrande du sacrifice.

Comme nous avons appris qu'en certaines Žglises, du raisin Žtant offert dans le sanctuaire, les cŽlŽbrants de la divine liturgie joignent, selon un usage qui y a prŽvalu, ce raisin ˆ l'offrande du sacrifice non-sanglant et distribuent ainsi tous deux au peuple, nous avons dŽcidŽ que cela ne se fera plus par aucun clerc consacrŽ, mais on donnera au peuple pour sa vivification et le pardon des pŽchŽs la seule offrande du sacrifice. Quant au raisin considŽrŽ comme offrande de prŽmices, les prtres le bŽniront ˆ part et le distribueront ˆ ceux qui le demandent, comme remerciement envers Celui qui donne les fruits de la terre, gr‰ce auxquels, selon l'ordre de Dieu, nos corps grandissent et se nourrissent. Si quelque clerc agit contre nos prescriptions, qu'il soit dŽposŽ.

 

29. Que le saint sacrifice de l'autel doit être offert par des prêtres à jeun.

Le canon du synode de Carthage prescrit que "les saints mystères de l'autel ne soient accomplis que par des hommes à jeun, sauf au jour anniversaire, où l'on commémore la cène du Seigneur"; c'est peut-être pour des raisons utiles à l'Église de ces lieux-là, que ces divins pères ont usé de cette dispense. Or nous, n'ayant rien qui nous amène à nous relâcher de la stricte observance, nous ordonnons conformément aux traditions des apôtres et des pères "qu'il ne faut pas rompre le jeûne le jeudi de la dernière semaine du carême et déshonorer par là tout le carême".

 

30. Que ceux qui d'un commun accord ont promis de garder la continence ne doivent pas cohabiter.

Dans le désir de voir tout contribuer à l'édification de l'Église, nous avons décidé de pourvoir aussi au bien des prêtres qui desservent les Églises en pays barbare. Si ceux-ci pensent qu'ils peuvent transgresser le canon apostolique, qui dit de "ne pas renvoyer sa propre épouse sous prétexte de piété", et faire plus que la loi ne prescrit, et par suite de cela d'accord avec leurs compagnes s'abstiennent de rapports mutuels, nous leur ordonnons de ne cohabiter en aucune manière avec elles, afin de nous fournir par là la parfaite preuve de leur propos. Et nous n'avons montré cette condescendance à leur égard, qu'à cause de leur pusillanimité et des moeurs étranges et inconstantes de leurs pays.

 

31. Qu'on ne doit pas sans l'autorisation de l'évêque célébrer dans les oratoires qui se trouvent à l'intérieur d'une maison privée.

Les clercs qui célèbrent la divine liturgie dans des chapelles qui se trouvent à l'intérieur des maisons privées, nous ordonnons qu'ils le fassent avec l'assentiment de l'évêque du lieu; en sorte que, si quelque clerc n'observe pas cela de la manière dite, il soit déposé.

 

32. Qu'il faut mêler de l'eau au vin pour le sacrifice non-sanglant.

Comme il est venu à notre connaissance que dans le pays des Arméniens ceux qui accomplissent le sacrifice non-sanglant n'offrent au saint autel que du vin sans y mélanger de l'eau, mettant en avant le docteur de l'Église, Jean Chrysostome, qui dit dans son commentaire sur l'évangile de saint Matthieu : "Pourquoi Il n'a pas bu après sa résurrection de l'eau, mais du vin ? Afin d'arracher avec les racines une hérésie perverse; comme il y a en effet quelques-uns qui ne se servent dans les saints mystères que d'eau, il leur montra qu'en instituant les mystères le Christ se servit de vin, et après sa résurrection, lorsqu'il leur servit une simple table sans mystères, il s'est servi aussi de vin, du produit, dit-il, de la vigne, or la vigne ne produit pas de l'eau, mais du vin"; par suite de cela, ils pensent que le docteur de l'Église abolit l'offrande de l'eau pendant le saint sacrifice.

Pour qu'ils ne soient pas dorŽnavant sous l'emprise de l'ignorance, nous leur rŽvŽlons la pensŽe orthodoxe du pre. La perverse hŽrŽsie des hydroparastates, ancienne dŽjˆ, se sert dans son propre sacrifice l'eau seule au lieu de vin; cet homme inspirŽ de Dieu rŽfutant l'enseignement illŽgitime de cette hŽrŽsie et montrant qu'ils vont ˆ l'encontre de la tradition apostolique, il fit la dŽmonstration citŽe. Car ˆ son ƒglise aussi, pour laquelle il reut l'autoritŽ pastorale, il enseigna de mŽlanger de l'eau au vin, toutes les fois qu'il faudra cŽlŽbrer le sacrifice non-sanglant, pour rappeler le mŽlange de sang et d'eau sorti du c™tŽ prŽcieux du rŽdempteur et sauveur, le Christ notre Dieu, qui coula pour la vivification du monde entier et le rachat des pŽchŽs. De mme, dans toute ƒglise, illuminŽe des lumires spirituelles des pres, cette ordonnance Žtablie par Dieu reste en vigueur; car Jacques, le frre selon la chair du Christ notre Dieu, ˆ qui en premier fut confiŽ le sige de l'ƒglise de JŽrusalem, et Basile l'archevque de CŽsarŽe, dont la gloire est rŽpandue par tout l'univers, en nous transmettant par Žcrit la mystique action sacrale, nous ont enseignŽ de parfaire ainsi l'offrande du calice sacrŽ avec de l'eau et du vin. Et les saints pres rassemblŽs ˆ Carthage ont expressŽment rappelŽ, "que dans les saints mystres on n'offre rien de plus que le corps et le sang du Seigneur, comme le Seigneur Lui-mme l'a transmis, c'est-ˆ-dire du pain et du vin mŽlangŽ d'eau". Si donc un Žvque ou un prtre n'agit pas selon l'ordonnance des ap™tres et n'offre pas le sacrifice immaculŽ en mŽlangeant de l'eau au vin, qu'il soit dŽposŽ, car il annonce le mystre du sacrifice incompltement et innove contre la tradition.

 

33. Que c'est une coutume juive de n'admettre à la cléricature que ceux de descendance sacerdotale.

Comme nous avons appris que dans le pays des Arméniens seuls ceux d'une descendance sacerdotale sont admis dans les rangs du clergé, et c'est des usages juifs que suivent ceux qui mettent cela en pratique et que même certains d'entre eux sans la tonsure cléricale s'établissent préchantres et lecteurs de la loi divine, nous avons décidé, que dorénavant il ne sera pas permis à ceux qui veulent promouvoir quelqu'un dans la cléricature de prendre en considération l'origine du candidat, mais, après avoir examiné s'ils sont dignes dans les conditions fixés par les saints canons d'être admis à la cléricature, alors seulement on les ordonnera clercs, qu'ils descendent d'une famille de prêtres ou non. De plus, il n'est point permis à personne de réciter la parole sacrée du haut de l'ambon, à la manière de ceux qui sont dans la cléricature, sans qu'il ait déjà reçu la tonsure cléricale et la bénédiction du propre pasteur, conformément aux canons. Si quelqu'un est pris en train d'agir contre ces prescriptions, qu'il soit excommunié.

 

34. De ceux qui prennent part à une conjuration ou à une cabale contre un évêque ou un clerc.

Le saint canon Ždictant en termes exprs, que "le crime de sociŽtŽ secrte ou fratrie, Žtant dŽjˆ dŽfendu par la loi civile doit tre ˆ plus forte raison prohibŽ dans l'ƒglise de Dieu", nous aussi voulons l'observer; en sorte que les clercs ou les moines qui se sont unis par serment ou complotent et ourdissent des machinations contre des Žvques ou contre leurs confrres dans la clŽricature, qu'ils soient compltement dŽpouillŽs de leur grade".

 

35. Que le métropolitain ne doit pas enlever ou s'approprier les biens d'un évêque défunt.

Qu'il ne soit permis à aucun métropolitain d'enlever à la mort d'un évêque suffragant de son siège les biens appartenant au défunt ou à son Église ou de se les approprier; mais que ces biens soient sous la garde du clergé de l'Église dont le défunt était le pasteur, jusqu'à ce qu'un autre évêque y soit promu. À moins que dans la dite Église il ne reste plus aucun clerc auquel cas le métropolitain gardera ces biens intacts, pour les rendre tous à l'évêque qui sera sacré.

 

36. De l'honneur dû aux patriarches.

Renouvelant la lŽgislation des cent cinquante saints pres, qui se sont rŽunis dans cette ville impŽriale gardŽe de Dieu, et des six cent trente qui se sont rassemblŽs ˆ ChalcŽdoine, nous dŽcrŽtons, que le sige de Constantinople jouira des mmes privilges que le sige de l'ancienne Rome et obtiendra dans les affaires de l'ƒglise la mme grandeur que celui-ci, venant second aprs lui; le sige de la grande ville d'Alexandrie sera comptŽ ensuite, puis celui de Antioche, et aprs celui-ci, le sige de la ville de JŽrusalem.

 

37. Des évêques qui demeurent hors de leurs diocèses à cause des barbares.

Comme à diverses époques des incursions de barbares ont eu lieu et par suite de cela plusieurs villes épiscopales sont tombées aux mains de gens sans loi, au point que le pasteur d'une telle ville est dans l'impossibilité de gagner après son sacre son propre siège et d'y recevoir l'institution canonique et d'y procéder aux ordinations selon l'usage en vigueur, de l'administrer et y exercer ses fonctions épiscopales; nous, gardant au caractère épiscopal son honneur et sa révérence et ne voulant point que l'emprise des païens s'exerce au détriment des droits ecclésiastiques, nous avons décidé que restent imprescriptibles les droits de ceux qui auront été sacrés dans de telles conditions et pour la raison exposée n'ont pu être intronisés dans leurs sièges, de telle manière qu'ils puissent procéder canoniquement à des ordinations de divers clercs et garder l'autorité pastorale qui est la leur de par leur sacre, et que leurs actes administratifs soient fermes et légitimes; car, si la nécessité des temps empêche la stricte observance de la loi, elle ne restreindra point les limites de la condescendance.

 

38. Que l'ordre hiérarchique des diocèses doit tenir compte d'une ville nouvellement fondée.

Le canon édicté par nos pères nous aussi nous l'observerons, qui dit : "Si par ordre de l'empereur une ville a été fondée ou est fondée, l'ordre hiérarchique de l'Église se conformera à l'ordre civil et public des lettres de fondation".

 

39. De l'évêque de l'île de Chypre.

Notre frre dans l'Žpiscopat Jean, le pasteur de l'”le de Chypre, s'Žtant rŽfugiŽ avec son peuple de son ”le dans la province de l'Hellespont, ˆ cause des attaques des barbares et pour tre dŽlivrŽ de l'esclavage pa•en et se mettre franchement sous l'autoritŽ du pouvoir trs chrŽtien, et cela Gr‰ce ˆ la providence divine et aux efforts de notre pieux empereur aimŽ du Christ, nous dŽcidons, que les privilges accordŽs ˆ son sige par les pres inspirŽs de Dieu, qui se rŽunirent la premire fois ˆ ƒphse, restent inchangŽs; en sorte que la Nouvelle Justinianopolis ait les droits de la vide de Constantia, et l'Žvque trs aimŽ de Dieu qui y sera Žtabli ˆ l'avenir, prŽsidera ˆ tous les Žvques de la province de l'Hellespont et sera Žlu par ses propres Žvques, selon l'ancienne coutume; car nos pres inspirŽs de Dieu ont dŽcidŽ que les usages de chaque ƒglise soient gardŽs. "Quant ˆ l'Žvque de la ville de Cyzique, il sera soumis au pasteur de la dite Justinianopolis ˆ l'instar de tous les autres Žvques de la province qui sont sous l'autoritŽ de Jean le pasteur trs aimŽ de Dieu, lequel, si c'est nŽcessaire, promouvra mme l'Žvque de la ville de Cyzique.

 

Des moines et des moniales.

 

40. Qu'il ne faut pas admettre sans examen ceux qui veulent embrasser la vie monastique.

Vu qu'il est bien salutaire de s'attacher ˆ Dieu en quittant les troubles de la vie du monde, il ne faut cependant pas admettre avant le temps et sans discernement ceux qui ont choisi la vie monastique, mais garder pour eux aussi la rgle transmise par nos pres, de ne pouvoir les admettre ˆ la profession de la vie selon Dieu, qu'aprs l'‰ge de raison atteint. Lorsqu'on sera certain que cette profession est faite avec connaissance et jugement. Donc, que celui qui devra se soumettre au joug monastique n'ait pas moins de dix ans, le pasteur du lieu ayant ˆ dŽcider, s'il pense tre plus avantageux pour embrasser ce genre de vie et la pratiquer d'ajouter ˆ cet ‰ge. Car, le grand saint Basile a certes lŽgifŽrŽ dans ses saints canons, que la vierge qui s'est spontanŽment offerte ˆ Dieu en choisissant l'Žtat de virginitŽ, ne peut tre admise dans le rangs des vierges consacrŽes avant l'‰ge de dix-sept ans, mais nous, suivant en cela l'exemple de ce qui fut dŽcidŽ ˆ propos des veuves et diaconesses, nous avons diminuŽ par analogie l'‰ge de ceux qui ont choisi la vie monastique; car il est Žcrit dans le livre des ƒp”tres, que "pour tre inscrite parmi les veuves une femme doit avoir au moins soixante ans", tandis que les saints canons permettent de confŽrer la bŽnŽdiction de diaconesse ˆ une femme de quarante ans, "voyant l'ƒglise devenir par la Gr‰ce divine plus forte et progresser toujours plus" et les fidles stables et fermes dans l'observation des divins commandements. C'est ce que nous avons aussi parfaitement compris et ordonnons justement ce qui prŽcde, afin de marquer promptement de la bŽnŽdiction de la Gr‰ce, comme d'un sceau, celui qui va entreprendre les combats selon Dieu, l'exhortant par lˆ ˆ ne pas hŽsiter et se dŽrober, et l'encourageant bien plus ˆ choisir le bien et ˆ s'y Žtablir.

 

41. De ceux qui veulent s'enfermer dans une recluserie.

Ceux qui veulent mener la vie ŽrŽmitique dans une recluserie de ville ou de village et veiller sur eux-mmes dans la solitude, doivent d'abord entrer dans un monastre et s'y entra”ner ˆ la vie ŽrŽmitique; s'y soumettre pendant trois ans dans la crainte de Dieu au prieur du monastre; y accomplir comme il convient tous les devoirs de l'obŽissance; et ayant ainsi confessŽ leur volontŽ de mener ce genre de vie et qu'ils l'embrassent volontairement de tout coeur, se prŽsenter ˆ l'Žvque du lieu pour l'examen canonique; aprs cela, ils passeront une autre annŽe ˆ la porte de l'ermitage, afin que leur intention devienne encore plus manifeste, car il tŽmoigneront par lˆ qu'ils poursuivent la vie de solitude, non pas pour obtenir une vaine gloire, mais le bien en soi. Une fois ce long laps de temps ŽcoulŽ, s'ils persistent dans leur intention, on les enfermera dans la recluserie et ii ne leur sera plus permis de sortir ˆ leur grŽ de cette cl™ture, sauf s'ils y Žtaient forces par le bien et l'utilitŽ commune ou par une autre nŽcessitŽ qui causerait leur mort; et mme dans ce cas ils le feront avec la permission de l'Žvque.

Ceux qui tenteraient de sortir de leur demeure sans avoir ces raisons, il faut en tout premier lieu les enfermer contre leur gré dans la dite recluserie, puis les corriger avec des jeûnes et d'autres mortifications, car ils doivent savoir que, selon ce qui est écrit, "Celui qui, après avoir mis la main à la charrue, regarde en arrière, est impropre au royaume des cieux".

 

42. Que ceux qui s'intitulent ermites, portant la longue chevelure, ne doivent pas demeurer dans des villes.

Ceux que l'on nomme ermites, qui vêtus de noir et les cheveux longs, parcourent les villes, vivant dans le monde au milieu d'hommes et de femmes et insultant par là à leur propre profession de vie, nous leur ordonnons, s'ils veulent se faire tondre les cheveux et prendre l'habit des autres moines, d'entrer dans un monastère et s'enrôler parmi les frères; s'ils ne le veulent pas, qu'on les expulse totalement des villes, et qu'ils habitent les déserts, dont ils ont précisément tiré leur dénomination.

 

43. Qu'il faut admettre à l'ordre monastique tout homme, quelle que fût la faute qu'il aurait commise.

Il est possible ˆ tout chrŽtien de choisir la vie ascŽtique et quittant l'agitation pleine de trouble des affaires du monde, d'entrer dans un monastre et recevoir la tonsure monastique, de quelque crime qu'il fžt convaincu; car Dieu notre sauveur ditÊ: "Je ne mettrai point dehors celui qui vient ˆ Moi". Comme la vie monastique reprŽsente pour nous la vie de pŽnitence, nous approuvons celui qui s'y adonne en toute sincŽritŽ d'‰me et aucune raison ne saurait l'empcher de rŽaliser son dessein.

 

44. Du moine qui a commerce avec une femme ou en épouse une.

Le moine convaincu de fornication ou ayant pris une femme pour l'épouser et vivre avec elle, sera soumis aux peines canoniques des fornicateurs.

 

45. Qu'il ne faut pas présenter au monastère celles qui vont prendre l'habit de moniale, en les ornant de parures mondaines.

Comme nous avons appris que dans certains monastres fŽminins, celles qui doivent tre revtues du saint habit, sont auparavant ornŽes par ceux qui les prŽsentent ˆ l'autel de soie et de toutes sortes de robes, et mme de bijoux incrustŽs d'or et de pierreries, et s'approchant ainsi de l'autel sont dŽpouillŽes du revtement de tant de richesses et on fait alors sur elles la cŽrŽmonie de la bŽnŽdiction et elles revtent l'habit noir; nous ordonnons que dorŽnavant cela ne se fasse plus. Il n'est pas en effet pieux, que celle qui a dŽposŽ de son propre choix tout le charme de la vie du monde et embrassŽ la vie selon Dieu, qui a confirmŽ ce choix par la constance de ses pensŽes et entra dans le monastre, en vienne ˆ se rappeler par ces parures pŽrissables et passagres ce qu'elle avait dŽjˆ oubliŽ, et qu'elle en devienne hŽsitante, l'‰me troublŽe pour ainsi dire par des vagues qui l'envahissent et la font tournoyer ˆ et lˆ, au point qu'elle ne peut parfois pas verser une larme pour montrer par son attitude extŽrieure la componction de son coeur; et si parfois mme une petite larme, comme il est naturel, lui Žchappe, les assistants penseront qu'elle provient non pas tant de sa disposition intŽrieure pour la vie ascŽtique, mais de ce qu'elle (manque un mot) ˆ quitter le monde et les biens de ce monde.

 

46. Que celles qui font partie d'un monastère ne doivent pas en sortir sans une raison urgente.

Que celles qui ont choisi la vie ascétique et se sont enrôlées dans un monastère ne sortent point de celui-ci. Cependant, si un besoin urgent les y forçait, qu'elles le fassent avec la bénédiction et l'autorisation de la prieure; et même dans ce cas, pas seules, mais en compagnie de quelques vieilles soeurs, anciennes dans le monastère, sur l'ordre de la supérieure générale; quant à coucher hors du monastère, c'est absolument défendu. Les hommes aussi qui pratiquent la vie solitaire, qu'eux aussi ne sortent, en cas de besoin urgent, qu'avec la bénédiction de celui qui a la charge de l'higouménat. Ainsi, ceux qui transgresseront la règle établie par nous, qu'ils soient hommes ou femmes, seront soumis aux peines canoniques appropriées.

 

47. Qu'aucun homme ne doit passer la nuit dans un monastère de femmes, ni une femme dans un monastère d'homme.

Qu'aucune femme ne couche dans un monastère d'hommes, ni un homme dans un monastère de femmes; car nous devons éviter aux fidèles toute pierre d'achoppement et de scandale et ordonner notre vie "de manière à ce qu'elle soit convenable et agréable au Seigneur". Si quelqu'un fait cela, clerc ou laïc, qu'il soit excommunié.

 

48. Que l'épouse de l'évêque, qui s'est séparée de lui d'un commun accord, doit entrer après le sacre dans un monastère.

L'épouse de celui qui est promu à l'épiscopat, s'étant séparée d'un commun accord d'avec son mari, entrera après le sacre de celui-ci dans un monastère, situé loin de la résidence épiscopale et jouira de l'aide matérielle de l'évêque même, si elle en était digne, qu'elle soit promue à la dignité de diaconesse.

 

49. Que les monastères déjà consacrés ne doivent pas devenir des maisons privées.

Reprenant un autre saint canon, nous ordonnons que les monastères, une fois consacrés selon la volonté de l'évêque, doivent toujours rester monastères, et les biens qui leur appartiennent doivent leur être conservés; ils ne peuvent plus devenir des habitations laïques", ni être remis par qui que ce soit à des civils; et si cela a eu lieu jusqu'à présent, nous ordonnons qu'il ne se fasse plus. "Ceux qui à partir de maintenant tenteront de le faire, seront soumis aux peines canoniques".

 

Des la•cs.

 

50. Que ni clercs ni laïcs ne doivent jouer aux dés.

Que personne soit laïc, soit clerc ne joue aux dés dorénavant. Si quelqu'un est convaincu de ce fait, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

51. Interdiction de voir les jeux de mimes, les combats des bêtes et les danses scéniques.

Défense absolue est faite par ce saint concile oecuménique des représentations de ce qu'on appelle mimes et de leurs jeux, de plus, de donner des combats de bêtes et des danses sur scène. Si quelqu'un ne tient pas compte de ce canon et s'adonne à ces jeux défendus, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

52. Que durant le carême il faut célébrer la messe des présanctifiés.

Tous les jours de la sainte quarantaine de jeûne, sauf les samedis et dimanches et le saint jour de l'Annonciation, qu'on célèbre la sainte liturgie des présanctifiés.

 

53. Que les parrains ne doivent pas épouser les mères de leurs filleuls, devenues veuves.

Étant donné que la parenté spirituelle l'emporte sur la parenté de sang, et ayant appris d'autre part que dans quelques endroits ceux qui ont tenu des enfants aux saints et salutaires fonts baptismaux, contractent ensuite mariage avec les mères de ceux-ci devenues veuves, nous ordonnons que cela n'ait plus lieu dorénavant. Et s'il y en a qui après la publication de ce canon sont convaincus de l'avoir fait, en tout premier lieu ils doivent rompre ce mariage inique, ensuite être soumis aux peines canoniques des fornicateurs.

 

54. Des mariages prohibés par suite de la parenté.

La divine Žcriture nous enseigne bien clairementÊ: "Tu ne t'approcheras pas de ta proche parentŽ pour dŽcouvrir sa nuditŽ", et l'inspirŽ de Dieu saint Basile nous a ŽnumŽrŽ dans ses canons certains cas de mariages prohibŽs, passant sous silence le plus grand nombre d'entre eux et nous procurant ainsi un double avantage; laissant en effet de c™tŽ la multitude des dŽnominations honteuses, afin de ne pas souiller son discours par de tels mots, il a dŽsignŽ ces malpropretŽs par les termes gŽnŽraux, avec lesquels il a rŽsumŽ les cas de mariages iniques. Mais comme la nature humaine, ˆ cause de ce silence et de l'interdiction non dŽtaillŽe des mariages illicites, s'est mise ˆ tout confondre, nous avons dŽcidŽ d'en parler plus ouvertement, en ordonnant que dorŽnavant celui qui contractera mariage avec sa propre cousine germaine, c'est-ˆ-dire le pre et le fils qui Žpouseront la mre et la fille, ou le pre et le fils qui Žpouseront deux soeurs, ou la mre et la fille qui Žpouseront deux frres, ou deux frres qui Žpouseront deux soeurs, seront soumis ˆ la peine canonique de sept ans, tout en rompant Žvidemment le mariage inique.

 

55. Qu'il ne faut pas jeûner les samedis et dimanches.

Comme nous avons appris que dans la ville de Rome, contre la coutume de la tradition ecclésiastique, on jeune les samedis pendant le jeûne du saint carême, le saint concile a décidé que même à l'Église de Rome s'appliquera le canon qui dit : "Si un clerc est convaincu de jeûner le saint jour du dimanche, ou bien le samedi sauf un seul et unique samedi, qu'il soit déposé et si c'est un laïc, qu'il soit excommunié".

 

56. Des Arméniens qui mangent du fromage les samedis et dimanches de carême.

Nous avons appris de mme que dans le pays d'ArmŽnie et en d'autres endroits certains mangent des oeufs et du fromage les samedis et dimanches du saint carme. Nous avons donc dŽcidŽ, que l'ƒglise de Dieu rŽpandu dans tout l'univers gardera le ježne en suivant une unique discipline, et s'abstiendra comme de toute chair d'animal, de mme aussi d'oeufs et de fromage, qui sont fruit et produit de ce dont nous nous abstenons. Ceux qui n'observeront pas cela, clercs, ils seront dŽposŽs, la•cs, excommuniŽs.

 

57. Qu'il ne faut offrir dans le sanctuaire ni miel et ni lait.

Qu'il ne faut offrir sur les autels ni miel et ni lait.

 

58. Qu'un laïc ne doit pas se communier lui-même.

Qu'aucun de ceux qui sont rangés parmi les laïcs ne se donne la communion des saints mystères, lorsqu'un évêque ou un prêtre ou un diacre sont présents. Celui qui osera faire cela, qu'il soit excommunié pendant une semaine, pour apprendre par là à ne pas se croire plus qu'il ne l'est en réalité.

 

59. Qu'il ne faut pas faire de baptême dans un oratoire qui se trouve à l'intérieur d'une maison privée.

Qu'on ne fasse absolument pas de baptême dans une chapelle privée qui se trouve à l'intérieur d'une maison d'habitation, mais que ceux qui ont été jugés dignes du baptême immaculé se présentent aux églises paroissiales et y reçoivent ce saint don. Si quelqu'un est convaincu de n'avoir pas observé nos prescriptions, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

60. De ceux qui font semblant d'être possédés

L'ap™tre nous clamantÊ: "Celui qui s'unit au Seigneur devient avec lui un mme esprit", il en ressort clairement que celui qui entre dans la familiaritŽ du dŽmon, devient un avec lui par les rapports qu'il a. Donc, ceux qui font semblant d'tre possŽdŽs du dŽmon et imitent exprs dans leur conduite malhonnte la manire de faire des possŽdŽs, nous avons dŽcidŽ qu'on les ch‰tie de toutes faons et qu'on leur fasse subir les durs traitements et les peines, auxquelles on soumet ˆ juste titre les vrais possŽdŽs pour les dŽlivrer de l'action du dŽmon.

 

61. Des devins, sorciers et meneurs d'ours.

Ceux qui recourent aux devins ou aux surnommŽs centurions ou ˆ d'autres gens de cette sorte, afin d'apprendre d'eux ce qu'ils voudraient qu'on leur rŽvle, qu'ils soient soumis ˆ la peine canonique de six ans, conformŽment ˆ la dŽcision des pres ˆ leur sujet. Ë la mme peine canonique doivent tre aussi soumis ceux qui mnent en laisse des ours ou d'autres animaux de la sorte, pour tromper les esprits simples et leur nuire en leur prŽdisant, ˆ la manire des radotages de l'erreur, fortune, destin, gŽnŽalogie et foule de termes semblables; de mme ceux qu'on appelle chasseurs de nuages, ceux qui jettent des charmes, qui distribuent des phylactres et les devins. S'ils persistent dans ces sortilges et ne s'en abstiennent pas et ne fuient pas ces pratiques funestes et pa•ennes, nous ordonnons qu'on les rejette totalement de l'ƒglise, comme le prescrivent les saints canons. "Que peut-il, en effet, y avoir de commun entre la lumire et les tŽnbres, dit l'ap™tre, et quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles, ou quelle part le fidle a-t-il avec l'infidle, et quel accord existe-t-il entre le Christ et Belial"Ê?

 

62. Des calendes et des fêtes de Vota et de Broumalia.

La cérémonie appelée "Calendes", celle dite "Vota" et celle dite "Broumalia", de même que la fête du premier jour du mois de mars, nous voulons qu'elles disparaissent totalement du genre de vie des fidèles. De même, les danses publiques des femmes, capables de causer bien des ravages et du mal, de plus les danses d'hommes ou de femmes qui se font, selon un usage antique, mais étranger au genre de vie d'un chrétien, sous le vocable de ceux que les païens ont nommé faussement des dieux, nous les rejetons, en ordonnant qu'aucun homme ne revête un costume féminin, ni une femme le costume qui revient à un homme; de ne point porter des masques comiques ou satiriques ou tragiques; de ne point révoquer le nom de l'abominable Dionysos en foulant le raisin dans les pressoirs; ni de provoquer le rire au moment où l'on remplit de vin les tonneaux, agissant par ignorance ou par frivolité comme ceux qui sont possédés par l'erreur des démons païens. Ceux donc qui essaieront de commettre l'un des actes énumérés, sachant ce que nous venons de dire, s'ils sont clercs, qu'ils soient déposés, si ce sont des laïcs, qu'ils soient excommuniés.

 

63. Qu'il ne faut pas lire les vies apocryphes de martyrs.

Les vies de martyrs imaginées par les ennemis de la vérité pour jeter le discrédit sur les martyrs du Christ et faire perdre la foi à ceux qui les entendent lire, nous ordonnons de ne point en faire lecture publique dans les Églises, mais plutôt de les jeter au feu. Quant à ceux qui les reçoivent et les admettent comme vraies, nous les anathématisons.

 

64. Qu'un laïc ne doit pas prétendre à enseigner dans l'Église.

Un la•c ne doit pas tenir en public des discours sur les dogmes ou enseigner, s'attribuant ainsi un ministre d'enseignement, mais se conformer ˆ l'ordre Žtabli par le Seigneur, et prter l'oreille ˆ ceux qui ont reu le don de la parole d'enseignement et apprendre d'eux les choses divines; car Dieu a fait diffŽrents membres dans l'ƒglise une, selon la parole de l'Ap™tre, que GrŽgoire le thŽologien commente, dŽpeignant clairement l'ordre qui y rgne et ditÊ: "Respectons cet ordre, frres, gardons-le. Que l'un soit oreille, l'autre langue, un autre main, un autre une chose diffŽrente; que l'un enseigne, l'autre apprenne". Et peu aprsÊ: "Que celui qui apprend, le fasse avec docilitŽ, qui donne, avec joie, qui sert, avec promptitude. Ne soyons pas tous langue, la toujours prompte, ne soyons pas tous des ap™tres, tous des prophtes, ne cherchons pas tous ˆ interprŽter les Žcritures". Et peu aprsÊ: "Pourquoi veux-tu te faire pasteur, alors que tu es brebisÊ? devenir tte, si tu es piedÊ? tenter de faire le gŽnŽral, si tu as rang de soldatÊ?" Et ailleurs la sagesse nous avertitÊ: "Ne sois point prompt dans tes paroles; ne cherche pas ˆ Žgaler les largesses d'un riche, si tu es pauvre, ni ne prŽtends d'tre plus sage que les sages". Si quelqu'un est convaincu de transgresser le prŽsent canon, qu'il soit privŽ de communion pendant quarante jours.

 

65. Des feux que certains allument devant leurs maisons au début de chaque mois.

Les feux que certains allument au premier jour du mois devant leurs ateliers ou leurs maisons, feux que certains s'appliquent à sauter d'un bond selon un usage antique, nous ordonnons que dès à présent ils soient abolis. Si donc quelqu'un ose faire cela, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié. Il est en effet écrit dans le quatrième livre des Rois : "Manassès éleva un autel en l'honneur de toute l'armée des cieux, dans les deux parvis du temple du Seigneur il fit passer ses enfants par le feu il s'adonna aux pratiques des astrologues et des augures il institua des ventriloques et des devins, et il ne cessa d'irriter le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux".

 

66. Que durant toute la semaine de la résurrection, il faut fréquenter les églises.

Depuis le saint jour de la rŽsurrection du Christ notre Dieu jusqu'au nouveau dimanche, les fidles doivent frŽquenter sans nŽgligence toute la semaine les saintes Žglises, se rŽjouissant dans le Christ et chantant des psaumes et des cantiques et des chants spirituels, s'appliquant ˆ la lecture des saintes Žcritures et faisant leurs dŽlices de la communion aux saints mystres; en effet, nous serons ainsi ressuscitŽs et exaltŽs avec le Christ. Qu'on ne donne point par consŽquent, dans les jours en question, ni jeux d'hippodrome, ni autres spectacles publics.

 

67. Qu'il faut s'abstenir de sang et de la chair d'un animal étouffé.

C'est un texte divin qui nous a ordonné de nous abstenir de sang, de viande étouffée et de fornication. Ceux-là donc qui à cause de leur ventre goulu s'ingénient à rendre comestible le sang d'animaux et s'en nourrissent, nous leur imposons la peine convenable. Si donc quelqu'un tente de manger du sang d'animaux de quelque façon que ce soit, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

68. Qu'il ne faut pas détruire les codex de l'ancien et du nouveau Testament ni les partager entre les parfumeurs.

Qu'il n'est permis absolument à personne de détruire un des volumes de l'ancien et du nouveau Testament ni de ceux de nos saints prédicateurs et docteurs qui font autorité dans l'Église; de le déchirer ou de le livrer à des marchands de livres ou à ceux qu'on appelle "parfumeurs" ou à n'importe quel autre homme, pour qu'il soit détruit, à moins que l'un ou l'autre volume ne fût totalement mis hors d'usage par les vers, l'humidité ou d'une autre manière. Celui qui sera pris faisant cela dorénavant, qu'il soit excommunié pendant un an. Que soit excommunié de la même manière celui qui donne à autrui pour que celui-ci les conserve, mais tente de les détruire.

 

69. Qu'un laïc ne doit pas pénétrer dans le sanctuaire.

Que personne de ceux qui sont dans les rangs des laïcs ne s'autorise à pénétrer à l'intérieur du sanctuaire. Cependant l'autorité et la puissance impériale n'en sera point empêché de le faire, lorsqu'elle voudra offrir les dons au Créateur selon une très ancienne tradition.

 

70. Que les femmes ne doivent pas parler pendant la messe.

Qu'il ne soit pas permis aux femmes de parler dans le temps de la sainte liturgie, mais, selon la parole de l'apôtre Paul, "qu'elles se taisent, il ne leur a pas été donné, en effet, de parler, mais de se soumettre, comme le dit aussi la loi. Si, cependant, elles veulent savoir quelque chose, qu'elles interrogent leurs maris chez elles".

 

71. Que les étudiants en droit ne doivent pas adopter des usages païens.

Les étudiants en droit civil ne doivent point suivre les moeurs païennes, ni courir les amphithéâtres de jeux, ni faire ce qu'on appelle les sauts périlleux, ni se mettre des costumes étrangers a l'usage commun, soit au temps de la rentrée des classes, soit à leur terme, soit en un mot dans le cours de leur instruction. Si quelqu'un ose dorénavant le faire, qu'il soit excommunié.

 

72. Qu'un homme orthodoxe ne doit pas épouser une femme hérétique.

Qu'il ne soit pas permis a un homme orthodoxe de s'unir ˆ une femme hŽrŽtique, ni ˆ une femme orthodoxe d'Žpouser un homme hŽrŽtique et si pareil cas s'est prŽsentŽ pour n'importe qui, le mariage doit tre considŽrŽ comme nul et le contrat matrimonial illicite est ˆ casser, car il ne faut pas mŽlanger ce qui ne se doit pas, ni rŽunir un loup a une brebis. Si quelqu'un transgresse ce que nous avons dŽcidŽ, qu'il soit excommuniŽ. Quant ˆ ceux qui Žtant encore dans l'incrŽdulitŽ, avant d'tre admis an bercail des orthodoxes, s'engagrent dans un mariage lŽgitime, puis, l'un d'entre eux ayant choisi la part la meilleure vint ˆ la lumire de la vŽritŽ, tandis que l'autre fut retenu dans les liens de l'erreur sans vouloir contempler les rayons de la lumire divine, si l'Žpouse incroyante veut bien cohabiter avec le mari croyant, ou vice versa le croyant avec la non-croyante, qu'ils ne se sŽparent pas, car selon le divin ap™tre, "le mari non croyant est sanctifiŽ par sa femme, et la femme non croyante est sanctifiŽe par son mari".

 

73. Qu'il ne faut pas reproduire sur le sol le signe de la croix.

Vu que c'est la croix vivificatrice qui nous a montré le salut, nous devons employer tout notre zèle a rendre l'honneur dû à ce par quoi nous avons été sauvés de l'antique faute. C'est pourquoi, dans l'intention de lui offrir notre culte par la pensée, la parole et le sentiment, nous ordonnons de faire disparaître de n'importe quelle façon les images de la croix que certains dessinent sur le sol, afin que l'insigne de notre victoire ne soit pas foulé aux pieds par les passants et être par là insulté. Ceux donc qui dorénavant dessineront l'image de la croix sur le sol, nous ordonnons qu'ils soient excommuniés.

 

74. Qu'il ne faut pas prendre des repas à l'intérieur d'un lieu sacré.

Qu'il ne faut pas faire dans les églises paroissiales ou dans les églises en général ce qu'on appelle "agapes" et servir à manger à l'intérieur de la maison sainte et y organiser des banquets; ceux qui osent le faire, doivent cesser ou être excommuniés.

 

75. Qu'on ne doit pas pousser des cris désordonnés en chantant dans l'église.

Ceux qui se rendent dans les Žglises pour y chanter, nous ne voulons pas qu'ils chantent d'une faon bruyante et dŽsordonnŽe et forcer la nature a pousser des cris, ni qu'ils emploient des textes qui ne sont pas les textes convenables et coutumiers ˆ l'ƒglise; mais qu'au contraire ils prŽsentent avec beaucoup d'attention et de componction leurs psalmodies ˆ Dieu qui voit les secrets des coeurs; car la sainte parole nous apprend "que les fils d'Isra‘l doivent tre pieux".

 

76. Qu'on ne doit pas ouvrir un cabaret à l'intérieur de l'enceinte sacrée pour faire du commerce.

Qu'il ne faut pas ouvrir de cabaret ˆ l'intŽrieur de l'enceinte sacrŽe, ni y mettre des vivres en vente, ou s'y livrer ˆ d'autres trafics, afin de respecter la vŽnŽration due ˆ l'Žglise; en effet, le Sauveur notre Dieu, qui nous donne ˆ imiter sa vie dans la chair, nous a exhortŽs ˆ "ne pas faire de la maison de son pre une maison de trafic"; Il rŽpandit par terre la monnaie des changeurs et chassa ceux qui profanaient le sanctuaire. Si quelqu'un est convaincu de pareille faute, qu'il soit excommuniŽ.

 

77. Que des clercs ou des moines ne doivent pas se baigner dans les bains publics en compagnie de femmes.

Qu'il ne faut pas que des clercs dans les ordres majeurs, ou de simples clercs ou des mômes se baignent dans les bains publics en compagnie de femmes : pas même les laïcs ne doivent le faire, car c'est là le premier reproche fait aux païens. Si quelqu'un est convaincu de cela, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

78. Que les candidats au baptême doivent apprendre le symbole de la foi.

Qu'il faut que les candidats an baptême apprennent par coeur le symbole de la foi et le jeudi de la grande semaine le récitent devant l'évêque ou les prêtres.

 

79. De ceux qui fêtent la délivrance de la Vierge le dimanche après la Noël.

Confessant que le divin accouchement de la Vierge a eu lieu sans les douleurs de l'enfantement, du fait que la conception en a ŽtŽ virginale, et prchant cela ˆ tout notre troupeau, nous voulons que se corrigent ceux qui par ignorance font quelque chose de non-convenable ˆ ce propos. Donc, comme on voit certaines personnes le jour aprs la nativitŽ du Christ notre Dieu griller de la semoule et se la partager, en vue d'honorer soi-disant les couches de l'immaculŽe Vierge-mre, nous ordonnons que les fidles ne fassent point pareille choseÊ: car cela n'est pas du tout un honneur pour la Vierge, qui a enfantŽ dans la chair l'incommensurable Verbe d'une manire qui surpasse intelligence et parole, que de vouloir dŽfinir et dŽcrire son ineffable enfantement d'aprs les accouchements ordinaires, que sont les n™tres. Si donc quelqu'un est convaincu dorŽnavant de rien de tel, clerc, qu'il soit dŽposŽ, la•c, excommuniŽ.

 

80. Qu'il ne faut pas rester trop longtemps loin de l'église.

Si un évêque, un prêtre, un diacre, quelqu'un du clergé, ou un laïc, n'a pas de raison grave ou un empêchement sérieux, qui le retienne loin de son église, mais tout en vivant dans une ville manque la messe trois dimanches en trois semaines consécutives, s'il est clerc, qu'il soit déposé, si laïc, qu'il soit privé de la communion.

 

81. Qu'il ne faut pas ajouter "qui fut crucifié pour nous", au trisagion.

Comme nous avons appris qu'en certains endroits on chante en ajoutant au trisagion après le "saint et immortel" le "qui fut crucifié pour nous, aies pitié de nous", chose qui fut jadis rejetée par les saints pères comme étrangère à la vraie foi, en même temps que l'hérétique inique qui a inventé ces paroles; nous aussi, confirmant les pieuses décisions antérieures de nos saints pères, nous anathématisons ceux qui après la présente décision recevront ces paroles, les ajoutant à l'hymne trois fois sainte dans les églises ou ailleurs. Si le transgresseur de notre décision est dans les âmes, s'ils sont clercs, nous ordonnons qu'ils soient déposés, si ce sont des laïcs, qu'il soient excommuniés.

Ê82. Que les peintres ne doivent pas peindre le PrŽcurseur montrant du doigt un agneau.

Sur certaines peintures d'icones saintes on reprŽsente un agneau montrŽ du doigt par le PrŽcurseur, agneau, qui est la prŽfiguration de la gr‰ce, nous prŽfigurant dans la loi le vrai agneau, le Christ notre Dieu. VŽnŽrant les anciennes prŽfigurations et les ombres comme symboles et annonces de la vŽritŽ, de tradition dans l'Žglise, nous prŽfŽrons la gr‰ce et la vŽritŽ, que nous avons recue en accomplissement de la loi. C'est pourquoi, afin que l'on dŽpeigne aux yeux de tous, mme dans les peintures, ce qui est parfait, nous ordonnons que l'on remette dorŽnavant dans les icones au lieu de l'ancien agneau les traits humains du Christ notre Dieu, I'agneau qui porte le pŽchŽ du monde; par lˆ nous comprendrons la profondeur de l'humilitŽ du verbe-Dieu et nous serons amenŽs ˆ nous souvenir de sa vie dans la chair, de sa passion, de sa mort, cause de notre salut, et de la rŽdemption qui en rŽsulta pour le monde.

83. Qu'il ne faut pas donner la sainte aucharistie au corps des défunts.

Que personne ne donne la sainte eucharistie en communion aux corps des défunts; il est en effet écrit : "Prenez et mangez", or les cadavres des morts ne peuvent ni prendre ni manger.

 

84. De ceux dont on n'est pas certain s'ils ont été baptisés.

Nous conformant aux règles que nous donnent les canons des pères, nous ordonnons au sujet des nouveaux-nés : "toutes les fois qu'il ne se trouvera pas de témoins sûrs, pour assurer qu'ils ont été sans aucun doute baptisés, et que eux non plus ne peuvent à cause de l'âge rien dire du sacrement qui leur fut conféré, il faut sans aucun empêchement les baptiser, de peur qu'une hésitation à ce sujet ne les prive de la purification du sacrement".

 

85 Que les esclaves affranchis reçoivent la liberté en présence de trois témoins.

"Sur la foi de deux et de trois témoins doit être décidée toute affaire", nous apprend la sainte Écriture; nous ordonnons donc que les esclaves affranchis par leurs maîtres obtiendront cet honneur devant trois témoins, qui confirmeront par leur présence l'affranchissement et seront les garants de l'acte accompli.

 

86. De ceux qui tiennent des maisons closes au grand dam des âmes.

Ceux qui recrutent des prostituées et les entretiennent au détriment des âmes, s'ils sont clercs, nous ordonnons qu'ils soient déposés, si ce sont des laïcs, qu'il soient excommuniés.

 

87. De celle qui a quitté son mari ou de l'homme qui a quitté sa femme pour s'unir à une autre personne.

"La femme qui a abandonné son mari est une adultère, sa elle est allée avec un autre", selon le divin saint Basile, qui a glané cela très a propos dans le prophète Jérémie, que "si une femme mariée a été avec un autre homme elle ne retournera pas à son mari, mais souillée, elle restera dans sa souillure"; et encore : "Qui garde chez lui une femme adultère, est un insensé et un impie". Si donc il constate que la femme a quitté son mari sans raison plausible, celui-ci sera estimé digne d'excuse, celle-là, de peines canoniques : et l'excuse lui vaudra de pouvoir communier. D'autre part, celui qui a abandonné la femme épousée légitimement et en a pris une autre, tombe sous la condamnation de l'adultère, selon la décision du Seigneur. Les peines canoniques imposées par nos pères pour de tels pécheurs consistent a faire un an parmi les plorantes, deux ans parmi les audientes, trois parmi les substrati et la septième année assister avec les fidèles et alors être jugés dignes de l'offrande, s'ils regrettent avec des larmes leur faute.

 

88. Qu'il ne faut pas introduire une bête de somme dans un lieu sacré, sinon en cas de force majeure pendant le voyage.

Que personne n'introduise une bête quelconque à l'intérieur d'une église sauf si en cours de voyage, sous le coup d'une nécessité urgente et manquant de logement et d'abri, il passe la nuit dans l'église; car s'il n'introduisait pas la bête dans l'église, elle périrait tôt ou tard, et lui par suite de la perte de sa bête de somme serait dans l'impossibilité de poursuivre son voyage et exposé au danger de mourir : or, nous avons appris que "le sabbat a été fait pour l'homme" et que, par conséquent, d faut de toute façon estimer préférable le saint de l'homme et sa préservation. Mais si quelqu'un est convaincu d'avoir introduit sans nécessité, comme il a été dit, une bête dans une église, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

89. A quel moment il faut rompre le jeûne au jour du samedi saint.

Après avoir passé les jours de la passion rédemptrice dans le jeûne, la prière et la componction de coeur, les fidèles ne doivent rompre le jeune qu'à minuit du samedi saint, vu que les évangélistes Matthieu et Luc, l'un par la locution "tard dans la nuit qui suit le samedi", l'autre par celle de "très grand matin", désignent l'heure avancée de la nuit.

 

90. Qu'il ne faut pas plier le genou le dimanche.

Nous avons reçu de nos pères le canon qui nous dit de ne pas fléchir les genoux aux jours de dimanche, en l'honneur de la résurrection du Christ. Or pour avoir une idée claire de son observation, nous faisons connaître aux fidèles qu'après l'entrée du clergé au sanctuaire aux vêpres du samedi selon l'usage reçu, personne ne doit fléchir les genoux, jusqu'au soir du dimanche qui suit, où après l'entrée du lychnicon fléchissant à nouveau les genoux nous offrons au Seigneur nos prières. Nous considérons en effet la nuit qui vient après le samedi comme annonciatrice de la résurrection du Sauveur et nous commençons à partir de ce moment nos cantiques spirituels, faisant tenir la fête depuis les ténèbres de la nuit jusqu'à la lumière du jour, en sorte que nous célébrons la résurrection une nuit et un jour entiers.

 

91. Des peines canoniques contre celles qui donnent et reçoivent des poisons abortifs.

Les femmes qui procurent les remèdes abortifs et celles qui absorbent les poisons à faire tuer l'enfant qu'elles portent, nous les soumettons a la peine canonique du meurtrier.

 

92. Du rapt des femmes sous prétexte de mariage.

Ceux qui ont commis un rapt de femme sous le prétexte de mariage, ou bien y coopèrent ou y aident, le saint concile ordonne que s'ils sont clercs, ils soient déchus de leur dignité, s'ils sont laïcs, qu'ils soient anathématises.

 

93. Que celle qui vit avec un autre homme avant d'être certaine de la mort de son mari, commet un adultère.

La femme dont le mari est parti et est porté disparu, si avant d'avoir la preuve de sa mort, en épouse un autre, elle est coupable d'adultère. De même les femmes de soldats, qui se sont remariées, leurs maris étant portés disparus, sont dans le même cas que celles qui n'ont pas attendu le retour de leurs maris partis au loin; sauf que pour elles il y a une certaine excuse, vu que la mort y est plus probable. Quant à celle qui a épousé sans le savoir un homme abandonné par sa femme, puis au retour de celle-ci fut laissée par l'homme, certes elle a commis la fornication, mais sans le savoir; pour cette raison il ne lui sera pas interdit de se marier : cependant il vaudrait mieux qu'elle restât comme elle est. Si jamais le soldat, dont la femme à cause de sa longue absence s'est remariée à un autre homme, revient, il reprendra, s'il le veut, sa propre femme, en accordant son pardon de la faute par ignorance à elle et à l'homme qui l'a épousée en secondes noces.

 

94. De ceux qui font des serments païens.

Ceux qui font des serments païens, le canon leur impose des peines et nous aussi, nous leur imposons l'excommunication.

 

95. Comment recevoir ceux qui reviennent d'une hérésie.

Ceux qui viennent ˆ l'orthodoxie et ˆ l'assemblŽe des rachetŽs du parti des hŽrŽtiques, nous les recevons conformŽment au rite et ˆ l'usage qui suivent. Les ariens et les macŽdoniens et les novatiens qui se disent purs, et les aristeriens, et les quatuordŽcimans on tŽtradites, et les apollinaristes, nous les recevons, leur faisant signer un libelle d'abjuration et anathŽmatiser toute hŽrŽsie qui ne pense pas comme la sainte ƒglise de Dieu, catholique et apostolique, et en les signant, c'est-ˆ-dire en leur oignant d'abord du saint chrme le front, les yeux, les narines, la bouche et les oreilles et les signant nous disonsÊ: Signe du don du saint Esprit. Au sujet des sectateurs de Paul de Samosate, qui retournent ensuite ˆ l'ƒglise catholique, il fut dŽcidŽ de les rebaptiser absolument. Quant aux eunomiens, qui sont baptisŽs par une seule immersion, et aux montanistes, qu'on nomme ici Phrygiens, et aux sabelliens, qui admettent l'identitŽ du Pre et du Fils et accomplissent d'autres rites abominables, et tous les autres hŽrŽtiques, ils sont en effet nombreux, surtout ceux qui viennent du pays des Galates, tous ceux d'entre eux qui veulent venir ˆ l'orthodoxie, nous les recevons comme des pa•ens; le premier jour nous les armons du signe de la croix, le second nous les admettons parmi les catŽchumnes, les troisime nous les exorcisons en les insufflant par trois fois au visage, et aux oreilles et alors nous les instruisons et nous les admettons pendant un an ˆ assister dans l'Žglise et Žcouter la lecture des saintes Žcritures, puis nous les baptisons. De mme, nous rebaptisons les manichŽens et les valentiniens et les marcionites et ceux qui viennent de semblables hŽrŽsies, les recevant comme des pa•ens. Tandis que les nestoriens et les eutychiens et les sŽvŽriens et ceux de semblables hŽrŽsies doivent prŽsenter un libelle d'abjuration et anathŽmatiser leur hŽrŽsie et Nestorius et Eutychs et Dioscore et SŽvre et les autres hŽrŽsiarques et leurs sectateurs et toutes les hŽrŽsies prŽdites, et alors seulement recevoir la sainte communion.

 

96. Que l'homme ne doit pas faire de sa chevelure un piège de péché.

Ceux qui ont revtu le Christ par le baptme ont confessŽ par lˆ qu'ils imiteront sa vie dans la chair. Donc ceux qui pour la ruine des ‰mes arrangent leur chevelure et l'ordonnent en tresses savantes, offrant ainsi des piges aux ‰mes faibles, nous voulons les guŽrir spirituellement par la peine canonique appropriŽe, afin de les Žduquer et leur apprendre ˆ vivre sagement, en laissant de c™tŽ la fraude et la vanitŽ de la matire pour Žlever sans cesse leur Esprit vers la vie impŽrissable et bienheureuse, mener dans la crainte du Seigneur une vie chaste, s'approcher de Dieu, dans les limites du possible, par une vie pure, et orner l'homme intŽrieur plut™t que l'extŽrieur par la vertu et des moeurs honntes et irrŽprochablesÊ: ainsi ne porteront-ils plus aucune trace de la grossiretŽ de l'ennemi. Si quelqu'un agit contre le prŽsent canon, qu'il soit excommuniŽ.

 

97. De ceux qui sans remords vivent avec leurs femmes dans les églises.

Ceux qui cohabitent avec leurs femmes dans les saints lieux ou les profanent de n'importe quelle autre manière et s'y conduisent sans respect et y demeurent tout bonnement, nous ordonnons qu'ils soient expulsés même des catéchuménats des Églises sacrées. Si quelqu'un n'observe pas cela, clerc, qu'il soit déposé, laïc, excommunié.

 

98. De celui qui a épousé une fiancée du vivant de son fiancé.

Celui qui contracte mariage avec une femme fiancée à un autre, du vivant encore de son fiancé, qu'il ait à répondre du péché d'adultère.

 

99. Des Arméniens qui offrent des viandes cuites à l'intérieur du sanctuaire.

Nous avons appris que le fait suivant aussi a lieu dans le pays des Arméniens : que certaines gens portant des morceaux de viande, les offrent à l'intérieur du sanctuaire, en réservant une partie aux prêtres, a la manière des Juifs. C'est pourquoi voulant sauvegarder la pureté de l'Église, nous ordonnons qu'il est interdit à tout prêtre d'accepter des morceaux déterminés de viande de la part de ceux qui les offrent, mais se contenter des morceaux que l'offrant voudra bien leur donner, à condition que l'offrande se fasse hors de l'église, Si quelqu'un n'agit pas de la sorte, qu'il soit excommunié.

 

100. Qu'il ne faut pas peindre des tableaux poussant à la luxure.

"Que tes yeux regardent droits", et "Garde ton coeur plus que tout autre chose", nous commande la Sagesse; car, très facilement les sensations corporelles influencent l'âme. C'est pourquoi nous ordonnons qu'on ne peigne plus soit sur tableaux soit autrement les peintures qui charment la vue et corrompent l'esprit et allument les flammes des désirs impurs. Si quelqu'un entreprend de faire cela, qu'il soit excommunié.

 

101. Que les laïcs reçoivent la communion dans leur main, et non dans des vases d'or ou d'argent.

"Corps du Christ" et "temple" appelle le divin ap™tre dans la magnificence de son langage, l'homme crŽŽ ˆ l'image de Dieu. ƒlevŽ donc au dessus de la nature sensible, l'homme, qui gr‰ce a la passion du Sauveur a obtenu la dignitŽ cŽleste, mangeant et buvant le Christ, se rend apte ˆ la vie immaculŽe ˆ ceux qui prŽsentent de tels vases, qu'il soit excommuniŽ, et celui-lˆ aussi qui les a prŽsentŽs.

 

102. Qu'il faut examiner les dispositions du pécheur et la qualité du péché.

Ceux qui ont reu de Dieu le pouvoir de dŽlier et de lier doivent examiner la qualitŽ du pŽchŽ et la promptitude au retour du pŽcheur lui-mme, et alors seulement ordonner le remde appropriŽ, de peur qu'en manquant de mesure dans l'un ou l'autre sens, il n'obtienne point le salut du malade. En effet, la maladie du pŽchŽ n'est pas simple dans sa nature, mais complexe et variŽe, poussant des ramifications nombreuses du mal, gr‰ce auxquelles le mal s'Žtend et progresse, jusqu'au moment o il est arrtŽ gr‰ce au pouvoir du mŽdecin. Le praticien de la mŽdecine du saint Esprit doit donc en tout premier lieu examiner la disposition du pŽcheur, et voir s'il tend de lui-mme vers la santŽ, ou si au contraire par sa conduite il provoque sa propre maladie; comment il se conduit dans le temps de la cure, s'il ne s'oppose pas ˆ l'art du praticien et que l'ulcre de l'‰me ne s'Žtale pas ˆ cause des mŽdicaments apposŽs; et mesurer la misŽricorde en consŽquence. La VolontŽ de Dieu et de l'homme ˆ qui fut confiŽ l'office pastorale est de ramener la brebis ŽgarŽe, de guŽrir la morsure du serpent, sans pousser l'homme dans le prŽcipice de la dŽsespŽrance, ni lui rel‰cher les reines jusqu'ˆ une vie dissolue et pleine de mŽpris; de toutes manires, soit par des remdes austres et amers, soit par d'autres doux et calmants, s'opposer au mal et s'efforcer de cicatriser l'ulcre, est l'unique but de celui qui juge des fruits du repentir et avec prudence prend soin de l'homme appelŽ ˆ l'illumination cŽleste. Donc, "il nous faut conna”tre toutes les deux mŽthodes, celle de l'exacte observation des commandements et celle de l'expŽrience, et suivre, ˆ propos de ceux qui ne consentent pas ˆ accepter la sŽvŽritŽ, la mŽthode traditionnelle", comme nous l'enseigne saint Basile.