THÉOPHILE LE TRES SAINT ARCHEVEQUE D'ALEXANDRIE

EXHORTATION FAITE EN L'ANNÉE
OU LA FETE DES THÉOPHANIES A COINCIDÉ AVEC UN DIMANCHE

Du jeûne de la vigile de l'Épiphanie

La coutume et la convenance nous obligent d'honorer tout dimanche et de le fêter, parce qu'en celui-ci justement notre Seigneur Jésus Christ ressuscita le premier de nous tous d'entre les morts; c'est pourquoi ce jour est appelé dans les saintes Écritures le premier, parce qu'il est le début de la vie pour nous, et encore le huitième, parce qu'il dépasse de beaucoup le sabbat des Juifs. Or, comme ce jour coïncide avec le jour de jeûne de la fête des Théophanies, cherchons un arrangement, pour nous conformer sur tous les deux points à la discipline de l'Église : en prenant quelques dattes pour nourriture, nous éviterons du même coup les hérésies qui n'honorent pas le jour de la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ et nous rendrons son dû au jour de jeûne, en attendant la synaxe eucharistique du soir, qui aura lieu ici-même, si Dieu veut. Rassemblons-nous donc ici dés la neuvième heure.

DU MEME
LETTRE D'INSTRUCTION

QU'AMMON RECUT POUR LE TERRITOIRE DE LYCO

 

II

De ceux qui ont communié avec les ariens.

A propos de clercs qui ont communié avec les ariens et sont jusqu'à présent en possession des églises, il faut agir comme le veut la coutume, de manière à ce que d'autres clercs, dont la fidélité à l'orthodoxie est attestée, soient institués dans les églises et eux reçoivent une pension; et que leur cas soit réglé, comme l'ont fait les évêques de la Thébaïde dans les autres villes.

Ceux qui furent ordonnés par l'évêque Apollon et ont ensuite communié avec les ariens qui tiennent les églises, seront soumis à la pénitence s'ils ont agi de leur propre gré; mais s'ils ont obéi en cela à leur évêque, qu'ils reçoivent une pension, parce qu'ils ne savaient pas ce qui était raisonnable de faire. Cependant, si tous leurs peuples les refusent à l'égal des autres ariens, qu'on y ordonne d'autres clercs; si au contraire les peuples les admettent à l'égal de ceux dont ils acceptèrent la communion, on leur appliquera à eux aussi la règle qu'ont pratiquée tous les évêques orthodoxes de la Thébaïde.

 

III

Que les clercs, dont l'indignité fut découverte après leur ordination, seront déposés.

Au sujet de Bistos, ordonné prêtre pour Erébi, il faut s'enquérir; et s'il avait abusé d'une femme consacrée à Dieu, du vivant de son mari, on ne lui permettra pas de rester prêtre, car dans ce cas il n'aurait même pas dû être admis à la communion laïque, vu que l'Église a coutume d'excommunier de tels pécheurs. Cela ne causera aucun préjudice à l'évêque Apollon, si, ignorant le fait il l'a ordonné, car le saint concile ordonne de rejeter du clergé les indignes, dont les fautes passées viennent à être connues après l'ordination.

 

IV

Que le châtiment imposé par l'évêque garde sa vigueur.

Au sujet de Sur, puisque l'évêque Apollon a assuré qu'il l'a renvoyé et exclu du clergé, qu'il soit comme le déclara l'évêque ; mais qu'il présente sa justification, s'il le veut bien et se plaint de la sentence de l'évêque Apollon.

 

V

De ceux qu'on a ordonnés dans l'ignorance de leur fautes passées.

Au sujet de Panuph, ordonné diacre pour Lyco, faire l'enquête; et si l'on constate qu'étant catéchumène encore, il avait épousé sa propre nièce et baptisé ensuite il fut promu à la cléricature, qu'il reste parmi le clergé, si sa femme est déjà morte ou si après le baptême il ne s'est plus uni à elle; tandis que s'il a pris pour femme cette nièce, étant déjà parmi les fidèles, qu'il soit exclu du clergé. Il n'y a rien à reprocher à l'évêque Apollon, si, ignorant le fait, il l'a ordonné.

 

VI

Que le châtiment pour une ordination anticanonique ne doit être prononcé qu'une fois la preuve faite.

Au sujet de Jacob s'enquérir: si étant lecteur, il se rendit coupable du péché de fornication, fut chassé par les prêtres, puis ordonné, qu'il soit exclu, après enquête minutieuse et non sur simple soupçon, provenant des on-dit et des médisances; s'il n'est pas coupable, qu'il reste parmi le clergé; car il ne faut pas prêter attention à des calomnies sans fondement.

 

VII

Que les ordinations doivent se faire publiquement.

Pour ceux qui doivent être ordonnés, voici la procédure à observer : tout le clergé doit se mettre d'accord sur le candidat et l'élire; alors seulement l'évêque procédera à l'examen canonique et avec le consentement du clergé il l'ordonnera en pleine église, en présence du peuple et après invitation de l'évêque adressée au peuple de venir, si possible, témoigner en faveur du candidat. Que l'ordination ne se fasse pas en cachette; puisque l'Église se trouve en paix, il convient de faire les ordinations dans les églises, en présence des fidèles.

Si dans le diocèse il y a des clercs qui ont communié avec les hérétiques, qu'on n'ordonne point d'autres en se basant sur l'avis de ceux qui ont communié avec les hérétiques, mais sur l'enquête des clercs véritablement orthodoxes, et cela en présence de l'évêque, qui invitera encore le peuple présent de venir témoigner en faveur des ordinands; de cette manière seulement on évitera toute erreur involontaire.

 

VIII

Qu'un catéchumène ne doit pas consommer des offrandes faites pour le sacrifice.

Les offrandes faites en vue du sacrifice, une fois enlevé ce qui a servi aux saints mystères, seront partagées parmi les clercs et qu'aucun catéchumène n'en mange ni n'en boive, mais seuls les clercs et les fidèles, nos frères, qui vivent avec eux.

 

IX

Qu'il ne faut pas admettre tout simplement les accusations contre les prêtres.

Comme Hierax dit qu'un tel, accusé prétend-il, de fornication ne peut rester parmi le clergé, tandis que l'évêque Apollon affirme qu'aucun accusateur ne s'est présenté à ce jour contre lui, l'on fera l'enquête sur lui-aussi; et si un accusateur digne de foi se présente et l'accusation est prouvée à l'aide de témoins dignes de foi, qu'il soit exclu de l'église ; tandis que, s'il s'est montré digne de sa cléricature et de moralité attestée, qu'il y reste.

 

X

Qu'il faut instituer un administrateur des biens de l'église de l'avis de l'évêque et du clergé.

Après consultation de tous les clercs, on instituera un autre économe, qui aura aussi l'approbation de l'évêque Apollon, pour employer comme cela se doit les biens de l'église.

 

XI

Que l'évêque ne doit pas s'approprier les biens de l'église.

Que les veuves, les indigents et les étrangers de passage trouvent toute l'aide possible et que personne ne s'approprie les biens de l'église; car le ministre de Dieu doit être exempt d'avarice.

 

DU MEME

A APHYNGIOS AU SUJET DE CEUX QU'ON APPELLE LES CATHARES

XII

Des hérétiques.

Votre piété m'a fait savoir que certains de ceux qui se nomment cathares veulent revenir à l'église. Or, comme le grand concile tenu à Nicée par nos pères a décidé qu'on ordonnera ceux qui reviennent, veuillez bien, conformément à cette règle, ordonner ceux qui veulent revenir à l'Église, à condition que leur conduite ait été droite et que rien ne fasse obstacle à leur ordination.

DU MEME A L'ÉVEQUE AGATHON

XIII

Qu'il faut dissoudre les unions illicites.

Maxime prétend qu'il a contracté une union illicite, parce qu'il ignorait les lois de l'Église; et comme sa conscience est troublée d'être sans liturgie, il a affirmé que l'acte illicite ayant été fait par ignorance, maintenant d'un commun accord ils s'abstiennent de la vie conjugale illicite, ce que la femme aussi préfère. Si donc vous constatez qu'ils agissent ainsi d'un commun accord et ne cherchent pas à tromper, comme il y a déjà dix ans de passés, si vous le jugez opportun de les laisser prendre part à la liturgie avec les catéchumènes, faites-le; mais si vous vous apercevez qu'il avaient voulu tromper et que leur cas a besoin de sévérité, faites selon l'inspiration de dieu, cherchant en tout ce qui convient, car étant sur les lieux mêmes vous pouvez mieux connaître leur intention.

DU MEME

A MENAS ÉVEQUE

XIV

Qu'il faut exclure de l'Église ceux qui commettent l'injustice.

C'est conformément à la loi qu'ont agi les prêtres dans le bourg de Géminos, si Eustathie, qui nous apporte la lettre, dit la vérité; elle nous dit, en effet, qu'ils ont exclu de la synaxe eucharistique la dame Kyradion, qui avait fait du tort à quelqu'un et ne voulait pas cesser; or, comme je constate qu'elle veut prendre part à la synaxe, en remédiant au mal commis, veuillez bien lui indiquer de cesser d'abord de faire du tort et l'amener à s'en repentir; et alors, si vous jugez qu'elle revient à la loi de Dieu désireuse de prendre part a la synaxe, vous lui permettez d'y prendre part avec les fidèles.