CANONS DU SYNODE DE SAINTE SOPHIE

Canons exposés par le saint synode, tenu dans le célèbre temple de la sagesse du Verbe de Dieu, qui confirma le septième concile oecuménique et écarta toute erreur schismatique et hérétique.

 

I. De ceux qui furent soumis aux peines canoniques par l'évêque de Rome, pour qu'ils le soient aussi par celui de Constantinople, et vice-versa.

Le saint et oecuménique concile a décidé que les clercs, les laïcs et les évêques, originaires d'Italie et demeurant en Asie, en Europe ou en Libye, qui auront été liés par l'excommunication ou bien condamnés à la déposition ou à l'anathème par le très saint pape Jean, ceux-là seront considérés par Photius le très saint patriarche de Constantinople comme étant dans le même degré de peine canonique, c'est-à-dire déposés, anathématisés ou excommuniés. Mais aussi les clercs, ou les laïcs ou ceux de l'ordre sacerdotal ou pontifical, que Photius notre très saint patriarche aura dans n'importe quelle contrée mis sous excommunication, déposition ou anathème, le très saint pape Jean et la sainte Église de Dieu, qui est sous sa juridiction,l'Église, de Rome, les considéreront comme étant sous le coup de la même peine canonique : le présent canon ne voulant pas du tout porter atteinte, ni pour le présent ni pour l'avenir aux priviléges du très saint siège de l'Église de Rome et de son chef.

 

2. Que les évêques devenus moines déchoient de leur dignité.

Bien que jusqu'à ce jour certains pontifes, qui s'abaissèrent en prenant l'habit monastique, durent garder le sublime rang du pontificat et agissant ainsi ne trouvèrent point de contradicteurs, cependant, ce saint et oecuménique concile, désireux de régler cette négligence et de ramener à la conformité avec les institutions ecclésiastiques cette conduite désordonnée, a décidé, que si un évêque ou quelqu'un possédant la dignité pontificale, s'abaisse à vouloir mener la vie monastique et à se remettre à la vie pénitente, un tel n'aura plus à se réclamer de la dignité pontificale.

En effet, les voeux des moines comportent obéissance et docilité à un maître, et non point fonction d'enseignement ou de gouvernement; ils ne donnent pas d'être pasteur d'âmes, mais d'être sous un pasteur.

C'est pourquoi, nous ordonnons, comme déjà dit, qu'aucun de ceux qui sont inscrits sur le rôle des pontifes et des pasteurs ne s'abaisse à se placer parmi les membres du troupeau et parmi les pénitents. Si quelqu'un osait faire cela, après la publication et la prise de connaissance de la présente décision, s'étant dépouillé lui-même du grade pontifical, il ne retournera plus à la dignité première, qu'il a reniée par ses actes.

 

3. De ceux qui frappent ou emprisonnent des évêques.

Si quelque laïc de sa propre autorité et au mépris des divins édits impériaux, se riant aussi des terrifiantes peines des canons et des lois de l'Église, osait frapper ou mettre en prison un évêque, sans raison ou bien en s'en forgeant une lui-même, qu'il soit anathème.