CANONS DU SYNODE DE SARDIQUE

1. Qu'il ne faut pas transférer un évêque d'un siège à l'autre.

Hosius évêque de la ville de Cordoue dit : Autant la mauvaise habitude que la très pernicieuse corruption des affaires d'église doivent être arrachées avec leurs racines, en sorte qu'il ne soit permis à aucun évêque d'être transféré d'une ville peu importante à une autre; le motif en effet que cache le prétexte pour entreprendre cela est évident, car il ne s'est trouvé jusqu'ici aucun évêque, qui se soit empressé de se faire transférer d'une ville importante à une autre moins importante; d'où il ressort que ces personnes-la brûlent d'une ardente avidité, plutôt esclaves de leur orgueil, afin de paraître armés d'une plus grande autorité. Si donc cela plaît à tous, châtions plus sévèrement une telle effronterie; je pense que de telles personnes ne doivent pas même être admises à la communion laïque. Tous les évêques dirent : Cela plaît à tous.

2. Qu'il ne faut pas faire des transferts d'évêques même sous prétexte que la foule demande le transfert.

Hosius évêque dit : Si cependant il se trouvait quelqu'un d'insensé ou d'effronté au point de penser trouver une excuse en pareille affaire, en affirmant qu'il a reçu une lettre de la part du peuple, il est évident qu'un petit nombre corrompus par des cadeaux et des récompenses a pu former un parti dans l'église en question pour prétendre qu'ils le voulaient pour évêque. Il faut donc une fois pour toutes déclarer inacceptables de telles machinations et ruses; bien même les punir, je pense, en sorte qu'un tel sujet ne puisse être admis à la communion laïque pas même à la fin de sa vie. Si donc ma proposition vous plaît, dites-le. Tous répondirent: Vos propositions nous plaisent.

3. Qu'un évêque ne doit pas aller dans un autre diocèse sans y avoir été invité; qu'un évêque ne peut demander l'arbitrage d'un évêque appartenant à une autre province; et qu'il faut exercer l'appel à Rome.

Hosius évêque dit : Il faut absolument ajouter aussi, que nul évêque ne se rende d'une province à une autre province où résident des évêques, à moins qu'il n'y soit invité par ses frères dans l'épiscopat, auquel cas nous ne devrions pas avoir l'air de fermer les portes de la charité fraternelle.

Il faut de même décider, que si dans une province un évêque avait une plainte contre son frère dans l'épiscopat, aucune des deux parties ne doit faire venir des évêques d'une autre province pour arbitrer le différend. Si cependant un évêque pense qu'il fut condamné pour une affaire, qui à son avis n'est point mauvaise, mais bonne, en sorte que le jugement doive être révisé, s'il plaît à votre charité, honorons la mémoire de l'apôtre Pierre, et que les juges eux- mêmes écrivent à Jules, évêque de Rome, afin que le tribunal, le cas échéant, soit à nouveau constitué par les évêques de la province voisine et que lui- même envoie des arbitres; mais si un pareil tribunal ne peut être constitué-car c'est à lui de décider si l'affaire a besoin d'être révisée -, ce qui fut déjà décidé ne doit pas être remis en question et le décret rendu sera confirmé.

4. Qu'il ne faut pas nommer un autre au siège de l'évêque déposé, avant que l'évêque de Rome, l'appel étant interjeté, ne prononce sa sentence.

Gaudentius évêque dit : Si cela semble bon, il est nécessaire d'ajouter à cette décision pleine de charité que vous avez prononcée, que si un évêque est déposé par le jugement des évêques de la province voisine et prétend avoir à ajouter encore autre chose à sa défense, un successeur à son siège ne devrait pas lui être donné, avant que l'évêque de Rome n'ait connu de son affaire et n'ait prononcé sa sentence.

5. Un évêque déposé peut une seconde fois en appeler à l'évêque de Rome; vu que le pouvoir de réviser la sentence revient entièrement à celui-ci.

Hosius évêque dit : Si un évêque est dénoncé et que les évêques de la même province réunis le déposent de sa dignité et que lui interjetant un appel recourt au bienheureux évêque de l'église de Rome, si celui-ci veut bien l'entendre et estime juste de renouveler l'examen de l'affaire, qu'il daigne écrire aux évêques de la province voisine d'examiner avec soin et exactitude toute chose et d'exprimer leur vote sur l'affaire en toute vérité.

Si cependant quelqu'un prétend que sa cause doive être à nouveau entendue et sur sa prière l'évêque de Rome juge bon d'envoyer des prêtres de son entourage, il faudra ajouter qu'il sera au pouvoir de ce même évêque de Rome, dans le cas où il le jugera bon et décidera de devoir le faire, d'envoyer les personnes qui munies de l'autorité de celui les a envoyées, jugeront de l'affaire avec les évêques de l'endroit; et s'il estime que ce qui a été fait suffisait pour connaître et décider de l'affaire de l'évêque en question, il agira comme il semblera bon à sa très sage volonté.

Les évêques répondirent : Ce qui a été dit nous plaît.

6. Dans quel cas le primat de la province peut ordonner un évêque; et qu'on ne doit pas en ordonner un pour un petit village.

Hosius évêque dit : S'il arrive que dans une province qui comprend plusieurs évêchés il ne reste qu'un seul évêque et que celui-ci par négligence ne veuille se rendre à l'assemblée d'électeurs et donner son approbation à l'élection de nouveaux évêques, tandis que les populations dans leurs réunions réclament l'institution de l'évêque désigné par elles, il faut en premier lieu qu'il soit rappelé par une lettre à cet évêque resté seul dans la province par l'exarque de la province, (je veux dire par l'évêque de la métropole), que les populations réclament qu'on leur donne un pasteur; je pense qu'il est juste d'attendre que cet évêque aussi arrive. Mais si après cette réclamation par lettre il n'arrivait point, ni ne répondait à la lettre, il faut satisfaire à la volonté de la population. Quant à l'institution de l'évêque de la métropole, il faut aussi faire venir les évêques de la province avoisinante.

Qu'il ne soit pas permis d'autre part d'établir un évêque dans un village ou une petite ville, qu'un seul prêtre suffirait à régir; il n'est pas nécessaire d'y établir des évêques, afin de ne pas avilir le nom et l'autorité de l'évêque. Les évêques de la province doivent, comme je l'ai dit, établir des évêques dans les seules villes, où jusque-là il y en avaient. Si cependant il se trouvait qu'une ville vît sa population augmenter au point d'être digne de devenir ville épiscopale, qu'elle reçoive un évêque.

Cela plaît-il à tous ? Tous répondirent : Oui.

7. Qu'un évêque ne doit pas se rendre à la cour.

Hosius évêque dit : L'inopportunité, la trop grande fréquence et le malfondé de nos prétentions ont fait que nous n'avons plus la faveur et la liberté de parler que nous aurions dû avoir; en effet beaucoup d'évêques, surtout ceux d'Afrique, ne cessent de se rendre à la cour, qui, comme nous l'apprend notre cher frère dans l'épiscopat Gratus, n'écoutent pas ses conseils salutaires, bien au contraire ils les méprisent au point qu'une seule personne apporte à la cour un grand nombre de suppliques variées, qui ne sauraient avoir pour objet l'utilité de l'église; certains même n'ont en tête que dignités et affaires profanes, au lieu de venir en aide aux pauvres et aux laïcs et aux veuves, comme cela se doit et convient. Une telle effronterie cause du désappointement contre nous, non sans scandale et critique. J'estime qu'il est plus convenable qu'un évêque donne son aide à celui qui souffre violence de la part de qui que ce soit, ou à la veuve traitée injustement, ou encore à l'orphelin dépouillé de ses biens, si toutefois même ces personnes possèdent de justes titres de réclamation. Donc, mes chers frères, si tous sont de cet avis, décrétez qu'aucun évêque ne doit se présenter à la cour, sauf ceux que notre très pieux empereur convoque lui-même par écrit.

Cependant, vu que souvent des personnes dignes de pitié cherchent asile dans une église, après avoir été pour leurs fautes condamnées à la prison ou à l'exil sur une île ou condamnées en justice pour n'importe quelle autre raison, il ne faut pas refuser notre aide à ces personnes, mais sans retard et sans hésitation demander le pardon pour elles. Si donc cela aussi vous plaît, votez avec moi dans ce sens.

Tous répondirent : Que cela aussi soit décidé.

8. Que les suppliques à l'empereur doivent être portées par un diacre.

Hosius évêque dit : Que votre prudence se prononce sur ce point aussi : puisque il a été décidé qu'un évêque ne devait point s'exposer au danger d'encourir la critique en se rendant à la cour, si des évêques avaient des suppliques à présenter dans le genre de celles mentionnées plus haut, qu'ils les envoient par leurs diacres; car la personne du serviteur excitera moins l'envie et celui-ci sera en état de rapporter plus promptement les faveurs accordées.

Tous répondirent : Que cela aussi soit décidé.

9. Que des suppliques ne doivent pas être adressés à l'empereur sans être accompagnées de lettres de recommandation du métropolitain à l'évêque du lieu de la cour ou à celui de Rome.

Hosius évêque dit : J'estime aussi qu'il est raisonnable, dans le cas où des évêques de n'importe quelle province voudraient envoyer des suppliques par l'intermédiaire de leur frère dans l'épiscopat, que ce soit l'évêque de la ville principale, celui de la métropole, qui envoie son diacre avec les suppliques, y ajoutant des lettres de recommandation dans ce sens à nos frères dans l'épiscopat, qui demeureraient en ce temps-là dans les villes, d'où notre très pieux empereur gouverne la chose publique. Si cependant quelque évêque avait des amis à la cour et voulait par eux demander quelque chose de très convenable, qu'il ne soit pas empêché de le faire par son diacre et d'en charger ceux dont il pense avoir le bienveillant appui à sa demande.

Quant à ceux qui se rendent à Rome, ils doivent, comme je l'ai dit remettre à Jules, notre cher frère dans l'épiscopat, les suppliques à présenter, afin que celui-ci examine d'abord si certaines d'entre elles ne dépassent pas les bornes, et qu'il puisse alors les envoyer à la cour munies de sa protection et de son aide.

Tous les évêques répondirent que cela leur plaisait et que cet avis était très convenable.

9. Alypius évêque dit : S'ils se sont exposés aux fatigues du voyage pour défendre les causes certes non-injustes des orphelins et des veuves en peine, ils seront justifiés; tandis qu'ils ne pourront se rendre à la cour, s'ils sont surtout porteurs d'une requête, qui ne ferait qu'attirer l'envie et le blâme général.

10. Qu'il ne faut pas être aussitôt élevé de l'état laïc à l'épiscopat.

Hosius évêque dit : J'estime aussi la mesure suivante nécessaire à examiner avec exactitude et soin: que si un homme riche ou un juriste du forum prétendait à l'épiscopat, qu'il ne soit pas ordonné avant d'avoir rempli les fonctions de lecteur, de diacre et de prêtre, afin que d'une promotion à l'autre, s'il en est jugé digne, il puisse passer au sommet de l'épiscopat. La promotion dans chaque ordre aura évidemment une durée, pas la moindre, afin que par là sa foi, l'honnêteté de ses moeurs, sa fermeté et sa bonté puissent se faire bien connaître et qu'ainsi, estimé digne du divin sacerdoce, il puisse jouir de ce très grand honneur. Il ne convient pas, en effet, et ni la discipline de l'église ni le bon sens ne le tolèrent, de procéder avec une telle audace et légèreté, et d'ordonner témérairement un évêque, un prêtre ou un diacre; avec raison un tel pourrait être qualifié de néophyte et surtout parce que même le très bienheureux apôtre, qui fut le maître des nations, interdit clairement de procéder rapidement à des ordinations; car l'épreuve d'un très long laps de temps saura naturellement faire apparaître la conduite et les moeurs de chacun.

Tous dirent que cela leur plaisait et que personne ne devait point agir à l'encontre de cela.

11. Que l'évêque ne doit pas séjourner plus de trois dimanches dans un diocèse étranger, ni prêcher pour faire honte à l'évêque du lieu.

Hosius évêque dit : Nous devons aussi décider que, lorsqu'un évêque se rend d'une ville à l'autre ou d'une province à l'autre, poussé par la vanité de recueillir des louanges plutôt que par le motif d'un voeu religieux, et veut y demeurer assez longtemps et que l'évêque de cette ville ne soit pas très versé dans l'art de la parole, il ne devra pas l'en mépriser et prêcher trop souvent, dans l'intention de faire mépriser et d'avilir la personne de l'évêque du lieu, - ce qui a servi jusqu'ici de prétexte à bien des troubles -, et ne s'efforcera pas par cette ruse de gagner le siège d'autrui et de se l'attacher, sans hésiter à abandonner l'église qui lui fut confiée pour passer à une autre.

Il faut donc fixer un temps pour le séjour, puisque ne pas accueillir un évêque serait considéré comme une chose inhumaine et grossière. Souvenez-vous d'autre part que dans le passé nos pères avaient décidé, que si un laïc demeurant dans une ville ne prend pas part aux assemblées des fidèles pendant

trois dimanches en trois semaines consécutives, il soit excommunié; si donc telle fut la décision pour les laïcs, il ne faut, ni ne convient, ni n'est avantageux qu'un évêque, à moins de se trouver dans une nécessité bien grande ou une situation difficile, s'absente très longtemps de son église et attriste le peuple qui lui est confié.

Tous les évêques dirent : Nous décidons que cet avis aussi est très convenable.

12. Que l'évêque qui se rend à sa propriété dans un diocèse étranger ne doit pas célébrer dans la ville épiscopale.

Hosius évêque dit : Puisqu'il ne faut rien omettre, nous devons nous prononcer sur la chose suivante aussi. Quelques-uns de nos frères dans l'épiscopat pensent qu'ils possèdent très peu de biens dans les villes où ils sont établis évêques, alors qu'ils ont ailleurs des possessions importantes, grâce auxquelles ils sont justement en état de venir en aide aux pauvres. C'est pourquoi j'estime qu'il faudra leur permettre dans le cas où ils se rendraient à leurs possessions pour y faire la récolte, de rester dans leurs propriétés trois dimanches, c'est-a-dire trois semaines, et de prendre part aux offices et célébrer dans l'église du voisinage où célèbre un prêtre, afin de ne pas paraître privés de la célébration, sans se rendre cependant trop souvent à la ville, où réside l'évêque. De cette façon, leurs propres affaires ne subiront point de dommage par leur absence, et ils montreront qu'ils évitent l'accusation d'orgueil et de superbe.

Tous les évêques dirent : Cette proposition aussi nous plaît.

13. Que le clerc excommunié ne doit pas être reçu par un autre évêque.

Hosius évêque dit : Que l'on veuille bien décider ceci aussi, que si un diacre ou un prêtre ou l'un des clercs est déclaré excommunié et cherche refuge auprès d'un autre évêque qui le connaît et qui sait qu'il a été excommunié par son propre évêque, celui-ci ne doit pas, au mépris de son frère dans l'épiscopat, le recevoir dans sa communion; s'il osait faire cela, qu'il sache qu'il aura à en rendre compte devant les évêques réunis.

Tous les évêques dirent : Cette décision sauvegardera pour toujours la paix et conservera la concorde entre tous.

14. Que tout clerc déposé de sa dignité a le droit de recourir à son métropolitain ou à celui du diocèse voisin pour la révision de son affaire.

Hosius évêque dit : Je ne dois pas passer sous silence ce qui m'a toujours préoccupé. S'il se trouvait quelqu'évêque irascible, chose qui ne devrait pas apparaître dans la conduite d'un homme de cet état, et qu'emporté vivement contre un prêtre ou un diacre, il voulût l'exclure de l'église, il faudra pourvoir à ce que le clerc en question ne soit pas brusquement condamné et privé de la communion.

Tous les évêques dirent : Que l'excommunié ait le droit de recourir à l'évêque de la métropole et si celui-ci est absent, au métropolitain le plus proche, et réclamer que son affaire soit examinée avec exactitude; car il ne faut pas refuser l'audience à ceux qui la demandent. L'évêque qui a excommunié à raison ou à tort un tel clerc doit souffrir en toute sérénité que l'examen de l'affaire ait lieu et que sa décision soit ou confirmée ou corrigée. Mais avant que toute chose ne soit examinée avec soin et foi, celui qui fut privé de la communion ne doit pas revendiquer la communion pour soi avant le complet éclaircissement de l'affaire. Si dans leurs réunions les membres du clergé remarquent son orgueil et son insoumission, comme il ne convient pas de supporter qu'à tort on insulte à l'autorité ou qu'on s'en plaigne, ils doivent le reprendre avec des paroles un peu sévères et graves, par hommage et déférence envers celui qui préside au bien; car de même que l'évêque se doit de témoigner de l'affection sincère et de la bienveillance à ses ministres, de la même manière les subordonnés doivent s'acquitter de leur service envers l'évêque sans arrière-pensée.

14. Janvier évêque dit : Que votre sainteté veuille bien statuer de même sur ceci, qu'il ne soit permis à aucun évêque de solliciter à son service le clerc d'un autre évêque et de l'ordonner pour son diocèse. Tous dirent : Cela nous plaît, car de ces dissentiments naît d'habitude la discorde et pour cette raison la sentence générale interdit qu'on ose le faire.

15. Que l'on ne doit pas provoquer le départ d'un clerc étranger pour l'incardiner dans son diocèse.

Hosius évêque dit : Décidons aussi tous ensemble, que si quelque évêque voulait conférer une ordination quelconque à un clerc étranger venant d'un autre diocèse, sans le consentement de son propre évêque, qu'une telle ordination soit considérée comme infirmée et invalide. Si quelques-uns se permettaient de faire cela, ils doivent être rappelés à l'ordre par les évêques nos frères et s'en corriger.

Tous dirent : Que cette décision aussi demeure inébranlable.

16. Que tout clerc ou moine ne doit pas demeurer plus de trois semaine dans une ville étrangère.

Aétius évêque dit : Vous n'ignorez pas la nature et la grandeur de la métropole de Thessalonique. Or, il y arrive souvent des prêtres et des diacres d'autres diocèses, qui, ne se contentant pas d'un bref séjour, y restent et y passent tout leur temps, ou ce n'est qu'après un long temps qu'on arrive enfin à les forcer de retourner à leurs églises. Il faut par conséquent prendre une décision à leur sujet.

Hosius évêque dit : Que les décisions prises à l'égard des évêques soient aussi observées à propos de ces personnes.

17. Qu'il faut accueillir les évêques chassés de leur siège pour la foi.

Hosius évêque dit : Sur la suggestion de notre frère Olympius il nous a plu aussi, que si un évêque subissant violence est chassé de son diocèse injustement, pour la discipline ou pour la confession de la foi de l'église catholique ou pour la défense de la vérité, et fuyant le péril de sa vie, alors qu'il est innocent et pieux, il arrive dans une cité épiscopale, qu'il ne soit pas empêché d'y demeurer tout le temps, jusqu'à ce qu'il puisse retourner chez lui ou qu'on ait pu le libérer de l'injustice qui lui fut faite; ce serait en effet cruel et insupportable qu'un homme exilé injustement ne fût pas accueilli par nous, car c'est avec bonté et bienveillance qu'un tel doit être reçu.

Tous dirent : Cela aussi nous plaît.

18. De l'admission de ceux qui furent institués par Muséus et Eutychien.

Gaudentius évêque dit : Tu sais, mon frère Aétius, que depuis que tu as été établi évêque, la paix a dès ce moment régné dans ton diocèse. Afin qu'il ne reste point de traces de discorde dans la discipline ecclésiastique, il me semble bon de recevoir à la communion ceux qui furent établis par Muséus et par Eutychien, car il n'y a rien à leur reprocher.

19. Qu'il faut rejeter de la communion tout clerc supérieur, qui ne veut pas exercer l'emploi auquel il fut nommé.

Hosius évêque dit : Voici l'avis de mon humble personne: Bien que nous devions être calmes et patients et avoir toujours de la pitié pour tous; ne pas recevoir à l'avenir, ceux qui jadis furent promus à l'état ecclésiastique par certains de nos frères, s'ils ne veulent pas retourner aux églises auxquelles ils avaient été nommés. Quant à Eutychien, il ne doit revendiquer pas même le titre d'évêque, Muséus non plus ne doit pas être considéré comme évêque; tandis que s'ils réclament pour eux la communion laïque, il ne faut pas la leur refuser.

Tous dirent : Tel est notre avis.

20. Qu'aucune des décisions du synode ne doit être enfreinte.

Gaudentius évêque dit : Toutes ces décisions salutaires et raisonnables et dignes de notre rang d'évêques, et agréables à Dieu et aux hommes, ne sauraient obtenir force et autorité, si une certaine crainte n'accompagne les sentences prononcées; nous savons en effet nous aussi que très souvent à cause de l'effronterie d'un petit nombre le divin et vénérable nom d'évêque a été blâmé. Si donc quelqu'un ose faire quelque chose contre les décisions prises par tous, cherchant à plaire à son orgueil et son insoumission plus qu'à Dieu, qu'il sache dès maintenant qu'il se met dans l'obligation de se justifier et qu'il perd l'honneur et la dignité d'évêque.

Tous répondirent : Une telle décision convient et nous plaît.

21. Que les évêques des villes du canal doivent demander aux évêques qui traversent la raison de leur passage.

Gaudentius évêque dit : Une telle attitude deviendra manifeste et sera prévenue, si chacun de nous qui sommes constitués évêques des villes de passage de navires, je veux dire sur le détroit, voyant arriver un évêque, lui demande la raison de son passage et où il va; et s'il découvre que l'évêque s'en va à la cour, qu'il lui pose les questions exposées plus haut; et s'il s'y rend sur invitation, qu'il n'y mette point d'obstacle; mais si c'est par ostentation, selon que votre charité l'a dit, ou bien s'il se rend à la cour pour satisfaire à l'ambition de certains, qu'on ne souscrive point à ces lettres d'introduction auprès de l'empereur, ni qu'on entre en communion avec un tel.

Tous dirent : Que cela aussi soit décidé.

21* Hosius évêque dit : Cependant, mes très chers frères, il faut procéder avec modération, car il est à craindre que des évêques, ignorant encore ce qui a été décidé dans ce synode se présenteront bientôt dans les cités qui se trouvent sur le détroit. C'est pourquoi l'évêque même de la cité maritime doit conseiller et instruire l'évêque arrivant, pour qu'il envoie de là-même son diacre; quant à l'évêque instruit sur les décisions du synode, il rentrera dans son diocèse.