CANONS DU SYNODE PRIME- SECOND (861)
Canons exposés par le grand synode, Prime-second tenu à Constantinople dans l'église des saints et glorieux apôtres.

1. Que c'est avec le consentement de l'évêque qu'un monastère doit être construit.

La réfection des monastères, chose si vénérable et précieuse et si bien pensée jadis par nos saints pères, se voit mal pratiquée de nos jours; en effet, certains donnant le nom de monastère à leur bien et avoir et promettant de les vouer à Dieu, s'inscrivent eux-mêmes comme maîtres des biens consacrés et s'ingénient à imaginer une consécration à Dieu qui n'est qu'un vain nom, puisqu'ils ne rougissent pas d'usurper même après la consécration la propriété des biens que rien ne les empêchait de garder comme jusque-là. Et ils en vinrent à trafiquer sur ce genre d'affaires au point qu'un grand nombre des biens consacrés à Dieu sont vendus à la vue de tous par ceux-là mêmes qui les ont consacrés, au grand étonnement et scandale de ceux qui les voient faire. Et non seulement ils ne se repentent pas de s'arroger la propriété de ce qu'ils ont une fois pour toutes consacré à Dieu, mais même ils la transmettent sans crainte à d'autres. C'est pourquoi le saint synode a décidé, qu'il ne soit permis à personne de fonder un monastère sans l'avis et le consentement de l'évêque. Mais au su de celui-ci et avec son autorisation, sa bénédiction accomplie, comme en ont décidé pieusement les anciens, on érigera le monastère et l'on inscrira dans le bref d'érection le monastère lui-même et tout ce qui lui appartient et l'on déposera le bref dans les archives épiscopales; celui qui les dédie à Dieu n'aura point le droit sans l'avis de l'évêque, de substituer higoumène du monastère fondé ou d'en restituer un autre à sa place; car si personne ne peut rester maître de ce qu'il a une fois pour toutes donné à quelqu'un, comment sera-t-on autorisé à détourner à son profit la propriété de ce qu'on a consacré et dédié à Dieu ?

2. Que la présence de celui qui recevra le moine est requise.

Comme il y en a qui feignent d'embrasser la vie monastique, non point avec la pure intention de servir Dieu, mais pour tirer gloire de piété de l'habit vénérable de moine et trouver la jouissance abondante des plaisirs qu'ils convoitent, car ne faisant que se tondre les cheveux, ils demeurent dans leur propre maison, sans y accomplir aucun des offices religieux ou des obligations du moine, le saint synode a décidé qu'on n'accordera à personne absolument l'habit monastique sans la présence de celui qui le recevra sous son obédience et s'engagera à le conduire et à pourvoir au salut de son âme, qui sera par conséquent un homme pieux, supérieur d'un monastère et capable de pourvoir au salut d'une âme encore novice au service du Christ.

Si donc quelqu'un est pris donnant la tonsure monacale à un homme sans la présence de l'higoumène qui doit le recevoir sous son obédience, qu'il soit déposé pour avoir désobéi aux canons et essayé de renverser la discipline monastique; quant à celui qui fut tonsuré déraisonnablement et contre l'ordre, il sera remis à la vie d'obéissance dans un monastère, que l'évêque du lieu choisira. En effet, les tonsures faites sans jugement et garantie déshonorent l'habit monacal et font blasphémer le nom du Christ.

 

3. De celui qui se soucie peu des moines qu'on lui a confiés.

Un autre point aussi, qui est mal pratiqué et, ce qui est pis encore, échappe à l'attention et se trouve négligé, a été jugé digne d'être corrigé. Si donc un supérieur de monastère ne recherche pas avec grand soin les moines fugitifs de son obédience, ou une fois retrouvés, ne les reçoit pas et ne s'efforce pas de guérir la partie malade par une cure convenable appropriée à la faute, et de la fortifier, celui-là le saint synode ordonne qu'il sera excommunié. Car si celui qui a pris sur lui de veiller sur les bêtes sans raison et néglige son troupeau, ne laisse pas que d'être puni, comment ne serait-il pas châtié de son impudence l'homme à qui fut confiée l'autorité pastorale sur les agneaux du Christ et qui néglige leur salut par sa paresse et sa négligence ?

4. De ceux qui quittent leur monastère et ne reviennent plus.

De nombreuses manières s'est efforcé le malin de couvrir de honte le vénérable habit du moine et y trouva grande aide dans le temps de l'hérésie récente; car les moines furent forcés à cause de l'hérésie d'abandonner leurs propres monastères et de se réfugier les uns dans d'autres monastères, les autres dans les maisons des laïcs. Mais ce qui alors fut pour eux cause de gloire, pratiqué qu'il était pour la vraie foi, les rend absolument ridicules, étant devenu une coutume déraisonnable; car maintenant que la vraie foi est partout répandue et que l'Église est libérée des causes de scandale, il y en a encore qui s'évadent de leurs monastères et comme un torrent impétueux, ballottés et refluant ça et là, remplissent d'une grande confusion les monastères, leur donnent le spectacle d'un grand désordre, et sapent et empestent le caractère vénérable de l'obéissance. Mais le saint synode, mettant un terme à leur élan instable et insubordonné, a décidé que le moine qui, s'enfuyant de son monastère, se réfugie dans un autre ou demeure dans une maison de laïcs, sera excommunié, de même que celui qui l'aura accueilli, jusqu'à ce que le fuyard retourne au monastère dont il s'était indûment évadé. Si cependant l'évêque voulait transférer quelques-uns des moines, attestés pour la piété et la modestie de leur vie, à un autre monastère en vue de la bonne marche de celui-ci, ou à une maison de laïcs en vue du salut de l'âme de ses habitants, ou bien encore s'il voulait bien leur confier une charge à un autre endroit, cela ne rend coupable devant le présent canon ni ceux qui les accueillent, ni les moines.

5. Du temps fixé pour éprouver les moines.

Nous constatons que les professions de vie monastique faites sans jugement et sans épreuve préalable sont la grande peste de la discipline monastique; en effet, quelques-uns se précipitant avec témérité dans la vie monastique et perdant ensuite courage devant la rudesse et les peines de l'ascèse, reviennent misérablement à la vie de la chair et des plaisirs. C'est pourquoi le saint synode a décidé, que personne ne soit jugé digne de l'habit monastique, avant que la durée de trois ans, qui leur est laissée pour leur probation, ne démontre qu'ils sont capables et dignes de mener un genre de vie si élevée.

Cette règle doit être absolument observée, à moins qu'une grave maladie survenant n'oblige d'abréger le temps de l'épreuve ou bien qu'il s'agisse d'un homme pieux qui mène la vie monastique sous l'habit d'un laïc : à propos d'un tel homme la durée de six mois suffira pour l'épreuve entière. Si l'on agissait contre ces prescriptions, l'higoumène décherra de son higouménat et reprendra la vie dans l'obéissance pour se corriger de son désordre, et le moine sera remis à un autre monastère qui observe l'exacte discipline monastique.

6. Que les moines ne doivent rien avoir en propre.

Les moines ne doivent rien posséder en propre, et tous leurs biens doivent être adjugés au monastère; car le bienheureux Luc dit de ceux qui ont cru au Christ et sont le modèle de la vie monastique, qu'aucun d'eux ne disait sien quoi que ce fût, mais qu'ils avaient tout en commun. Pour cette raison il est laissé libre à ceux qui veulent devenir moines, de disposer de leurs biens auparavant et de léguer ce qui leur appartient aux personnes de leur choix, à condition évidemment que celles-ci ne soient point interdites par la loi; car après qu'ils seront devenus moines, le monastère aura la propriété de tout ce qui leur revient, et il ne leur sera point accordé de s'occuper de leurs biens ou d'en disposer. Si quelqu'un est convaincu de posséder une propriété, qui ne fut pas adjugée au monastère, et se rend ainsi esclave de la passion de posséder, la propriété sera reprise par l'higoumène ou par l'évêque et vendue devant témoins et l'argent sera distribué aux pauvres et indigents; quant à celui qui a médité de soustraire cette propriété à l'exemple de l'Ananie de jadis, le saint synode a décidé qu'il sera corrigé par la peine canonique appropriée. Il est évident que tous les canons votés par ce saint synode pour les moines, vaudront juste titre aussi pour les moniales.

7. Que l'évêque ne doit pas édifier un monastère au détriment de son diocèse.

Nous voyons beaucoup d'évêchés décliner et menacés d'une ruine complète, parce que leurs pasteurs emploient à la construction de nouveaux monastères le soin et le zèle qu'ils auraient dû dépenser pour ceux-là; et les taillant en pièces et s'ingéniant à s'approprier leurs revenus, ils se préoccupent d'en enrichir ces monastères.

C'est pourquoi le saint synode a ordonné qu'il ne sera permis à aucun évêque de construire un nouveau monastère au détriment de son évêché. Si quelqu'un est convaincu d'avoir osé cela, il sera, lui, sujet à la peine canonique convenable, et le nouvel édifice construit par lui, vu qu'il n'a acquis pas même le commencement d'un droit d'érection en monastère, sera adjugé à l'évêché comme sa propriété car rien de ce qui vient à se faire contre la loi et l'ordre ne peut préjuger contre ce qui a été régulièrement constitué.

8. De ceux qui procèdent à la castration sans raison de maladie.

Le divin et sacré canon des saints apôtres condamne comme des meurtriers d'eux-mêmes ceux qui se châtrent eux-mêmes; et si ce sont des prêtres, il les dépose, s'ils y aspirent, il les empêche d'avancer vers la prêtrise; il nous manifeste par là, que si celui qui se châtre lui-même est son propre meurtrier, celui qui châ*tre un autre est de toute façon un meurtrier; et l'on pourrait à juste titre considérer un tel comme un blasphémateur de la création.

C'est pourquoi le saint synode a ordonné, que si un évêque ou un prêtre ou un diacre est convaincu d'avoir rendu eunuque un homme, soit de sa propre main soit en ordonnant de le faire, il sera sujet à la déposition; si c'est un laïc il sera excommunié. Excepté si une maladie survenant par hasard forçait à la castration du malade; car de même que le premier canon du concile de Nicée ne punit point ceux qui furent mutilés pendant la maladie, à cause de la maladie, de même nous ne condamnons pas les prêtres qui commandent de rendre eunuques les malades, ni ne tenons pour responsables les laïcs qui procèdent de leur propre main à la castration; car nous estimons cela comme un remède à la maladie, non point comme un attentat contre la créature ou une injure à la création.

 

9. Des prêtres qui frappent ou font frapper.

Le divin canon des apôtres punissant de déposition les prêtres, à qui entreprennent de frapper les fidèles en faute ou les infidèles coupables d'injustices, voici que des gens ingénieux de satisfaire à leur tempérament colérique et falsificateurs des ordonnances apostoliques, interprètent le mot frapper dans le sens de frapper de sa propre main, alors que ni le canon ne laisse rien entendre de pareil, ni la droite raison ne permet de le penser. En effet, il serait vain et bien dangereux, de déposer celui qui de sa propre main a donné à quelqu'un trois ou quatre coups, tandis qu'on laisserait sans châtiment celui qui, le cas échéant, frapperait sur commandement, et augmenterait la punition sans miséricorde jusqu'à occasionner la mort.

C'est pourquoi, comme le canon punit simplement le fait de frapper, nous aussi en décidons de même; car un prêtre de Dieu doit reformer l'homme vivant dans le désordre en le sermonnant et lui donnant des conseils, parfois même en lui appliquant les peines canoniques, et non point en faisant violence aux corps des hommes par les coups de fouets et de bâtons; et s'il s'en trouve qui soient totalement rebelles et qui ne veuillent se rendre aux corrections des peines canoniques, ceux-là personne n'empêche de les faire corriger, en faisant appel aux autorités civiles du lieu; car le cinquième canon du synode d'Antioche a ordonné, lui aussi, de faire rentrer dans l'ordre par le bras séculier ceux qui causent du trouble et occasionnent des séditions dans l'Église.

10. De ceux qui emploient les choses sacrées pour leur usage personnel.

Ceux qui se sont rendus esclaves de leurs passions non seulement ne frémissent point devant le châtiment dont les saints canons les menacent, mais ils osent même les railler outrageusement; car ils en pervertissent le sens et le faussent comme le veut leur passion, en sorte que, dit saint Grégoire le théologien, tout en flattant leur propre passion, le mal ne leur soit point imputable, mais même qu'il puisse paraître conforme à la volonté de Dieu. En effet, le canon apostolique qui dit : Que personne ne s'approprie dorénavant pour son propre usage un vase sacré d'or ou d'argent ou un voile sacré, car c'est contre la loi; qui sera convaincu d'une telle faute, sera puni d'excommunication : l'interprétant en faveur de leur iniquité, il ne faut pas, disent-ils, juger dignes de déposition ceux qui font de la vénérable nappe du saint autel un manteau pour eux-mêmes ou quelque autre vêtement, ni même ceux-là aussi, quelle impiété!, qui se servent du saint calice ou de la vénérée patène ou des objets semblables du culte à leur propre usage ou les profanent ainsi; car le canon, disent-ils, ordonne de soumettre ceux qui commettent une telle faute à la peine de l'excommunication, mais non pas à celle de la déposition.

Mais qui saurait souffrir la grandeur d'une telle falsification et impiété ? Alors que le canon fulmine l'excommunication contre ceux qui ne s'approprient une chose sacrée que pour s'en servir, et non pas pour s'en rendre complètement maîtres, ces gens-là déclarent libres de la déposition ceux qui volent et profanent les objets sacrés et qui souillent les vénérables patènes et les calices sacrés, autant du moins qu'ils peuvent s'en rendre compte, en les employant à des repas profanes; et cependant, le sacrilège est évident et il est clair qu'en agissant de la sorte non seulement ils méritent la déposition, mais encore ils se rendent coupables de la dernière impiété.

C'est pourquoi le saint synode a décidé que ceux qui soustraient à leur profit ou emploient à un usage profane le saint calice ou la patène ou la cueillerette ou la vénérable nappe d'autel ou le voile appelé äer ou, simplement un quelconque des saints et sacrés vases de l'autel, nous les condamnons à une totale déposition; car il s'agit d'une part de profanation, et de l'autre de vol d'objets sacrés. Tandis que ceux qui emploient à un usage profane pour eux ou pour d'autres les vases ou les parements destinés au service extérieur du sanctuaire, tombent sous l'excommunication du canon cité, et nous les excommunions nous aussi; mais s'ils se les approprient complètement, nous les condamnons à la peine des sacrilèges.

 

11. Des clercs qui prennent du service chez des civils.

Les divins et saints canons condamnent à la déposition les prêtres et les diacres qui acceptent des charges ou des emplois civils ou ce qu'on appelle une intendance dans les maisons des seigneurs. Nous confirmons cela et l'étendant aussi aux autres membres du clergé, nous ordonnons que si quelqu'un d'entre eux administre des charges civiles ou accepte ce qu'on appelle une intendance dans les maisons des seigneurs ou dans leurs propriétés rurales, celui-là sera chassé de son office clérical; car personne ne peut, selon les propres paroles véridiques du Christ notre vrai Dieu, servir deux maîtres à la fois.

12. Des clercs qui célèbrent dans des oratoires privés sans le consentement de leurs évêques.

Le sixième saint concile oecuménique condamne à la déposition les clercs qui contre l'avis de l'évêque célèbrent la sainte messe "ou baptisent" dans les oratoires se trouvant à l'intérieur d'une maison privée, et nous approuvons cela, nous aussi; car dans ce temps où l'Église va le droit chemin et confesse la parole de la vérité et enseigne l'honnêteté de la vie et y veille, il serait malsonnant et impie d'accorder à ceux qui vivent dans la grossièreté et l'indiscipline de rompre la beauté de son bon ordre, en s'infiltrant dans les maisons privées, et de la remplir ainsi de beaucoup de troubles et de scandales.

C'est pourquoi le présent saint synode protégé de Dieu, de plein accord avec le sixième saint concile oecuménique, a décidé que ceux qui veulent célébrer dans les oratoires, se trouvant à l'intérieur de maisons privées, doivent y être autorisés, l'autorisation étant accordée, évidemment, par l'évêque du lieu. Si donc à l'encontre de ces canons, des clercs osaient sans le consentement de l'évêque, pénétrer dans les maisons privées et s'y mettre à célébrer de la messe, qu'ils soient déposés et que ceux qui communient avec eux soient excommuniés.

 

13. Du schisme des clercs d'avec leurs évêques.

Le malin entre tous, ayant jeté dans l'Église du Christ les zizanies des hérétiques et les voyant coupées avec la racine par le glaive du saint Esprit, en vint à une autre voie détournée, essayant de diviser le corps du Christ par la folie des schismatiques. Mais le saint synode mettant complètement fin à cette machination aussi a décidé que dorénavant, si un prêtre ou un diacre osait se séparer de la communion de son évêque, sous prétexte qu'il a à lui reprocher certaines fautes, avant que le synode des évêques n'ait instruit et examiné l'affaire et prononcé la sentence définitive de condamnation contre lui, et ne commémore pas son nom pendant les prières sacrées de la messe, comme le veut la tradition de l'Église, celui-là sera soumis à la déposition et privé de tout honneur sacerdotal; en effet, celui qui, simple prêtre, s'arroge de juger au lieu et place des métropolitains et condamne avant tout jugement, autant qu'il est en son pouvoir, son père et évêque, un tel n'est même pas digne du rang ou du nom de prêtre. Ceux qui le suivent, si ce sont des prêtres, qu'ils soient eux-aussi déchus de leur grade; si ce sont des moines ou des laïcs, qu'ils soient complètement excommuniés de l'Église, jusqu'à ce qu'ils aient rompu tout contact avec les schismatiques et soient revenus à leur évêque.

 

14. Du schisme des évêques d'avec leurs métropolitains.

Si un évêque, prétextant un grief contre son métropolitain, avant l'instruction de l'affaire par le synode des évêques, se sépare de sa communion et ne commémore pas son nom, selon la coutume, pendant la divine célébration des mystères, celui-là le saint synode a décidé qu'il soit déposé, dès qu'il sera convaincu de s'être séparé de son métropolitain et avoir provoqué un schisme. Car chacun doit garder la mesure qui lui convient, et ni le prêtre ne doit mépriser son évêque, ni l'évêque son métropolitain.

15. Du schisme des métropolitains d'avec leurs patriarches.

Les décisions prises à propos des prêtres et des évêques s'appliquent encore plus à propos des patriarches. C'est pourquoi, si un prêtre ou un évêque ou un métropolitain osait se séparer de la communion de son patriarche et ne commémorait pas son nom, comme cela fut établi et fixé, pendant la divine célébration des mystères, et si, avant qu'un synode d'évêques ne le cite à son tribunal et ne le condamne définitivement, il provoquait un schisme, celui-là le saint synode a décidé qu'il soit complètement dépouillé de toute dignité sacerdotale, dés qu'il sera convaincu d'avoir commis cette iniquité.

Ces décisions ont été prises et confirmées contre ceux qui sous le prétexte de quelqu'accusation se séparent des supérieurs hiérarchiques et provoquent des schismes et déchirent l'unité de l'Église. Car ceux qui pour la raison d'une hérésie condamnée par les saints synodes ou par les Pères, s'écartent de la communion de leur supérieur hiérarchique, à condition que celui-ci prêche publiquement l'hérésie et l'enseigne tête découverte du haut de l'ambon à l'église, ceux-là, non seulement ils ne seront pas sujets à la peine canonique, en se défendant de communier avec le prétendu évêque avant l'instruction de sa cause par un tribunal d'évêques, mais même ils auront les honneurs dus aux défenseurs de l'orthodoxie; car ils ne condamnèrent pas des évêques, mais des faux évêques et des faux docteurs et ils ne déchirèrent pas l'unité de l'Église par des schismes, mais au contraire ils s'efforcèrent de préserver l'Église de schismes et de divisions.

16. Qu'il ne faut pas nommer à un évêché du vivant du titulaire.

En raison des disputes et des troubles, qui sont causés dans l'Église de Dieu, il est nécessaire d'ordonner aussi ce qui suit : qu'en aucune façon on n'établisse un évêque dans une église, dont le pasteur vit encore et garde ce même honneur, sauf si lui-même de son propre gré se démettait de son évêché en effet, il faut d'abord mener à terme la cause de l'évêque qu'il s'agit de chasser de son évêché, en l'instruisant selon les règles canoniques; et alors seulement, après la déposition de celui-là, en promouvoir un autre à sa place.

Mais, si un évêque, gardant sa dignité d'évêque, ne veut ni s'en démettre, ni exercer sa charge pastorale auprès de son peuple, mais reste plus de six mois loin de son diocèse, sans y être retenu par un ordre impérial, ni y remplir un office au service de son patriarche, ni y être sous le coup d'une maladie grave, qui le condamne à l'immobilité absolue, un tel évêque, qui ne serait empêché par aucune des raisons énumérées, s'il s'absentait de son diocèse et restait dans un endroit autre que son diocèse au delà de la durée de six mois, sera dépouillé complètement de l'honneur et de la dignité épiscopale; car le saint synode a décidé que celui qui négligerait le troupeau pris en charge et demeurerait dans un endroit autre que son diocèse au delà de l'espace de six mois, sera dépouillé complètement de la dignité pontificale, qui l'a constitué pasteur de son troupeau, et un autre sera intronisé à l'évêché en son lieu et place.

17. Qu'un laïc ou un moine ne doivent pas devenir sur-le-champ évêques.

Ayant à pourvoir en toutes choses à la bonne discipline ecclésiastique, nous avons jugé nécessaire d'ordonner aussi ce qui suit : Que dorénavant aucun laïc ou moine ne soit élevé d'un coup à la haute dignité de l'épiscopat, mais qu'il fasse d'abord ses preuves dans les autres degrés ecclésiastiques avant de recevoir l'ordination épiscopale. En effet, bien que jusqu'à présent dans des cas de nécessité urgente, certains laïcs ou moines furent jugés dignes de recevoir immédiatement l'honneur de l'ordination épiscopale, parce qu'ils s'étaient distingués dans la pratique de la vertu et qu'ils avaient contribué à l'édification de leur diocèse, cependant nous ne voulons point faire de ces cas d'exception la règle générale, et nous ordonnons que désormais cela ne se fera plus, sans que le candidat à l'ordination épiscopale ne monte régulièrement les degrés du sacerdoce, en restant dans chaque ordre tout le temps prescrit.