DE SAINT ATHANASE ÉVEQUE D'ALEXANDRIE

LETTRE AU MOINE AMMOUN

 

1

Du flux séminal.

Toutes les oeuvres de Dieu sont bonnes et pures, car le Verbe de Dieu n'a rien créé d'inutile ou d'impur, «puisque nous sommes le parfum du Christ parmi les rachetés», selon l'apôtre, Mais, parce que les flèches du diable sont nombreuses et variées et qu'il provoque des inquiétudes chez les personnes à la foi la plus intègre et met un obstacle à l'ascèse habituelle des frères, semant en eux des pensées d'impureté et de souillure, eh ! bien ! dissipons en peu de mots, avec la grâce du Sauveur, cette erreur aussi du malin et faisons courage aux gens simples.

«Tout est pur aux pures, tandis que chez les impurs et la conscience et tout leur être sont souillés». J'admire l'astuce du diable : tout en étant lui-même corruption et peste, il suggère des pensées en apparence pures, et tout cela n'est qu'une embûche plutôt qu'une épreuve; en effet, dis-je, dans le but de distraire les moines de la salutaire méditation d'usage et de paraître maître en cette matière, il remue ces sortes de bourdons, qui ne produisent rien d'utile à la vie, sinon des discussions et des bavardages à laisser de côté. Quel péché ou quelle impureté comporte, dites-moi, à homme cher et très pieux, l'écoulement naturel de la semence ? C'est tout comme si l'on voulait imputer à crime les morves qui coulent du nez et la salive de la bouche, nous pourrions même dire plus, les excréments du ventre, qui sont nécessaires à la vie de tout être vivant ! De plus, si nous croyons que «l'homme est une oeuvre des Mains de Dieu», selon les divines Écritures, comment par une puissance si pure aurait pu être produite une oeuvre souillée ?

Et, si «nous sommes de la race de Dieu», selon les saints actes des apôtres, nous n'avons rien d'impur en nous; en effet, nous ne sommes souillés que lorsque nous tombons dans la très grande puanteur du péché; par contre, lorsqu'un écoulement naturel de semence a lieu, alors, nous le subissons, comme les autres écoulements cités plus haut.

Mais puisque ces gens, qui veulent uniquement s'opposer à l'expression de la vérité ou plutôt aux oeuvres de Dieu, citent même, bien à tort, un texte évangélique : que «ce n'est pas ce qui entre qui souille l'homme, mais ce qui sort de lui», il est nécessaire de réfuter aussi cette sottise qu'est la leur, nous ne saurions en effet nommer cela un argument. Et tout d'abord, ils déforment les saintes Écritures, puisque leur ignorance leur enlève toute solidité dans leur connaissance. Or, voici le sens de la divine parole; vu que certaines gens hésitaient, comme le font eux-aussi, à propos d'aliments, Lui, pour remédier à leur ignorance, ou plutôt pour rendre publique leur erreur, dit : «Ce n'est pas ce qui entre dans l'homme, qui souille l'homme, mais ce qui sort de lui»; et Il ajoute ensuite d'où cela sort : «du coeur»; il sait en effet, que là se trouvent les mauvais trésors des pensées profanes et les autres péchés. Plus brièvement encore l'apôtre, à qui cela fut enseigné, dit : «un aliment ne saurait vous rendre digne d'être présenté à Dieu»; et l'on pourrait dire avec raison dans notre cas, un écoulement naturel ne saurait vous rendre digne d'être présenté au châtiment. Les médecins aussi, (se laissera-t-on convaincre par des arguments des gens du dehors ?), ajouteront aussitôt pour justifier notre dire qu'à l'être vivant ont été donnés des canaux de sorties nécessaires à rejeter les déchets au fur et à mesure de la nutrition des membres de chacun de nous : ainsi les déchets de la tête, que sont les cheveux et les humeurs qui coulent de la tête; ainsi les évacuations du ventre et donc aussi le déchet en question du canal séminal. Quel péché y a-t-il là, au nom de Dieu, ô vieillard très aimé de Dieu, puisque le Seigneur Lui-même, Créateur de l'être vivant, a voulu et a fait les parties du corps avec de tels canaux de sortie ?

Mais, puisqu'il faut prévenir les objections de gens malins, car ils pourraient dire : «alors l'usage non plus n'est pas un péché, puisque les organes ont été créés par le Créateur», nous leur fermerons la bouche sur ce point, en leur demandant: de quel usage parlez-vous ? de l'usage légitime, que Dieu d'une part a permis en disant : «Croissez et multipliez-vous et remplissez la terre»; que l'apôtre d'autre part a admis, en disant : «Le mariage est honorable et la couche nuptiale sans souillure» ? ou bien l'usage que l'opinion publique admet, et qui n'est qu'un usage clandestin et adultérin ? Car, même pour les autres actes de la vie nous constaterons ces différences d'appréciations, selon les circonstances où ils ont lieu; par exemple, il n'est pas permis de tuer, mais faire périr en guerre ses adversaires est légitime et louable; c'est ainsi que sont jugés dignes des plus grands honneurs, ceux qui se sont distingués en guerre et l'on leur élève des stèles et l'on proclame leurs hauts faits; d'où le même acte est dans telle circonstance et dans tel temps interdit, et dans une autre circonstance et en temps opportun autorisé et excusé. La même raison vaut aussi pour l'union charnelle.

«Bienheureux celui qui libre de tout joug dans sa jeunesse, n'a usé de son corps que pour procréer des enfants»; mais si c'est pour la débauche, la châtiment qu'écrit l'apôtre attend «les fornicateurs et les adultères». Il y a, en effet, à ce propos deux voies en cette vie : l'une modérée et conforme à la vie ordinaire, je veux dire le mariage, l'autre angélique et insupérable, la virginité; si quelqu'un a choisi celle de ce monde, c'est-à-dire le mariage, il ne saurait encourir quelque reproche, mais ne recevra pas autant de grâces; il en recevra cependant, puisqu'il porte lui aussi du fruit, celui du «trente pour un»; mais si quelqu'un a embrassé la chaste et surhumaine voie, bien qu'elle soit rude bien au delà de la première, et difficile à gravir, elle comporte cependant des grâces plus merveilleuses, car elle produit normalement le fruit parfait, celui du cent pour un. Par conséquent, leurs questions impures et mauvaises ont déjà reçu leurs propres solutions, résolues qu'elles sont depuis longtemps par les divines Écritures.

Soutenez donc, cher père, les troupeaux que vous dirigez, en les exhortant avec les enseignements de l'apôtre, en les charmant avec ceux de l'évangile, en les conseillant avec ceux des psaumes et disant : «Vivifiez-moi selon votre parole»; or «sa parole», c'est de l'adorer d'un coeur pur; le même prophète savait cela et l'applique pour ainsi dire à soi, en disant : «créez en moi un coeur pur, mon Dieu» afin que des pensées impures ne me troublent point; et David ajoute: «et soutiens-moi de ton Esprit tout-puissant», afin que, si jamais des pensées me troublaient, une force venant de Toi me soutienne, en étant pour moi comme un contre-fort de soutènement. Donnez-leur ces conseils et d'autres semblables et dites à ceux qui se laissent difficilement convaincre par la vérité : «J'enseignerai aux iniques vos voies»; et confiant dans le Seigneur, que vous arriverez à les convaincre de s'abstenir d'un tel vice, chantez : «et les impies se convertiront à Toi».

Puissent les esprits mal tournés qui s'adonnent à de telles questions cesser de se fatiguer en pure perte, et que ceux dont la simplicité les fait hésiter soient affermis par l'esprit tout puissant. Et vous qui possédez en toute certitude la vérité, gardez-la irréfragable et immuable dans le Christ Jésus notre Seigneur, avec qui gloire et domination soient rendues au père avec le saint esprit dans les siècles.

Amen.

 

DU MÊME EXTRAIT DE LA 39e LETTRE PASCALE

II

Des divines Écritures.

Or, nous avons mentionné les hérétiques comme des gens morts, et nous-mêmes, comme ceux qui possèdent pour leur salut les saintes Écritures; et je crains, comme l'écrit Paul aux Corinthiens, qu'un petit nombre ne se laissent égarer par l'astuce des hommes, loin de la simplicité et de la pureté des Écritures, et ne se mettent désormais à en lire d'autres, appelées apocryphes, se laissant induire en erreur par leur homonymie avec les livres authentiques; supportez, je vous en prie, que je vous rappelle par écrit pour la nécessité et le bien de l'Église, ce que vous savez déjà. Et avant de commencer ce rappel, pour excuser ma hardiesse je me servirai de la formule de l'évangéliste Luc, en disant moi aussi : «Puisque certains ont essayé de composer ce que l'on nomme les apocryphes et de les mélanger avec l'Écriture inspirée de Dieu, que nous connaissons telle que l'ont transmise à nos pères ceux qui au début furent les témoins oculaires et les ministres du Verbe, il m'a semblé bon à moi aussi, exhorté, par de vrais frères et connaissant bien la Tradition, d'exposer la série des livres inscrits sur le catalogue officiel, transmis par la Tradition, et reçus comme venant de Dieu; ainsi, celui qui fut trompé, pourra condamner ses séducteurs, et celui qui est resté pur de tout erreur, se réjouira de se le voir à nouveau rappeler.

Il y a donc en tout vingt-deux livres de l'ancien Testament, autant sont, en effet les lettres de l'alphabet hébreu, comme je l'ai entendu dire.

Voici l'ordre dans lequel ils se suivent et le nom de chacun d'eux : d'abord la Genèse; puis l'Exode; puis le Lévitique; après celui-ci les Nombres, ensuite le Deutéronome; à leur suite se trouvent : Josué fils de Navé; et les Juges; et après cela, Ruth; et de nouveau suivent les quatre livres des Rois, dont le premier et le second comptent pour un livre, et le troisième et le quatrième également pour un livre; après cela le premier et le second livre des Paralipomènes, comptant également pour un seul livre; ensuite les premier et second livres d'Esdras, également comptant pour un livre; après ceux-là le livre des Psaumes; ensuite les Proverbes; puis l'Ecclésiaste; et le Cantique des Cantiques; de plus, il y a aussi Job; et après, les Prophètes, les douze comptant pour un livre, puis Isaïe, Jérémie et avec celui-ci Baruch, les Lamentations et la Lettre; et après celui-ci Ezéchiel et Daniel. Ici s'arrête l'ancien Testament.

Il ne faut pas hésiter de nommer aussi les livres du nouveau Testament. Ce sont en effet : les quatre évangiles, selon Matthieu, selon Marc, selon Luc, selon Jean; puis, après ceux-là, les Actes des apôtres, et les épîtres appelés catholiques, écrites par les apôtres, au nombre de sept que voici : une de Jacques, deux de Pierre, puis trois de Jean et après cela, une de Jude; de plus il y a quatorze épîtres de l'apôtre Paul, inscrites dans l'ordre suivant :

une aux Romains, puis deux aux Corinthiens, après cela aux Galates, et puis aux Éphésiens, ensuite aux Philippiens, et aux Colossiens, après cela deux aux Thessaloniciens, et celle aux Hébreux et aussitôt deux à Timothée, une à Tite et la dernière, celle à Philémon, et encore l'Apocalypse de Jean.

Ce sont là les sources du salut, au point que l'homme assoiffé peut puiser à satiété les paroles qui s'y trouvent; par eux seuls la doctrine de la piété peut être annoncée; que personne ne leur ajoute, ni leur enlève quoi que ce fût. C'est à leur occasion que le Seigneur faisait des reproches aux Sadducéens, en disant : «Vous faites erreur, ne connaissant point les Écritures», et qu'il exhortait les Juifs : «Scrutez les Écritures, car ce sont elles qui rendent témoignage à mon égard».

Mais pour plus d'exactitude je suis obligé d'ajouter ceci aussi à ma lettre, qu'il y a d'autres livres en dehors de ceux-là, qui ne sont pas inscrits sur le catalogue officiel, mais que l'usage reçu des pères a prescrit de lire aux candidats qui veulent recevoir l'enseignement catechétique de la vraie religion; la Sagesse de Salomon et la Sagesse de Sirach et Esther et Judith et Tobie et celle qu'on appelle la Doctrine des apôtres et le Pasteur.

Cependant, mes chers, ni parmi les livres inscrits au catalogue ni parmi les livres à lire, il n'est fait nulle part mention d'aucun apocryphe; ce sont là des inventions des hérétiques, qui les ont écrits quand ils ont bien voulu, puis les ont dotés et enrichis d'années, afin d'avoir, en les produisant comme des écrits antiques, une apparence de vérité pour tromper ainsi les gens à la foi intègre.

DU MÊME A RUFINIEN ÉVÊQUE

III

De ceux qui se laissèrent entraîner par nécessité dans l'hérésie sans s'y être pervertis.

Au seigneur notre fils et très désiré comministre Rufinien, Athanase donne le salut dans le Seigneur.

Vous, pour votre part, vous écrivez ce qui convient à un fils bien-aimé à l'égard de son père; venu à moi par votre lettre je vous ai embrassé, mon très désiré entre tous Rufinien. Moi aussi j'aurai pu vous écrire comme à un fils, avec introduction, corps de lettre et salutations finales, mais je me suis retenu, afin que la recommandation et le témoignage ne se fassent pas connaître par une lettre, puisque «c'est vous qui êtes une lettre de recommandation pour moi, selon l'Écriture, lettre connue et lue dans notre coeur». C'est donc dans cette disposition, oui, croyez-le, que je m'adresse à vous et que je vous exhorte d'écrire; en faisant cela vous ne me donnerez pas une petite joie, mais une grande. Puisque donc avec zèle pour le bien et pour la discipline ecclésiastique, ce qui encore s'harmonise avec votre piété, vous nous interrogez sur ceux qui furent entraînés par la nécessité dans l'hérésie sans s'y pervertir, et vous avez voulu que je vous écrive ce qui fut décidé sur leur compte dans les assemblées d'évêques et partout ailleurs, sachez, non très désiré seigneur, que dès la fin de la persécution un synode a eu lieu ici auquel assistèrent des évêques des autres territoires; il y en eut aussi un autre, tenu par nos comministres qui habitent la Grèce, et même un autre, par ceux d'Espagne et de la Gaule. Et ils ont décidé ce qui fut décidé ici et partout ailleurs, qu'aux faillis qui ont été les chefs de l'impiété on accordera le pardon, s'ils se repentent, mais qu'on ne leur donnera pas de place dans le clergé; tandis qu'à ceux qui n'ont pas été les maîtres de l'impiété, mais furent entraînés par force et sous la contrainte, on décida d'accorder le pardon et de leur laisser une place dans le clergé; surtout parce qu'ils présentent une excuse plausible et que leur geste semble avoir eu lieu par mesure de prudence; ils affirment en effet qu'ils ne s'étaient point convertis à l'impiété, mais que, pour éviter que des hommes très pervers ne s'établissent dans les Églises et les corrompent, ils ont préférés plutôt de céder à la force et d'en supporter le poids, plutôt que de voir périr leurs peuples.

Leur dire nous semble à nous aussi plausible, puisqu'ils portent pour excuse qu'Aaron, le frère de Moïse, a coopéré à l'apostasie du peuple et donna comme excuse, qu'il fit cela afin que le peuple ne restât pas pour toujours idolâtre, en retournant en Egypte; en effet, il semblait bien plausible, qu'en restant au désert ils auraient la possibilité de renoncer à l'impiété, tandis qu'en retournant en Egypte, ils empireraient et augmenteraient leur impiété. Pour cette raison on excusera leur admission dans le clergé; car, à ceux qui furent trompés ou contraints on accorde le pardon.

Voilà ce que je me permets de dire à votre piété, espérant que votre religiosité admettra nos avis et ne condamnera pas comme déserteurs ceux qui ont communié avec les hérétiques sous de telles conditions. Daignez aussi les faire lire au clergé et au peuple de votre juridiction, afin qu'en en prenant eux-aussi connaissance, ne vous reprochent pas votre attitude vis-à-vis d'eux; il ne convient pas, en effet, que je leur écrive moi-même, puisque votre piété peut leur faire connaître notre sentiment à l'égard des faillis et ajouter tout ce qui ferait défaut à notre lettre.

Nous remercions le Seigneur de vous avoir comblé des dons de la paroleet de la science.

Que ceux qui se repentent anathématisent nommément l'hérésie d'Eudoxe et d'Euzoïos; car ce sont eux, qui désormais reprenant le blasphème, que le Christ est une créature, s'inscrivirent comme les chefs de l'hérésie arienne; et qu'ils confessent aussi la foi proclamée par les pères à Nicée, ne plaçant aucun autre synode au dessus de ce concile. Saluez la fraternité qui est avec vous; la nôtre vous salue dans le Seigneur.

 

DU MEME A ANTIOCHUS

IV

Qu'il ne faut pas communier avec les hérétiques.

 

Question : Si un homme est surpris par le temps de la fête pascale dans une région, où l'on ne trouve pas la possibilité de communier dans une église catholique, que doit-il décider en vue de la fête pascale : communier chez les hérétiques, ou non ?

Réponse : Si grande et sévère est la condamnation d'un homme, pour avoir délaissé sa propre femme et pris une autre, même s'il se trouve hors de son pays, combien plus grande sera-telle pour avoir trahi la vraie foi et communié avec les hérétiques ? De même que les gens qui veulent vendre leurs marchandise, quelle que soit la prolongation de leur séjour en pays étranger qui en résulte, ne condescendent point à recevoir une monnaie d'une autre frappe que celle de la frappe impériale, de même doit-on aussi raisonner à propos de la communion au Corps du Christ.

Gardons-nous de toutes nos forces de recevoir des hérétiques la communion ou de la leur donner : «Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, dit le Seigneur, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux», afin de ne pas participer à leur loi perverse et à leur condamnation. En effet, si la communion nous unit totalement au Christ, elle nous unit aussi totalement les uns aux autres ; et nous nous unissons par l'intention à tous ceux qui communient avec nous; car c'est par l'intention que se fait une telle union et elle n'a point lieu sans notre consentement, «puisque nous sommes tous un seul corps, du fait même que nous participons au même pain», comme le dit le divin apôtre.

 

DE SAINT ATHANASE

LES MARIS QUI ONT COMMERCE AVEC LEURS FEMMES NE DOIVENT PAS RECEVOIR LES DIVINS SACREMENTS SANS EXAMEN DE CONSCIENCE PRÉALABLE

V

Que les maris qui ont commerce avec leurs femmes ne doivent pas recevoir les divins sacrements sans examen de conscience préalable.

 

Comme il y en a qui, après avoir eu commerce charnel avec leurs femmes, s'approchent le jour même, sans s'en faire scrupule, des terribles mystères du Corps immaculé et du Sang vivificateur du Christ notre Dieu, qu'ils écoutent ce qui est contenu dans la divine Écriture à ce sujet et qu'ils agissent ensuite comme bon leur semblera.

«Et Moïse dit au peuple : Préparez-vous; pendant trois jours n'approchez point vos femmes». Or, Moïse ordonna cela sur le commandement de Dieu. Si donc pour entendre seulement la Voix du Seigneur une purification de tant de jours fut ordonnée, combien plus serait-il convenable de l'observer à présent, où l'on devra recevoir le Corps immaculé même de Dieu ?

De même encore du premier livre des Rois : «Le prêtre répondit à David, en disant : Je n'ai pas de pains non-benits sous la main, ils sont tous sanctifiés; si les jeunes-gens se sont abstenus du commerce d'avec leurs femmes, ils pourront en manger.

David répondit au prêtre et lui dit : De nos femmes, nous nous sommes abstenus hier et avant hier; du fait de mon départ tous les jeunes gens sont purs. Alors Abimélech leur donna les pains de la proposition». Si pareille exigence était proposée au temps «de l'ombre», c.-à-d, de l'ancien Testament, en sorte qu'un homme uni à sa femme n'eût pas le droit de manger les pains de la proposition, de beaucoup et incomparablement inférieurs aux mystères vivificateurs du Corps immaculé et du Sang du Christ, le vrai Dieu, combien plus purs ne devons nous pas être au temps «de la grâce», où nous sommes obligés à une vie plus parfaite, lorsque nous sommes sur le point de participer aux sacrements qui inspirent une telle sainte frayeur ?