NUMÉRO 121

décembre

2008

Bulletin des vrais

chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de

S. B. Mgr. Nicolas

archevêque d'Athènes

et primat de toute la Grèce

Archimandrite Cassien
Foyer orthodoxe
F 66500 Clara
Tel : 00 33 (0) 468961372
cassien@orthodoxievco.info

 SOMMAIRE

NOUVELLES

Message de la Nativité du Sauveur

Miracle de saint Georges sur son Icône

EULOGE ET L’ESTROPIÉ

MALHEUR… AU LIEU PRIVÉ DE LUMIťRE

Miracle de saint Georges sur l'omelette

QUESTIONS ET RÉPONSES

LA CAUSE


NOUVELLES

    Depuis le dernier bulletin, rien de nouveau : je suis toujours affecté à la cathédrale de la Sainte-Trinité à Ilioupolis.

L'archevêché est l'édifice attenant et l'archevêque y habite.     
Généralement, l'archevêque Nicolas vient assister aux offices mais ne célèbre que rarement, étant donné son âge et son état de santé.

    Presque chaque jour je célèbre la divine Liturgie, soit ici, soit dans une autre église à Athènes ou au Pirée, soit au monastère des moniales à Kératéa. Pour l'iconographie, il ne me reste que peu de temps.


    J'ai prévu et réservé un vol pour aller à Paris voir nos nouveaux fidèles là-bas, après le dimanche de l'Orthodoxie.


    Ci-après le message de la Nativité du Sauveur.

Vôtre en Christ,

Archimandrite Cassien

Je signale que notre email a changé : cassien@orthodoxievco.info


Celui que nul espace ne contient, comment peut-il źtre contenu dans le sein ? et celui qui repose dans le sein paternel, comment une MŹre le tient dans ses bras ? Lui seul le sait, il l'a voulu, tel a été son bon plaisir. Lui qui est l'Incorporel, il s'est incarné librement; et pour nous Celui qui est est devenu ce qu'il n'était; sans sortir de sa nature, il prend part ą notre humaine condition. Dans son désir de compléter par notre humanité le monde d'en-haut, le Christ est né en deux natures, homme et Dieu.
Cathisme de NoĎl

Message de la Nativité du Sauveur

Aujourd’hui nous franchissons une étape de plus dans l’économie de notre salut, qui a commencé avec l’Annonciation, comme dit le tropaire de la fźte : «Aujourd’hui c’est le commencement de notre salut et la manifestation du mystŹre éternel…» Lors de l’Annociation, le Fils de Dieu a pris chair de la Vierge par l’action de l’Esprit saint et aujourd’hui Il voit le jour afin de commencer déją — pour ainsi dire — son chemin de croix.

Il naĒt, non chez Lui ą Nazareth, mais ą Bethléem, et par surcroĒt dans une grotte destinée au bétail. C’est déją son extrźme Humilité qui se manifeste pour briser l’orgueil de la race humaine. «Sans doute, s'Il eět voulu, Il pouvait venir en ébranlant les cieux, en faisant trembler la terre, en lanćant la foudre; Il a rejeté tout cet appareil, car Il venait, non pour perdre, mais pour sauver l'homme, et, dŹs sa Naissance, fouler aux pieds son orgueil. Il ne lui suffit donc pas de Se faire homme, Il Se fait homme pauvre, et Il choisit une mŹre pauvre, qui n'a point mźme de berceau pour y déposer son Enfant nouveau-né : 'Et elle Le coucha dans une crŹche'.» (saint Jean Chrysostome, Homélie pour la Nativité)
ň peine né, il Lui faut fuir en Égypte sous la menace d’Hérode, qui n’est qu’un agent du diable. Le Malin pressentait en partie la mission du Messie, sans pour autant savoir que c’est Dieu Lui-mźme qui est venu sur terre sauver le genre humain.fuite en Egypte
En plein hiver et pendant la nuit a eu lieu la Naissance d’Emanuel (Dieu avec nous). «La lumiŹre luit dans les ténŹbres, et les ténŹbres ne L’ont point rećue» (Jn 1,5), hormis quelques pauvres bergers qui furent témoins du mystŹre – mystŹre qui se renouvelle ą chaque instant et le monde ne fait que s’enfoncer de plus en plus dans les ténŹbres. Seuls les pauvres d’esprit saisissent ce qui est caché aux yeux du monde. «Cette Vie était donc la LumiŹre des hommes, mais les coeurs des insensés ne peuvent comprendre cette LumiŹre, appesantis qu'ils sont par leurs péchés qui leur dérobent la vue de cette divine LumiŹre.» (saint Augustin, Traité 1 sur S. Jean)
La conception du Christ ne se pas fait d’une maniŹre naturelle mais par l’action de l’Esprit saint et de mźme la Naissance s’est accomplie miraculeusement car la Vierge enfanta sans les douleurs de l’enfantement qui sont la suite du péché. «Dans le péché ma mŹre m’a enfanté» chante David dans le psaume 50. La malédiction d’ťve : «Tu enfanteras dans les douleurs» (Gen 3,16) n’a pas atteint la Toute-Sainte. «Cette divine Vierge L'a porté sans souffrance, sa conception est sans tache, son enfantement sans difficulté, sa Naissance sans souillure, sans déchirement et sans douleurs.» (saint Grégoire de Nysse)
Quand Salomé et l’autre sage-femme sont venues ą la crŹche il ne leur restait qu’ą laver l’enfant déją né en dehors des regards humains. «Personne ne rećut l'Enfant ą sa Naissance, aucune femme ne donna ą Marie les soins ordinaires, elle seule enveloppa son enfant de langes, elle fut ą la fois la mŹre et celle qui rećut l'Enfant : Et elle l'enveloppa de langes.» (saint Jérôme Cont. Helv.)
Il reste encore ą parler des anges, des mages, de Joseph, mais si Dieu nous prźte vie, cela se fera la prochaine fois.

 

Que ce mźme Dieu naisse en nos cŌurs et nous apporte la paix et la joie !
Vôtre, archimandrite Cassien

Noel

Miracle de saint Georges sur son Icône

Il se produisit encore bien d'autres merveilleux miracles dans l'église du saint mégalomartyr Georges, entre autres celui-ci.
Alors que le prźtre achevait la divine liturgie, l'un des dignitaires Sarrasins entra dans sa sainte église avec d'autres Sarrasins, et il vit l'icône du saint martyr Georges peinte sur une planchette. Tandis que le prźtre s'était incliné, disant les priŹres secrŹtes, le Sarrasin dit ą ses compagnons en son langage : «Vois ce fou, comme il prie et invoque la planchette peinte. Allez, apportez-moi un arc et des flŹches.» Quand ils les lui eurent apportés, il tendit son arc et fit partir une flŹche contre la sainte icône. Mais la flŹche, par la puissance du saint martyr, s'éleva en haut, puis retomba et frappa la main du Sarrasin. Ressentant aussitôt une douleur, il sortit de la sainte église et rentra chez lui. Sa main s'était gonflée, et lui causait une douleur incessante. Or il avait chez lui de petites servantes chrétiennes. Il les fit venir et leur dit : «Je suis allé ą l'église de celui qu'on nomme Georges et j'y ai vu une icône peinte. Comme donc j'avais lancé contre l'icône une flŹche, elle s'est retournée et m'a frappé ą la main, et voici, comme vous le voyez, je meurs de cette souffrance insupportable.» Elles dirent : «Jolie prétention en vérité, que tu aies voulu tirer sur l'icône du saint martyr !» Le Sarrasin dit : «Quelle puissance avait donc cette image, pour me faire ceci ?» Et elles : «Nous sommes illettrées, nous ne pouvons rien te dire. S'il te plaĒt de l'apprendre, envoie un messager, fais venir le prźtre de la sainte église, et il te répondra sur ce que tu veux savoir.
A ces mots, le Barbare envoya un messager, fit venir le prźtre,et, ą son arrivée, lui demanda : «Quelle était l'icône qui est peinte sur la planchette ? Ce tableau que tu invoquais, qu'est-ce que c'est? Indique-le moi.» Le prźtre répondit : «C'est Dieu que j'invoquais, l'auteur du ciel, le créateur de toutes choses visibles et invisibles, et non pas, comme tu le dis, la planchette. Et ce qui est peint sur la planchette, c'est l'image du saint martyr Georges.» – «Et qui a été ce Georges, dit le Barbare, qu'il ait une telle efficace par son icône, alors qu'il n'est pas Dieu ?» Le prźtre dit : «Le saint martyr Georges n'est pas Dieu, mais le serviteur de Dieu et de son adorable Fils notre Seigneur Jésus Christ. Il a été un homme passible comme nous et il a subi, de la part des paēens impies, un grand nombre de supplices, car ils voulaient le forcer de renier le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Mais il les a vaillamment supportés, et, aprŹs źtre mort en une belle confession de foi, il a reću du Dieu de toutes choses la grČce de faire des miracles et des prodiges. Nous donc, par amour pour lui, nous faisons peindre sa sainte icône, et, quand nous voyons cet illustre saint représenté sur son icône, nous le saluons et vénérons, tout comme toi, si tu vois une robe, un vźtement ou quelque autre des habits de tes parents morts, pŹre, mŹre ou frŹre, tu les embrasses et pleures et les poses sur tes yeux, comme si tu voyais celui-lą mźme que tu regrettes c'est ainsi que, nous aussi, nous faisons peindre l'icône du saint que nous aimons, comme si nous le voyions lui-mźme, et nous le saluons et vénérons. Nous faisons donc peindre les icônes des saints et sur des planchettes et sur les murs et sur des toiles, et nous les saluons et vénérons, non pas comme dieux – loin de nous cette pensée ! – mais comme des représentations de serviteurs de Dieu, et les saints, par leurs augustes icônes, accomplissent des miracles et des prodiges, comme il t'est arrivé ą toi-mźme qui as servi d'exemple, parce que tu avais osé lancer un trait contre l'icône du saint martyr.»
A ces mots, le Sarrasin dit : «Que dois-je donc faire ? Tu vois cette main, comme elle s'est gonflée comme une outre, remplie d'humeur, et la souffrance est si insupportable que je suis prŹs d'en mourir.» Le prźtre dit : »S'il te plaĒt de faire apporter ici l'icône du saint martyr Georges, et qu'on la place au-dessus de ton lit, et que, devant elle, on fasse brěler en dessous une lampe toute la nuit, et que, le matin venu, avec l'huile de la lampe allumée devant la sainte icône du saint martyr, tu te frottes la main, tu trouveras la guérison.»
A ces mots, le Barbare, en proie aux souffrances, supplia qu'on apportČt la sainte icône. Quand on l'eut apportée et qu'on eut brělé sous elle une lampe, ayant pris de l'huile de cette lampe, il fut aussitôt, sur le champ, guéri.
Stupéfait, plein d'admiration pour ce prodigieux miracle, il demanda au prźtre : «Avez-vous en votre langue quelque texte écrit sur ce saint ?» – «Oui», dit le prźtre. Il pria qu'on l'apportČt et le lui lět. Quand le prźtre eut apporté le récit du martyre du saint, et que le Barbare, tenant en main la sainte icône et fixant sur elle les yeux, eut entendu la lecture du prźtre, il dit ą la sainte icône : «Tu es ą la fois jeune et sage, moi, vieux et fou il serait bon que moi aussi je devienne sage.» Il ne cessait de répéter ces mots, aussi longtemps que le prźtre poursuivait la lecture du martyre. Quand ce fut achevé, étant tombé aux pieds du prźtre, il le supplia d'obtenir la grČce du saint baptźme. Le prźtre n'y consentait pas, craignant qu'on ne divulgČt la chose et qu'il ne fět en péril. Mais le Barbare ne cessait de faire serment ą l'Église; bref, il fut baptisé. Le lendemain, s'étant présenté sans peur au beau milieu de tous les Sarrasins, il proclama le Christ comme le vrai Dieu et jeta l'anathŹme sur la religion des Sarrasins. A l'ouēe de ce langage, les Sarrasins coururent sur lui comme des bźtes féroces et le mirent en piŹces. Et ainsi il mourut en une belle confession de foi, par l'intercession du saint martyr Georges.

Étrange merveille, celle qui s'accomplit en ce jour : une Vierge met au monde sans dommage pour sa virginité; le Verbe se fait chair et de son PŹre n'est point séparé,

les anges avec les bergers le glorifient et nous-mźmes, nous chantons avec eux :

Gloire ą Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre.


Apostiche de NoĎl

EULOGE ET L’ESTROPIÉ


 
Cronius, le prźtre de Nitrie, me raconta ceci : «Etant plus jeune et par suite de langueur m'étant enfui du monastŹre de mon archimandrite, errant j'avanćai jusqu'ą la montagne du saint Antoine. Or elle était située entre Babylone et Héraclée du côté du grand désert qui conduit ą la mer Rouge, ą environ trente milles du fleuve. Alors étant allé dans le monastŹre, qui est prŹs du fleuve, oĚ résidaient dans ce qu'on appelle Pispir ses deux disciples, Macaire et Amatas, lesquels l'enterrŹrent aprŹs sa mort, j'attendis cinq jours pour me rencontrer avec le saint Antoine. Car on disait qu'il abordait ce monastŹre tantôt au bout de dix, tantôt au bout de vingt, tantôt au bout de cinq jours, selon que chaque fois Dieu le dirigeait en vue de faire le bien ą ceux qui se trouvaient de passage au monastŹre. Quoi qu'il en soit, différents frŹres y furent rassemblés, ayant différents besoins; parmi eux également Euloge, un moine Alexandrin et un autre, estropié, qui se présentŹrent pour la cause que voici. Cet Euloge était, par suite de ses études complŹtes, un lettré, qui, frappé d'un amour d'immortalité, renonća aux agitations, et ayant distribué tous ses biens, garda pour lui de la menue monnaie, ne pouvant travailler. Or étant découragé intérieurement, ne voulant pas entrer dans un couvent ni décidé ą rester seul, il trouva jeté sur la place publique un estropié qui n'avait ni mains ni pieds. Chez lui, la langue seule se trouvait sans źtre usée, pour attraper les passants.
Euloge s'étant donc arrźté, fixe les yeux sur lui, prie Dieu et fait un pacte avec Dieu ainsi : «Seigneur, en ton nom, je prends cet estropié et je lui procure du réconfort jusqu'ą la mort, afin que, au moyen de lui, moi aussi je sois sauvé. Accorde-moi de la patience pour le servir.» Et, s'étant approché de l'estropié, il lui dit : «Veux-tu, le grand, je te prends dans ma maison et je te procure du réconfort ?» Il lui dit : «Parfaitement.» – «N'est-ce pas, dit-il, j'amŹne un Čne et je te prends ?» Il consentit. Alors ayant amené un Čne, il le leva et l'emmena dans sa propre chambre des hôtes, et il était aux petits soins pour lui. Donc l'estropié ayant tenu bon pendant quinze ans était traité en malade par lui, lavé, soigné des mains d'Euloge et nourri d'une maniŹre convenable ą sa maladie. Mais aprŹs ces quinze ans le démon s'appesantit sur lui, et il se révolte contre Euloge. Et il commenća ą débarbouiller son homme avec un tas de mauvais propos et d'injures, en ajoutant : «Assassin, déserteur, tu as volé le bien des autres, et c'est au moyen de moi que tu veux źtre sauvé. Jette-moi sur la place publique, je veux de la viande.» Il lui apporta de la viande. Cela étant, de nouveau il cria : «Je ne suis pas satisfait; je veux des foules; c'est sur la place publique que je veux. O violence ! Jette-moi oĚ tu m'as trouvé.» De sorte que s'il avait eu des mains, peut-źtre mźme se serait-il étranglé, le démon l'ayant rendu sauvage ą ce degré. C'est pourquoi Euloge s'en va vers ceux de ses voisins qui étaient ascŹtes et il leur dit : «Que faire, puisque cet estropié m'a réduit au désespoir ? Le rejeter ? J'ai engagé mes mains ą Dieu, et je suis dans la crainte. Mais ne pas le rejeter ? Il rend mauvais pour moi les jours et les nuits. Que faire alors pour lui, je ne sais pas.» Mais ils lui disent : «Comme le Grand vit encore, – car ils appelaient ainsi Antoine, – monte vers lui, aprŹs avoir jeté l'estropié dans une barque, transporte celui-ci au monastŹre, attends qu'il revienne de sa grotte, et défŹre-lui la décision. Et s'il te dit quelque chose, dirige-toi d'aprŹs son arrźt, car Dieu te parle par lui.» Et il les écoula patiemment, et ayant jeté l'estropié dans une petite barque de pČtre, il sortit la nuit de la ville et l'emmena au monastŹre des disciples du saint Antoine. Mais il advint que le Grand arriva le lendemain, le soir étant avancé, ą ce que raconta Cronius : il était affublé d'un manteau de peau. Or en arrivant ą leur monastŹre, il avait cette habitude d'appeler Macaire et de l'interroger : «FrŹre Macaire, des frŹres sont-ils venus ici ?» Il répondit : «Oui.» – «Sont-ils Égyptiens ou Hiérosolymitains ?» Et il lui avait donné ce signe : «Si tu en vois de plus insouciants, dis ceci : «Ils sont Égyptiens. Mais dans le cas de plus recueillis et plus judicieux, dis : Hiérosolymitains.» En conséquence il lui demanda selon l'habitude : «Les frŹres sont-ils Égyptiens ou Hiérosolymitains ?»
Macaire répondit et lui dit : «C'est un mélange. » D'une part, quand il lui disait : «Ce sont des Égyptiens», le saint Antoine lui disait : «Fais des lentilles et donne-leur ą manger.» Et il leur faisait une priŹre et les congédiait. D'autre part, quand il disait ceci : «Ce sont des Hiérosolymitains», il s'asseyait toute la nuit, leur parlant des choses du salut. S’étant donc assis ce soir-lą, dit-il, il les interpelle tous, et personne ne lui ayant dit d'aucune faćon quel nom il avait, les ténŹbres existant, il élŹve la voix et dit : «Euloge, Euloge, Euloge», ą trois reprises. Celui-lą, le lettré, ne répondit pas, pensant qu'un autre Euloge était nommé. Il lui dit de nouveau : C'est ą toi que je parle, Euloge, qui es venu d'Alexandrie.» Euloge lui dit : «Qu'ordonnes-tu, je te prie ?» – «Pourquoi venais-tu ?» Euloge répond et lui dit : «Celui qui t'a révélé mon nom t'a révélé aussi mon affaire.» Antoine lui dit : «Je sais pourquoi tu es venu, mais dis-le devant tous les frŹres, afin qu'eux aussi l'entendent.» Euloge lui dit : «J'ai trouvé cet estropié sur la place publique, et j'ai engagé mes mains ą Dieu pour le traiter pendant sa maladie, pour źtre sauvé grČce ą lui, et lui, grČce ą moi. Or comme aprŹs tant d'années il me tourmente ą l'extrźme, et que je me suis mis dans l'esprit de le rejeter, c'est pour cela que je suis venu vers ta sainteté, afin que tu me conseilles ce que je dois faire et que tu pries pour moi, car je me tourmente terriblement.» Antoine lui dit d'une voix grave et austŹre : «Le rejettes-tu ? Mais celui qui l'a fait ne le rejette pas. Le rejettes-tu, toi ? «Dieu en suscite un plus beau que toi et il le recueille.»
Alors Euloge, s'étant tenu tranquille, fut saisi de crainte. Et avant délaissé ensuite Euloge, il se met ą fouetter de la langue l'estropié et ą lui crier : «Estropié, mutilé, indigne de la terre et du ciel, ne finis-tu pas de lutter contre Dieu ? Ne sais-tu pas que le Christ est celui qui te sert ? Comment oses-tu articuler de telles paroles contre le Christ ? Ne s'est-il pas ą cause du Christ, rendu esclave pour ton service ?» L'ayant donc réprimandé, il le laissa aussi. Et ayant conversé avec tous les autres sur ce qui avait trait ą leur besoin, il s'en reprend ą Euloge et ą l'estropié et leur dit : «Ne rôdez nulle part, partez. Ne soyez pas séparés l'un de l'autre, excepté dans votre cellule, dans laquelle vous avez séjourné. C'est que déją Dieu envoie vers vous. Car cette tentation vous est survenue, parce que tous deux vous vous dirigez vers votre fin et que vous allez źtre jugés dignes de couronnes. Ne faites donc pas quelque autre chose, et qu'alors, en venant, l'Ange ne vous trouve pas dans cet endroit.» Alors ayant cheminé plus vite, ils arrivŹrent dans leur cellule. Et au bout de quarante jours Euloge meurt, et, au bout de trois autres jours, l'estropié meurt.»

Pallade Histoire Lausiaque (21)

Voyant flétrie ą cause du péché son image et ressemblance,

Jésus, inclinant les cieux, descendit et demeura dans le sein virginal sans subir de changement,

afin d'y faćonner ą nouveau Adam corrompu qui s'écrie :

Gloire ą ton épiphanie, mon Rédempteur et mon Dieu.

litie du 25 décembre


MALHEUR… AU LIEU PRIVÉ DE LUMIťRE

( Trésor spirituel de Saint Tikhon de Zadonsk)

Malheur au lieu privé de lumiŹre ! Les hommes y errent comme des aveugles, sans distinguer l'utile du nuisible; on y trébuche, on y tombe, on y rencontre toutes sortes de calamités, de maux et de nuisances. Malheur surtout aux Čmes privées de la véritable LumiŹre, le Christ ! Elles n’abritent que les ténŹbres, l'ombre de la mort, les malheurs, la misŹre et la perdition ! «Je suis la LumiŹre du monde, celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténŹbres, mais il aura la lumiŹre de la vie» (Jn 8,12). «Réveille-toi, toi qui dors, relŹve-toi d'entre les morts et le Christ t'éclairera» (Eph 5,14).
Malheur ą la maison dont le maĒtre n'est pas raisonnable ! Il y rŹgne toute sorte de désordre ! Malheur surtout aux Čmes que n'habite pas le Christ, tel un MaĒtre de maison ! On y voit du trouble et du désordre, c'est le repaire de divers esprits méchants.
Malheur au navire qui n'a pas de bon timonier, car il est prŹs du naufrage ! Malheur surtout ą l'Čme qui navigue sur l'océan de ce monde, sans avoir le Christ pour sage pilote, car elle aussi s'approche du naufrage ! «Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne Lui appartient pas !» (Rom 8,9)
Malheur aux gens qui n'ont ni pain ni eau, car ils meurent de faim et de soif ! Malheur surtout aux Čmes qui sont privées du pain de vie, Jésus Christ, car elles dépériront et devront mourir. «Je suis le pain de vie… Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde» (Jn 6). «Celui qui boira de l'eau que Je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que Je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie éternelle» (Jn 4,14). Le corps est nourri par le pain et désaltéré par l'eau, sans eux il s'affaiblit et meurt. Le Christ est la véritable nourriture et la véritable boisson de l'Čme, par lesquelles elle s'anime et vit. Sans cette nourriture et cette boisson, elle s'affaiblit et meurt.
Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ n'a pas le Christ et la vie du Christ se manifeste chez celui en qui Il demeure. Avec cette vie apparaissent l'humilité, l'amour, la patience et la douceur. Le Christ ne peut pas demeurer dans l'homme sans que cela ne produise d'effet : infailliblement, naissent les oeuvres que le Christ désire. De la mźme faćon, le soleil ne peut pas briller sans darder ses rayons, un poźle ne peut pas chauffer sans dégager de chaleur, un bon arbre ne peut pas pousser sans porter de doux fruits. Si le Christ, qui est la lumiŹre de la vie, demeure en quelqu'un, sa lumiŹre apparaĒt aussi chez cette personne, les ténŹbres sont chassées, et les oeuvres obscures ne se font pas jour. Si le Christ, qui est un feu purificateur, demeure en quelqu'un, cette personne diffuse la chaleur de l'amour et de la miséricorde. Si le Christ, qui est l'humble et trŹs doux agneau de Dieu, demeure en quelqu'un, en cette personne naissent son humilité, sa douceur et sa patience. Si le Christ, qui est l'arbre de vie, croĒt en quelqu'un, alors Il lui fait porter de doux fruits, car tel est l'arbre, tels sont les fruits.
Celui qui est uni au Christ comme un membre au corps, ou comme un sarment au cep, celui-lą porte des fruits semblables ą ceux du Christ. La présence du Christ dans l'homme ne peut pas źtre sans effet, elle s'exprime par des mouvements spirituels et par les actes qui leur correspondent. Chrétiens, tournons-nous donc de tout notre coeur vers le Christ, soupirons et pleurons devant Lui, repentons-nous avec un coeur broyé, prions-Le avec ferveur de venir vers les pécheurs que nous sommes, de demeurer en nous par la foi, et de Lui appartenir; demandons sans relČche, cherchons et frappons aux portes de sa miséricorde, «jusqu'ą ce que le Christ soit formé en nous» (Gal 4,19)

Toutes les passions reculent devant l'humilité, et, avec elles, l'armée des démons.
Saint Syméon le Nouveau Théologien

Miracle de saint Georges sur l'omelette

Dans le thŹme de Paphiagonie, il y a une église fameuse du saint mégalomartyr Georges, que les gens du pays appellent Phatrynon. Comme elle était au début tout ą fait petite, menaćait ruine, et qu'il n'y avait pas d'argent pour la redresser, ou pour mieux dire la reconstruire, il se produisit le fait suivant. Des enfants s'étaient un jour rassemblés lą, ils se livraient ą des jeux, et l'un d'entre eux, qui avait eu souvent le dessous, était raillé par les autres. Il tourna les yeux vers l'église de S. Georges et dit : “Saint Georges, fais moi vaincre, j'apporterai ą ton église une belle omelette.” Aussitôt, s'étant remis ą jouer, il fut vainqueur, non pas une fois ou deux, mais souvent. Alors, étant allé vers sa mŹre, il lui demanda que fět donné au saint le cadeau qu'il avait promis. La femme, qui aimait beaucoup son petit et qui aimait le martyr, confectionna sur le champ le plat demandé et le remit ą l'enfant. Celui-ci le prit l'apporta au temple devant l'autel et s'en alla. A ce moment mźme, quatre marchands, qui passaient par lą, entrŹrent ą l'église pour y prier. Quand ils eurent trouvé l'omelette odorante qui fumait encore, ils se dirent entre eux : “Le saint n'en a pas besoin, mangeons-la nous-mźmes et donnons au saint ą la place des grains d'encens.” Ils mangŹrent donc, mais furent empźchés de partir, impossible de sortir. Ils jetŹrent chacun une piŹce d’argent, l'empźchement continuait. Ils donnent alors chacun un sou d'or en suppliant le saint de les laisser partir, mais mźme ainsi, pris de cécité, ils ne purent sortir de l'église. Quand enfin ils eurent déposé, tous les quatre, chacun un second sou d'or avec de chaudes supplications, ils sortirent sans obstacle. Une fois sortis, ils dirent : “Grand saint Georges, que tu es Čpre au gain quand tu vends tes omelettes. Nous ne t'en achŹterons plus, mais pour cette fois-ci pardonne-nous.”
Dans cette église, il s'est produit et il se produit jusqu'ą ce jour une infinité de miracles.

“L’Amérique nourrira le monde, mais finalement, s’effacera.”
Prophétie (écrite en 1911 dans un monastŹre au nord de Moscou)

QUESTIONS ET RÉPONSES

Question :
Que veut dire archimandrite ?

Réponse :
"Archimandrite" c’est actuellement un titre honorifique dans l’Église grecque, donné ą un hiéromoine (prźtre-moine). Autrefois, c’était le titre du supérieur d’un monastŹre (mandra = monastŹre et archi = premier). Le supérieur d’un monastŹre s’appelle "higoumŹne" dans l’Église grecque. Dans l’Église russe, c’est l'inverse : le titre "higoumŹne" est honorifique et l'archimandrite est le supérieur d'un monastŹre.

Question :
Lorsque le Christ viendra pour le jugement et que nous ne sommes pas encore morts, resterons-nous vivants ou non ?

Réponse :
Voici ce que dit l’apôtre Paul :
«Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’aprŹs la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l’avŹnement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur lui-mźme, ą un signal donné, ą la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premiŹrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, ą la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.» (I Th 4,15)

Question :
Est-ce qu'un enfant de plus de 7 ans va au paradis ou non ?

Réponse :
Si l’enfant est baptisé dans l’Église et vit sagement alors bien sěr.

Question :
Que veut dire éternel ?

Réponse :
Ce qui n’a ni commencement ni fin.

Question :
OĚ est le royaume de Dieu ?

Réponse :
Le royaume de Dieu n’est pas dans un lieu, il n’est pas matériel pas plus que l’amour ou la vérité. «Car le royaume des cieux est ą eux» est-t-il dit dans les Béatitudes (Mt 5).

les sages femmes
sages-femmes
lors de la Naissance du Sauveur

LA CAUSE

Quand on regarde la marche du monde, qui va ą sa perte, on ne peut źtre que trŹs pessimiste. Sans vouloir maintenant analyser les symptômes : crise économique, déchéance des mŌurs, etc, etc — on n'en finirait pas —, je voudrais parler de ce qui en est la vraie cause.
OĚ est aujourd’hui le sel de la terre, qui ne fait pas seulement assaisonner mais aussi conserver ? OĚ est le levain qui fait lever la pČte ? OĚ sont les dix justes capables d’infléchir Dieu ? OĚ est ce feu que le Seigneur a jeté sur la terre ? (cf. Lc 12,49)
On disait de l’abba Macaire qu’il était en mesure de sauver toute sa génération. Un jour abba SisoŹs alla trouver abba Macaire et lui dit, Abba, selon ce que je peux, je jeěne, je prie, et je médite. Je vis dans le recueillement. Que dois-je faire de plus ? Alors le vieillard le regarda. Ses yeux étaient devenus comme des lampes de feu, Tu ne seras rien, si tu ne deviens tout entier comme un feu qui se consume.”
Nous nous contentons de nos devoirs extérieurs : rabČcher nos offices du matin et du soir, ne pas manger ceci et cela les jours de jeěne etc. Et voilą, nous sommes de bons chrétiens; du moins nous arrivons ą tranquilliser notre conscience.
Dimanche dernier, on lisait l’évangile du jeune homme riche. Il s’est comporté de la mźme maniŹre — juste une observation légale et il s’est arrźté lą. Quand le Christ lui a demandé de se défaire de ses richesses, il est parti tout triste, car il y était fort attaché. Nos richesses ą nous, ce ne sont pas nécessairement les biens matériels, mais nos passions : notre orgueil qui nous fait croire que nous sommes le centre du monde ou Miss Orthodoxie, notre égocentrisme qui nous fait tourner autour de notre nombril et mille autres choses encore.
J’ai bien peur que nous n'agissions comme Jonas, qui cherchait ą s’enfuir loin de la Face de Dieu, afin de se dérober ą sa mission. Je crois que le sort tombera sur nous et que la tempźte ne s’apaisera qu’une fois les coupables jetés ą la mer. Les pauvres marins, au temps de Jonas, n’étaient certes pas des saints, mais c’était Jonas qui était le grand responsable. “On demandera beaucoup ą qui l’on a beaucoup donné, et on exigera davantage de celui ą qui l’on a beaucoup confié.” (Lc 12,48) Ne jugeons donc pas les gens du monde, qui ignorent Dieu, mais pensons ą tout ce que nous avons reću depuis le baptźme. Ne nous dérobons donc pas ą notre mission, c’est-ą-dire sacrifions-nous et sanctifions-nous pour l’Église et le monde.
Il ne s’agit pas de faire une priŹre ou quelques métanies de plus, mais d’effectuer un revirement total de notre comportement. Nos simples coutumes et nos devoirs, il faut qu’ils prennent feu — ce feu que le Seigneur est venu jeter sur terre, en d’autres termes : l’Esprit saint.
Ne nous contentons pas de notre étiquette de chrétien avec le sous-titre "orthodoxe", mais vivons en profondeur notre engagement devant le Seigneur.
Malgré l'apostasie de ce monde et notre lČcheté, j’ai confiance que le Seigneur S’est gardé, comme au temps d’Élie, “sept mille hommes, tous ceux qui n’ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l’a point baisé.” (I Roi 19,18) C’est ą cause de ces quelques justes que le monde subsiste encore, des justes cachés, qui ne font plus d'exploits spectaculaires, mais qui se distinguent par leur humilité et leur effacement.

archimandrite Cassien

››››