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dŽcembre 2008 |
chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S. B. Mgr. Nicolas archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce
SOMMAIRE Message de la NativitŽ du Sauveur Miracle de saint Georges sur son Ic™ne MALHEURÉ AU LIEU PRIVƒ DE LUMIéRE Miracle de saint Georges sur l'omelette NOUVELLES Je signale que notre email a changŽ : cassien@orthodoxievco.info
Depuis le dernier bulletin, rien de nouveau : je suis toujours affecté à la cathédrale de la Sainte-Trinité à Ilioupolis.
L'archevêché est l'édifice attenant et l'archevêque y habite.
Généralement, l'archevêque Nicolas vient assister aux offices mais ne célèbre que rarement, étant donné son âge et son état de santé.
Presque chaque jour je célèbre la divine Liturgie, soit ici, soit dans une autre église à Athènes ou au Pirée, soit au monastère des moniales à Kératéa. Pour l'iconographie, il ne me reste que peu de temps.
J'ai prévu et réservé un vol pour aller à Paris voir nos nouveaux fidèles là-bas, après le dimanche de l'Orthodoxie.
Ci-après le message de la Nativité du Sauveur.
Vôtre en Christ,
Archimandrite Cassien
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Celui que nul espace ne contient, comment peut-il �tre contenu dans le sein ? et celui qui repose dans le sein paternel, comment une M�re le tient dans ses bras ? Lui seul le sait, il l'a voulu, tel a ŽtŽ son bon plaisir. Lui qui est l'Incorporel, il s'est incarnŽ librement; et pour nous Celui qui est est devenu ce qu'il n'Žtait; sans sortir de sa nature, il prend part ˆ notre humaine condition. Dans son dŽsir de complŽter par notre humanitŽ le monde d'en-haut, le Christ est nŽ en deux natures, homme et Dieu. Cathisme de No‘l |
Message de la NativitŽ du Sauveur
AujourdÕhui nous franchissons une Žtape de plus dans lÕŽconomie de notre salut, qui a commencŽ avec lÕAnnonciation, comme dit le tropaire de la f�te : ÇAujourdÕhui cÕest le commencement de notre salut et la manifestation du myst�re ŽternelÉÈ Lors de lÕAnnociation, le Fils de Dieu a pris chair de la Vierge par lÕaction de lÕEsprit saint et aujourdÕhui Il voit le jour afin de commencer dŽjˆ Ñ pour ainsi dire Ñ son chemin de croix.
Il na”t, non chez Lui ˆ Nazareth, mais ˆ BethlŽem, et par surcro”t dans une grotte destinŽe au bŽtail. CÕest dŽjˆ son extr�me HumilitŽ qui se manifeste pour briser lÕorgueil de la race humaine. ÇSans doute, s'Il ežt voulu, Il pouvait venir en Žbranlant les cieux, en faisant trembler la terre, en lan�ant la foudre; Il a rejetŽ tout cet appareil, car Il venait, non pour perdre, mais pour sauver l'homme, et, d�s sa Naissance, fouler aux pieds son orgueil. Il ne lui suffit donc pas de Se faire homme, Il Se fait homme pauvre, et Il choisit une m�re pauvre, qui n'a point m�me de berceau pour y dŽposer son Enfant nouveau-nŽ : 'Et elle Le coucha dans une cr�che'.È (saint Jean Chrysostome, HomŽlie pour la NativitŽ)
Ë peine nŽ, il Lui faut fuir en ƒgypte sous la menace dÕHŽrode, qui nÕest quÕun agent du diable. Le Malin pressentait en partie la mission du Messie, sans pour autant savoir que cÕest Dieu Lui-m�me qui est venu sur terre sauver le genre humain.
En plein hiver et pendant la nuit a eu lieu la Naissance dÕEmanuel (Dieu avec nous). ÇLa lumi�re luit dans les tŽn�bres, et les tŽn�bres ne LÕont point re�ueÈ (Jn 1,5), hormis quelques pauvres bergers qui furent tŽmoins du myst�re Ð myst�re qui se renouvelle ˆ chaque instant et le monde ne fait que sÕenfoncer de plus en plus dans les tŽn�bres. Seuls les pauvres dÕesprit saisissent ce qui est cachŽ aux yeux du monde. ÇCette Vie Žtait donc la Lumi�re des hommes, mais les coeurs des insensŽs ne peuvent comprendre cette Lumi�re, appesantis qu'ils sont par leurs pŽchŽs qui leur dŽrobent la vue de cette divine Lumi�re.È (saint Augustin, TraitŽ 1 sur S. Jean)
La conception du Christ ne se pas fait dÕune mani�re naturelle mais par lÕaction de lÕEsprit saint et de m�me la Naissance sÕest accomplie miraculeusement car la Vierge enfanta sans les douleurs de lÕenfantement qui sont la suite du pŽchŽ. ÇDans le pŽchŽ ma m�re mÕa enfantŽÈ chante David dans le psaume 50. La malŽdiction dÕéve : ÇTu enfanteras dans les douleursÈ (Gen 3,16) nÕa pas atteint la Toute-Sainte. ÇCette divine Vierge L'a portŽ sans souffrance, sa conception est sans tache, son enfantement sans difficultŽ, sa Naissance sans souillure, sans dŽchirement et sans douleurs.È (saint GrŽgoire de Nysse)
Quand SalomŽ et lÕautre sage-femme sont venues ˆ la cr�che il ne leur restait quÕˆ laver lÕenfant dŽjˆ nŽ en dehors des regards humains. ÇPersonne ne re�ut l'Enfant ˆ sa Naissance, aucune femme ne donna ˆ Marie les soins ordinaires, elle seule enveloppa son enfant de langes, elle fut ˆ la fois la m�re et celle qui re�ut l'Enfant : Et elle l'enveloppa de langes.È (saint JŽr™me Cont. Helv.)
Il reste encore ˆ parler des anges, des mages, de Joseph, mais si Dieu nous pr�te vie, cela se fera la prochaine fois.
Que ce m�me Dieu naisse en nos cÏurs et nous apporte la paix et la joie !
V™tre, archimandrite Cassien

Miracle de saint Georges sur son Ic™ne
Il se produisit encore bien d'autres merveilleux miracles dans l'Žglise du saint mŽgalomartyr Georges, entre autres celui-ci.
Alors que le pr�tre achevait la divine liturgie, l'un des dignitaires Sarrasins entra dans sa sainte Žglise avec d'autres Sarrasins, et il vit l'ic™ne du saint martyr Georges peinte sur une planchette. Tandis que le pr�tre s'Žtait inclinŽ, disant les pri�res secr�tes, le Sarrasin dit ˆ ses compagnons en son langage : ÇVois ce fou, comme il prie et invoque la planchette peinte. Allez, apportez-moi un arc et des fl�ches.È Quand ils les lui eurent apportŽs, il tendit son arc et fit partir une fl�che contre la sainte ic™ne. Mais la fl�che, par la puissance du saint martyr, s'Žleva en haut, puis retomba et frappa la main du Sarrasin. Ressentant aussit™t une douleur, il sortit de la sainte Žglise et rentra chez lui. Sa main s'Žtait gonflŽe, et lui causait une douleur incessante. Or il avait chez lui de petites servantes chrŽtiennes. Il les fit venir et leur dit : ÇJe suis allŽ ˆ l'Žglise de celui qu'on nomme Georges et j'y ai vu une ic™ne peinte. Comme donc j'avais lancŽ contre l'ic™ne une fl�che, elle s'est retournŽe et m'a frappŽ ˆ la main, et voici, comme vous le voyez, je meurs de cette souffrance insupportable.È Elles dirent : ÇJolie prŽtention en vŽritŽ, que tu aies voulu tirer sur l'ic™ne du saint martyr !È Le Sarrasin dit : ÇQuelle puissance avait donc cette image, pour me faire ceci ?È Et elles : ÇNous sommes illettrŽes, nous ne pouvons rien te dire. S'il te pla”t de l'apprendre, envoie un messager, fais venir le pr�tre de la sainte Žglise, et il te rŽpondra sur ce que tu veux savoir.
A ces mots, le Barbare envoya un messager, fit venir le pr�tre,et, ˆ son arrivŽe, lui demanda : ÇQuelle Žtait l'ic™ne qui est peinte sur la planchette ? Ce tableau que tu invoquais, qu'est-ce que c'est? Indique-le moi.È Le pr�tre rŽpondit : ÇC'est Dieu que j'invoquais, l'auteur du ciel, le crŽateur de toutes choses visibles et invisibles, et non pas, comme tu le dis, la planchette. Et ce qui est peint sur la planchette, c'est l'image du saint martyr Georges.È Ð ÇEt qui a ŽtŽ ce Georges, dit le Barbare, qu'il ait une telle efficace par son ic™ne, alors qu'il n'est pas Dieu ?È Le pr�tre dit : ÇLe saint martyr Georges n'est pas Dieu, mais le serviteur de Dieu et de son adorable Fils notre Seigneur JŽsus Christ. Il a ŽtŽ un homme passible comme nous et il a subi, de la part des pa•ens impies, un grand nombre de supplices, car ils voulaient le forcer de renier le nom de notre Seigneur JŽsus Christ. Mais il les a vaillamment supportŽs, et, apr�s �tre mort en une belle confession de foi, il a re�u du Dieu de toutes choses la gr‰ce de faire des miracles et des prodiges. Nous donc, par amour pour lui, nous faisons peindre sa sainte ic™ne, et, quand nous voyons cet illustre saint reprŽsentŽ sur son ic™ne, nous le saluons et vŽnŽrons, tout comme toi, si tu vois une robe, un v�tement ou quelque autre des habits de tes parents morts, p�re, m�re ou fr�re, tu les embrasses et pleures et les poses sur tes yeux, comme si tu voyais celui-lˆ m�me que tu regrettes c'est ainsi que, nous aussi, nous faisons peindre l'ic™ne du saint que nous aimons, comme si nous le voyions lui-m�me, et nous le saluons et vŽnŽrons. Nous faisons donc peindre les ic™nes des saints et sur des planchettes et sur les murs et sur des toiles, et nous les saluons et vŽnŽrons, non pas comme dieux Ð loin de nous cette pensŽe ! Ð mais comme des reprŽsentations de serviteurs de Dieu, et les saints, par leurs augustes ic™nes, accomplissent des miracles et des prodiges, comme il t'est arrivŽ ˆ toi-m�me qui as servi d'exemple, parce que tu avais osŽ lancer un trait contre l'ic™ne du saint martyr.È
A ces mots, le Sarrasin dit : ÇQue dois-je donc faire ? Tu vois cette main, comme elle s'est gonflŽe comme une outre, remplie d'humeur, et la souffrance est si insupportable que je suis pr�s d'en mourir.È Le pr�tre dit : ÈS'il te pla”t de faire apporter ici l'ic™ne du saint martyr Georges, et qu'on la place au-dessus de ton lit, et que, devant elle, on fasse bržler en dessous une lampe toute la nuit, et que, le matin venu, avec l'huile de la lampe allumŽe devant la sainte ic™ne du saint martyr, tu te frottes la main, tu trouveras la guŽrison.È
A ces mots, le Barbare, en proie aux souffrances, supplia qu'on apport‰t la sainte ic™ne. Quand on l'eut apportŽe et qu'on eut bržlŽ sous elle une lampe, ayant pris de l'huile de cette lampe, il fut aussit™t, sur le champ, guŽri.
StupŽfait, plein d'admiration pour ce prodigieux miracle, il demanda au pr�tre : ÇAvez-vous en votre langue quelque texte Žcrit sur ce saint ?È Ð ÇOuiÈ, dit le pr�tre. Il pria qu'on l'apport‰t et le lui lžt. Quand le pr�tre eut apportŽ le rŽcit du martyre du saint, et que le Barbare, tenant en main la sainte ic™ne et fixant sur elle les yeux, eut entendu la lecture du pr�tre, il dit ˆ la sainte ic™ne : ÇTu es ˆ la fois jeune et sage, moi, vieux et fou il serait bon que moi aussi je devienne sage.È Il ne cessait de rŽpŽter ces mots, aussi longtemps que le pr�tre poursuivait la lecture du martyre. Quand ce fut achevŽ, Žtant tombŽ aux pieds du pr�tre, il le supplia d'obtenir la gr‰ce du saint bapt�me. Le pr�tre n'y consentait pas, craignant qu'on ne divulg‰t la chose et qu'il ne fžt en pŽril. Mais le Barbare ne cessait de faire serment ˆ l'ƒglise; bref, il fut baptisŽ. Le lendemain, s'Žtant prŽsentŽ sans peur au beau milieu de tous les Sarrasins, il proclama le Christ comme le vrai Dieu et jeta l'anath�me sur la religion des Sarrasins. A l'ou•e de ce langage, les Sarrasins coururent sur lui comme des b�tes fŽroces et le mirent en pi�ces. Et ainsi il mourut en une belle confession de foi, par l'intercession du saint martyr Georges.
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ƒtrange merveille, celle qui s'accomplit en ce jour : une Vierge met au monde sans dommage pour sa virginitŽ; le Verbe se fait chair et de son P�re n'est point sŽparŽ, les anges avec les bergers le glorifient et nous-m�mes, nous chantons avec eux : Gloire ˆ Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre.
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Ê
Cronius, le pr�tre de Nitrie, me raconta ceci : ÇEtant plus jeune et par suite de langueur m'Žtant enfui du monast�re de mon archimandrite, errant j'avan�ai jusqu'ˆ la montagne du saint Antoine. Or elle Žtait situŽe entre Babylone et HŽraclŽe du c™tŽ du grand dŽsert qui conduit ˆ la mer Rouge, ˆ environ trente milles du fleuve. Alors Žtant allŽ dans le monast�re, qui est pr�s du fleuve, o� rŽsidaient dans ce qu'on appelle Pispir ses deux disciples, Macaire et Amatas, lesquels l'enterr�rent apr�s sa mort, j'attendis cinq jours pour me rencontrer avec le saint Antoine. Car on disait qu'il abordait ce monast�re tant™t au bout de dix, tant™t au bout de vingt, tant™t au bout de cinq jours, selon que chaque fois Dieu le dirigeait en vue de faire le bien ˆ ceux qui se trouvaient de passage au monast�re. Quoi qu'il en soit, diffŽrents fr�res y furent rassemblŽs, ayant diffŽrents besoins; parmi eux Žgalement Euloge, un moine Alexandrin et un autre, estropiŽ, qui se prŽsent�rent pour la cause que voici. Cet Euloge Žtait, par suite de ses Žtudes compl�tes, un lettrŽ, qui, frappŽ d'un amour d'immortalitŽ, renon�a aux agitations, et ayant distribuŽ tous ses biens, garda pour lui de la menue monnaie, ne pouvant travailler. Or Žtant dŽcouragŽ intŽrieurement, ne voulant pas entrer dans un couvent ni dŽcidŽ ˆ rester seul, il trouva jetŽ sur la place publique un estropiŽ qui n'avait ni mains ni pieds. Chez lui, la langue seule se trouvait sans �tre usŽe, pour attraper les passants.
Euloge s'Žtant donc arr�tŽ, fixe les yeux sur lui, prie Dieu et fait un pacte avec Dieu ainsi : ÇSeigneur, en ton nom, je prends cet estropiŽ et je lui procure du rŽconfort jusqu'ˆ la mort, afin que, au moyen de lui, moi aussi je sois sauvŽ. Accorde-moi de la patience pour le servir.È Et, s'Žtant approchŽ de l'estropiŽ, il lui dit : ÇVeux-tu, le grand, je te prends dans ma maison et je te procure du rŽconfort ?È Il lui dit : ÇParfaitement.È Ð ÇN'est-ce pas, dit-il, j'am�ne un ‰ne et je te prends ?È Il consentit. Alors ayant amenŽ un ‰ne, il le leva et l'emmena dans sa propre chambre des h™tes, et il Žtait aux petits soins pour lui. Donc l'estropiŽ ayant tenu bon pendant quinze ans Žtait traitŽ en malade par lui, lavŽ, soignŽ des mains d'Euloge et nourri d'une mani�re convenable ˆ sa maladie. Mais apr�s ces quinze ans le dŽmon s'appesantit sur lui, et il se rŽvolte contre Euloge. Et il commen�a ˆ dŽbarbouiller son homme avec un tas de mauvais propos et d'injures, en ajoutant : ÇAssassin, dŽserteur, tu as volŽ le bien des autres, et c'est au moyen de moi que tu veux �tre sauvŽ. Jette-moi sur la place publique, je veux de la viande.È Il lui apporta de la viande. Cela Žtant, de nouveau il cria : ÇJe ne suis pas satisfait; je veux des foules; c'est sur la place publique que je veux. O violence ! Jette-moi o� tu m'as trouvŽ.È De sorte que s'il avait eu des mains, peut-�tre m�me se serait-il ŽtranglŽ, le dŽmon l'ayant rendu sauvage ˆ ce degrŽ. C'est pourquoi Euloge s'en va vers ceux de ses voisins qui Žtaient asc�tes et il leur dit : ÇQue faire, puisque cet estropiŽ m'a rŽduit au dŽsespoir ? Le rejeter ? J'ai engagŽ mes mains ˆ Dieu, et je suis dans la crainte. Mais ne pas le rejeter ? Il rend mauvais pour moi les jours et les nuits. Que faire alors pour lui, je ne sais pas.È Mais ils lui disent : ÇComme le Grand vit encore, Ð car ils appelaient ainsi Antoine, Ð monte vers lui, apr�s avoir jetŽ l'estropiŽ dans une barque, transporte celui-ci au monast�re, attends qu'il revienne de sa grotte, et dŽf�re-lui la dŽcision. Et s'il te dit quelque chose, dirige-toi d'apr�s son arr�t, car Dieu te parle par lui.È Et il les Žcoula patiemment, et ayant jetŽ l'estropiŽ dans une petite barque de p‰tre, il sortit la nuit de la ville et l'emmena au monast�re des disciples du saint Antoine. Mais il advint que le Grand arriva le lendemain, le soir Žtant avancŽ, ˆ ce que raconta Cronius : il Žtait affublŽ d'un manteau de peau. Or en arrivant ˆ leur monast�re, il avait cette habitude d'appeler Macaire et de l'interroger : ÇFr�re Macaire, des fr�res sont-ils venus ici ?È Il rŽpondit : ÇOui.È Ð ÇSont-ils ƒgyptiens ou HiŽrosolymitains ?È Et il lui avait donnŽ ce signe : ÇSi tu en vois de plus insouciants, dis ceci : ÇIls sont ƒgyptiens. Mais dans le cas de plus recueillis et plus judicieux, dis : HiŽrosolymitains.È En consŽquence il lui demanda selon l'habitude : ÇLes fr�res sont-ils ƒgyptiens ou HiŽrosolymitains ?È
Macaire rŽpondit et lui dit : ÇC'est un mŽlange.ÊÈ D'une part, quand il lui disait : ÇCe sont des ƒgyptiensÈ, le saint Antoine lui disait : ÇFais des lentilles et donne-leur ˆ manger.È Et il leur faisait une pri�re et les congŽdiait. D'autre part, quand il disait ceci : ÇCe sont des HiŽrosolymitainsÈ, il s'asseyait toute la nuit, leur parlant des choses du salut. SÕŽtant donc assis ce soir-lˆ, dit-il, il les interpelle tous, et personne ne lui ayant dit d'aucune fa�on quel nom il avait, les tŽn�bres existant, il Žl�ve la voix et dit : ÇEuloge, Euloge, EulogeÈ, ˆ trois reprises. Celui-lˆ, le lettrŽ, ne rŽpondit pas, pensant qu'un autre Euloge Žtait nommŽ. Il lui dit de nouveau : C'est ˆ toi que je parle, Euloge, qui es venu d'Alexandrie.È Euloge lui dit : ÇQu'ordonnes-tu, je te prie ?È Ð ÇPourquoi venais-tu ?È Euloge rŽpond et lui dit : ÇCelui qui t'a rŽvŽlŽ mon nom t'a rŽvŽlŽ aussi mon affaire.È Antoine lui dit : ÇJe sais pourquoi tu es venu, mais dis-le devant tous les fr�res, afin qu'eux aussi l'entendent.È Euloge lui dit : ÇJ'ai trouvŽ cet estropiŽ sur la place publique, et j'ai engagŽ mes mains ˆ Dieu pour le traiter pendant sa maladie, pour �tre sauvŽ gr‰ce ˆ lui, et lui, gr‰ce ˆ moi. Or comme apr�s tant d'annŽes il me tourmente ˆ l'extr�me, et que je me suis mis dans l'esprit de le rejeter, c'est pour cela que je suis venu vers ta saintetŽ, afin que tu me conseilles ce que je dois faire et que tu pries pour moi, car je me tourmente terriblement.È Antoine lui dit d'une voix grave et aust�re : ÇLe rejettes-tu ? Mais celui qui l'a fait ne le rejette pas. Le rejettes-tu, toi ? ÇDieu en suscite un plus beau que toi et il le recueille.È
Alors Euloge, s'Žtant tenu tranquille, fut saisi de crainte. Et avant dŽlaissŽ ensuite Euloge, il se met ˆ fouetter de la langue l'estropiŽ et ˆ lui crier : ÇEstropiŽ, mutilŽ, indigne de la terre et du ciel, ne finis-tu pas de lutter contre Dieu ? Ne sais-tu pas que le Christ est celui qui te sert ? Comment oses-tu articuler de telles paroles contre le Christ ? Ne s'est-il pas ˆ cause du Christ, rendu esclave pour ton service ?È L'ayant donc rŽprimandŽ, il le laissa aussi. Et ayant conversŽ avec tous les autres sur ce qui avait trait ˆ leur besoin, il s'en reprend ˆ Euloge et ˆ l'estropiŽ et leur dit : ÇNe r™dez nulle part, partez. Ne soyez pas sŽparŽs l'un de l'autre, exceptŽ dans votre cellule, dans laquelle vous avez sŽjournŽ. C'est que dŽjˆ Dieu envoie vers vous. Car cette tentation vous est survenue, parce que tous deux vous vous dirigez vers votre fin et que vous allez �tre jugŽs dignes de couronnes. Ne faites donc pas quelque autre chose, et qu'alors, en venant, l'Ange ne vous trouve pas dans cet endroit.È Alors ayant cheminŽ plus vite, ils arriv�rent dans leur cellule. Et au bout de quarante jours Euloge meurt, et, au bout de trois autres jours, l'estropiŽ meurt.È
Pallade Histoire Lausiaque (21)
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Voyant flŽtrie ˆ cause du pŽchŽ son image et ressemblance, JŽsus, inclinant les cieux, descendit et demeura dans le sein virginal sans subir de changement, afin d'y fa�onner ˆ nouveau Adam corrompu qui s'Žcrie : Gloire ˆ ton Žpiphanie, mon RŽdempteur et mon Dieu. litie du 25 dŽcembre |
MALHEURÉ AU LIEU PRIVƒ DE LUMIéRE
( TrŽsor spirituel de Saint Tikhon de Zadonsk)
Malheur au lieu privŽ de lumi�re ! Les hommes y errent comme des aveugles, sans distinguer l'utile du nuisible; on y trŽbuche, on y tombe, on y rencontre toutes sortes de calamitŽs, de maux et de nuisances. Malheur surtout aux ‰mes privŽes de la vŽritable Lumi�re, le Christ ! Elles nÕabritent que les tŽn�bres, l'ombre de la mort, les malheurs, la mis�re et la perdition ! ÇJe suis la Lumi�re du monde, celui qui Me suit ne marchera pas dans les tŽn�bres, mais il aura la lumi�re de la vieÈ (Jn 8,12). ÇRŽveille-toi, toi qui dors, rel�ve-toi d'entre les morts et le Christ t'ŽclaireraÈ (Eph 5,14).
Malheur ˆ la maison dont le ma”tre n'est pas raisonnable ! Il y r�gne toute sorte de dŽsordre ! Malheur surtout aux ‰mes que n'habite pas le Christ, tel un Ma”tre de maison ! On y voit du trouble et du dŽsordre, c'est le repaire de divers esprits mŽchants.
Malheur au navire qui n'a pas de bon timonier, car il est pr�s du naufrage ! Malheur surtout ˆ l'‰me qui navigue sur l'ocŽan de ce monde, sans avoir le Christ pour sage pilote, car elle aussi s'approche du naufrage ! ÇSi quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne Lui appartient pas !È (Rom 8,9)
Malheur aux gens qui n'ont ni pain ni eau, car ils meurent de faim et de soif ! Malheur surtout aux ‰mes qui sont privŽes du pain de vie, JŽsus Christ, car elles dŽpŽriront et devront mourir. ÇJe suis le pain de vieÉ Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au mondeÈ (Jn 6). ÇCelui qui boira de l'eau que Je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que Je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie ŽternelleÈ (Jn 4,14). Le corps est nourri par le pain et dŽsaltŽrŽ par l'eau, sans eux il s'affaiblit et meurt. Le Christ est la vŽritable nourriture et la vŽritable boisson de l'‰me, par lesquelles elle s'anime et vit. Sans cette nourriture et cette boisson, elle s'affaiblit et meurt.
Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ n'a pas le Christ et la vie du Christ se manifeste chez celui en qui Il demeure. Avec cette vie apparaissent l'humilitŽ, l'amour, la patience et la douceur. Le Christ ne peut pas demeurer dans l'homme sans que cela ne produise d'effet : infailliblement, naissent les oeuvres que le Christ dŽsire. De la m�me fa�on, le soleil ne peut pas briller sans darder ses rayons, un po�le ne peut pas chauffer sans dŽgager de chaleur, un bon arbre ne peut pas pousser sans porter de doux fruits. Si le Christ, qui est la lumi�re de la vie, demeure en quelqu'un, sa lumi�re appara”t aussi chez cette personne, les tŽn�bres sont chassŽes, et les oeuvres obscures ne se font pas jour. Si le Christ, qui est un feu purificateur, demeure en quelqu'un, cette personne diffuse la chaleur de l'amour et de la misŽricorde. Si le Christ, qui est l'humble et tr�s doux agneau de Dieu, demeure en quelqu'un, en cette personne naissent son humilitŽ, sa douceur et sa patience. Si le Christ, qui est l'arbre de vie, cro”t en quelqu'un, alors Il lui fait porter de doux fruits, car tel est l'arbre, tels sont les fruits.
Celui qui est uni au Christ comme un membre au corps, ou comme un sarment au cep, celui-lˆ porte des fruits semblables ˆ ceux du Christ. La prŽsence du Christ dans l'homme ne peut pas �tre sans effet, elle s'exprime par des mouvements spirituels et par les actes qui leur correspondent. ChrŽtiens, tournons-nous donc de tout notre coeur vers le Christ, soupirons et pleurons devant Lui, repentons-nous avec un coeur broyŽ, prions-Le avec ferveur de venir vers les pŽcheurs que nous sommes, de demeurer en nous par la foi, et de Lui appartenir; demandons sans rel‰che, cherchons et frappons aux portes de sa misŽricorde, Çjusqu'ˆ ce que le Christ soit formŽ en nousÈ (Gal 4,19)
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Toutes les passions reculent devant l'humilitŽ, et, avec elles, l'armŽe des dŽmons. Saint SymŽon le Nouveau ThŽologien |
Miracle de saint Georges sur l'omelette
Dans le th�me de Paphiagonie, il y a une Žglise fameuse du saint mŽgalomartyr Georges, que les gens du pays appellent Phatrynon. Comme elle Žtait au dŽbut tout ˆ fait petite, mena�ait ruine, et qu'il n'y avait pas d'argent pour la redresser, ou pour mieux dire la reconstruire, il se produisit le fait suivant. Des enfants s'Žtaient un jour rassemblŽs lˆ, ils se livraient ˆ des jeux, et l'un d'entre eux, qui avait eu souvent le dessous, Žtait raillŽ par les autres. Il tourna les yeux vers l'Žglise de S. Georges et dit : ÒSaint Georges, fais moi vaincre, j'apporterai ˆ ton Žglise une belle omelette.Ó Aussit™t, s'Žtant remis ˆ jouer, il fut vainqueur, non pas une fois ou deux, mais souvent. Alors, Žtant allŽ vers sa m�re, il lui demanda que fžt donnŽ au saint le cadeau qu'il avait promis. La femme, qui aimait beaucoup son petit et qui aimait le martyr, confectionna sur le champ le plat demandŽ et le remit ˆ l'enfant. Celui-ci le prit l'apporta au temple devant l'autel et s'en alla. A ce moment m�me, quatre marchands, qui passaient par lˆ, entr�rent ˆ l'Žglise pour y prier. Quand ils eurent trouvŽ l'omelette odorante qui fumait encore, ils se dirent entre eux : ÒLe saint n'en a pas besoin, mangeons-la nous-m�mes et donnons au saint ˆ la place des grains d'encens.Ó Ils mang�rent donc, mais furent emp�chŽs de partir, impossible de sortir. Ils jet�rent chacun une pi�ce dÕargent, l'emp�chement continuait. Ils donnent alors chacun un sou d'or en suppliant le saint de les laisser partir, mais m�me ainsi, pris de cŽcitŽ, ils ne purent sortir de l'Žglise. Quand enfin ils eurent dŽposŽ, tous les quatre, chacun un second sou d'or avec de chaudes supplications, ils sortirent sans obstacle. Une fois sortis, ils dirent : ÒGrand saint Georges, que tu es ‰pre au gain quand tu vends tes omelettes. Nous ne t'en ach�terons plus, mais pour cette fois-ci pardonne-nous.Ó
Dans cette Žglise, il s'est produit et il se produit jusqu'ˆ ce jour une infinitŽ de miracles.
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ÒLÕAmŽrique nourrira le monde, mais finalement, sÕeffacera.Ó ProphŽtie (Žcrite en 1911 dans un monast�re au nord de Moscou) |
Question :
Que veut dire archimandrite ?
RŽponse :
"Archimandrite" cÕest actuellement un titre honorifique dans lÕƒglise grecque, donnŽ ˆ un hiŽromoine (pr�tre-moine). Autrefois, cÕŽtait le titre du supŽrieur dÕun monast�re (mandra = monast�re et archi = premier). Le supŽrieur dÕun monast�re sÕappelle "higoum�ne" dans lÕƒglise grecque. Dans lÕƒglise russe, cÕest l'inverse : le titre "higoum�ne" est honorifique et l'archimandrite est le supŽrieur d'un monast�re.
Question :
Lorsque le Christ viendra pour le jugement et que nous ne sommes pas encore morts, resterons-nous vivants ou non ?
RŽponse :
Voici ce que dit lÕap™tre Paul :
ÇVoici, en effet, ce que nous vous dŽclarons dÕapr�s la parole du Seigneur: nous les vivants, restŽs pour lÕav�nement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur lui-m�me, ˆ un signal donnŽ, ˆ la voix dÕun archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premi�rement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restŽs, nous serons tous ensemble enlevŽs avec eux sur des nuŽes, ˆ la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.È (I Th 4,15)
Question :
Est-ce qu'un enfant de plus de 7 ans va au paradis ou non ?
RŽponse :
Si lÕenfant est baptisŽ dans lÕƒglise et vit sagement alors bien sžr.
Question :
Que veut dire Žternel ?
RŽponse :
Ce qui nÕa ni commencement ni fin.
Question :
O� est le royaume de Dieu ?
RŽponse :
Le royaume de Dieu nÕest pas dans un lieu, il nÕest pas matŽriel pas plus que lÕamour ou la vŽritŽ. ÇCar le royaume des cieux est ˆ euxÈ est-t-il dit dans les BŽatitudes (Mt 5).
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lors de la Naissance du Sauveur |
Quand on regarde la marche du monde, qui va ˆ sa perte, on ne peut �tre que tr�s pessimiste. Sans vouloir maintenant analyser les sympt™mes : crise Žconomique, dŽchŽance des mÏurs, etc, etc Ñ on n'en finirait pas Ñ, je voudrais parler de ce qui en est la vraie cause.
O� est aujourdÕhui le sel de la terre, qui ne fait pas seulement assaisonner mais aussi conserver ? O� est le levain qui fait lever la p‰te ? O� sont les dix justes capables dÕinflŽchir Dieu ? O� est ce feu que le Seigneur a jetŽ sur la terre ? (cf. Lc 12,49)
On disait de lÕabba Macaire quÕil Žtait en mesure de sauver toute sa gŽnŽration. Un jour abba Siso�s alla trouver abba Macaire et lui dit, Abba, selon ce que je peux, je ježne, je prie, et je mŽdite. Je vis dans le recueillement. Que dois-je faire de plus ? Alors le vieillard le regarda. Ses yeux Žtaient devenus comme des lampes de feu, Tu ne seras rien, si tu ne deviens tout entier comme un feu qui se consume.Ó
Nous nous contentons de nos devoirs extŽrieurs : rab‰cher nos offices du matin et du soir, ne pas manger ceci et cela les jours de ježne etc. Et voilˆ, nous sommes de bons chrŽtiens; du moins nous arrivons ˆ tranquilliser notre conscience.
Dimanche dernier, on lisait lÕŽvangile du jeune homme riche. Il sÕest comportŽ de la m�me mani�re Ñ juste une observation lŽgale et il sÕest arr�tŽ lˆ. Quand le Christ lui a demandŽ de se dŽfaire de ses richesses, il est parti tout triste, car il y Žtait fort attachŽ. Nos richesses ˆ nous, ce ne sont pas nŽcessairement les biens matŽriels, mais nos passions : notre orgueil qui nous fait croire que nous sommes le centre du monde ou Miss Orthodoxie, notre Žgocentrisme qui nous fait tourner autour de notre nombril et mille autres choses encore.
JÕai bien peur que nous n'agissions comme Jonas, qui cherchait ˆ sÕenfuir loin de la Face de Dieu, afin de se dŽrober ˆ sa mission. Je crois que le sort tombera sur nous et que la temp�te ne sÕapaisera quÕune fois les coupables jetŽs ˆ la mer. Les pauvres marins, au temps de Jonas, nÕŽtaient certes pas des saints, mais cÕŽtait Jonas qui Žtait le grand responsable. ÒOn demandera beaucoup ˆ qui lÕon a beaucoup donnŽ, et on exigera davantage de celui ˆ qui lÕon a beaucoup confiŽ.Ó (Lc 12,48) Ne jugeons donc pas les gens du monde, qui ignorent Dieu, mais pensons ˆ tout ce que nous avons re�u depuis le bapt�me. Ne nous dŽrobons donc pas ˆ notre mission, cÕest-ˆ-dire sacrifions-nous et sanctifions-nous pour lÕƒglise et le monde.
Il ne sÕagit pas de faire une pri�re ou quelques mŽtanies de plus, mais dÕeffectuer un revirement total de notre comportement. Nos simples coutumes et nos devoirs, il faut quÕils prennent feu Ñ ce feu que le Seigneur est venu jeter sur terre, en dÕautres termes : lÕEsprit saint.
Ne nous contentons pas de notre Žtiquette de chrŽtien avec le sous-titre "orthodoxe", mais vivons en profondeur notre engagement devant le Seigneur.
MalgrŽ l'apostasie de ce monde et notre l‰chetŽ, jÕai confiance que le Seigneur SÕest gardŽ, comme au temps dÕƒlie, Òsept mille hommes, tous ceux qui nÕont point flŽchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne lÕa point baisŽ.Ó (I Roi 19,18) CÕest ˆ cause de ces quelques justes que le monde subsiste encore, des justes cachŽs, qui ne font plus d'exploits spectaculaires, mais qui se distinguent par leur humilitŽ et leur effacement.
archimandrite Cassien