NUMÉRO 102
avril 2003

 Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes

et primat de toute la Grèce

Hiéromoine Cassien
Foyer orthodoxe
F 66500 Clara
cassien@orthodoxievco.info

 SOMMAIRE

NOUVELLES

LA MISSION AU CAMEROUN

LES PÈRES DE L'ÉGLISE

LA FOI DES SAINTS 

DU VRAI REPENTIR


NOUVELLES

 CHRIST EST RESSUSCITÉ !

Comme annoncé, je me suis rendu au Cameroun afin d'y ouvrir une mission de notre Église. Plus loin on trouve un récit détaillé sur ce voyage.
Maintenant j'attends le père Jean, afin qu'ensemble nous allions en Grèce pour régler son ordination. Le père Jean est en train de faire faire ses papiers. Dès qu'il pourra, il viendra en France mais j'ignore encore la date exacte. En attendant, je termine donc ce bulletin qui sera envoyé avant le voyage.
Le bulletin incluera dorénavant notre mission camerounaise et les articles seront en partie choisis en considérant les besoins spirituels de nos fidèles de là-bas.
Nous avons célébré les festivités de Pâques à l'hermitage et cette année il y a eu plus de monde que les autres années. Nous avons supprimé les agapes après l'office de la nuit. Par contre, le dimanche de Pâque nous avons, comme d'habitude, déjeuné dans la nature.

V"tre,
hm. Cassien

Un moine pauvre est maître du monde. Il a confié à Dieu tous ses soucis, et par la foi il a acquis tous les hommes pour serviteurs.

Il ne parle pas aux hommes de ses besoins, et reçoit tout ce qui lui vient comme de la Main de Dieu.

saint Jean Climaque (16,12)

LA MISSION AU CAMEROUN


Après le Kenya, voici que la vraie orthodoxie s'implante aussi au Cameroun. Depuis des décennies, il y a les néocalendaristes au Cameroun, et les indigènes n'ont connu jusqu'à présent que cette mauvaise imitation de l'orthodoxie. Mais leur soif de la vérité les ayant poussés à chercher plus loin, un camerounais néo-calendariste a découvert notre site Internet en français. Après quelques échanges épistolaires, je me suis donc rendu, avec la bénédiction de l'archevêque, bien sûr, au Cameroun, sans trop savoir ce que m'y attendait.
Une fois arrivé dans la capitale, Yaoundé, je fus donc hébergé par Gilles, mon correspondant par Internet. Les jours suivants, je fis connaissance avec d'autres fidèles indigènes, notamment le père Jean, un prêtre marié avec cinq enfants.

PÈRE JEAN

Après quelques jours des discussions, les premiers fidèles, et également le père Jean, se décidèrent à rejoindre notre Synode.
Le second dimanche, je suis allé avec le père dans sa paroisse à Nkolvack, qui se trouve à 80 km de la Capitale, en pleine brousse. Là, nous avons parlé aux fidèles (une vingtaine de familles) qui se décidèrent presque tous à suivre la démarche de leur prêtre. Dans cette paroisse, il y a une église en pierre, mais elle appartient aux néocalendaristes et il ne nous restait que la possibilité de construire une autre chapelle. Un terrain fut trouvé pour 2000 euros, qui restent encore à payer, et sur lequel une chapelle provisoire, dédiée à la Nativité de la Vierge fut construite.
Le quatrième dimanche, je suis allé dans la ville de Makak où se trouve un groupe de catéchumènes (5-6 familles) qui attendent depuis des années un prêtre et la construction d'une chapelle. Mais puisque les Grecs néocalendaristes ne s'intèressent guère à la mission indigène, ces personnes sont toujours dans cet état et, bien sûr, une partie des catéchumènes se sont dispersés ailleurs. Juste une semaine avant mon arrivée pourtant un prêtre néocalendariste y fit son apparition, comme par pur hasard, après tant d'années de désintéressement. Bref, ces familles se sont également décidées à rejoindre notre Synode.
Mais hélas, par suite de mes péchés, je suis tombé gravement malade (paludisme) à Makak et le jour suivant, je suis donc rentré en urgence dans la capitale afin de garder le lit jusqu'à mon départ, deux semaines après.
Je n'avais la force que de chrismer quelques personnes, mais les baptêmes prévus se feront plus tard, plaise à Dieu.
Il est prévu que le père Jean aille en Grèce après Pâques afin de recevoir l'imposition des mains. Après un séjour d'un mois, où il aura le loisir de faire connaissance de notre Église en Grèce, il retournera au Cameroun pour compléter l'oeuvre commencée et bénie par Dieu.
La moisson y est abondante, mais le grand problème, c'est le manque d'argent nécessaire pour construire des chapelles, monastères, orphelinats etc. Avec peu de moyens on peut y faire beaucoup, mais les indigènes sont très pauvres. Nous comptons donc sur les prières de nos fidèles en Europe et sur leur générosité afin que cette mission en Afrique prenne de l'essor pour la Gloire de Dieu et le salut de ces Camerounais, qui sont assoiffés de la vraie orthodoxie, n'ayant connu jusqu'à présent qu'une orthodoxie pleine des scandales et de racisme. (Lisez la lettre du fidèle Gilles, (bulletin n° 101) qu'il m'avait envoyée avant mon arrivée.)


hiéromoine Cassien

La coutume, qui s'est peu a peu établie chez quelques-uns, ne doit pas empêcher la vérité de prévaloir et de triompher. Car la coutume sans la vérité n'est qu'une erreur qui est vieille.
saint Cyprien de Carthage (lettre 74)

Mais quelle faite pourrait être plus grave, quelle tache plus affreuse, que de s'être dressé contre le Christ, que d'avoir divisé son Église, faite et fondée au prix de son Sang, que d'avoir mis en oubli la paix et la charité de l'évangile, pour combattre dans des sentiments d'hostilité et de discorde furieuse le peuple de Dieu, qui n'a qu'un coeur et qu'une âme ?
saint Cyprien de Carthage (lettre 72)

LES PÈRES DE L'ÉGLISE


Dans ce bulletin et les suivants, j'exposerai, plaise à Dieu, les pères de l'Église, leur vie et leurs écrits. Qui sont ces pères ? Ce sont ceux qui nous ont engendré dans la foi par leur vie de prière et d'ascèse et nous enseignent par leurs écrits que la Tradition nous a transmis. Le nombre de ces pères, Dieu seul le sait, et je ne fais donc que présenter les plus connus.

SAINT NICOLAS CABASILAS

Nicolas naquit au 14e siècle, vers 1322, d'une famille aristocratique, de laquelle sortaient d'autres personnages illustres : son oncle Nil, métropolite de Thessalonique (+ 1363), le grand dioecète Théodore, l'archidiacre Michel etc.
Cabasilas commença ses études dans sa ville natale, Salonique et les poursuivit à Constantinople. Après avoir franchi le cap de la vingtaine, Nicolas commence une carrière politique. L'empire est alors déchiré entre Jean V Paléologue et Jean VI Cantacuzène. Nicolas est envoyé en ambassade à Berrhée. Ce service périlleux sera reconnu par Jean VI qui fit de Nicolas son conseiller.
En 1353, Cabasilas, simple laïc, est proposé comme successeur du patriarche Calliste.
En 1354 Jean VI doit abdiquer, et c'est la fin de la carrière politique de Nicolas.
Notre saint pris ouvertement parti pour saint Grégoire Palamas dans la controverse sur l'hésychasme, selon lequel l'homme peut connaître Dieu dans ses Énergies mais non selon sa Nature qui est incompréhensible.
Saint Nicolas s'endormit entre 1391 et 1397.
Il est vénéré comme saint et sa fête tombe le 20 juin. Sur l'ic"ne, qui se trouve dans la métropole de Théssalonique, le saint est représenté comme simple laïc et il semble donc qu'il n'ait jamais embrassé la vie monastique, ni reçu un ordre sacré.

Parmi ses écrits, deux ouvrages se distinguent : la Vie en Christ et l'explication de la divine Liturgie.
Le premier est un ouvrage de théologie spirituelle, dans lequel la vie surnaturelle est représentée comme une vie d'union avec le Christ qui nous est communiquée par les sacrements, moyennant notre collaboration.
Le second explique en termes simples la divine Liturgie, son symbolisme, sa portée morale et sa dimension théologique.
D'autres écrits de lui nous sont parvenus mais d'une portée moins importante, par leur contenu et leur volume, comme : la prière à Jésus Christ, une exégèse des visions d'Ézéchiel, des nombreuses homélies, des panégyries etc.

BIBLIOGRAPHIE :

Nicolas Cabasilas
Explication de la divine Liturgie
Sévérien Salaville
Sources chrétiennes n° 4 bis
Les éditions du Cerf (38,11 euros)

Nicolas Cabasilas
La vie en Jésus Christ
Chevetogne 1960 ou
Sources chrétiennes (Éditions du Cerf) :
tome 1 n° 355 (39 euros)
tome 2 n° 361 (26 euros)

Nicolas Cabasilas
La Mère de Dieu
L'Age d'homme

Il est impossible que celui qui adhère toujours à Dieu perde l'espérance ou soit laissé sans défense.
saint Grégoire de Nysse (De Instituto Christiano)
De même que la paix veut dire l'unité dans la multitude, de même l'agitation fait de l'individu une multitude.
Nicolas Cabasilas (Explication de la divine Liturgie 12,7)

Évêque Nicolaï D. Velimirovitch de l'Église orthodoxe serbe

LA FOI DES SAINTS

Catéchisme de l'Église Orthodoxe

EXPLICATION DU CRÉDO

(suite)


Le sixième article
Q. Quand le Seigneur est-Il monté de la terre aux cieux ?
R. Le quarantième jour après sa Résurrection.

Q. Comment appelle-t-on ce jour ?
R. Le jour de l'Ascension.

Q. De quel endroit Jésus Christ est-Il monté aux cieux ?
R. Du Mont des Oliviers.

Q. Qui étaient les témoins oculaires de son Ascension ?
R. Tous ses fidèles disciples.
Q. Pourquoi le Seigneur est-Il monté aux cieux ?
R. Pour retourner, après avoir accompli son service auprès des hommes, à sa Demeure éternelle d'où Il était descendu.

Q. Est-Il monté aux cieux avec son Corps d'homme ?
R. Oui, avec celui-là même, ressuscité des morts.

Q. Pourquoi est-Il monté visiblement, devant beaucoup de témoins oculaires ?
R. Pour donner l'assurance à tous ses fidèles qu'eux aussi allaient monter aux cieux après la Résurrection générale.

Q. Que signifient les mots : «siège à la Droite du Père» ?
R. Jésus Christ partage avec son Père la même Majesté, la même Gloire et la même Puissance. Avant son Ascension, Il en rendit témoignage à ses disciples en disant : «Tout pouvoir M'a été donné dans le ciel et sur la terre» (Mt 28,18).

Le septième article
Q. Que nous apprend le septième article du Crédo ?
R. La seconde Venue du Christ, son Jugement des vivants et des morts et l'établissement final de son Royaume des Cieux.

Q. La seconde Venue du Christ sera-t-elle différente de la première ?
R. Oui, très différente en effet. La première fois, Il vint en grande humilité, avec le but de servir les hommes et de souffrir pour eux. La seconde fois, Il viendra en majesté et gloire, avec le but de juger les hommes, les vivants et les morts.

Q. Comment décrivit-Il Lui-même sa seconde Venue ?
R. Il dit : «Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa Gloire, avec tous les anges, Il s'assiéra sur le tr"ne de sa Gloire. Toutes les nations seront assemblées devant Lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs.» (Mt 25,31) Et ensuite, Il jugera les justes et les injustes, selon leurs oeuvres.

Q. Y a-t-il d'autres descriptions de sa seconde Venue ?
R. Oui, plusieurs. Par exemple, saint Paul, voulant consoler ceux qui pleurent leurs défunts, dit : «Car le Seigneur Lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la Trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement» (1 Thess 4,16).

Q. Y a-t-il un autre témoignage céleste de sa seconde Venue ?
R. Oui, les deux anges qui apparurent lors de son Ascension dirent aux ap"tres : «Hommes galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous L'avez vu allant au ciel» (Ac 1,11).

Q. Qu'est-ce qui nous est révélé de plus concernant le Jugement dernier ?
R. Le Christ Lui-même dit que lorsqu'Il reviendrait en puissance et gloire, «Il rendra à chacun selon ses oeuvres.» (Mt 16,27)

Q. Que dira-t-Il aux fidèles et aux bons ?
R. «Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde» (Mt 25,34).

Q. Et que dira-t-Il aux infidèles et aux méchants ?
R. «Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges»(Mt 25,41).

Q. Quelle sera le dénouement ?
R. Les bénis iront à la vie bienheureuse et éternelle, les maudits au châtiment éternel.

Q. Comment la seconde Venue du Seigneur arrivera-t-elle ?
R. Elle arrivera subitement. «Comme l'éclair part de l'Orient et se montre jusqu'en Occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme» ( Mt 24,27).

Q. Quand sa seconde Venue, le Jugement dernier et la fin du monde auront-ils lieu ?
R. Le moment de ces événements redoutables ne nous a pas été révélé. Notre Seigneur Jésus Christ n'avait fait que nous prévenir d'être toujours prêts à aller à sa Rencontre. «Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra» (Mt 24,42) — nous avertit-Il avec force.

Q. Comment pouvons-nous nous préparer à ce jour redoutable ?
R. En pensant, sentant et agissant de façon droite, selon son enseignement, les préceptes de l'Église et les exemples donnés par ses saints.

Q. Mentionna-t-Il quelques signes de la fin qui approcherait ?
R. Oui, des guerres, des révolutions, des tremblements de terre, des tempêtes, de la famine, la peste, des tribulations, de faux docteurs, des trahisons réciproques, une augmentation de la haine et une diminution de l'amour, des spectacles effrayants, de grands signes venant du ciel, la détresse et la confusion des nations etc. (Mt 24 et Lc 21)

Q. Mais sommes-nous certains que dans ces circonstances, le Christ prévaudra ?
R. Absolument. En toute circonstance, notre Seigneur et Sauveur aura le nombre définitif des âmes sauvées, comme Il l'avait prévu au commencement du drame du monde. Et personne de ceux qui croient en Lui et invoquent son Nom ne périra.

Le huitième article
Q. Pourquoi le saint Esprit est-Il appelé Seigneur ?
R. Pour la même raison que le Père et le Fils.

Q. Est-Il donc Dieu ?
R. Oui, Il est vrai Dieu du vrai Dieu. Seulement, Il n'est pas engendré du Père comme le Fils, mais Il procède du Père.

Q. Pourquoi disons-nous alors que nous croyons en un seul Dieu ?
R. Nous croyons en un seul Dieu, dont le Mystère le plus intime nous est révélé par le Christ, comme l'harmonie absolue des trois Personnes divines de la même Essence divine. C'est pourquoi nous parlons d'un Dieu triadique ou d'une Trinité dans l'unitéÉ donc d'un seul Dieu.

Q. Dieu ne S'était-Il pas révélé en tant que sainte Trinité dans l'Ancien Testament ?
R. Pas très clairement. Isaïe entendit dans sa vision les grands séraphins chanter à Dieu assis sur son tr"ne «Saint, saint, saint est le Seigneur des armées.» (Is 6,3) Le mot «saint» répété trois fois correspond aux trois Personnes en Dieu. (v. aussi Gn 1,26)

Q. Pourquoi Dieu ne S'était-Il pas révélé clairement comme sainte Trinité dans l'Ancien Testament?
R. Comme un homme ne révèle pas ses secrets les plus intimes à ses serviteurs et à des étrangers, mais à ses enfants, de même Dieu ne révéla pas le mystère de son Être à un peuple d'«étrangers» qui étaient les serviteurs et esclaves de la Loi, mais réserva sa Révélation à ses enfants d'amour dans le Nouveau Testament.

Q. Comment fut révélée la sainte Trinité dans le Nouveau Testament ?
R. Aussi clairement qu'un homme, encore dans son corps, pouvait le supporter. L'archange Gabriel annonça à la sainte Vierge : «Le saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de DieuÉ» (Lc 1,35) Ainsi, tous les trois sont mentionnés ici : le saint Esprit, le saint Père et le saint Fils.

Q. Y eut-il une autre occasion ?
R. Oui. Quand Jésus fut baptisé dans le Jourdain, «les cieux s'ouvrirent et le saint Esprit descendit sur Lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé; en Toi J'ai mis toute mon affection.» (Lc 3,21;22)

Q. Et une autre ?
R. Saint Jean l'évangéliste dit nettement : «Il y en a trois qui rendent témoignage : l'Esprit, l'eau et le sang, et les trois sont d'accord.» (1 Jn 5,7) Par le Verbe, Jean entend le Fils, comme nous le voyons dans son évangile. (1,14)

Q. Encore une autre ?
R. Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : «Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.» (Mt 28,19)

Q. Pourquoi appelle-t-on le saint Esprit «Donateur de Vie» ?
R. Parce qu'il n'y a pas de vraie vie sans l'Esprit saint Dieu, ni au ciel, ni sur la terre.

Q. Pourquoi l'Église orthodoxe seule enseigne que le saint Esprit «procède du Père» seul, et non aussi du Fils, comme l'enseignent les confessions hétérodoxes ?
R. Parce que l'Église orthodoxe pense avec raison que Dieu Se connaît mieux Lui-même que ne le font les hommes. Et notre Seigneur Jésus Christ révéla tous les mystères à ses disciples au sujet de la procession du saint Esprit, disant «l'Esprit de Vérité, qui procède du Père rendra témoignage de Moi» (Jn 15,26)

Q. Que veut dire que le saint Esprit a parlé par les prophètes ?
R. C'est la vérité. Saint Pierre écrit : «Éaucune prophétie de l'Écriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu.» (2 Pi 1,20-21)

Q. Les ap"tres étaient-ils, eux aussi inspirés et poussés par le saint Esprit ?
R. Certainement. Mais ce fait n'est pas mentionné dans le Crédo, car il est évident et n'a été nié par personne. Seuls les prophètes sont mentionnés car à cette époque, certains hérétiques niaient le fait que l'Ancien Testament fut écrit sous l'inspiration de l'Esprit saint.

Q. Le saint Esprit a-t-Il apparu sous une forme visible ?
R. Oui, sous forme de colombe, lors du baptême du Christ et sous forme de langues de feu se posant sur les ap"tres, lors de la Pentec"te, 50 jours après Pâques.

Q. Tous les chrétiens peuvent-ils participer de l'Esprit saint ?
R. Oui, selon les paroles de réprimande que le Christ adressa aux Juifs : «Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-Il le saint Esprit à ceux qui le Lui demandent.» (Lc 11,13) Et saint Paul écrivit : «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?» (1 Cor 3,16)

Q. Quels dons pouvons-nous obtenir par l'acquisition de l'Esprit saint ?
R. Tous les dons possibles, tels que la sagesse, l'intelligence, le conseil, la connaissance, la crainte de Dieu, la force, l'humilité, la chasteté, la sainteté et d'autres.

Q. Par quels moyens pouvons-nous mériter du Seigneur son Esprit saint et ses Dons ?
R. Par la vigilance stricte sur notre coeur et notre langue; par la prière et la charité, ainsi que par la réception de saints Mystères.

Le neuvième article
Q. Qu'est-ce que l'Église ?
R. Une communauté exceptionnelle dans l'histoire de l'humanité, car elle est la famille de Dieu, créée par la Parole et le Sang de Jésus Christ et guidée et visitée par Dieu le saint Esprit.

Q. Que dit le Christ de l'Église ?
R. Il dit : «Et Moi,É Je bâtirai mon Église, etÉ les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.» (Mt 16,18)

Q. Quelle est la relation entre le Christ et les membres de son Église ?
R. Celle que Saint Paul définit clairement en disant : «Vous êtes le Corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.» (1 Cor 12,27) Les peines et les joies d'un membre de ce Corps sont ressenties par les autres.

Q. Qui sont les membres de l'Église ?
R. Tous ceux qui, hommes et femmes, sont unis par la même foi et la même espérance, liés par la loi d'amour du même Dieu, sanctifiés par les mêmes Mystères et dirigés par des évêques et des prêtres légitimes.

Q. En quoi diffère l'Église de toutes les autres communautés et organisations séculières et religieuses en ce qui concerne ses membres ?
R. En ce que ses membres défunts en font aussi partie, ce qui n'est le cas dans aucune autre communauté.

Q. Comment cela ?
R. Quand les membres de l'Église terrestre meurent, ils se séparent de leur corps, mais non de l'Église. Leur âme entre dans l'Église céleste. Car il existe deux ailes de l'Église : l'aile visible et l'aile invisible.

Q. Qui sont les membres de l'Église visible ?
R. Tous les chrétiens qui vivent dans leur corps visible et luttent pour la perfection chrétienne.

Q. Qui sont les membres de l'Église invisible ?
R. Tous les chrétiens orthodoxes qui sont morts dans la foi en Christ pendant les vingt derniers siècles, de même que les justes de l'Ancien Testament que le Christ a sauvés en descendant en enfer.

Q. Nos parents, frères, soeurs, enfants, connaissances et amis défunts appartiennent-ils à cette Église invisible ?
R. Sans nul doute, à condition qu'ils aient vécu et soient morts en chrétiens.

Q. Quelle est Église la plus grande, la visible ou l'invisible ?
R. C'est, de loin, l'invisible, puisque ses membres augmentent sans cesse.

Q. Y a-t-il une relation entre l'Église visible et l'Église invisible ?
R. Oui, c'est ce que nous appelons la communion des saints.

Q. En quoi consiste-t-elle, cette communion ?
R. En prières et oeuvres de charité des vivants pour les âmes des défunts, d'une part, et en prières et intercessions des défunts pour les vivants, d'autre part.

Q. Quelles sont les caractéristiques de l'Église du Christ ?
R. Elle est une, sainte, catholique et apostolique.

Q. Pourquoi l'Église est-elle appelée une ?
R. Parce qu'elle est un seul Corps spirituel avec une seule Tête, Jésus Christ, habité par un seul saint Esprit. L'Ap"tre parle de l'unité absolue de l'Église en disant : «Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous.» (Éph 4,4-6)

Q. Quelle est la plus haute autorité dans l'Église orthodoxe ?
R. Les Conciles oecuméniques (ou Universels) réunissant les représentants de toutes les Églises-Soeurs indépendantes.

Q. Quelle est la plus haute autorité dans les Églises provinciales ?
R. Le patriarche ou l'archevêque avec le synode des évêques.

Q. L'homme peut-il être sauvé en dehors de l'Église ?
R. Non. Car l'Église est la dépositaire de la Grâce de Dieu, sans laquelle l'homme ne peut être sauvé, il est comme un bras coupé d'un corps vivant.

Q. Pourquoi l'Église est-elle appelée sainte ?
R. Parce qu'elle est rendue sainte par la Sainteté de son Fondateur et Chef, Jésus Christ, ses saints Paroles et Actes et son saint Sacrifice, et parce que le saint Esprit demeure en elle et Se communique à travers les saints Mystères; aussi parce que son but est de rendre les hommes saints, et enfin parce qu'elle a produit et continue à produire un grand nombre d'hommes et femmes saints et une armée de martyrs.

Q. Qu'est-ce qui est dit dans l'Écriture de la sainteté de l'Église ?
R. Par exemple : «Christ a aimé l'Église, et S'est livré Lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant Lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. (Éph 5,25-27)

Q. Les pécheurs à l'intérieur de l'Église corrompent-ils l'Église par leurs péchés ?
R. Les pécheurs se corrompent eux-mêmes, mais non l'Église, comme la fumée venant des cheminées ne salit pas toute l'atmosphère de la terre.

Q. L'Église aide-t-elle les pécheurs à se corriger ?
R. Beaucoup, puisque c'est une des tâches principales de l'Église que de purifier les pécheurs et de les transformer en membres saints de la sainte famille de Dieu.

Q. Que fait l'Église des pécheurs qui refusent obstinément son appel à la repentance ?
R. Elle les sépare de son Corps comme des membres (pourris, infectés, corrompus) gangrenés, suivant les Paroles du Christ : «És'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. (Mt 18,17)

Q. Pourquoi l'Église est-elle appelée universelle ?
R. Parce qu'elle n'est limitée ni à un lieu, ni à une époque, ni à une race, ni à une langue. Elle fait appel à l'humanité entière. Le Christ ressuscité instruisit ainsi ses disciples : «Allez, faites de toutes les nations des disciplesÉ » (Mt 28,19)

Q. Y a-t-il une autre raison pour laquelle l'Église est appelée universelle ?
R. Elle est appelée universelle aussi parce qu'elle contient toutes les Vérités et Moyens universels pour le salut de chaque âme humaine du monde entier.

Q. Pourquoi l'Église est-elle appelée apostolique ?
R. Parce que l'esprit, la doctrine et les pratiques des ap"tres y sont entièrement et soigneusement sauvegardés dans notre Église.

Q. L'Église doit-elle obéir aux ap"tres en tout ?
R. Absolument.

Q. Pourquoi ?
R. Parce que le Christ les a élus et autorisés à parler et à agir en son Nom. Il leur a dit : «vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec Moi dès le commencement.» (Jn 15,27)

Q. Devons-nous donc les écouter comme nous écoutons le Christ ?
R. Exactement. Car Il dit à ses ap"tres : «Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.» (Mt 10,40) De plus, Il menaça beaucoup les cités qui ne recevraient pas les ap"tres, par ces paroles terrifiantes : «Je vous le dis en vérité : au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là.»(Mt 10,15)

Q. De quelle autorité particulière le Seigneur a-t-Il doté les ap"tres ?
R. De lier et de délier. «Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.» (Mt 18,18) et «Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.» (Jn 20,23)

Q. Qu'appelle-t-on la succession apostolique ?
R. C'est la continuité légitime de la hiérarchie, c'est-à-dire la chaîne ininterrompue de la pratique de transmettre la grâce et l'autorité dans l'Église, des ap"tres aux évêques et des évêques aux prêtres et diacres par l'imposition des mains.

Q. Notre vénérable Église orthodoxe a-t-elle préservé fidèlement la succession apostolique ?
R. Oui.

Q. N'est-ce pas une gloire et un privilège d'être né et d'avoir été élevé dans cette Église ?
R. Si, certainement. Et nous devons en être reconnaissants à Dieu et à nos parents.

à suivre

ETATS-UNIS: L'autoroute 666 change de nom à cause d'un trop grand nombre d'accidents...

L'État du Nouveau Mexique a décidé de rebaptiser l'autoroute US 666, surnommée "l'autoroute du diable" en référence au nombre 666 attribué à la Bête dans le livre de l'Apocalypse.

Les législateurs ont déclaré avoir pris cette décision après avoir constaté le nombre élevé d'accidents sur cette autoroute et le fait que les jeunes automobilistes étaient persuadés que "le diable y contr"lait la situation".

Trouvé sur http://voxdei2.free.fr/infos

Du vrai repentir
(sur le fils prodigue)


Jean Beziat 24 février 2003.


«Nous mettons un terme aux scandales causés par notre faute, et pour cela nous révoquons et dénonçons tout ce qui depuis 1937 jusqu'à ce jour a été écrit ou dit par nous, par prédications, éclaircissements, publications et encycliques, se heurtant et s'opposant aux principes de l'Eglise orthodoxe orientale du Christ et de notre lutte livrée pour l'Orthodoxie, laquelle prédication est stipulée dans l'encyclique publiée par notre Saint Synode en 1935, sans aucun ajout ni retrait, pas même le terme technique "'en puissance et en acte''» (Chrysostome de Florina; 1950)

Certains prétendus "'Vrais Chrétiens Orthodoxes'' ont depuis 1950 osé comparer Chrysostome de Florina au Fils Prodigue de la parabole, et Mgr Matthieu au frère aîné.
Examinons donc le contenu de la dite parabole. Que lisons-nous ? Il y a tout d'abord un retournement intérieur ; le fils prodigue se dit dans son coeur : je reviendrai vers mon père et lui dirai : j'ai péché contre le ciel (c'est-à-dire contre ta maison, contre l'Eglise) et contre toi ; je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traîte-moi comme un de tes ouvriers (Lc 15,19). Puis les actes suivent, conformes à l'intention ; le fils retourne effectivement vers son père, et dit : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. (Lc. ; 15, 21). La répétition de la phrase n'est point fortuite. En effet, ce qui valide l'intention première, c'est le passage à l'acte : pourquoi sinon cette répétition dans la bouche du Seigneur, s'il ne s'agit pas de bien marquer d'un c"té l'intention, le repentir du coeur, et de l'autre la réalisation effective, qui est son parachèvement et sans laquelle le vouloir perd toute sa valeur.
Comparons maintenant à la déclaration "'florinienne'' de 1950 :
1. Chrysostome attend la mort de Matthieu (la lettre d'excuses est envoyée quelques jours après le trépas);
2. Il adresse ses excuses aux seuls prêtres "'matthéistes'' (non aux évêques);
3. Il donne des consignes (qu'on reçoive les néocalendaristes par une chrismation), comme si les "'matthéistes'' l'avaient attendu pour savoir comment faire en pareil cas.
4. Il signe : le président du Synode des V.C.O.
Quel dr"le de fils prodigue, en fait, qui attend la mort de son frère pour revenir vers le père ! Le fils de la parabole adresse-t-il ses excuses aux seuls ouvriers ? Leur donne-t-il des consignes ? S'intronise-t-il maître de maison ? Revendique-t-il le droit d'aînesse ?
Comment en effet un évêque qui n'est plus digne d'être appelé fils peut-il prétendre remplacer celui qui, à cause même de la défection du premier, fut poussé à consacrer seul un tiers ? En s'arrogeant un titre d'évêque, de co-évêque, d'archevêque ou même de président de synode, Chrysostome allait indubitablement contre tous les canons et tous les Pères, à savoir notamment :

Canon 80 des Ap"tres : celui qui a fait retour d'une conduite dépravée, il n'est pas juste de le promouvoir sur-le-champ à l'épiscopat ; il est en effet injuste que se fasse maître des autres celui qui n'a point fait ses preuves;

- Saint Pierre, archevêque d'Alexandrie, "'Discours sur la pénitence de ceux qui apostasièrent après le seul emprisonnement'' : Quant à ceux qui après avoir été seulement jetés en prison et avoir souffert les peines et les odeurs fétides dans la prison comme s'ils y étaient assiégés, ont été ensuite faits captifs, sans le combat des supplices, opprimés par manque de force et une sorte d'aveuglement, il suffira une année de pénitence en plus du temps déjà accompli ; "'Sur la pénitence des clercs "' : Il n'est pas raisonnable que ceux du clergé, qui se sont livrés volontairement, ont failli puis ont repris le combat, restent désormais en fonction, vu qu'ils ont abandonné le troupeau du Seigneur et se sont fait blâmer, ce qu'aucun ap"tre n'avait fait ; ...ceux qui dans la prison prétendent à l'exercice de leur fonction de clerc, parce qu'après leur chute ils ont repris le combat, n'ont point de sens : comment réclament-ils ce qu'ils ont abandonné, alors qu'ils auraient pu être utiles aux frères en un temps pareil ? Tant qu'ils n'avaient pas failli, ils avaient une excuse pour leur action déraisonnable; mais une fois tombés, donnant l'impression qu'ils avaient agi par vanité, et s'étant fait blâmer, ils ne sauraient exercer désormais leurs fonctions ;

- Canon 8 du Concile de Nicée, 1er Oecuménique : Il est évident que l'évêque de l'Église catholique conservera la dignité épiscopale, tandis que celui qui a été décoré du titre d'évêque par les cathares n'aura droit qu'aux honneurs réservés aux prêtres, à moins que l'évêque ne trouve bon de le laisser jouir de l'honneur du titre; s'il ne le veut pas, qu'il lui donne une place de chorévêque ou de prêtre, afin qu'il paraisse faire réellement partie du clergé, sans qu'il y ait deux évêques dans une ville ;


- Saint Athanase d'Alexandrie; Lettre à Rufinien, évêque : Aux faillis qui ont été les chefs de l'impiété on accordera le pardon s'ils se repentent, mais on ne leur donnera pas de place dans le clergé ; tandis qu'à ceux qui n'ont pas été les maîtres de l'impiété, mais furent entraînés par force et sous la contrainte, on décide d'accorder le pardon et de leur laisser une place dans le clergé; surtout parce qu'ils présentent une excuse plausible et que leur geste semble avoir eu lieu par mesure de prudence ;

- Saint Basile, évêque de Césarée; Prologue des "'Règles Monastiques'' : Sans nous donner aucune peine pour observer les commandements du Seigneur, nous nous croyons, dans la vanité de notre âme, dignes de recevoir les mêmes récompenses que ceux qui ont résisté au péché jusqu'à la mort. Mais qui donc a pu s'asseoir et dormir chez lui au temps des semailles et ramasser ensuite au moment de la moisson des gerbes pleins les bras ? Qui a fait la vendange sans avoir ni planté ni cultivé la vigne ? Les fruits sont pour ceux qui ont peiné, les récompenses et les couronnes pour ceux qui ont vaincu. (…) Pour nous, dès que nous croyons avoir observé un précepte, (…) au lieu de craindre la colère pour ceux que nous avons négligés, nous attendons déjà la récompense pour celui que nous avons respecté ! Si quelqu'un (…) a reçu un seul talent et le rend entier tel qu'il l'a reçu, il sera condamné pour n'avoir rien ajouté à ce qui lui a été donné. Qui frappe une seule fois son père, même après l'avoir respecté pendant dix ans, sera non point honoré pour sa piété filiale, mais jugé comme parricide. (…) Ici, il sera bon de se rappeler saint Pierre. Après s'être si bien comporté en tant d'occasions, après avoir mérité d'être appelé bienheureux, il s'entendit dire, pour une seule fois qu'il se déroba : Si je ne te lave pas les pieds, tu n'auras point de part avec moi (Jn. ; 13, 8), et cependant, j'omets de le mentionner, son refus ne signifiait nullement l'indifférence ou le mépris, mais indiquait plut"t le respect et la déférence. (…) Ecoute le Seigneur : Entrera dans le royaume des cieux non pas quiconque dira : Seigneur, Seigneur, mais celui qui accomplit la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Mt. ; 7, 21). Bien plus, si quelqu'un accomplit cette volonté, mais non de la manière que Dieu veut ni dans les dispositions d'amour de Dieu, c'est en vain qu'il s'est mis en peine (…). D'où saint Paul a pu dire : Quand même je distribuerais mes biens aux pauvres et livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne sert à rien (I-Cor. ; 13, 3)… Quel est le directeur de jeux assez dénué de jugement pour estimer dignes des mêmes couronnes le vainqueur et celui qui n'a même pas combattu ? Quel chef d'armée appellera ceux qui n'ont même pas paru dans la mêlée, à recevoir, avec ceux qui ont remporté la victoire, une part égale au butin ? Dieu est bon, mais il est juste aussi ; or, c'est le propre du juste de rendre à chacun selon son dû (…). Ne nous faisons donc pas de Dieu une idée tronquée et ne cherchons pas dans sa bonté un prétexte à la négligence. (…) Il n'est donc pas possible de faire notre salut sans accomplir toutes les oeuvres que nous impose le Seigneur, et il n'est pas sans danger de négliger quoi que ce soit de ce qui nous est prescrit, car c'est un funeste orgueil de prétendre juger le divin législateur et d'examiner les lois pour en admettre les unes et rejeter les autres. Lettres à saint Amphiloque, évêque d'Iconium, sur les canons : Quant aux parjures aussi, s'ils ont transgressé leurs serments sous la force et la contrainte, ils seront soumis à des pénitences plus légères, de manière à être réconciliés au bout de six ans.


En guise de pénitences, Chrysostome se contente de demander, à la fin de son encyclique de 1950 la miséricorde de Dieu pour toute déviation !… Et il signe : Le Saint Synode : le président, Chrysostome de Florina. C'est un peu comme si le pape de Rome prononçait aujourd'hui un de ces discours de repentir dont il a usé et abusé ces dernières années, revenait à une confession verbale totalement orthodoxe, et signait : l'Eglise Une : son chef, Jean-Paul II. Quel évêque orthodoxe ne crierait à l'escroquerie ? A propos de Chrysostome de Florina (qui livra contre une promesse de sortie de prison sa primauté au sein du Combat), je préfère quant à moi évoquer Esaü : Qu'aucune racine amère ne pousse des rejetons et ne cause du trouble, ce qui contaminerait toute la masse, qu'enfin il n'y ait aucun impudique ni profanateur, comme Esaü qui, pour un seul mets, livre son droit d'aînesse. Vous savez bien que, par la suite, quand il voulut obtenir la bénédiction, il fut rejeté ; car il ne put obtenir un changement de sentiment, bien qu'il l'eût recherché avec larmes (Hébr 12,15-17).
Et pour en finir avec ceux qui croient encore aujourd'hui que le schisme de 1937 n'en était pas un, je ne dirai qu'une chose : si ce schisme n'en est pas un, alors Chrysostome s'est-il "'repenti'' ? Comparer ce dernier au fils prodigue, voilà bien une arme qui se retourne contre ceux qui la brandissent : ne retourne vers le père que celui qui s'en est éloigné. C'est un aveu : la séparation de 1937 avait bien pour cause une décision schismatique de Chrysostome.
Bien sûr, certains diront : confesser le Nouveau Calendrier, c'est une chose ; et c'est une autre chose que de le rejeter tout en admettant la grâce sacramentelle chez certains néo-calendaristes en l'attente d'une décision synodale qui en fait avait déjà traité la question trois siècles et demi plus t"t. Si c'est une autre chose, pourquoi Chrysostome s'en est-il excusé ? Et pourquoi le "'Thabor'' n°21 (p. 91) met-il dans le même panier ceux qui sont impliqués dans l'oecuménisme, soit directement, par le fait de professer la théorie des branches, soit indirectement, par le fait d'être en communion avec ceux qui la professent ? Ensuite, on ne saurait sans grave danger pour la foi admettre un seul instant le maintien de la grâce chez des schismatiques/hérétiques après la confession de leur pseudo-foi, qu'il soit question de sanction synodale ou non. Chrysostome, motivé par la promesse d'une sortie de prison et le désir de "ratisser large'', introduisit à cet effet une innovation, à savoir que les schismes se répartiraient, soi-disant, en "schismes en puissance'' et "schismes en acte'', et que seule une de ces deux catégories, bien évidemment, signifiait le retrait immédiat et absolu de la grâce. Matthieu de Vresthène se sépara dès lors de Chrystostome, qui venait par ces impostures de se séparer de l'Eglise. C'est d'ailleurs ce que pensa aussi Auxence, qui resta ainsi 11 ans sous l'omophore de Matthieu.
Passons maintenant aux suites de l'encyclique de 1950. Nous avons vu que le 5 juin 1974 (encyclique n° 1191), Auxence en réitéra les termes. Pourquoi donc ? Il l'avouait lui-même : Afin de ne pas devenir une source de scandales parmi nos frères et attirer ainsi le jugement que nous ne pratiquons pas ce que nous enseignons. Y avait-il donc des doutes sur le synode 'auxentien'' ? Des choses graves, en effet, nous ont été cachées : jusqu'en 1948, Matthieu était resté le seul évêque orthodoxe en Grèce. Dans ces circonstances exceptionnelles, et vu que les églises russes ignoraient tout de ce qui se passait en Grèce (ou par phylétisme s'en désintéressaient), après avoir pris longuement conseil, Matthieu ordonna un second évêque, puis ensemble ces deux évêques en désignèrent d'autres, lesquels à leur tour intronisaient Matthieu archevêque. Certes, en temps normal, ces actes sont anticanoniques, mais les circonstances, exceptionnelles, l'imposaient, comme elles l'imposèrent en d'autres temps et d'autres lieux, à l'occasion de persécutions notamment. A partir de là, on nous apprend insidieusement qu'Auxence quitta Matthieu par désapprobation de l'ordination de 1948. Ce fut effectivement le prétexte qu'il invoqua. Rejoignit-il pour autant Chrysostome ? Non point : il transita par la juridiction du Sinaï. C'est qu'à la vérité Auxence, envoyé en Amérique à la fin des années 40, avait été défroqué par Mgr. Matthieu pour cause de détournement d'argent. En 1950, Mgr Matthieu meurt (en odeur de sainteté), et à peine quelques jours plus tard Chrysostome présente ses excuses aux prêtres et aux fidèles qui ne l'avaient pas suivi dans son erreur, retire l'expression "'schisme en puissance et schisme en acte'', se repent du trouble et du scandale causés, et demande que les néo-calendaristes soient reçus comme des schismatiques ou des hérétiques, c'est-à-dire par une chrismation. Que fait dès lors Auxence, pour qui l'occasion est trop belle ? Il se place derechef sous l'omophore de ChrysostomeÉ En 1963, devant le vide béant laissé par l'absence de postérité de Chrysostome (+1955), Auxence, qui n'est donc plus prêtre, est ordonné "'évêque'', qui plus est sans l'assentiment de la hiérarchie R.H.F. et par deux "'évêques'' R.H.F. dont un certain Acace, lui-même peu de temps auparavant ordonné par un "'évêque'' R.H.F. oecuménisant et Éun pseudo-évêque néocalendariste roumain, Théophile ! (qui a toujours nié sa participation). La hiérarchie R.H.F. se contente d'une remontrance d'usage, et en 1969, sans autre forme de procès et au nom des grandes difficultés rencontrées par les églises orthodoxes, confirme l'ordination anticanonique d'Auxence. Autant dire que l'E.R.H.F. n'a rien confirmé du tout, si ce n'est sa propre sortie de l'Eglise.
Donc, admettons que tout soit valide : tous, dit-on hâtivement, confessent la même foi. Doivent-ils s'unir sans autre forme de procès ? Pas si vite, et relisons Basile (plus haut) : à la même table des agapes, il y aurait ceux qui luttèrent et, impénitents, ceux qui magouillèrent ? Ceux qui croient cela, je ne veux plus les voir, ni même les saluer, ni même entendre parler d'eux, car ils attentent à la justice de Dieu et à la charité envers Dieu.
Au lieu de s'offusquer de la gravité de l'accusation d'hérésie, les "'auxentiens'' et les autres feraient mieux de s'interroger sur l'éventuelle gravité de leurs inconséquences passées, et sur les conséquences qu'elles entraînent aujourd'hui, attendu que l'Esprit de Dieu n'a pas tel discours aujourd'hui et tel autre demain. Car c'est là encore un discours que l'on entend souvent chez les ex-"'floriniens'', à savoir que le temps confèrerait à leur ecclésiologie le droit à la reconnaissance, lui restituant sa canonicité perdue. Ainsi, il faudrait avec le temps rendre à Esaü son droit d'aînesse !É Le temps n'a pas de prise sur les saints canons de l'Eglise. Car dès lors rien n'empêche de dire la même chose au sujet du schisme romain de 1054, ou au sujet de l'introduction du nouveau calendrier au début des années 1920. L'Esprit saint ne tient pas un langage caduc. Le Seigneur est le même hier et aujourd'hui, et il le sera à jamais (Heb 13,8). Chrysostome de Florina et ceux qui l'ont suivi sont peut-être retournés en apparence à l'Orthodoxie, mais ils ne l'ont pas fait de la manière qui plaît à Dieu et à l'Eglise ; aussi reprendrai-je saint Basile (Prologue des "'Règles Monastiques'') : Ecoute le Seigneur : Entrera dans le royaume des cieux non pas quiconque dira : Seigneur, Seigneur, mais celui qui accomplit la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Mt 7,21). Bien plus, si quelqu'un accomplit cette volonté, mais non de la manière que Dieu veut ni dans les dispositions d'amour de Dieu, c'est en vain qu'il s'est mis en peine. A ce sujet, je ne me priverai pas de citer le proverbe de Salomon : Si quelqu'un détourne l'oreille pour ne pas écouter la Loi, sa prière même est une abomination (Pro 28,9). Et je le répète : il n'est pas vrai que nous ayons, avec ceux qui se prétendent "'V.C.O.'', la même foi : innovations et incohérences ecclésiologiques abondaient avant 1986 chez les R.H.F. et abondent aujourd'hui chez les "'auxentiens''. Et quand bien même nous aurions la même foi, il ne faudrait pas être moins prudents ; car comme le disait saint Jean Chrysostome : Si ces personnes confessent des dogmes contraires aux n"tres, alors il ne faut pas, à cause de cela, avoir des relations avec elles ; si encore elles ont les mêmes opinions que nous, raison de plus pour les éviter. Pourquoi donc ? Parce qu'elles sont atteintes d'une maladie contagieuse : la soif du pouvoir. (...) Que direz-vous ? Leur foi est identique à la n"tre, ils sont orthodoxes eux aussi. Si c'est le cas, pourquoi ne sont-ils pas avec nous ? (cité par saint Hilarion Troïtsky dans sa "'Lettre sur l'Unité de l'Église''.) Le retour à l'unité que certains désirent tant — et avec raison — ne se fera pas par la voie du compromis, du consensus, de la mise à plat, mais par celle du retour au sein de l'unité de la seule Église demeurée orthodoxe.
Les "'Vrais chrétiens orthodoxes'' si critiques à l'égard des "'Matthéistes'' montrent bien qu'en eux rampe encore le ver d'une ecclésiologie frelatée, dont le symbole même demeure la déclaration hétérodoxe d'Antony de Genève en Mars 1978 à Lyon (ce dernier avait osé affirmer que seul le clergé du Patriarcat de Moscou était dans l'erreur, non les fidèles, lesquels, de ce fait, ne devaient pas changer de synode, le Patriarcat continuant à faire partie de l'Eglise !) Mgr Epiphane de Chypre, fort justement, s'était insurgé contre cette conception ecclésiologique cacodoxe. Or, que se passa-t-il ? Non content de ne rien dire contre Antony, tous fustigèrent Epiphane (cf. "'Orthodoxie'' n° 4, Janv. 1979).
Ceci me donne l'occasion de contredire une idée fausse concernant "'l'orthodoxie'', "'l'orthopraxie'' et l'ecclésiologie erronée de l'Eglise Russe Libre (ex-Hors-Frontières), disons pour simplifier l'E.R.H.F. Jusqu'ici en effet, on nous laissait croire que cette Église n'était devenue schismatique qu'en 1986-87. L'affaire des "'ordinations'' d'Acace et Auxence (1962 !), sous le métropolite Anastase, ou la prière en commun de Léonty du Chili (+ 1966) avec des prélats papistes, tout cela montre bien qu'on était loin du compte. Tout ceci jette finalement un éclairage édifiant sur les affirmations d'Antony en Mars 1978 (diffusé par "'Le Messager Orthodoxe'', organe de l'E.R.H.F.); voici quelques extraits de ces aberrations :
A notre époque, quatorze ( ! ! !) Eglises locales autocéphales représentent l'Eglise Une du Christ. (…) D'une part, il y a les représentants officiels de l'Eglise et, d'autre part, l'Eglise même, Sa plénitude divine. C'est ainsi que l'Eglise de Constantinople continua d'exister même après la signature de l'union honteuse de Florence avec Rome, réalisée par ses mauvais pasteurs. De même, l'Eglise Russe existe en URSS jusqu'à maintenant, et ce malgré les dirigeants du Patriarcat de Moscou. (…) Le peuple de Dieu, la plénitude de l'Eglise, est divisé de nos jours par les représentants officiels : les patriarches qui ne sont pas libres, les métropolites titulaires, qui ont souvent peu de choses en commun avec le peuple de Dieu. Seuls ceux-ci parlent au nom de l'Eglise. Le peuple de Dieu se tait le plus souvent (…). Il existe de nos jours d'un c"té l'Eglise Une et de l'autre les désaccords et les opinions contradictoires de ses représentants officielsÉ
Voilà donc pour les énormités, assorties d'un jugement plus que déplacé à l'encontre des "'matthéistes'', présentés comme une secte schismatique, voie d'orgueil et de perte de la conscience catholique de l'Eglise, péchant contre le dogme de l'Eglise et contre le saint EspritÉ Voilà ce que dénonça Mgr Epiphane. La réaction d'Epiphane ne semble pas avoir été motivée par la seule déclaration de 1978, car il s'insurgeait déjà le 15 novembre 1977, dans une lettre à la Fraternité Internationale "'La Foi Transmise'' de Genève, suite à un courrier reçu d'Antony : De la lettre de S.E. l'Archevêque Antony, on apprend d'une façon claire et précise que celui-ci reste fidèle aux décisions des évêques russes du temps du métropolite Anastase (avant 1964), selon lesquelles l'Archevêché grec d'Amérique du Nord et du Sud, ainsi que le Patriarcat oecuménique, ne seraient pas schismatiques et qu'il n'aurait jamais rompu la communion spirituelle avec les dites églises "'canoniques'' au milieu duquel fut introduit le nouveau calendrier. Par conséquent, il n'y a aucune possibilité pour vous de retourner à l'Eglise à laquelle vous apparteniez sous l'Archevêque Antony de Genève, ni à aucune autre qui communie spirituellement avec lui.
Malgré son évidente bonne volonté (appel à l'union des V.C.O. de Pâques 1978, Epiphane écrivit à Mgr Philarète de New-York, à Pâques 1979 une lettre (protoc. N° 146) où il introduisait certaines "'clauses suspensives'' et demandait à ce dernier, avant d'envisager une quelconque communion, d'infirmer diverses irrégularités dont on accusait alors l'E.R.H.F. :
1) les mariages mixtes (indiscutablement opposés aux Canons des Conciles Îcuméniques et inconcevables comme économie même, - dixit Epiphane)É ;
2) les affirmations répétées d'Antony de Genève disant en substance : Notre Eglise n'a jamais cessé la communion avec les Eglises orthodoxes ayant introduit le nouveau calendrier ;
3) l'ambiguité du synode R.H.F. quant à la prétendue "'chirothésie'' de 1971 : Je suis tombé victime d'une information confuse et pour cette raison ai accepté de votre part l'imposition des mains comme "'prière d'absolution'' (mais non pas comme "'chirothésie'' …), affirme Mgr Epiphane, qui ne savait pas que l'E.R.H.F. était alors en communion avec des néo-calendaristes et qui s'était laissé abuser par une affirmation d'apparence orthodoxe de Mgr Philothée d'Allemagne (ce qui montre bien l'insuffisance de la seule confession verbale, non confirmée par les actes), conscient aussi qu'on avait abusé de sa faiblesse physique, comme il le dit en fin de lettre.
Autre chose importante, au passage : dans cette même missive, Epiphane affirmait catégoriquement que si vraiment Mgr Matthieu de Vresthène est resté tout seul avec une confession correcte et si vraiment il n'a pas trouvé de partenaire partageant la même confession, son action de considérer la situation comme une situation d'extrême nécessité et de procéder seul aux ordinations (de 1948), est non seulement admissible, mais impérative. Et plus loin, il ajoute : Ce n'est pas l'Eglise et les évêques qu'il a ignorés, mais de faux-évêques et de faux-docteurs. Là-dessus, Mgr Epiphane n'a en rien modifié son discours depuis 1979 jusqu'à aujourd'hui. Plus loin encore, Epiphane se faisait plus précis quant aux "'partenaires absents'' de 1948, et semble désigner assez clairement l'E.R.H.F. comme responsable de la décision de Mgr Matthieu : Si vraiment il est véridique que vous l'avez ignoré et abandonné au moment de l'épreuve, isolé et sans recours, je ne pense pas qu'aujourd'hui il soit conséquent de le juger et le critiquer pour avoir procédé seul à son entreprise.
A la fin de sa missive, Mgr Epiphane mentionnait : Lorsque les "'Andréiens'' se sont séparés de vous, vous avez écrit : Nous, tels nous étions avant, tels nous serons après ! (…) Si effectivement il est vrai qu'après 1971 vous êtes demeurés ce que vous étiez auparavant, c'est-à-dire en communion avec les Modernistes, je le déplore.
Sur tous ces importants points de doctrine, et notamment sur le sens à donner à la "'chirothésie'' de 1971, l'E.R.H.F., hélas, ne devait jamais lever les doutes de Mgr Epiphane.
Ainsi, il y a un ver dans le fruit du synode ex-"'auxentien'', et ce depuis le début : et ce ver, c'est l'ecclésiologie erronée des "'Russes Hors-Frontière''. Que se passe-t-il aujourd'hui (2002) ? Éun certain Vitaly ne revient-il pas r"der ? Sous prétexte de miséricorde, comme les Origénistes, on jette aux oubliettes la justice de Dieu. Car Dieu est bon, mais il est juste aussi ; or, c'est le propre du juste de rendre à chacun selon son dû (…). Ne nous faisons donc pas de Dieu une idée tronquée et ne cherchons pas dans sa bonté un prétexte à la négligence (Saint Basile, op. cit.)
Oui, le ver est passé dans le fruit, il est passé de l'ex-E.R.H.F. au synode "'auxentien'', comme le montre le scandaleux libelle d'Alexandre Kalomiros dix ans plus tard, intitulé "'La Comparaison'' et diffusé dans le "'Thabor'' n° 30-31 en 1991 sous le titre "'Ecclésiologie'' ; ce texte débute pourtant par une confession de foi admirable (Thabor'' n° 30 et début du n° 31) : Un évêque hérétique cesse d'être évêque. Il perd la grâce du sacerdoce, il se met hors de l'Eglise.(…) Qui a jamais vu un corps vivre avec une tête morte ? (…) L'évêque hérétique a perdu la grâce dès qu'il a commencé à prêcher, publiquement, son hérésie. Il est pseudo-évêque avant jugement synodal. (…) Celui qui est en opposition avec l'Eglise ne peut avoir le Sang du Christ qui purifie de tout péché. (…) La condition pour avoir la grâce de Dieu, c'est d'avoir la Vérité. (…) L'excommunication officielle a été le certificat de décès, certificat qui est délivré après la mort.
Hélas ce discours inspiré fait subitement place à celui du parti, et le théologien nous ressort quelques unes de ces énormités dont l'E.R.H.F. avait le secret, introduisant (ou réintroduisant) les concepts innovateurs d'"'hérésie progressive'', ou virtuelle, de "'grâce résiduelle'' et d'"'hérésie par ignorance'', avant de conclure :
Que ne soient pas scandalisés ceux qui nous entendent dire, d'une part, que les Néo-Calendaristes sont hérétiques et, de l'autre, qu'il y avait chez eux la grâce des sacrements, grâce qui devait se retirer au fur et à mesure que la maladie s'aggravait, les plongeant de plus en plus dans l'hérésie.
Et comme si cela ne suffisait pas, Kalomiros y ajoute la mauvaise foi la plus hypocrite :
Qu'ils ne considèrent pas non plus contradictoires les affirmations des Paléo-Calendaristes qui, en 1937, admettaient la présence de la grâce dans l'Eglise Néo-Calendariste et, en 1950, la niaient, voyant les Néo-Calendaristes persécuter sauvagement et sans pitié l'Eglise du Christ.
Il faudrait être bien bouché pour ignorer que les persécutions n'attendirent pas 1950 pour affecter les Paléo-Calendaristes ! Chrysostome de Florina en sait quelque chose (voir "'Orthodoxie'' n° 62 ; 1995)É Certes, les dites persécutions atteignirent leur comble de 1951 à 1954 (non en 1950), mais les "'matthéistes'' en furent les victimes bien plus que les "'florinistes'' (exil de Mgr André, martyre de Mère Mariam Soulakiotou, première higoumène de KerateaÉ)
Autre hypocrisie de Kalomiros : il compare les néo-calendaristes de 1937, coupables d'hérésie, aux îlots de grâce d'Occident qui luttèrent entre 869 et 1054 pour la foi orthodoxe et qui, pour cette unique raison (et non par une soi-disant "'économie'' de Constantinople), conservèrent la communion avec l'Orient.
A tout cela que répondre ? Non, M. Kalomiros, la grâce ne se retire pas au fur et à mesure que la maladie s'aggrave ; car l'hérésie n'est pas une maladie : elle est une mort. Votre ecclésiologie est inconséquente ; elle part d'un présupposé fallacieux et partisan — le prêche de la paroisse du moment — et assimile des choses non semblables. Vous invoquez l'ignorance pour dédommager les schismatiques "'floriniens'' de 1937, alors que ceux chez qui ces derniers voyaient un résidu de grâce sacramentelle n'ignoraient rien du tout, alors même que les persécutions allaient bon train depuis 1935. Pauvre M. Kalomiros ! Comment avez-vous pu proférer de telles sornettes juste après avoir témoigné du contraire dans le même écrit ? Ce sont hélas de telles inconséquences qui vous ont amené là où vous rendîtes l'âme, c'est-à-dire hors de l'Eglise, vous qu'on disait pour cela zélote !

Les "'Auxentiens'' (aujourd'hui "'Callinistes'') sont bien mal placé pour critiquer la soi-disant "'sévérité'' de Matthieu à l'égard de Chrysostome de Florina en 1937, puisque le grief invoqué à l'encontre de Vitaly en 1987 était exactement le même : confession orthodoxe mais inconséquente, puisqu'assortie d'un refus d'admettre l'absence de la grâce chez les oecuménistes. L'attitude des "'Matthéistes'', abusivement comparée par certains à celle des adversaires de Mélèce d'Antioche, est critiquée par des tièdes qui font litière des saints canons . Soit. Mieux vaudrait, dit-on, songer à l'unité de l'Eglise en ces temps de grand danger oecuméniste : mais dès lors, pourquoi les "'Callinistes'' ne se réconcilient-ils pas avec Vitaly, puisque sa déclaration schismatique de 1987 (sur laquelle il vient de revenir en apparence) est la même que celle de Chrysostome en 1937 ? Les "'Matthéistes'', visiblement, ne sont donc pas les seuls à blasphémer contre l'unité de l'Eglise !É Mais pourquoi même s'attarder sur cette comparaison abusive entre Mélèce et Chrysostome de Florina ? Les circonstances en effet sont tout autres : ce n'est pas la validité de l'ordination de Chrysostome qui fut cause de schisme, mais l'innovation hérétique qu'il introduisit en 1937. A qui va-t-on encore comparer Chrysostome de Florina ? A saint Basile et à sa prudence lors de la crise macédonienne ? Que répondre à cela, sinon cette question : Basile admettait-il la grâce chez les macédonistes ?

Les "'Matthéistes'', paraît-il, blasphèment contre l"unité de l'Eglise et contre le Seigneur Sabaoth, dit l'un ; contre le saint Esprit dit l'autre. Mais affirmer cela, n'est-ce pas attenter à l'unité de façon bien plus irrémédiable ? Et n'est-ce pas, surtout, se considérer comme la seule véritable Eglise, chose que justement l'on reproche aux dits "'Matthéistes'' : le grief se retourne ainsi contre celui qui le profère. Et puisqu'on en est aux comparaisons hasardeuses, nous pourrions assimiler une telle attitude à celle des Ariens, qui au IVe s. déjà reprochaient aux Orthodoxes de se considérer comme l'unique Eglise. L'accusation - très grave — de blasphème trouve également sa justification dans l'accusation de "'pharisaïsme''. Selon les "'non-matthéistes'', les disciples de Mgr Matthieu et Mgr André seraient maudits puisque "'pharisiens'', c'est-à-dire "'attachés à la lettre de l'évangile''. Quelle est cette nouveauté qui assimile pharisaïsme et zélotisme ? Est-ce l'attachement à la lettre que condamne le Seigneur, Lui qui compte parmi ses disciples des zélotes et des docteurs sans détour ? Certes non : ce qu'Il condamne, c'est l'hypocrisie des pharisiens, le désaccord entre leur zèle pour la Loi et la carence de leurs actes, entre l'intérieur de la coupe et l'extérieur, entre l'intérieur du sépulcre et l'extérieur. A quel moment le Seigneur affirme-t-il, en parlant des pharisiens, que l'extérieur de la "'coupe'' ou du "'sépulcre'' est impur ou sombre ? Bien au contraire, ne le dit-Il pas purifié et blanchi (Mt 23) ? Combien de fois en effet le Seigneur s'évertue-t-il à confondre ces faux-zélotes en leur montrant qu'ils se mettent en travers même de leur propre Loi, et qu'en se montrant hypocritement les observateurs d'un précepte ils en offensent un autre, offensant non le précepte mais leur propre âme ? Que sait-on du coeur des "'Matthéistes'' , tout en les jugeant à la place du Juge ? Comment, sinon sous l'effet d'une présomption incommensurable, comment en jugeant ainsi et de manière si spécieuse, peut-on avoir à ce point la certitude de ne pas pécher ?

Ceux donc qui comparent Chrysostome de Florina au fils prodigue feront bien de méditer les sages paroles de saint Philarète de Moscou dans son homélie de 1856 :
Le fils égaré, mais repentant, n'a plus désormais de prétention à la dignité et aux droits de fils, et il veut se contenter de la situation de mercenaire dans la maison de son père. Par là, la parabole peint l'humilité du pécheur repentant. Celui qui, en entrant dans la voie du repentir, dirait : Je serai juste dès aujourd'hui; je serai le fils de Dieu, il faudrait douter qu'il atteignît à cette hauteur et qu'il s'y soutînt. Dis plut"t en ton âme au Père céleste : Je désire et je m'efforcerai d'accomplir ta Volonté, comme l'accomplissent non seulement tes esclaves, mais aussi tes enfants ; cependant, à cause de mes péchés, je suis indigne d'être appelé ton fils ; c'est assez que je sois admis parmi les derniers de ta maison. J'ai choisi d'être méprisé dans la maison de mon Dieu (Ps. 83, 11). Une telle disposition, sans aucun doute, donne plus d'espoir. Celui qui s'humilie sera élevé (Lc. ; 18, 24). Le fils égaré, dès qu'il se fut pénétré de l'urgence de son retour, partit en effet et se rapprocha de son père. La parabole nous apprend par là que la bonne intention est salutaire quand on la met à exécution sans délai et avec vigueur. Il y a des gens dont le chemin est semé de bonnes intentions ; mais ces bonnes intentions sont restées inaccomplies, et leur chemin s'est incliné vers l'enfer.
Si le chemin de ceux-lą s'est incliné vers l'enfer, que dire de celui dont l'intention mźme était douteuse ?

Un ancien a dit : «Lorsque le moine commence à renoncer au monde, les démons évitent de le tenter avec violence pour qu'il ne soit ni effrayé ni déconcerté par la nouveauté de la chose et qu'il ne retourne au plus vite dans le monde. Mais si à force de temps et de labeur, le moine progresse, ils lâchent contre lui les désirs charnels et autres plaisirs, et peu après ceux de la colère, de la haine et des autres passions. L'homme doit alors s'humilier et se livret au deuil en se méprisant et s'accusant lui seul. Ainsi, grâce aux tentations, il apprend la patience, l'expérience, le discernement, et finalement il se réfugie auprès de Dieu avec des larmes. Quelques-uns, troublés par la chose et accablés par un chagrin insupportable, se sont précipités dans l'abîme du désespoir et sont revenus de coeur dans le monde, certains même de corps. Nous, au contraire, frères, jamais ne désespérons ni ne soyons pusillanimes, mais avec sincérité et générosité, supportons les tentations, rendant grâces à Dieu de tout ce qui nous advient. En effet, l'action de grâces à Dieu dénoue toutes les machinations de l'ennemi. Celui qui a les mains enduites de goudron ne peut les nettoyer qu'avec de l'huile; de même, nous qui sommes souillés par le péché, nous sommes purifiés à nouveau par la Miséricorde et la Bonté de notre Sauveur Jésus Christ. Donc, en toute tentation, allons à Lui et demandons instamment son Secours, en rendant grâces de tout : nous verrons alors l'ennemi facilement défait, devenir faible et impuissant à notre endroit.