Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 96

NOVEMBRE 2001

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

 

 SOMMAIRE

NOUVELLES

EXPLICATION DE L'ÉVANGILE DE MATTHIEU 22,35-46 

LE CHRISTIANISME ORTHODOXE

CATÉCHESES

LE SCHISME DE 1937

LES CAUSES DU SCHISME DES EX-ÉVÊQUES CHRYSOSTOME DE FLORINE

ET GERMAIN DE DIMITRIADE EN 1937

CULTURE RELIGlEUSE

 LÉGENDE DU MONT ATHOS


NOUVELLES

 

Au mois d'octobre j'ai été trois semaines en Grèce. C'était surtout pour amener des icônes et peindre sur place des icônes et des fresques. D'autres icônes sont commandées, pour l'iconostase de la chapelle dans l'archevêché, que je suis en train de peindre. Donc après l'hiver j'envisage de faire un autre voyage en Grèce, plaise à Dieu.

En Grèce je me suis juste arrêté à Joannina afin de filmer encore une fois et le reste du temps je l'ai passé dans nos monastères à Kératéa. J'ai vu brièvement le père Matthieu du Kenya qui m'a invité. Dès que j'aurai le temps et les moyens.

Sinon, rien de nouveau ici au foyer et à l'hermitage. Les dimanches et jours de fêtes, nous montons comme d'habitude à l'hermitage célébrer la divine Liturgie. Les autres jours, j'y monte seul enfin d'entretenir la chapelle et de couper du bois pour l'hiver qui s'approche. Il m'en faut aussi pour le foyer; heureusement que nous avons maintenant un petit bosquet avec des chênes verts que notre ancien ami Joseph Gorgorio nous a donné, en plus du terrain où se trouvent les ruches qui hivernent déjà.

Voilà nos préoccupations et "grands" soucis qui, Dieu merci sont légers en comparaison de ce qui se passe dans le monde.

Vôtre,

hm. Cassien

Dans les derniers temps, ceux qui travailleront vraiment pour Dieu se cacheront soigneusement des hommes et n'accompliront pas parmi eux de signes et de miracles comme à notre époque, mais ils suivront la voie étroite avec grande humilité.

saint Niphon de Constantinople.

 

EXPLICATION DE L'ÉVANGILE DE MATTHIEU 22,35-46

 

Aujourd'hui, le 15e dimanche de Matthieu, l'évangile est composé de deux parties : le premier commandement et le Christ en tant que fils de David.

Les deux sont liés car il s'agit de mettre le Christ à l'épreuve, de sa réponse, et de sa façon de fermer la bouche à ses adversaires.

Un docteur de la loi posa à Jésus une question afin de l'éprouver. Déjà plus haut dans l'évangile - que nous n'avons pas lu aujourd'hui - les pharisiens «allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles.» (Mt 22,15). Ensuite ce furent les sadducéens qui l'abordèrent avec les mêmes intentions, et à la fin ce fut le tour des pharisiens et donc l'un d'eux, un docteur de la loi, voulut l'éprouver avec les questions que nous venons d'entendre.

La loi, c'est ce qu'il y avait de plus important pour un juif. En observant la loi on se croyait justifié. Donc cette question, «quel est le plus grand commandement», n'était pas sans importance. Mais le Seigneur, sans hésiter et sans crainte, car c'est Lui-même qui avait institué la loi à travers Moïse et les prophètes, lui donna la réponse, non plus ou moins juste, mais parfaite : «Tu aimeras ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ta pensée et tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Chaque fois il est question de l'amour, car le plus grand c'est l'amour, comme dit l'apôtre Paul dans la première lettre aux Corinthiens, «le plus grand c'est l'amour» (1 Cor 13,13). Et il s'agit d'un amour entier, que le Seigneur demande, sans partage, avec tout notre être. C'est ainsi qu'il faut aimer Dieu car au soir de notre vie nous seront jugés là-dessus, si cela était ou non la motivation de nos actes. Si l'amour d'autres choses est au premier plan alors nous quitterons cette vie les mains vides car rien ne nous suivra et que seul nous précédera cet amour que le Seigneur nous demande envers Dieu et le prochain.

Dans cet amour tout est inclu, tous les autres commandements; c'est pour ainsi dire le résumé, la quintessence. Cet amour est à la fois le début et la fin. Il faut commencer à aimer comme on peut et il faut arriver à l'amour parfait qui est la perfection même. Mais peu importe qu'au début l'amour soit entaché d'imperfections, pourvu qu'il soit bien dirigé, c'est-à-dire sur la vie éternelle et non cette pauvre vie éphémère, car la perfection viendra en avançant dans la vie spirituelle.

Dans la seconde partie de l'évangile c'est le Christ qui pose une question à ses détracteurs afin de les réduire au silence.

De qui le Christ est-Il le fils ? Il ne dit pas : «Moi, de qui suis-Je le fils», car ils auraient simplement répondu «de Joseph», mais Il parle du Christ qu'ils attendaient sans Le reconnaître. Ils répondirent : «de David», ce qui était vrai mais insuffisant. Le Christ est fils, c'est-à-dire descendant de David selon son humanité mais Il est Fils de Dieu selon sa Divinité, ce qu'ils ignoraient. C'est la raison de la confusion dans laquelle ils se trouvaient. Comment le Messie peut-Il être à la fois fils de David et son Seigneur ? Cela les dépassait et «nul ne put Lui répondre un mot», comme dit l'évangile. Et, «depuis ce jour, personne n'osa plus Lui poser de questions», - sous-entendu parmi ses adversaires - «mais il cherchaient à Le faire mourir».

Voilà quelques mots de cet évangile riche d'enseignements où il est question de l'amour et de la haine, de l'ouverture sur Dieu et les autres et du repliement sur nous-même, c'est-à-dire de l'essentiel qui constitue le drame ou le bonheur de notre vie.

hm. Cassien

Dans l'Église il n'y a pas des choses importantes

et d'autres qui seraient sans importance

car toutes portent le sceau de l'Esprit saint.

hm. Cassien

 

LE CHRISTIANISME ORTHODOXE

 

Jean Beziat

L'Evangile, dès les premiers siècles, fut prêché par les Pères de l'Eglise universellement et d'une seule voix : celle de l'Orthodoxie, c'est-à-dire de la juste doctrine, doctrine divine et apostolique, immuable parce qu'éternelle. L'Orthodoxie n'est pas, comme le dit un des derniers manuels scolaires, une religion née en 1054. C'est même tout le contraire : l'Orthodoxie a pris fin en 1054É dans l'Occident ''romain''. Et puis, l'Orthodoxie n'est pas une religion, mais une confession chrétienne ; ou plutôt la confession chrétienne. De même, lorsqu'on parle de christianisme, il ne devrait pas être nécessaire de préciser ''orthodoxe'' : car il n'est de christianisme qu'orthodoxe, c'est-à-dire conforme à l'enseignement des Evangiles et des Pères.

Lorsqu'une hérésie ébranlait la foi, des Conciles Oecuméniques (du grec oikoumene = toute la terre habitée) réunissaient collégialement et à égalité tous les patriarcats (la seule tête étant Jésus Christ, qui est avec nous jusqu'à la fin du monde; cf. Mt 28,20 ; Col 1,18) Rome n'était que l'un de ces patriarcats, à côté de Jérusalem, Antioche, Alexandrie et Constantinople : le pape de Rome saint Grégoire 1er, vers 600, qualifiait de précurseur de l'Antichrist tout patriarche qui oserait se donner le titre d'oecuménique. Le patriarche de Rome, ou pape, n'avait qu'une primauté d'honneur due au rang romain de ville impériale ; cette primauté d'honneur ne donnait à l'évêque de Rome aucun droit particulier sur les autres patriarches, et ne lui conférait aucune préséance ou infaillibilité en matière dogmatique (Le dogme de l'infaillibilité papale n'est qu'une innovation récente de Rome - 1870 - et s'est souvent trouvé infirmé par l'hérésie de certains papes, comme Honorius condamné pour son monothélisme par le 6me Concile oecuménique à la fin du VIIe s.)

Les conciles ou synodes étaient convoqués lorsqu'un danger menaçait la foi, et uniquement dans ce cas; ce sont les trompettes dont parlait, en figure, la loi mosaïque : Lorsque, dans votre pays, vous irez à la guerre contre l'ennemi qui vous combattra, vous sonnerez des trompettes avec éclat, et vous serez présent au souvenir du Seigneur votre Dieu, et vous serez délivrés de vos ennemis (Nomb 10,9). La convocation de conciles dans un but de réforme doctrinale ou d'innovation dogmatique n'est qu'une déviance. L'Église orthodoxe ignore les réformes. Lors des Conciles oecuméniques, les Pères de l'Église, pour la plupart de saints évêques (parfois même des ascètes), élaboraient sous l'inspiration de l'Esprit saint des dogmes théologiques qui n'étaient que des rappels de la vérité évangélique ; ces dogmes avaient pour but de fixer des limites à ce qui peut être cru et enseigné, de préciser où est la vérité et où elle n'est pas, en fonction de l'évangile, réceptacle et proclamation de la parole de Dieu, qui est chemin et vérité (Jn 14,6). Ces dogmes n'étaient pas, comme on le croit généralement, des ''arrangements humains'', mais l'expression vivante de l'Esprit de Dieu au sein de notre monde. Par les canons conciliaires, l'Église rejetait des hérésies (mot d'origine grecque signifiant ''choix personnels''), mais ne s'attaquait jamais aux hommes qui les proféraient, créatures de Dieu perfectibles et non ''prédestinées''.

Cette prédication orthodoxe se fit dans les limites de la romanité, d'un Empire romain unifié politiquement et culturellement. C'est cet Empire qui au IVe siècle, par saint Constantin le Grand puis par Théodose, rejeta l'idolâtrie pour embrasser officiellement la foi chrétienne. Mais à partir du moment où la romanité, minée par des invasions extérieures qui en précipitèrent la décadence morale, éclata en royaumes épars dominés par des chefs barbares (souvent hérétiques), l'Orthodoxie se trouva très vite confrontée aux nationalismes religieux. Ceux-ci recherchèrent progressivement l'appui d'un particularisme dogmatique leur permettant de revendiquer une ''identité'' nationale par le biais de confessions de foi divergentes. Ainsi, la Gaule franke et l'Espagne wisigothe, les premières (VIe et VIIe s.), introduisirent dans le dogme et le rite des innovations : nomination d'évêques par les rois, ajout du Filioque au Credo infalsifiable de Nicée-Constantinople, modification anti-canonique du rituel baptismal, iconoclasme, et surtout augustinisme (lequel, en introduisant la doctrine de la ''prédestination'', est à l'origine de la notion de ''bras séculier'', avec les abus qui ont caractérisé ce dernier en Occident : pour cette doctrine en effet, tout homme mauvais est prédestiné au mal et n'est pas perfectible : il doit donc être éliminé). A la fin du VIIIe s., la situation était entérinée en Occident : le concile iconoclaste de Frankfort, présidé par le seul Charlemagne, revenait sur le contenu dogmatique du 7me Concile oecuménique et en contestait les décisions en les falsifiant. A cette même époque, la question du Filioque refit surface, toujours dans l'Occident karolingien et jusqu'en 875. Rome qui, effrayée par les Lombards, avait dès 739 commis l'erreur de demander l'aide des Franks, malgré un bref retour à l'Orthodoxie sous le pape Jean VIII, s'aligna en 1014 sur cette innovation et la soutint jusqu'à la date du Schisme (1054) - lequel ne fut jamais que le schisme de Rome, et n'affecta en rien l'unité éternelle de l'Église orthodoxe. Revendiquant de plus en plus la primauté, Rome en vint à un sentiment de haine exacerbée envers les ''Grecs'', allant jusqu'à créer des ateliers de falsification des manuscrits patristiques orthodoxes (sous le pape Urbain IV par exemple), ateliers destinés à alimenter les pamphlets anti-grecs d'un Thomas d'Aquin (cf. Reusch, 1889), mais aussi, avant eux, d'un Ratramne de Corbie ou d'un Enée de Paris (IXe s.). Le but essentiel de ces falsifications était de rapatrier les Pères du côté des innovations papistes, qu'on faisait passer pour l'Orthodoxie (cf. Madoz, 1936, au sujet des pseudo-références patristiques concernant la primauté romaine dans l'oeuvre de Jacques de Viterbe), et surtout de faire ''coller'' la doctrine orthodoxe des Pères avec celle, hétérodoxe, d'Augustin d'Hippone, en qui l'Occident schismatique voyait ''son Père à lui'', bien sûr l'unique ''Père'' authentique.

Répétons-le : si la fin de la romanité marque une éclipse de l'orthodoxie au sein du patriarcat romain, elle ne signifie pas la fin de l'Unité de l'Eglise, indissolublement liée à cette orthodoxie. Il est en effet absurde et sacrilège de parler d'Églises séparées, ou de rupture de l'Unité. L'Église est le corps du Christ (Eph 1,23), et ce corps ne saurait être divisé; et il n'y a qu'un corps et qu'un Esprit (Eph 4,4), aussi ne peut-il y avoir ''séparation des Églises''.

Tout ce qui nous a été transmis par la Loi et les prophètes, par les apôtres et les évangélistes, nous l'acceptons, nous le connaissons, nous y appliquons notre piété et nous ne cherchons pas au-delà. Contentons-nous donc de cela et y demeurons, sans déplacer les bornes antiques, ni transgresser la divine Tradition.

saint Jean Damascène (Exposé précis de la foi orthodoxe I,1)

 

CATÉCHESES

L'ÉGLISE - LA MAISON DE DIEU

 

Si la synagogue des Hébreux s'appelle Maison de Dieu, l'Église chrétienne l'est d'autant plus car, en elle, Jésus Christ est continuellement sacrifié. Car, le mystère de la sainte Eucharistie n'est que la répétition du sacrifice du Seigneur sur le Golgotha. Ce mystère, le Seigneur Lui-même nous l'a confié peu de jours avant son Sacrifice sur la Croix, pendant la sainte Cène.

Le premier sacrifice non sanglant a eu lieu dans la chambre haute, le Seigneur Lui-même étant sacrificateur et victime à la fois. «Prenez, mangez, ceci est mon Corps ... Buvez-en tous car ceci est mon Sang ... Faites ceci en mémoire de Moi.»

Chaque Église est consacrée à la sainteté et la sacralité de la Chambre Haute de Jérusalem parce que le mystère de la sainte Eucharistie s'y célèbre régulièrement.

Comme il y a des ports pour les bâteaux qui voyagent sur les mers, ainsi Dieu a fait des églises dans les villes et les villages, pour que les chrétiens puissent se reposer des turbulences de la vie; (selon saint Jean Chrysostome). Il déclare encore que l'église est un lieu de guérison pour l'âme où se guérissent les blessures causées par la vie.

Chaque église est formée de trois parties : le sanctuaire, la nef proprement dite et le narthex.

Dans le sanctuaire, il y a l'autel et la sainte prothèse. C'est l'endroit le plus sacré de l'église. C'est pour cette raison que l'entrée en est interdite aux femmes ainsi que le séjour aux laics. Le prêtre y célèbre la sainte Eucharistie et les divins offices.

Dans la nef proprement dite se tiennent les fidèles. Là se trouvent les pupîtres où le choeur, avec le peuple, glorifie Dieu. Il y a également le trône épiscopal.

Aujourd'hui, la plupart des églises n'ont pas de narthex. Pendant les premiers siècles, les catéchumènes - c'est-à-dire, ceux qui n'étaient pas encore baptisés mais étaient catéchisés à la foi en Jésus Christ - de même que les pénitents, restaient dans le narthex.

 

L'ÉGLISE, CONSTRUCTION HUMAINE ET POURTANT SAINTE

L'église dans laquelle nous nous réunissons pour prier est construite par les mains des hommes. L'autel y est disposé vers l'Orient (= orientée) parce que le paradis d'où l'homme fut chassé et auquel nous retournerons, se trouve vers l'Orient. C'est des saintes Écritures que nous apprenons qu'on appelle église et maison du Seigneur cette construction spéciale dédiée au culte de Dieu, dans laquelle nous nous réunissons pour offrir nos prières au Seigneur et pour L'adorer (cf. Mt 21,12-13)

L'Église est sainte pour les raisons suivantes :

1) Parce que le Seigneur y est présent Lui-méme, S'y repose et y est adoré.

2) Parce que c'est là que se trouve le saint sanctuaire sur lequel le sacrifice non sanglant est offert et où le saint Corps et le Sang du Seigneur sont gardés pour être donnés en communion dans des conditions particulières.

 

COMMENT DEVONS-NOUS ENTRER DANS L'ÉGLISE ?

Les personnes qui entrent dans l'église doivent être persuadées qu'elles se présentent devant Dieu et qu'en entrant en contact avec le Seigneur ou avec les objets sacrés qui s'y trouvent, elles se sanctifient.

Mais la foi de ceux qui entrent dans l'église ne doit pas rester cachée. Il ne suffit pas de croire en la Présence du Seigneur dans l'église et de garder cette foi cachée dans notre coeur, mais il est indispensable et nous en avons même obligation de l'extérioriser par notre conduite dans l'église en général, comme nous le dit l'Apôtre. «Car en croyant du coeur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut.» (Rm 10,10).

Par conséquent, si vraiment nous croyons que dans l'église se trouve le Roi des rois, les mouvements de nos pieds, notre démarche, notre allure, doivent faire preuve de modestie, conscience et compréhension de l'endroit où nous entrons. Nous devons être absolument purs avant d'entrer dans l'église du Seigneur. Il ne faut pas parler dans la maison du Seigneur, ne pas entrer et sortir, aller et venir.

Il faut donc entrer dans la Maison du Seigneur avec foi, dévotion, crainte de Dieu et componction.

Lorsque nous entrons dans la sainte église, nous pouvons saluer nos connaissances par un léger mouvement de la tête et rien d'autre. Même après la fin de la divine Liturgie, il ne faut pas converser dans l'église. Ceci peut se faire dehors.

Dans l'Église, nous ne nous asseyons pas lorsqu'on chante la doxologie, pendant la lecture de l'évangile, pendant la petite et la grande Entrée, pendant la rÉcitation du symbole de la foi (Crédo) , et du Notre Père; lorsqu'on chante Nous Te louons, car c'est à ce moment là que le saint Esprit descend et transforne le pain et le vin en Corps et Sang de Jésus. Ici, tous les chrétiens se mettent à genoux (hormis les dimanches). On doit rester debout depuis l'invocation Avec crainte de DieuÉ jusqu'à la fin de la Liturgie.

Il est préférable de venir un peu plus tard que de partir avant la fin. Nous devons entendre : Par les prières de nos pères saints, etc... pour ne pas ressembler à Judas si nous partons plus tôt.

Pour les mères accompagnées de leurs enfants en bas âge, si ceux-ci sont bruyants et ne peuvent rester longtemps tranquilles, il serait bon qu'elles restent à l'entrée pour pouvoir sortir dès que le bébé se met à pleurer.

Pour ceux qui prennent la communion, il faut s'approcher très pieusement lorsque le prêtre nous y invite disant : Avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez. Nous nous avançons en ligne les uns derrière les autres et nous tenons le bout du saint voile avec nos deux mains bien étendu sous notre menton, de sorte que le saint calice touche presque nos lèvres.

à suivre

Restons sur le roc de la foi, dans la tradition de l'Église, sans déplacer les bornes qu'ont posées nos pères saints. Ne donnons pas de place à ceux qui veulent tailler à neuf et démolir l'édifice de l'Église.

saint Jean Damascène (Défense des icônes)

 

LE SCHISME DE 1937

Nous allons publier, dans ce bulletin et les suivants, quelques textes concernant le premier schisme des VCO en Grèce, ceci non pour soulever la polémique mais afin de permettre à ceux qui cherchent vraiment la vérité de voir clair dans cette triste histoire dont nous portons encore aujourd'hui les conséquences.

 

RUPTURE DE COMMUNION

 

Athènes, le 19 Septembre 1937

Aux Révérends ex-évêques Germain de Dimitriade et Chrysostome de Florine.

 

«Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché; mais maintenant vous dites : nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste». (Jn 9,41)

 

Révérends,

 

C'est avec beaucoup de tristesse et le coeur brisé que j'écris ces paroles de notre Seigneur à l'en-tête de ma réponse à vos écrits n°8 et n°17 de cette année, car selon saint Jean Chrysostome, pécher est humain, mais demeurer dans le péché est diabolique et fatal. Malheureusement nous voyons, par les écrits susdits, que vous insistez à renier votre confession de l'Orthodoxie, que vous avez prêchée par écrit et oralement au peuple et au clergé grecs dès que vous avez pris en charge, en mai 1935, le direction de la lutte pour l'Église du Christ et la sainte foi orthodoxe infernalement combattue; et le plus triste est que vous êtes brusquement passés à ce rang d'apostats de l'Orthodoxie, et de blasphémateurs du saint Esprit, par la maudite innovation du calendrier, puisque vous acceptez que les sacrements de ces pseudo-évêques portent la grâce divine.

Nous sommes étonnés de vous voir être si enténébrés que vous écrivez qu'«il n'y a aucune raison ecclésiastique ni de règlement pouvant justifier notre séparation de l'Église, de laquelle nous avons reçu le rang d'évêques par la Providence divine». Ne discernez-vous donc pas où se trouve la lumière de la vérité ? Nous vous rappelons à cette occasion l'imprimé «Éclaircissement au sujet du calendrier ecclésiastique», selon lequel, à la page 20, vous dites que «le nouveau calendrier a été condamné aux conciles pan-orthodoxes des patriarches orthodoxes d'Orient réunis en 1583, 1587 et 1593 à Constantinople sous Jérémie II», et que «l'introduction exclusive et anticanonique du nouveau calendrier sépare les Églises de l'édifice de l'Orthodoxie et les rend schismatiques», et nous rappelons aussi que dans votre proclamation au clergé et aux moines de l'Église grecque, vous dites à la page 7 : «Rompez, vous aussi, la communion avec l'archevêque schismatique et les évêques qui, comme lui, persistent à rester dans l'innovation du calendrier, si vous désirez vous aussi ne pas être comptés comme schismatiques, et affranchir l'Église orthodoxe grecque du blâme et des conséquences désastreuses du schisme». Et pour vous certifier que cette rupture de communion imposée procure l'honneur et non le blâme, nous citons le 15ème canon du 1er-2ème Concile oecuménique, qui, non seulement ne condamne pas la désobéissance à l'archevêque qui se sépare de l'Orthodoxie et enseigne des dogmes anti-orthodoxes, mais loue et impose cette rupture pour protéger l'Église de la lèpre du schisme.

Enfin, pour rappeler la vérité, nous citons un passage de votre encyclique pastorale que vous avez envoyée au peuple orthodoxe grec quand vous alliez en exil : «Prenant en charge le pastorat de la multitude orthodoxe grecque qui suit le calendrier orthodoxe traditionnel et ayant le sentiment du serment de foi que nous avons donné, à savoir que nous garderons tout ce que nous avons reçu des 7 Conciles oecuméniques, évitant tout modernisme, nous ne pouvons que dénoncer l'Église officielle comme schismatique, car elle a accepté le calendrier papal, qui fut caractérisé par des conciles pan-orthodoxes d'innovation des hérétiques, de scandale universel et de violation des saints et divins canons et des traditions ecclésiastiques. Pour cela, nous recommandons à tous ceux qui suivent le calendrier orthodoxe de n'avoir aucune communion spirituelle avec l'Église schismatique, son clergé schismatique, desquels est partie la grâce du très saint Esprit, car ils ont transgressé les décisions des pères du 2ème Concile oecuménique et de tous les conciles pan-orthodoxes qui condamnèrent le calendrier grégorien. Le fait que l'Église schismatique n'a pas la grâce ni le saint Esprit, saint Basile le Grand aussi l'affirme, disant : «Même si les schismatiques font des erreurs qui ne sont pas d'ordre dogmatique, ils se sont séparé de l'harmonie des membres et ne demeurent plus avec ceux qui ont la grâce du saint Esprit; en effet, la tête du corps de l'Église est le Christ, selon l'Apôtre divin, par où ses membres sont vivifiés et par où elle reçoit la croissance spirituelle. Donc ce qu'ils n'ont pas, comment peuvent-ils le transmettre aux autres ?»

Et seul avec ces quelques lignes ci-dessus, il est prouvé très clairement que vous reconnaissiez, à cette époque-là, la vérité que l'innovation du calendrier papal rend schismatique en acte l'Église du métropolite d'Athènes Papadopoulos, à savoir qu'elle la rend membre coupé du corps de l'Orthodoxie, et par conséquent vous reconnaissiez alors que l'Église de Chrysostome Papadopoulos est une Église d'impies, selon le Roi-Prophète qui chante : «j'ai haï l'assemblée des impies», et que tout ses sacrements sont privés de la grâce sanctifiante du saint Esprit, conformément aux saints et divins canons que nous avons rappelés dans notre proposition soumise le 29 Juin de cette année. Outre cela, vous reconnaissiez que cette innovation est une suggestion du diable et que, puisque c'est une question déjà jugée et condamnée par plusieurs conciles orthodoxes, elle constitue une cacodoxie manifeste et impose à tout membre du clergé craignant Dieu de dénoncer son évêque, etc., quand celui-ci enseigne manifestement sa cacodoxie. C'est pourquoi vous mentionnez justement le 15e canon du 1er et 2ème concile, dans votre exhortation aux membres du clergé, de sorte qu'ils procèdent à la rupture de communion de l'archevêque cacodoxe Chrysostome Papadopoulos et de ceux qui pensent comme eux.

Voilà donc la cause ecclésiastique et canonique qui nous a imposé de procéder à votre dénonciation, étant donné qu'aujourd'hui vous acceptez que «le saint chrême aussi, sanctifié par l'Église du patriarcat oecuménique porte toute sa grâce, même s'il a été célébré après l'innovation du calendrier», ce qui manifeste clairement que vous considérez comme absolument valides les sacrements des innovateurs cacodoxes, ce que vous certifiez en écrivant que vous vous opposeriez (si vous ne reconnaissiez pas les sacrements) à toutes les Églises orthodoxes qui reconnaissent les sacrement des Églises neo-calendaristes et communient avec l'Église grecque et le patriarcat oecuménique par où elles prennent le saint chrême.

Et dans ce cas, puisque vous ne reconnaissez ainsi aucune différence entre la grâce sanctifiante des sacrements des cacodoxes et celle des orthodoxes, mais que vous les considérez tous communs et égaux, que vous ne reconnaissez pas l'Église schismatique des innovateurs comme privée de la grâce divine substantiellement et que vous soutenez l'innovation et prêchez la cacodoxie, pour cette raison, comme évêque de la sainte Église orthodoxe du Christ, j'ai dû procéder à votre rupture de communion, selon le 15ème canon du 1er-2ème Concile, afin de protéger l'Église du Christ du schisme et des divisions, créés par votre pensée commune aux innovateurs cacodoxes. Ainsi, nous ne nous sommes pas séparés de la sainte Église orthodoxe du Christ mais nous vous avons dénoncés comme ayant des opinions et des actes étrangers à l'orthodoxie de nos saints pères, et ce n'est pas par la permission de Dieu (comme vous l'écrivez incorrectement) que vous nous avez élevés au rang d'évêque, mais par la Providence de notre Dieu et SauveurJésus Christ, car la permission de Dieu se montre là où se fait le mal (É)

Mais nous, gloire à Dieu, pensant selon la piété des pères et restant inébranlables, par la sainte grâce de notre Seigneur Jésus Christ, dans tout ce que nous avons reçu, rejetant les offices sacramentaux des innovateurs schismato-hérétiques et prêchant que tous les mystères des impies innovateurs sont inacceptables devant notre seul vrai Dieu vénéré pieusement en la Trinité, nous sommes restés fidèles à notre confession épiscopale orthodoxe et nous sommes prêts à courir des dangers pour l'Orthodoxie, pour l'amour du Christ et pour l'édification et le salut des fidèles. Mais vous, oubliant votre première confession, que vous avez confessée dans notre saint monastère, et acceptant aujourd'hui les sacrements des innovateurs, vous vous êtes éloignés du droit chemin et vous avez décliné de la saine foi traditionnelle de nos pères.

Avec ces opinions, vous vous êtes séparés et retirés de la sainte Église orthodoxe du Christ car, selon les décisions apostoliques, «se sépare non celui qui est séparé des impies mais celui qui s'éloigne des fidèles»; et par conséquent vous vous êtes rendus coupables et responsables devant la Justice divine en reniant ainsi la vérité, qui est le Christ, et acceptant l'égarement et le mensonge dont le père est le diable, selon la parole du Seigneur.

Et puisque vous nous menacez de nous mener en justice parce que nous demeurons inébranlablement dans la piété traditionnelle des pères et que nous observons avec exactitude les bornes posées par les divins pères, et puisque vous essayez de nous faire passer pour des illégaux qui agissent contre les saints canons et les intérêts de l'Orthodoxie, alors que vous savez très bien que nous nous trouvons dans la vérité et dans notre bonne confession de foi orthodoxe, et que nous ne luttons que pour la vérité, que vous aviez vous aussi prêchée, comme nous l'avons rapporté plus haut, nous vous rappelons ce que saint Marc d'Éphèse dit au pape qui le menaçait de déposition : «Les saints conciles et les divins pères condamnaient d'abord l'hérésie, l'égarement et la cacodoxie, et ensuite ceux qui enseignaient celle-ci et restaient non-repentis.» C'est pourquoi, vous aussi, pour me condamner, il vous faut d'abord condamner et prouver l'égarement ou la cacodoxie de mon enseignement et de ma pensée. Mais puisque ma pensée est celle de l'Orthodoxie et mon enseignement est en tous points en accord avec les traditions et l'enseignement des saints pères, comment suis-je digne de condamnation ?»

Nous prions que le Seigneur vous illumine et vous retire de l'égarement où vous vous trouvez, afin que vous ne perdiez pas la couronne de vos sacrifices pour l'Orthodoxie.

Communiqué le 19 Septembre/ 2 Octobre 1937 au métropolite de Dimitriade Germain Mavromatis à Psychikon - Athènes.

Le dernier des évêques et votre intercesseur auprès du Seigneur

+ Matthieu de Vresthènes - Hagiorite


LES CAUSES DU SCHISME DES EX-ÉVÊQUES CHRYSOSTOME DE FLORINE ET GERMAIN DE DIMITRIADE EN 1937

Les causes du schisme sont purement des causes de foi : elles concernent la déviation de l'ecclésiologie de l'Église des V.C.O. et de sa déontologie que les évêques de Florine et de Dimitriade ont confessée et prêchée en 1935.

Cette déviation de l'ecclésiologie, les deux évêques ne la formulent pas directement dès le début, mais ils l'expriment en pratique par l'acceptation des sacrements de l'Église néocalendariste, qu'ils considèrent non comme schismatique mais comme Église canonique.

Comme première manifestation de leur nouvelle confession, on peut considérer leur formulation selon laquelle l'introduction du calendrier papal relèverait d'un concile pan-orthodoxe; c'est-à-dire que l'acte anti-ecclésial et illégal de Chrysostome Papadopoulos restait à juger, puisqu'il avait introduit et imposé le calendrier papal. Mais Chrysostome de Florine jugea la position (de l'Église des VCO) arbitraire, de façon à pouvoir soutenir sa nouvelle théorie, à savoir que l'Église schismatique innovatrice serait schismatique en puissance et non en acte. Et, que, par conséquent, avant la régularisation finale du problème par un concile pan-orthodoxe, il serait possible de reconnaître l'Église innovatrice comme étant canonique, c'est-à-dire porteuse de la grâce divine, et, conséquemment, de considérer ses sacrements comme valides. Aussi inadmissible que soit, du point de vue théologique, cette position de l'ex-évêque de Florine, elle aurait dû l'amener à retourner à cette Église qu'il considérait uniquement en voie d'être jugée par un procès, au lieu d'ériger un nouvel autel, devenant de ce fait également schismatique.

Il n'avait pas le droit - ni lui ni personne d'autre -, d'être aussi contradictoire et inconséquent quant à ses positions. C'est-à-dire qu'il ne devait pas reconnaître l'innovation (du nouveau calendrier) comme étant canonique, tout en prétendant représenter lui aussi l'Église des V.C.O. En effet une telle position n'est pas seulement anti-théologique et blasphématoire, mais également absurde et ne peut être soutenue que dans une intention inique.

En effet, si l'Église innovatrice était canonique, et ses sacrements et ses actes canoniques et valides, alors il devenait lui-même un redoutable diviseur de l'Église et, de ce fait, un rebelle exclu et déposé, et non un évêque de l'Église des V.C.O., comme il le prétend malgré cela.

Comment pardonner une telle inconséquence ? (nous devons dire à ceux qui continuent aujourd'hui à soutenir les positions de l'ex-évêque Chrysostome de Florine que, ceux qui, selon le 15e canon du 1er-2ème Concile oecuménique, ont le droit de cesser de commémorer l'évêque ou le patriarche ou le synode ne peuvent pas ériger un autel à part, se donner le titre d'évêque de l'Église des V.C.O., former un synode, etc...) Comment le malheureux théologien oublie-t-il la condamnation du calendrier papal ? Mais si telle était réellement sa pensée, sans aucune autre intention, il aurait dû revenir comme l'évêque de Zante à l'Église selon lui «canonique», tout en cessant de commémorer Chrysostome d'Athènes, et en se distanciant; mais il n'avait pas le droit d'ériger un autel à part ni surtout le nommer Église des V.C.O.

Les causes sont donc, comme nous le verrons plus bas, purement théologiques et ecclésiologiques et n'ont rien à voir, avec soi-disant des intérêts personnels et égoïstes etc.

Introduisant l'idée de procès de l'Église schismatique, l'ex-évêque de Florine introduit parallèlement aussi l'expression «en puissance et non en acte» à propos du schisme de l'Église innovatrice, alors que le méfait lui-même de l'innovation est passé sous silence, et (de cette façon) on n'insiste que sur la manière anticanonique de l'introduction et de l'application de l'innovation, lequel serait réparé par un concile pan-orthodoxe. Nous soulignons cependant que ce n'est pas la manière anticanonique de l'introduction de l'innovation maudite qui compte, mais l'innovation comme telle et sa condamnation. C'est bien le fait que l'innovation papale condamnée et exclue de l'Église orthodoxe a été imposée par la déontologie papale et oecuméniste et en opposition à la déontologie orthodoxe.

Nous citons ci-dessous des passages où l'on voit clairement que, pour pouvoir introduire sa nouvelle théorie du schisme «en puissance», l'évêque de Florine ignore volontairement - tout comme l'«archevêque» néo-calendariste Papadopoulos - que l'adoption du calendrier papal est déjà jugée et condamnée.

«... Et quand il arrive qu'une partie de l'Église tombe dans un égarement réparable, selon saint Basile le Grand, comme l'est l'égarement du nouveau calendrier, les évêques, en tant que personnes, peuvent se séparer et interrompre la communion spirituelle avec l'Église, afin de ne pas communier avec l'égarement, mais ils n'ont pas le droit de prêcher que l'Église est schismatique, droit qui ne revient qu'à un concile pan-orthodoxe ou un grand concile local. Dans ce cas, ceux-ci, interrompant avant l'avis synodal la communion avec leur Église égarée, appellent celle-ci devant un concile pan-orthodoxe ou un grand concile local, afin de la faire revenir dans le droit chemin ou, si elle insiste dans son égarement, que le concile pan-orthodoxe, après un premier et un deuxième avertissement, la dénonce comme hérétique si l'égarement concerne le côté dogmatique, comme schismatique si l'égarement concerne le typicon et le côté administratif de l'Église.

C'est exactement ce que nous avons fait nous aussi, coupant la communion spirituelle avec la hiérarchie de l'Église grecque à cause de son égarement concernant l'innovation du calendrier, et l'appelant devant un concile pan-orthodoxe ou un grand concile local qui, seul responsable et ayant seul le droit de la juger sur son égarement, soit la persuadera de s'écarter de celui-ci, soit, si elle insiste dans l'égarement, la dénoncera comme schismatique.

Ainsi, puisqu'un égarement d'une Église, ne concernant pas directement un dogme de la foi, mais ayant rapport à des irrégularités et des manques de formalité ecclésiastiques réparables, selon saint Basile, établit l'Église ainsi égarée comme schismatique en puissance, mais non en acte, jusqu'à ce que celle-ci soit jugée et dénoncée comme schismatique par un concile pan-orthodoxe...» (Extrait d'une lettre des évêques de Dimitriade et de Florine à M. Markos Haniotis, Juin 1937).

Dans la même lettre à Markos Haniotis, ils écrivent au sujet de la reconnaissance des sacrement de l'Église innovatrice, et particulièrement à propos de l'entrée dans l'Église des V.C.O., par l'onction du saint chrême, de ceux qui sont baptisés dans l'Église innovatrice.

«... Mais que sa Sainteté sache aussi que le saint chrême, béni et sanctifié par le patriarcat oecuménique contient toute sa grâce et sa force sanctifiante, même s'il a été effectué par le patriarcat après l'innovation du calendrier. En effet, pour cette innovation, les seuls responsables sont les personnes du synode dirigeant, qui ont procédé anticanoniquement et d'une manière incompétente à l'innovation du calendrier ecclésiastique, et non l'Église du patriarcat oecuménique, que représente toute la hiérarchie du trône, qui s'assemble en une seule voix et en l'Esprit saint, et décidant définitivement à propos d'une question ecclésiastique (...)»

Passant sous silence que l'innovation est déjà condamnée, l'évêque de Florine intente un procès aux innovateurs et à l'innovation - au sujet de laquelle devrait décider un concile pan-orthodoxe - de façon à ce qu'il puisse ainsi prêcher que l'Église néocalendariste est schismatique en puissance et non en acte. Mais lui-même se rendant ainsi schismatique en acte, il a été déposé en tant que chef de schisme (l'Église officielle ayant déposé l'évêque de Florine, il devait donc reconnaître sa déposition, puisqu'il prétend que l'Église officielle n'est schismatique qu'en puissance.) Mais cela, lui et ses successeurs le passent sous silence, quand ils parlent du terme «en puissance» (!)

Donc, puisqu'il considère l'Église innovatrice comme étant canonique, lui-même ne représente pas l'Église, mais devient celui qui a déchiré (l'Église) et a véritablement été déposé par l'Église de Grèce, schismatique uniquement en puissance.

C'est ici qu'apparaît l'énorme incohérence de l'ex-évêque de Florine et de ses positions anti-théologiques de sorte que, comme nous le verrons par la suite, il s'abbat lui-même et se condamne lui-même comme schismatique.

Au sujet de la position des évêques de Florine et de Dimitriade, nous devons faire ici les remarques suivantes :

1) Les évêques de Florine et de Dimitriade, de même que celui de Zante, pouvaient renoncer à leur confession orthodoxe et retourner à l'Église innovatrice, accomplissant le libelle prévu par Chrysostome Papadopoulos contre l'ancien-calendarisme, et reprendre leur place.

2) Ils pouvaient aussi y retourner, sans commémorer Chrysostome Papadopoulos, selon le 15e canon du 2e concile oecuménique, jusqu'à la régularisation du problème.

3) Mais ils ne pouvaient pas reconnaître l'Église innovatrice comme canonique tout en formant eux aussi l'Église des V.C.O., car premièrement, ils se sont séparés de l'Église qu'ils reconnaissaient, et deuxièmement, ils n'étaient plus évêques mais simples moines, ayant été déposés par celle-ci, et devenus chefs d'assemblée illicite.

Pourquoi donc, étant théologiens, montrèrent-ils une telle inconséquence, qui les renverse sur tous les points de vue, en tant que théologiens et en tant que membres du clergé ? Assurément pour des raisons qui visent la dissolution des V.C.O. et la disparition de l'ecclésiologie des V.C.O.

A suivre.

En confessant notre Seigneur Jésus Christ Dieu parfait et homme parfait, nous disons qu'Il a tout ce qu'a le Père, sauf l'inengendré, et tout ce qu'a le premier Adam, sauf le péché, c'est-à-dire un corps et une âme raisonnable et noétique; ensuite qu'Il a ce qui correspond aux deux natures, les deux ordres de propriétés naturelles de ces deux natures : deux Volontés naturelles, divine et humaine; deux Énergies naturelles, divine et humaine; deux Libertés naturelles, divine et humaine; Sagesse et Connaissance, divines et humaines. Consubstantiel à Dieu le Père, Il veut et opère avec la Liberté de Dieu; consubstantiel aussi à nous, Il veut et opère librement comme l'homme; à Lui les miracles, et à Lui les souffrances.

saint Jean Damascène (la foi orthodoxe 3,13)

CULTURE RELIGIEUSE

 

VISION DE SYNTHÈSE SUR LES DIVERSES RELIGIONS DU MONDE

 

APPARITION D'UNE TORAH ARABE : LE CORAN - LES ORIGINES DE L'ISLAM

 

C'est seulement depuis les années 1950 que des études sérieuses sur l'histoire critique de l'ISLAM ont été entreprises.

Jusque là, des islamologues s'étaient contentés de répéter, sous une apparence érudite et savante, des légendes sans fondement sur la naissance de l'Islam, à partir "d'anecdotes" qui loin d'éclairer la signification du texte, la ternissent plutôt, embarrassent l'intelligence des gens simples et ébranlent leur foi." (Riza TEFLIK, Beyrouth 1947).

Nous reprenons, à notre compte, les étonnantes découvertes des travaux irremplaçables, réalisés sur le texte même du CORAN, d'Hanna ZAKARlAS, du père BERTUEL, de Patricia CRONE et Mikaël COOK, ainsi que ceux du F. BONNET, AYMARD et de K. HRUBY.

Pour ce faire, il fallait des dizaines d'années de travail par des érudits, capable de comprendre et traduire le CORAN, en connaissant à fond l'hébreu, le grec, l'araméen ... et l'arabe primitif.

 

LA TOILE DE FOND HISTORIQUE

 

Pour comprendre les origines de l'Islam, il faut, en premier lieu, rappeler le contexte historique qui prévalut à son apparition.

Depuis les premiers siècles, l'Orient est secoué par la lutte entre les Perses ( l'actuel Iran) et les Romains. Plusieurs empereurs romains (Aurélien, Julien, notamment) y perdirent la vie. Les confrontations étaient cycliques, entrecoupées de paix provisoires et éphémères, et se caractérisaient par des guerres constantes, de sorte que, on peut le constater, l'empire romain n'a jamais pu contraindre l'empire sassanide des rois perses.

C'est pour cette raison que, au début du 4ème siècle, l'empereur Constantin est obligé d'installer sa capitale à Constantinople, pour être mieux à même de contrôler la situation.

Dans cette atmosphère de guerres incessantes, les romains ont fait appel aux arabes et ils les ont incorporés dans leur armée, sous forme de corps auxiliaires. Les rois sassanides se firent également aider par des soldats arabes ... de sorte que, pour l'une ou l'autre de ces causes, dès le 3ème siècle et le 4ème siècle de notre ère, on voit des tribus arabes installées en Syrie, en Palestine, en Égypte, et elles s'y stabilisent même. Ces tribus se convertissent au christianisme.

En deçà du Jourdain, en Palestine, par exemple, se trouvent les Nabatéens... qui s'étaient liés par traité d'assistance mutuelle avec l'empire romain qui comptait donc sur eux pour protéger ses territoires contre les autres tribus arabes, nomades et pillardes. C'est l'un de ces nabatéens, arabes convertis au christianisme, qui devint, sous le nom de Philippe l'Arabe, le premier empereur chrétien (de 244 à 949) bien avant Constantin.

De sorte qu'il est important de noter, par exemple, que le Nom de ALLAH, pour désigner DIEU, appartient à la religion des arabes christianisés. C'est une pratique chrétienne, ce n'est pas musulman d'origine É L'Islam naîtra donc beaucoup plus tard que .... " Allah " !

 

LA DOMINATION ARABE POSÉE SUR L'AFFAIBLISSEMENT DES EMPIRES

 

A l'époque où allait apparaître la nouvelle religion, ce qui s'était passé en occident, quelques générations plus tôt, se produisit en orient.

Les germains, les francs, les burgondes, les wisigoths, peu à peu installés en Gaule par exemple, se sont séparés de la domination de Rome et de Byzance, tout en proclamant leur allégeance à l'Empire : il n'y eut donc pas de massacres, ni de guerres d'invasion, ni de sang versé dans la population, mais seulement quelques batailles ponctuelles contre des légions romaines affaiblies et restées sur place.

De même, au 7ème siècle, après l'affaiblissement dû aux barbares, notamment les vandales et avec la plus grande guerre contre la Perse, on assiste à une décadence des deux belligérants. De sorte que les chefs des tribus arabes christianisées et nestorianisées (le nestorianisme est une hérésie chrétienne commune en Perse à l'époque), et installées dans toutes les régions que nous considérons aujourd'hui comme arabes (Syrie, Égypte, Palestine, Mésopotamie etc.), ont pris leur indépendance.

En moins de dix ans, sans résistance des peuplades locales, sans invasion, sans guerre, ils s'assurent la prise de pouvoir à Antioche et à Jérusalem.

Le même phénomène se produit dans l'actuelle Turquie, en Asie mineure, où le dernier des Sassanides Chosroès II, avait organisé une guerre de conquête en Égypte, était revenu par Jérusalem pour piller la ville de la Vraie Croix , ce qui, en 615, avait provoqué la miraculeuse réaction de l'empereur Héraclius qui, malgré la faiblesse dramatique de ses légions, aboutit à la victoire romaine.

La mort de Chosroès II, les querelles dynastiques qui s'ensuivirent, permettent aux tribus arabes sur place de prendre là aussi le pouvoir.

 

LA RÉDACTION DES PREMIÈRES SOURATES DU CORAN

 

C'est dans ces débuts du 7ème siècle que les forces religieuses, présentes en Syrie et en Palestine, entreprennent de donner une culture spirituelle à cette nouvelle recomposition.

C'est surtout les juifs de la synagogue ébionite qui espèrent rallier le monde arabe à la conquête de Jérusalem, pour le retour du Peuple élu, dans la Ville Sainte.

Le christianisme est, quant à lui, affaibli, loin de ses sources, enténébré par des doctrines qui le vident de sa substance (Arianisme, Nestorianisme).

La prédication de la LOI de MOÏSE (Torah) aux arabes de Yathrib (Médine) et Thakif (La Mecque), par un auteur inconnu, rabbin génial, ébionite, installé en Arabie, date de cette époque. Les arabes étaient déjà chrétiens, il s'agissait de les ramener à la Torah de Moïse, et les détourner de la foi en la Divinité de JÉSUS CHRIST.

A l'époque où commence "la Prédication" contenue dans le futur livre de l'ISLAM, la Mecque constituait un carrefour de biens, d'hommes et d'idées de grande importance.

Avant ces guerres incessantes entre Byzance et l'Asie Mineure, les trafics de l'orient passaient au nord du désert de Syrie.

A cause de ces troubles continuels, les trafics d'or, d'encens, de bêtes et de richesses diverses, passèrent par le sud, à partir des rives de la Mer Rouge : la Mecque était devenue une nécessité commerciale.

Après les victoires islamiques du 7ème siècle, Bagdad ( en Perse) ouvre, à nouveau les routes anciennes de la vallée de l'Euphrate, et la Mecque retombera dans la ruine, ainsi que toute sa région.

L'importance de la Mecque n'aura été que passagère, mais suffisante en durée et en intensité, pour permettre la naissance de l'épopée religieuse de l'ISLAM...

 

L'ISLAM : LA MISE EN PLACE DU CORAN ÉCRIT

 

LES SOURCES DU LIVRE DE L'ISLAM

 

Dans sa thèse de licence, en 1874, Adolph von Harnack, après un travail systématique, en vint à conclure que "le mahométisme n'est qu'une lointaine dérivation de la gnose judéo-chrétienne, et non une religion nouvelle".

Les récents travaux de Hanna Zakarias (décédé en 1959), fin critique, fondateur des Archives doctrinales et littéraires du Moyen Age, fondateur de l'Institut Sainte-Sabine à Rome, membre de la section historique de la Sacrée Congrégation des Rites, à la suite de trente années de travail minutieux, nous révèle que MAHMET (Mohamed) ne peut être l'auteur du Livre sacré de l'lslam : L'auteur est un religieux, moine judéo-chrétien, appartenant à une communauté ébionite.

Saint IRÉNÉE nous avait déjà expliqué au 2ème siècle que les juifs ébionites niaient la Divinité de JÉSUS, reprochant aux chrétiens de la gentilité (Rome) leur abandon de la Loi (Torah) de Moïse.

Ce rabbin ébionite se réfère, fréquemment, dans les sourates (de l'hébreu " SIRAH " : ensemble de versets bibliques) du livre sacré de l'Islam (appelé plus tard le coran), et à l'Ancien Testament duquel il s'inspire tout le temps, ainsi qu'aux littératures rabbiniques et gnostiques, mais il cite peu le Nouveau Testament. Le CHRIST, dans la vision ébionite, n'est guère plus qu'un successeur de Moïse. Il croit à JÉSUS, comme prophète et messie, mais non pas en sa Divinité.

Comme tout scribe ébionite, il puise ses proclamations dans "les ouvrages ... apocryphes" rejetés par les apôtres et leurs successeurs ("apo" signifie "de côté" et "crypto" signifie "pour les cacher" : ce sont des livres mis à l'index).

Ce sont des pseudépigraphes, ouvrages non signés, et mis sous le compte d'un personnage célèbre pour lui donner du poids, du prestige, selon une méthode efficacement utilisée par les néoplatoniciens gnostiques.

Il s'agit de :

- l'Évangile de l'Enfance (écrit en syriaque),

- le Protévangile de Jacques le mineur,

- l'Évangile du pseudo Matthieu (rédigé d'abord en hébreu),

- l'Évangile de Thomas,

- I'Apocryphe du Livre des Jubilés (dont le rabbin tire l'histoire de Satan, le lapidé et les remontrances d'Abraham à son père : cf. Siderski : Légendes musulmanes du coran)

Environ 25 % des sourates du livre coranique sont des recopiages littéraux des textes de ces livres. Leur but ? Ruiner la foi dans la Divinité de JÉSUS. Le CHRIST y est rattaché directement à Moïse. Malgré les 1500 ans qui les séparent, le coran en fait un neveu de Moïse, la Vierge MARIE étant soeur d'Aaron et de Moïse ! ! !

(l'Islam se caractérise par le mépris de toute vérité fondée historiquement)

 

1. Pour ruiner la foi chrétienne des arabes, le coran affirme que JÉSUS n'est pas le FILS DE DIEU. " Les chrétiens disent 'Dieu a un fils' ... parle pour sa Gloire ! Non, Jésus est aux yeux de Dieu ce qu'est Adam ... le formant de la poussière ... Dieu lui dit "sois" et il fut. "

Donc, le VERBE, déposé en la Vierge MARIE, est créé et non pas engendré (contraire au credo )

2. Détruire la foi de la TRINITÉ DANS L'UNITÉ :

Les arabes chrétiens croyaient à la Sainte Trinité et usaient du mot TAKTELIT pour la désigner.

Ils distinguaient aussi les trois Personnes par le mot OUKNOU d'origine syriaque. L'auteur ébionite s'élève avec force contre ce dogme : " Vous qui avez reçu les Écritures, ne dites point "Il y a Trinité", cessez de le faire ! cela vous sera plus avantageux car Dieu est unique, gloire à Lui ".

" A quiconque donne des "associés" à Dieu [ foi dans l'incarnation du Fils en Jésus ], Dieu interdit le Jardin ( le paradis) et celui-là aura le feu ( l'enfer ) comme refuge ... "

3. JÉSUS n'est pas mort sur la croix (thèse gnostique pour renverser la foi en la rédemption) On retrouve cette thèse :

- dans "le Pseudo Barnabé" : Judas eut "l'apparence de JÉSUS et fut crucifié à sa place"

- dans "Basilide", gnostique des premiers siècles, on substitua à JÉSUS, Simon de Cyrène !

- les manichéens du 3ème siècle affirmaient également que "JÉSUS n'était mort qu'en apparence". affirmation hérétique du docétisme (mot qui vient du grec dokein - sembler, paraître). Autant de formules reprises mot à mot dans les textes écrits arabes de l'Islam coranique.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le président Sadate, au Caire, a du donner satisfaction aux fondamentalistes islamiques, en interdisant la deuxième partie du film de Zeffirelli où JÉSUS meurt sur la croix... puisque, expliquaient-ils, "c'est une insulte à la révélation divine, rejetée par le Coran, l'envoyé du ciel n'ayant pu subir un supplice d'esclave".

 

LE CORAN N'EST PAS UNE RÉVÉLATION SURNATURELLE

 

Depuis 1950, le Père BERTUEL approfondit les travaux de ZAKARIAS et les confirme, relisant les versets du coran, mot après mot, phrase après phrase.

Avant lui d'ailleurs, aucun islamologue sérieux, de P. LAMMENS à R. BLACHERE, ne cache que les textes de l'Islam n'ont jamais fait l'objet de recherches méthodiques sur la genèse de sa composition, son développement interne. Il est interdit au musulman arabe de se poser des questions de les scruter, ni même de traduire littéralement le texte. Toute investigation, quant aux origines de cette religion est pour eux un grave péché. Il faut l'apprendre par coeur ... et faire confiance à l'interprétation donnée par les imams, les marabouts ou les théologiens musulmans...

Un peu comme si les chrétiens ne pouvaient connaître la Bible qu'en l'apprenant par coeur, en latin, ou en grec, sans pouvoir jouir de sa signification exacte directement.

Alors, d'où viennent ces textes ? Des travaux récents permettent d'y voir clair.

Un rabbin, juif et ébionite, chassé d'Edesse, à la suite de la conquête de la ville par Héraclius, en 628, vint avec ses compagnons juifs d'exil à Médine, chez les enfants d'Ismaël. Ils cherchèrent leur aide, en leur expliquant qu'ils étaient parents selon la Bible, mais ne purent convaincre la masse du peuple, parce que leur culte était trop différent

"En ce temps-là, un ismaélite nommé MAHMET, un négociant, se présenta à eux comme un prédicateur et leur enseigna, sous la volonté de Dieu, le chemin de la vérité, le Dieu d'Abraham, car il était très bien informé et à l'aise avec l'histoire de Moïse" (Chronique arménienne de 660, premier document historique indiquant l'existence de Mohamed, écrit par SEBÉOS, à partir de témoins oculaires prisonniers des arabes).

Or, MAHMET ne sait ni lire, ni écrire (les musulmans y tiennent beaucoup). Il reçoit donc et se propose de transmettre l'enseignement du maître juif, qui l'informe et le fait répéter mot à mot la prédication à ses compagnons de Thakif (La Mecque).

 

LA RÉDACTION DU CORAN ACTUEL

 

Le coran est composé de 114 sourates, divisées en 6226 versets, qui furent mises par écrit et ordonnées, par ordre décroissant de longueur, par le troisième calife après Mohamed, vers 650, plus de vingt ans après la mort de l'apôtre de la THORA, en Arabie. (Torah en hébreu : Loi récitée ... traduction en araméen : quaryan É puis en arabe : coran).

Ainsi, les sourates auraient été retenues oralement, pendant trente ans, par quatre compagnons du prédicateur habitant Médine (Yathrib).

Ces "illuminations" furent donc mises par écrit par OTMAN, qui est devenu le chef politique et religieux des croyants. Afin d'accaparer pour son compte personnel les paroles d'Allah, il prit soin de faire détruire toutes les copies des textes antérieurs à sa propre composition, ordonna tous les feuillets rédigés de sa main, dans un carambolage tel que le chapitre le plus long fut placé en premier, et les autres à la suite selon leur longueur décroissante (ce qui a pour effet de rendre incompréhensible à sa lecture, la genèse et le développement de la prédication islamique). Il fit enfin détruire toutes les archives pouvant trahir ce que voulait cacher cette fabrication, notamment à Alexandrie (incendie de la plus grande bibliothèque de textes anciens de l'époque).

De sorte que le coran intégral et oral de Mahomet (qui n'a jamais été écrit) est bel et bien perdu ! On y aurait reconnu trop ouvertement que celui qui parlait du ciel n'était pas l 'ANGE GABRIEL, mais le maître juif qui soutenait Mahomet dans sa prédication... Or, même les sourates échappées au massacre révèlent l'existence de ce fait, qui se dévoile grâce à la traduction littérale et réordonnée des chapitres.

Les promoteurs du proto-islam avaient laissé derrière eux divers textes dépourvus de points diacritiques, d'où l'importance d'une mémoire orale jusqu'à OTMAN, et, après lui, la nécessité apparut de détenir un texte présentable au titre de révélation nouvelle.

Voilà pourquoi on empila ces divers textes en un livre, qui fût lu (donc, vocalisé) selon les exigences de la légende en formation ( l'ANGE GABRIEL révélant le livre du coran à Mahomet au ciel). Mettre sur le compte d'une révélation angélique, un livre récemment écrit est un procédé oriental qui avait déjà été employé par ELCH0ZAI vers l'an 100 et par MANI au 3ème siècle.

 

LES TEXTES DU CORAN ET DE LA SUNNA

 

L'ÉTUDE LITTÉRALE DES TEXTES DU CORAN

 

Sans reprendre les explications des articles précédents nous pouvons les résumer en précisant comment ces découvertes s'enracinent dans le texte du coran lui-même... à condition de l'avoir préalablement remis en ordre.

OTMAN, le troisième calife après la mort de MAHMET, a sélectionné quelques répliques des proclamations de l'apôtre de l'Islam et les a disposé dans un désordre chronologique tel qu'il faut le travail des islamologues pour remettre les sourates dans l'ordre générique où elles on été exprimées. Tout le monde s'accorde sur la base de principes irréfutables sur la chronologie de Modelke (pour ne citer que lui).

Ce qui importe ici c'est de savoir ce que l'on peut en tirer :

Dans la première période de cette composition (première période mecquoise) de 47 sourates (sirah), les mots, les phrases, les tournures, tout est la transcription d'un judaïsme enseigné en Arabie : c'est un rabbin qui parle dans un jargon mi-hébraïque, mi-araméen.

L'écriture de la sourate 1, par exemple, est un système graphique en langue talmudique (Talmud : textes juifs de la Synagogue). La théorie musulmane faisant sortir l'arabe littéral du dialecte mecquois comme norme linguistique, ne tient pas scientifiquement : MAHMET n'est pas l'auteur de ces paroles ! ...

 

L'HISTOIRE SOUS-JACENTE AU CORAN ACTUEL

 

L'auteur est un rabbin : il a reçu l'Écriture de la Providence de Dieu et ce bien-aimé Muhammad a " accueilli la Torah (juive) et l'Évangile " (c'est-à-dire les apocryphes gnostiques des juifs ébionites) (cf. : sourate III ver. 33 et 7).

Ayant rappelé dans la sourate II, les exigences de la Torah, il prêche sur Marie, Jean-Baptiste et Jésus, dans la sourate III.

Le retour (sourate II) sur l'Ancien Testament comporte plus de 2000 versets bibliques et d'innombrables réflexions midrashiques (traditions interprétatives des rabbins juifs). Le premier corollaire sera la guerre sainte (sourate II, 190 versets) pour la conquête de Jérusalem ( II, 208) - et le relèvement de la Maison, c'est-à-dire le Temple ( Al Bayt : de l'hébreu El Beit, maison de Dieu ), du Lieu d'Abraham ( Maqamu Ibrahima : II, 125 et suite - II,144 et II, 94-97), car, c'est à Jérusalem qu'Abraham sacrifie Isaac !

Il faut y accomplir un pèlerinage ( Hijju, II,196 et suite) pour restaurer le Royaume de Dieu (II, 243 et III, 97) C'est dans ce but que l'instructeur de l'apôtre arabe "a quitté, comme le fit Abraham sa tente" pour 'poster des fidèles pour le combat'(III, 121).

Chef de l'expédition sarrazine, qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, il a conduit les enfants d'lsmaël à la conquête du pays (la Terre promise - sourate II,11 et II,168), jusqu'aux Portes de Dieu (II,158 et 169). Ils ont "déferlé d'Arabie" (II,198) sont entrés dans la ville de Jérusalem (Il,208). A cette victoire, à cet élan de conquête, succède une brisure, un calvaire (Qarhun) à cause d'embûches tendues, de trahisons fomentées par la perfidie des enfants d'Israël. (III,99-118-119-122-140-179). Les enfants dIsmaël sont dans le murmure (III,152), sont dispersés (III,123), et expulsés d'Israël. (III,195)

C'est alors que l'auteur rédige cette sourate III pour raffermir le courage des hésitants tirant de l'échec même une promesse de retour, de restauration (III,124 à 129).

 

LES PÉRIODES MECQUOISES, MEDINOISES

 

La deuxième période mecquoise va faire apparaître bien des contradictions par les arabes déçus et rejetant les croyants rassemblés autour de l'interprétation arabe de la Torah. Les réponses sont données par des versets bibliques (21 versets pour les seules sourates XX et XXVI). On trouve, dans ces passage, comme un résumé de l'histoire sainte d'Israël.

Bref, l'islam n'est que le judaïsme expliqué par un rabbin à des arabes. Les textes ont pour auteur un juif, et non pas un arabe. Mahmet n'est absolument pour rien : on ne trouve aucune trace d'une Révélation de Dieu, directement au catéchiste transmetteur.

Puis le rabbin compose un CORAN en langue arabe, ce qui ouvre une nouvelle période dans le Livre de l'Islam, chevillé par OTMAN, à partir de la sourate 54 ( Nous l'avons révélé sous forme de révélation arabe rappelle la sourate XX,112).

Auparavant, à partir de la sourate 80, il n'y a pas trace de révélation arabe, le rabbi ne parle que de la Quaryan (Torah en hébreu )de Moïse.

En deçà, à partir de la sourate 96, il n'est question d'aucun livre religieux. Cependant, si le coran a été écrit, le livre des sourates ne le retranscrit pas : il en signale seulement l'existence... Les sourates se contentent de raconter les Actes des proclamations, un peu comme dans la Bible, sont relatés les Actes des Apôtres.

Les contradicteurs ne s'y trompent pas : Mahmed, tu n'es pas autre chose qu'un élève. (MU'ALLAMUM des juifs) (sourate 44-V,13) ... et la réponse du rabbin, à cette évidence précise pour la défense de Mahmet : Sa parole n'est pas la parole d'un poète ! Comme vous êtes de peu de foi ! Ce n'est pas la parole d'un inspiré divin ! Comme vous êtes de courte mémoire ! C'est la révélation du Seigneur des mondes. (sourate 99,41 à 43) C'est le rappel de nos écritures. (sourate 36,39)

Face aux conversions des arabes au judaïsme, le curé chrétien de La Mecque réagit, Mahmet est tenté... d'où la deuxième période mecquoise avec les répétitions des textes anti-Fils de Dieu, anti-Rédemption, anti-Trinité des apocryphes sur Jésus et Marie, dont nous avons déjà parlé. Par exemple, la sourate 19 sur Marie rentre dans cette série.

La période médinoise, où Mahmet devient le chef religieux incontesté, s'ouvre le 24 septembre 622. C'est l'heure de la fondation de l'Islam arabe, indépendant de la direction rabbinique.

 

MOHAMED ET LES SOURATES

 

Il reste à noter que le coran, récité par nos frères musulmans, ne contient aucun trace du nom du prophète Mahmet, ni aucune mention de l'ange Gabriel, pas plus que d'un quelconque récit d'une apparition divine à un arabe ! Ne retenons ici que ce qui concerne MOHAMED.

Les croyants récitent les textes anciens et croient entendre :

MHMD a reçu de Dieu sur la montagne la révélation.

Mais, ce terme MHMD est un participe passé signifiant le bien-aimé (de Dieu sous-entendu).

Ils voient encore leur fondateur aux passages où l'on trouve AHMAD (sourate 61,6) qui veut dire Précieux. Or, la traduction littérale montre que LE PRÉCIEUX n'est autre que MOÏSE qui, en effet, a reçu de Dieu la Révélation de la Loi, directement, sur la montagne (SINAÏ).

Le Précieux est précisément le surnom que les midrash talmudiques donnent à Moïse.

Tout ceci est irréfutable... Il est possible d'approfondir ces faits avec les analyses plus précises éditées dans l'ouvrage de J. BERTUEL (tome 2- pages 118 à 121).

 

LA DEUXIEME SOURCE DE LA RELIGION : LA SUNNA

 

Nous résumerons l'histoire de l'épopée arabo-islamique, après la mort de Mahmet, avec ABU BAKR, puis à sa mort, OMAR à l'époque des conquêtes de Syrie, Irak, Iran et Égypte, et ensuite, OTMAN au début des guerres civiles.

Ce troisième calife prend peur et cristallise le coran, comme nous l'avons expliqué en prenant soin d'extirper toute trace des origines juives des sourates.

A sa mort, Ali prend le pouvoir. Des luttes fratricides éclatent entre la famille d' Otman (les ommayades) et la famille d'Ali, aboutissant à des massacres : Ali, puis Hussein, et toute la famille du prophète sont assassinés.

Les califes ommayades vont se succéder. en affermissant les conquêtes et en étouffant la dimension religieuse.

En 749, ils sont renversés par la tendance religieuse spirituelle et les califes abbassides prennent le pouvoir.

C'est alors que les traditionalistes (MUHADDITIN) vont recueillir les HADDITH (paroles) c'est-à-dire les traditions orales sur Mahmet. Les islamologues savent bien que ces traditions étaient corrompues par d'innombrables glissements des traditions apocryphes, servant aux abus des dirigeants, et autres intéressés des périodes tyranniques ommayadesÉ Mais peu importeÉ! La SUNNA est composée (760-820).

Pour la première fois, on peut découvrir une vie de MAHOMET, des apparitions de l'ange Gabriel, des transports sur une jument mystique du Prophète à Jérusalem, et toute une multitude de détails assez choquantsÉ

On peut dire que la religion islamique date de cette époque, qui signe l'abandon définitif de l'origine réelle du coran au judaïsme ébionite.

Autant le Livre de l'Islam, inspiré par le rabbin, est anti-chrétien, autant la Sunna inspirée par les traditionalistes arabes, est antijuif.

Pour remplacer Moïse, il fallait bien diviniser Mahmet et lui inventer une vie légendaire et sacrée ! Et tous les écrits, échappés au massacre culturel de toutes les archives, entre les années 650 et 68O, et précieusement conservés chez les jacobites, les nestoriens, les samaritains, ces textes, antérieurs à la Sunna, à propos de Mahmet, montrent bien qu'il s'agit là d'une pure invention !

Père Patrick

L'ICONE "PARAMYTHIA"

 

LÉGENDE DU MONT ATHOS

 

L'icône de la Vierge «Paramythia»

 

Autrefois, l'usage était que les moines du monastère de Vatopedi où se trouve cette icône, la vénèrent en quittant le catholicon, c'est-à-dire l'église principale.

Selon la tradition, il arriva qu'une fois, alors que l'abbé voulait donner la clef au portier afin d'ouvrir le monastère, une voix venant de l'icône se fit entendre : «Aujourd'hui, n'ouvre pas le portail, mais postez-vous sur les remparts du monastère afin de chasser les pirates.» La voix se répéta encore une fois. Lorsque l'abbé se retourna, il vit l'enfant

Jésus mettre sa main sur la bouche de sa mère en disant : «Non mère, laisse-les être punis comme ils l'ont mérité.» La sainte Vierge enleva pourtant la main du Christ, détourna un peu le visage et répéta ses paroles.

Les moines se précipitèrent sur les murs, et virent les pirates qui entre-temps avaient encerclé le monastère et attendaient l'ouverture des portes afin d'y entrer et de le piller.

C'est ainsi que l'intervention miraculeuse de la Toute sainte sauva le monastère, mais depuis, l'icône porte les traces de son mouvement.

Depuis, les moines entretiennent une lampe à huile devant l'icône, et la liturgie de chaque vendredi ainsi qu'un office quotidien sont célébrés en son honneur.

 

La chasteté est une longue prière.

saint Jean DamascŹne

(Exposé précis de la foi orthodoxe 4,24)