Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction

de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes
et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 84

FEVRIER 1999

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

 

NOUVELLES

TU NE CONVOITERAS POINT

VERS L'ANTICHRIST

CIRE SACRÉE

RUSSIE : EXHUMATION DES RELIQUES DE L'ARCHEVEQUE HILARION

SAINTE MATRONE DE CHIOS

DE LA VIE DE SAINT PAUL LE SIMPLE

SYNAXAIRE DU TRIODE : Dimanche du Fils prodigue


NOUVELLES

Voici déjà la période du Triode et bientôt celle du Grande Carême. Le temps passe et la vie aussi.
Sinon, rien de nouveau qui vaille la peine d'être signaler.
Un voyage en Grèce est prévu et un autre en France et Suisse, mais ce sera probablement après Pâques.

Une nouvelle vidéocassette est disponible : Cours d'iconographie. Cette cassette est plutôt destinée aux iconographes.

Je vous souhaite à tous un Carême selon Dieu, c'est-à-dire une vraie repentance, un vrai revirement vers le Seigneur.
En Christ,
hiéromoine Cassien

TU NE CONVOITERAS POINT

J'ignore toujours quels sont mes charismes mais je sais pertinemment lequel me fait défaut : celui de savoir parler et de prêcher. J'essaie chaque fois tant bien que mal d'ajuster quelques mots pour exprimer mes trouvailles et à cela s'ajoute mon accent bizarre accentué par le sifflement que ma bouche édentée provoque. Espérons qu'un jour l'Esprit saint me prendra en pitié et déliera ma langue car le désir ne me manque pas de prêcher la bonne nouvelle. Mais laissons mon état pitoyable de prédicateur et tournons-nous vers la parole de l'écriture que je voudrais expliquer un peu par devoir :

"Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain," (Ex 20,17 et Dt 5,21) voilà ce que dicte le commandement. Qu'est-ce cela veut dire : Convoiter, que ce soit la femme du prochain, un bout de chocolat ou autre chose ? Convoiter c'est toujours un vice. Désirer quelque chose n'est pas nécessairement négatif mais convoiter l'est toujours. La femme du prochain, c'est celle qui lui appartient légalement par le lien du mariage et je n'ai pas le droit d'y toucher; pas seulement d'y toucher, mais même la regarder avec convoitise est déjà un péché. Le Christ, ne dit-t-Il pas : "Mais Moi, Je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur." (Mt 5,28) ?

Ces paroles sont comme des blocs de béton, lourds et compacts mais vrais. Si je commence à faire des entorses, des concessions, des exceptions alors je mets mes pieds sur le chemin de la perdition. Pourtant la femme du prochain n'est pas mauvaise, car Dieu l'a créée aussi; et le chocolat non plus n'est pas mauvais, comme tout fabricant de chocolat vous le confirmera. C'est donc cette convoitise qui gâche tout, et pourquoi ? Elle crée une attitude qui est malsaine, qui fausse les relations et qui est basée sur l'égocentrisme. C'est comme le fiévreux qui se jette sur l'eau froide. Il ne fait qu'accroître la fièvre. Quand il aura retrouvé la santé en suivant les conseils du médecin, et

non son désir déréglé, alors tout rentrera dans l'ordre. L'eau froide le désaltérera au lieu d'aggraver sa maladie. De même quand nous aurons accompli ce que Dieu, dans sa Beauté, nous prescrit, à travers l'évangile, l'Église, le père spirituel, alors tout nous sera salutaire, car pour le saint tout est pur, comme il est écrit. Quand le jeûne ne nous pèsera plus, quand la prière

nous sera un besoin comme l'air à respirer, quand l'obéissance - pour tout dire - nous deviendra une seconde nature, alors le paradis sera retrouvé avec toute sa fraîcheur et ce sera l'avant-goût du royaume que le Christ a promis à ceux qui se font violence.

hm. Cassien


VERS L'ANTICHRIST

Voici un article, dans "L'âme & le Coeur" (n° 29), qui nous conduira directement dans les bras de l'Antichrist, tel qu'il fut prédit depuis des siècles :

Comment sortirons-nous de la crise ?

EN CETTE ÉPOQUE TROUBLÉE, l'humanité fait face à de graves difficultés. Dans nos pays sévissent le chômage et la précarité. Dans les nations pauvres s'y ajoutent la faim et les conflits. Partout, une économie et des marchés financiers semblant échapper à tout contrôle mettent à mal les populations et l'environnement. Cette situation chaotique pourrait sembler sans issue. Pourtant un événement exceptionnel viendra bientôt la transformer. Un être d'une sagesse et d'une capacité d'amour sans pareilles va se faire connaître des hommes, et leur montrer comment sortir de la crise actuelle. Cet être, appelé Maitreya, s'adressera à l'humanité tout entière lors d'interviews télévisées qui seront retransmises dans tous les pays. Il proposera des solutions aux problèmes du monde, et nous guidera vers la construction d'une nouvelle civilisation fondée sur le partage, la justice et la liberté. Nous serons libres de suivre ou non ses conseils, mais le formidable élan que suscitera son message permet déjà d'envisager l'avenir avec confiance.

Tu es, je suis sûr, conscient que pour toi la pénitence n'est plus limitée à révéler tes péchés à ton confesseur, mais que tu dois te souvenir d'eux sans cesse, jusqu'à ce que ton coeur se brise ou presque, sous leur poids hideux; et il se briserait en effet sans la fermeté de ta foi en la Miséricorde de notre Seigneur.

Extrait d'une lettre de saint Macaire d'Optino à un fidèle

CIRE SACRÉE
Extraits de l'article "La cire d'abeille : Une histoire d'amour entre Dieu et les hommes"
dans "L'abeille de France" n° 843

Bien avant l'intervention des cierges, les Romains s'éclairent à l'aide de torches faites de papyrus trempés dans de la cire. Le premier exemple remonte au début du IVe siècle lorsque l'empereur Constantin ordonne d'illuminer toute la ville de Constantinople, la veille de Noël, au moyen de lampes et de bougies de cire.

La peinture à l'encaustique fut très réputée On mélangeait des cires colorées réduites en poudre à de l'huile ou à du blanc d'oeuf pour appliquer ensuite à la brosse sèche. Un instrument appelé causterium (genre de fer à repasser) était utilisé pour fondre les couleurs. On trouve encore des icônes peintes à l'encaustique au Mont Sinaï.

La cire d'abeille a de tout temps été étroitement associée aux cérémonies.

Une cérémonie (= du cire) , au sens propre du terme, est une fête au cours de laquelle on brûle beaucoup de cire.

Les sorciers ont toujours exploité ses qualités afin de modeler leurs figurines maléfiques.

On appelait céromancie les prédictions obtenues au moyen de cire liquide tombant goutte à goutte dans de l'eau froide. Les différentes formes que prenaient les gouttes de cire en se solidifiant décidaient si le présage était favorable ou non.

Les Turcs, encore, se servaient de la cire pour découvrir l'auteur d'un crime. Ils récitaient des phrases mystérieuses pendant que la cire fondait doucement sur un feu : la forme que prenait la cire fondues de cette manière devant infailliblement faire découvrir le nom du criminel et sa cachette.

Au Ve siècle avant J.C., Hérodote raconte que, pour embaumer leurs morts, les Perses couvrent le corps de cire avant de le mettre en terre. Ceci afin de préserver les cadavres de la corruption mais également afin de ne pas souiller la terre, le feu ou l'eau. Deux siècles plus tard, le Grec Straton parle encore de cette coutume.

Les Assyriens, quant à eux, recouvrent les cadavres de cire pour les plonger ensuite dans du miel.

Les Égyptiens recourent à cette substance pour imprégner les bandelettes servant à envelopper les momies. Remarquons que le mot momie est d'origine persane : il vient du mot moun ou mum, qui signifie cire.

Les patriciens de Rome et d'Athènes faisaient revivre leurs ancêtres grâce aux bustes en cire appelés imagines majorum. Ceux-ci représentaient avec une saisissante vérité le parent défunt. Pour les réaliser, l'artiste céroplaste coulait sur le visage du mort une épaisseur de plâtre, puis, dans le moule ainsi obtenu, versait la cire qui épousait tous les creux et donnait le relief. Ces bustes étaient placés dans l'atrium, lieu de réunion où se trouvaient l'autel et les dieux domestiques, ou dans le tablinium, pièce de cérémonie où le maître de maison recevait. Lorsque ce dernier mourait, ces statues étaient solennellement portées à son convoi funèbre, rangées par ordre chronologique et vêtues d'habits de magistrats.

En plus de ces bustes d'ancêtres, les Grecs et les Romains plaçaient en évidence des sculptures de cires représentant les dieux lares, gardiens du foyer domestique.

Dans toutes les fêtes de Saturne, Bacchus et Cérés, à Rome toujours, on faisait un grand usage de flambeaux et de guirlandes de cire.

Les Égyptiens représentaient leurs divinités sous formes de statuettes de cire et leurs temples abritaient déjà de nombreuses images votives en cire comme plus tard les églises des chrétiens.

C'est ainsi que, en Allemagne, on représente en cire la partie malade du corps dont on désire la guérison puis on place ces ex-voto dans l'église afin d'être exaucé.

Dès les temps les plus anciens, les cierges éclairent les cérémonies religieuses païennes.

Le mot cierge vient du latin cereus, qui signifie en cire.

Au Xlle siècle avant J.C., un papyrus de Ramsès III nous révèle que les paiements effectués au trésor royal pour les sacrifices se composaient de jarres d'encens, de miel, d'huile et de cire.

Les rites institués par Zoroastre au XIe siècle avant J.C. dans l'Iran antique, le culte du dieu du soleil chez les Égyptiens, ou encore la célébration des mystères d'Eleusis, qui avaient lieu en Attique, en l'honneur de Cérès, déesse de moissons, toutes ces cérémonies se déroulaient à la lumière de cierges de cire d'abeille.

Les premiers chrétiens des catacombes s'éclairent ainsi et continuent avec les cierges lorsqu'ils construisent leurs églises.

C'est au lVe siècle, sous l'empereur Constantin, premier empereur chrétien, que les lumières commencent à être employées dans un but rituel ou symbolique; plus tard les églises de Rome et d'Orient font usage de cierges pendant le jour.

Dès lors, la consommation de cire va augmenter graduellement.

C'est encore Constantin qui institue l'usage des lumières aux cortèges de funérailles ainsi que la coutume de placer des cierges allumés autour du corps avant l'ensevelissement ou la crémation.

Dans la ville de Fès, au Maroc, pour l'anniversaire de Mahomet, les écoliers célébraient une fête, portant chacun une torche de cire allumée pouvant peser jusqu'à 15 kilos. Ces torches étaient ornées tout autour de fruits en cire. Allumées de très bonne heure le matin, elles brûlaient jusqu'à l'aube suivante, moment où la fête cessait. Ces festivités étaient très profitables aux maîtres d'école car ils revendaient très cher les restes de cire qui coulaient des torches.

Au Moyen Age, les cierges sont fabriqués par des moines ou des serviteurs de la noblesse, les chandeliers-ciriers ne pouvant faire que des chandelles de suif et des bougies.

Au XVe siècle, l'emploi des cierges devient général. L'industrie des bougies acquiert une telle importance que les fabricants de cierges de Londres obtiennent le droit de former une corporation, celle de la Worshipful Company of Wax Chandlers, dont des documents attestent l'existence dès 1371.

Des statuts très sévères vont désormais réglementer le travail de ces nouvelles corporations.

Le cierge devient le signe du sacré. Il ne doit contenir que de la cire pure d'abeille et la grandeur des mèches est réglementée.

La cierge pascal a été institué au IXe siècle. La veille de Pâques, on bénissait un grand cierge sans mèche, puis on le plaçait sur l'autel. Ce cierge n'était pas destiné à brûler mais à servir de registre car les fêtes mobiles de l'année étaient gravées sur cette colonne de cire.

L'origine du mot bougie est à chercher dans la ville de Bougie, actuellement Bejaia, en Algérie. Dans cette ville, l'industrie de la cire était florissante et l'on en exportait d'énormes quantités.

La cire, la mèche, le feu et l'air représentent la synthèse de tous les éléments de la nature.

Janine Haldimann

Buvons de l'eau vive "jaillissant en vie éternelle"; mais le Sauveur dit cela de "l'Esprit que doivent recevoir ceux qui croient en Lui. Car remarquons ce qu'Il dit : "Celui qui croit en Moi (non seulement cela, mais :), comme dit l'Écriture (ainsi te renvoie-t-Il à l'Ancien Testament !), des fleuves d'eau vive couleront de son sein". Non pas des fleuves perceptibles aux sens qui ne font qu'arroser la terre avec ses ronces et ses arbres, mais amenant les âmes à la Lumière.

St Cyrille de Jérusalem

Le vice arrache les hommes à Dieu et les sépare les uns des autres. Nous devons donc nous en détourner vite et poursuivre la vertu, qui nous ramène à Dieu et nous unit les uns avec les autres.
Abba Isidore de Péluse

Apprends par coeur les paroles de l'évangile et les sentences des pères saints et étudie leur vie, afin de posséder tout cela comme sujets de méditation pendant tes nuits.
Théolepte, métropolite de Philadelphie en Asie Mineure

RUSSIE : EXHUMATION DES RELIQUES DE L'ARCHEVEQUE HILARION

Collaborateur fidèle du patriarche Tykhon et théologien de grande envergure, l'archevêque Hilarion (Troïtsky) était fort apprécié du peuple. Il lutta pour l'unité de l'Église au moment où celle-ci était menacée par le schisme de "l'Église Vivante", après la révolution soviétique.

De 1920 jusqu'à sa mort, il ne vécut guère plus de deux ans en liberté, ayant connu le camps tristement célèbre de Solovki. Il mourut du typhus à Pétrograd en 1929, alors que les bolchéviques avaient décidé de l'exiler à vie à Alma-Ata.
Récemment, les reliques du hiéromartyr ont été exhumées, dégageant un parfum, ce qui constitue un signe de sainteté dans l'orthodoxie; des guérisons et d'autres miracles se sont produits devant lesdites reliques.
Source : "Pravoslavlje", 01/09/98 B.L.C.
Dans Nouvelles du monde orthodoxe

SAINTE MATRONE DE CHIOS

Matrone était la septième fille de Léon et d'Anne, pieux chrétiens vivant au village de Volissos au sud de Chios. De ses parents, elle avait reçu le nom de Marie. Elle fut élevée dans un foyer à l'éthique véritablement chrétienne.

A l'âge où ses parents pensaient lui trouver un mari qui lui conviendrait, Marie se sentit appelée à une vie totalement différente. Elle ressentit un grand désir de Dieu, et décida de se consacrer à une vie de prière et de solitude. Sans dire à ses parents ou ses soeurs quelle était son intention, elle sortit en secret du foyer familial et s'achemina vers les monts Katavasis perchés haut au-dessus du village. Là, elle trouva un lieu comme abri et y passa seule ses jours et ses nuits à jeûner et à prier, menant une austère vie ascétique.

Ses parents furent bien effrayés à la disparition de Marie. Ils imploraient des nouvelles d'elle, la recherchaient partout, et finalement la trouvèrent. La rudesse et la rigueur de son mode de vie les jetèrent dans la consternation. En tant que vrais chrétiens, ils pouvaient bien comprendre son amour de Dieu et son désir de Lui sacrifier sa vie, mais ils étaient angoissés de voir leur fille bien-aimée vivre seule, haut dans la montagne, à la merci des éléments. Ils l'implorèrent de rentrer avec eux à la maison, et, à leur soulagement, elle les écouta et leur obéit.

Bientôt cependant, Léon et Anne se rendirent compte que leur plus jeune fille était absolument décidée de vivre la vie monastique, et finirent par lui donner leur permission de vivre comme elle l'avait choisi de faire. Avec leur bénédiction, elle donna à ses soeurs la responsabilité de la modeste partie de terre et de propriété qu'elle possédait, de sorte que son revenu pût être utilisé à des oeuvres charitables. Emportant avec elle à peine plus que les vêtements qu'elle portait en se levant, elle retourna à son hermitage de fortune dans la montagne, ayant accepté cette fois-ci qu'une de ses soeurs vînt de temps à autre avec assez de nourriture pour éviter qu'elle ne mourût de faim.

Elle vécut ainsi pendant trois ans dans la montagne seule avec Dieu, en communion intime avec Lui.

Au bout de trois ans cependant, elle se sentit appelée à quitter son simple hermitage et à trouver un monastère de femmes où il y aurait des femmes vivant pour Dieu une vie de vertu et lui servant d'exemples à imiter, ainsi que de guides et de compagnes sur son chemin spirituel. Il y avait plusieurs monastères de femmes dans la campagne environnante, mais elle était attirée par une maison où une mère et ses deux filles vivaient la vie religieuse en paix, dans une grande simplicité. Humblement, elle leur demanda de lui permettre de partager leur vie. Les trois femmes, ayant pu constater sa modestie et sa simplicité, l'ont admise de bon gré à partager la rudesse de leur vie de pauvreté et de prière.

Dans cette minuscule communauté, Marie reçut la tonsure et l'habit monastiques ainsi que son nouveau nom, Matrone. Elle apporta à sa vie dans la petite communauté toute la ferveur et l'austère simplicité qu'elle avait apprises seule avec Dieu dans la montagne. La moniale Matrone acquit petit à petit une réputation de vertu et de sagesse

qui se répandit bien loin au-delà des murs du petit couvent et incita d'autres femmes à vouloir entrer dans la communauté pour partager sa vie de prière et d'ascèse.

Le couvent, cependant, était vraiment bien trop petit pour loger beaucoup d'autres moniales. Ce n'était après tout que le foyer familial de la Mère fondatrice, et sa seule église était une toute petite chapelle. Matrone s'adressa à l'Ancienne :

"Petite mère, ne voudrais-tu pas que nous agrandissions l'église et construisions quelques cellules ?"

"Je voudrais bien le faire, petite mère, mais comment ferions-nous ? Tu sais aussi bien que moi : nous n'en avons pas les moyens."

"Ne t'inquiète pas de cela", dit Matrone, "le Seigneur pourvoira !"

Matrone prit contact avec ses soeurs selon la chair, et procéda à la vente de la terre qu'elle possédait à Volissos. Avec la bénédiction et le soutien de la Mère supérieure, elle consacra une partie du prix de la vente à la construction d'un établissement de bains pour les pauvres et les voyageurs, avec l'intention de créer ainsi l'occasion de commencer la construction de l'église.

La tradition rapporte l'histoire fascinante d'un miracle étrange qui eut lieu lorsque les ouvriers commencèrent à creuser les fondations. Comme ils étaient en train de creuser le sol en profondeur, quelque chose de brillant attira leur regard. Ils accélérèrent leur besogne, et bientôt déterrèrent ce qui semblait être un amas d'or enterré. On appela Matrone. Avec les ouvriers, elle considéra, étonnée, la fortune éblouissante qu'ils avaient déterrée. Ses sens spirituels, cependant, s'étant éveillés pendant ses longues années de prières et de jeûne, elle n'éprouva aucune convoitise à la vue de l'or, ni le sentiment d'avoir été personnellement favorisée de Dieu par la découverte de ce trésor, elle eut, au contraire, l'intuition que quelque chose n'allait pas. Inclinant sa tête, elle se mit à prier avec ferveur :

"Seigneur Jésus Christ, si cet or est vraiment un don de ta Main, montre-le-nous clairement, mais si c'est un piège du malin, fais-le disparaître !"

Aussitôt, l'or brillant disparut; à sa place, les ouvriers virent des morceaux de charbon rougeoyants. Émus, ils se mirent en prière, louant Dieu pour les avoir délivrés de la tentation.

La nouvelle du miracle se répandit. Bientôt apparut un deuxième trésor, non pas une tromperie du démon destinée à exciter la convoitise et la vanité, mais de généreux dons, venant de chrétiens touchés par la Grâce de Dieu. Les ouvriers s'appliquèrent avec enthousiasme à la construction de la nouvelle église.

Elle fut bientôt terminée. La réputation du petit monastère se propagea.

De nouvelles novices arrivèrent et la communauté grandit. Plus tard, à la mort de la Mère fondatrice, communauté élut unanimement Matrone comme abbesse. Les moniales

trouvèrent en elle une vraie mère spirituelle et la maison prospéra sous sa conduite.

Un autre remarquable miracle est attribué à mère Matrone. Quand les Génois prirent Chios, l'île fut cruellement pillée. Un des envahisseurs entra par effraction au monastère de l'abbesse Matrone et s'attaqua à une des moniales, avec l'intention de la violer. La sainte abbesse avaient longuement imploré Dieu de protéger ses filles spirituelles de la violence des envahisseurs. Ses prières furent exaucées : le violeur d'intention fut frappé de mort avant de pouvoir nuire gravement à la moniale. Matrone rendit grâce aussitôt à Dieu pour sa prompte Défense de la maison. Au même moment, cependant, elle fut émue de compassion pour l'attaquant, terrassé ainsi dans son péché, et pria Dieu de la ressusciter. Il se leva terrifié et fuit l'enceinte sacrée. La nouvelle de ce miracle préserva complètement la maison d'autres attaques désormais.

La sainte abbesse guidait son monastère avec sagesse et autorité; grâce à des années de communion avec Dieu, ses sens spirituels étaient éveillés, son discernement affiné, sa compréhension profonde, sa compassion incommensurable. Elle devint une icône vivante de la vie monastique.

Finalement, le moment de son départ approcha. Sept jours avant, elle savait clairement qu'elle était sur le point de mourir. Rassemblant ses soeurs, elle leur enseigna et les consola pour la dernière fois. Elle leur pardonna à tous et demanda pardon à chacune, communia une dernière fois aux saints mystères de Dieu, et remit son âme dans les Mains de Celui qu'elle aima ardemment et qu'elle servit de bon gré tous les jours de sa vie. Elle s'endormit dans le Seigneur le 20 octobre 1462 et ses restes furent ensevelis dans l'église qu'elle avait construite. D'innombrables miracles sont attribués à l'intercession de sainte Matrone.

PRIERE
Sainte Mère Matrone,
Tu partis seule dans la montagne
Pour chercher et trouver le Dieu vivant,
Qui te combla de sa Sagesse et de son Amour
Si bien que tu fus capable de gouverner et de guider
Ses servantes élues,

Devenant pour elles et pour nous

Une icône vivante de la vie monastique,
Discernant clairement ce qui nous vient de Dieu
Et ce qui vient des tromperies et illusions
Par lesquelles nous tentent les démons.
AMEN.

J'ai entendu une fois, du Père Hôtelier d'Optino, l'histoire suivante : Un jour, un richissime marchand de Moscou était venu pour faire une retraite. A cause de la fonte des neiges et des routes impraticables, il avait été obligé de demeurer trois jours de plus. Il était accompagné de son fils. En partant, il demanda au Père hôtelier: "Combien vous dois-je pour moi-même et pour mon fils, mon Père ?" - Le Père hôtelier lui répond : "Selon votre jugement." - "Et si je ne payais rien." - "C'est à votre volonté." "Mais alors, dans ce cas, un seul pèlerin sur cent vous paie comme il faut ?" - "Cela arrive en effet, mais le centième paie pour les quatre-vingt-dix-neuf autres." - "Eh bien, mon fils, dit le marchand à son fils, paie pour toi et pour moi et pour une centaine de visiteurs chacun." Le marchand paya volontiers et fut bien content. Dieu l'a béni pour avoir nourri deux cents pauvres.

Dans :
Serge Bolshakoff
Rencontres avec la prière du coeur
EDITIONS : Ad Solem

Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde; je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils remplissent leur âme.

Chacun d'eux retiré à l'écart est comme étranger à la destinée de tous les autres; ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine... Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d'assurer leurs jouissances et de veiller sur leur sort. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril mais il ne cherche au contraire qu'a les fixer irrécablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne pensent qu'à se réjouir. Il travail volontier à leur bonheur mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leur successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre !
De la démocratie en Amérique,
Alexis de Toqueville

Le bienheureux Paul le Simple raconta : " J'avais un disciple qui tomba dans toutes sortes de péchés sans que je le susse; sur ces entrefaites il vint à mourir. Et je priai Dieu instamment et suppliai la sainte Mère de Dieu de me montrer en quelles conditions il était après la mort corporelle. Et comme j'avais poursuivi ma prière pendant bon nombre de jours, j'entrai en extase et je vis mon disciple porté par deux individus, entièrement ossifié de la tête aux pieds et n'ayant aucune faculté ni spirituelle ni corporelle, ne parlant absolument pas mais comme pétrifié.

Je fus saisi d'une forte frayeur et devint comme possédé de Dieu : je me souvins de la parole du Seigneur qui dit : "Celui qui n'est pas revêtu de l'habit des noces, liez-lui les mains et les pieds, jetez-le dans les ténèbres extérieures, là où seront les pleurs et les grincements de dents". Le fait d'avoir les mains et les pieds liés ne signifiait rien d'autre pour nous que l'extinction et l'inactivité permanente de toute pensée et intention mauvaise qui ne s'est pas conformée à la Volonté de Dieu en ce siècle.

Et lorsque je revins, dit-il, de mon extase, je commençai à être fort triste et soucieux; je me mis selon mes facultés à faire des aumônes et des offrandes pour lui; à implorer la sainte Mère de Dieu d'avoir pitié de lui et à implorer le Dieu ami de l'homme pour lui. Et je commençai à me mortifier à Scété et à manger cru, bien qu'étant alors avancé en âge. Or quelques jours après, je vois la sainte Mère de Dieu qui me dit : "Pourquoi t'attristes-tu et t'inquiètes-tu, à vieillard ?" Et je dis : "A cause de mon frère, Souveraine, que j'ai vu dans le malheur." Et elle répondit et dit : "N'est-ce pas toi qui as demandé spontanément à le voir ? Et voici que tu as été comblé." Mais moi je dis : "Oui, je t'en prie, c'est moi qui ai demandé, mais je n'avais pas le désir de le voir en cet état. Car qu'ai-je gagné à le voir sinon pleurs et affliction ?" Et la sainte Mère de Dieu me dit : "Va, à cause de tes mortifications, de ton humilité et de ta charité, je te le montrerai afin que tu ne sois plus triste." Et le lendemain je vis de nouveau le frère : il venait à moi avec joie, il marchait par lui-même, riait et il me dit : "Tes prières, père, ont rendu propice la très sainte Mère de Dieu parce qu'elle t'aime beaucoup; et elle a supplié le Sauveur et Il m'a défié de mes liens, car je demeurais ligoté par les chaînes de mes péchés." A ces paroles du frère je fus rempli de joie et aussitôt je vis la toute sainte Mère de Dieu qui me dit : "Maintenant es-tu satisfait, vieillard ?" Et moi je dis : "Oui, Souveraine, et mon âme se réjouit grandement de l'avoir vu dans le délassement." Elle me dit : "Eh bien va et souviens-toi toujours du frère dans tes prières, tes aumônes et tes offrandes; car l'aumône et l'offrande elle-même attirent grandement la miséricorde sur celui qui est mort."

Follement j'ai dépensé tout le bien paternel, pauvre et solitaire je suis devenu en une terre où vivent des hommes pervers; mais, ne pouvant plus souffrir leur compagnie, je retourne vers Toi, Père très bon, et je Te crie : "Contre le ciel et contre Toi j'ai péché, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes serviteurs et prends pitié de moi."

Dimanche du Fils prodigue (Exapostilaire)

SYNAXAIRE DU TRIODE :
Dimanche du Fils prodigue

Puisqu'il en est qui ont maintes fautes sur la conscience, vivant dans la débauche depuis leur jeunesse, en s'adonnant à l'ivresse et à la dissipation; qui, après être ainsi tombé dans le gouffre du péché, en arrivent au désespoir, ce qui est une forme d'arrogance; et que par suite ils ne veulent nullement s'appliquer à la vertu et, lui préférant le flot des passions, retombent toujours dans des fautes semblables ou pires, les saints pères, se comportant envers eux avec amour des hommes et paternelle sollicitude, dans le désir de les arracher au désespoir, ont mis ici cette seconde parabole, afin d'extirper jusqu'à la racine le sentiment du désespoir et de les inciter à s'élever jusqu'à la venu. Révélant à ceux qui ont beaucoup péché le coeur très-bon et plein d'amour de notre Dieu, en prenant l'exemple du Fils prodigue, ils ont montré, à partir de la parabole du Christ, que nul péché ne peut triompher de cet Amour pour lot homme.

Car les deux fils de l'homme, c'est-à-dire du Verbe Dieu fait homme, ce sont les justes et les pécheurs. L'une, c'est celui qui observe ses commandements, qui s'applique toujours au bien de Dieu et qui ne s'en éloigne en aucune façon. Le plus jeune, c'est celui qui affectionne le péché, qui renie l'Amitié divine par ses honteuses actions, qui gaspille le trésor de l'Amour de Dieu envers lui, qui vit en débauché au point de ne plus sauvegarder l'image et ressemblance divine, qui suit le démon du mal, se fait esclave de sa propre volonté dans les plaisirs et n'est plus capable d'assouvir sa concupiscence. Car c'est une chose insatiable que le péché et qui attire, d'habitude, par un plaisir passager. On peut le comparer aux caroubes, cette nourriture des porcs : les carcubes, en effet, offrent d'abord une certaine douceur, puis de l'âpreté et finissent par devenir comme de la paille. C'est tout à fait ce que procure le péché. À peine le fils prodigue a-t-il retrouvé son bon sens, exténué par la disette des vertus, il retourne vers son Père en disant :

"Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils." Et celui-ci l'accueille repentant, sans l'outrager, mais il l'enlaçe en l'embrassant, lui montrant son coeur divin et paternel. Il lui donne un vêtement, à savoir le saint baptême, avec son sceau et son gage, la grâce de l'Esprit très saint; en outre, des sandales, pour que ses pas, marchant désormais selon Dieu, ne soient plus blessés par les serpents et les scorpions, mais soient plutôt en mesure de leur écraser la tête. Ensuite, pour comble d'allégresse, le Père immole pour lui le veau gras, entendez son Fils unique, et lui donne de goûter à sa Chair et à son Sang, même si le fus aîné, s'étonnant de son amour sans limites, lui dit franchement ce qu'il en pense. Mais l'Ami des hommes le fait taire en lui adressant avec calme des paroles douces et bienveillantes : "Toi, tu es toujours avec moi, il faut donc te réjouir et te féliciter avec ton Père, car mon fils que voici avait été mis à mort par le péché, et le voilà revenu à la vie, avec le repentir de ses actes insensés; il était perdu, s'étant éloigné de moi dans l'accoutumance aux plaisirs, et je l'ai retrouvé, moi qui souffrais en mon coeur et l'ai fait revenir à ma communion." Et cette parabole peut s'appliquer au peuple hébreu et à nous.

C'est donc pour cette raison que la parabole a été mise ici par les saints pères, puisqu'elle nous fait rejeter, comme il a été dit, le désespoir et la crainte, pour nous attacher aux bonnes oeuvres, qu'elle excite au repentir et à la conversion celui qui a péché comme le Fils prodigue. De plus, elle est un puissant moyen de défense, une arme excellente pour repousser les traits de l'adversaire.

Le Christ a donné le nom d'Église universelle

à la confession de foi juste et salutaire.

saint Maxime le Confesseur

Question :

Si un homme est surpris par le temps de la fête pascale dans une région, où l'on ne trouve pas la possibilité de communier dans une église catholique, que doit-il décider en vue de la fête pascale : communier chez les hérétiques, ou non ?

Réponse : Si grande et sévère est la condamnation d'un homme, pour avoir délaissé sa propre femme et pris une autre, même s'il se trouve hors de son pays, combien plus grande sera-telle pour avoir trahi la vraie foi et communié avec les hérétiques ? De même que les gens qui veulent vendre leurs marchandise, quelle que soit la prolongation de leur séjour en pays étranger qui en résulte, ne condescendent point à recevoir une monnaie d'une autre frappe que celle de la frappe impériale, de même doit-on aussi raisonner à propos de la communion au Corps du Christ.

Gardons-nous de toutes nos forces de recevoir des hérétiques la communion ou de la leur donner : "Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, dit le Seigneur, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux", afin de ne pas participer à leur loi perverse et à leur condamnation. En effet, si la communion nous unit totalement au Christ, elle nous unit aussi totalement les uns aux autres; et nous nous unissons par l'intention à tous ceux qui communient avec nous; car c'est par l'intention que se fait une telle union et elle n'a point lieu sans notre consentement, "puisque nous sommes tous un seul corps, du fait même que nous participons au même pain", comme le dit le divin apôtre.

4e canon de saint Athanase le Grand