Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 66

novembre 1995

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

 

NOUVELLES

NÉCROLOGIE

LA COMPONCTION, FILLE DE L'AMOUR

LA DATATION ET L'ORIGINE DE L'APOCALYPSE

LA MISSION PASTORALE

REVUE DE LA PRESSE

"Il ne faut pas penser à la prolongation de la persécution mais en référer à Dieu."

LA CALENDRIER DE L'ÉGLISE

LA TOUTE SAINTE ENFANTRICE DE DIEU "PROMPT SECOURS"


NOUVELLES

Mon voyage en Grèce n'a toujours pas eu lieu, mais, comme dit le proverbe : "Si le prophète ne va pas à la montagne, la montagne se porte vers le prophète". Nous avons eu la brève visite de notre évêque Galaction de Peristeri, du père Stéphane, higoumène du monastère de la Transfiguration à Keratea et de deux laïcs grecs.

Après le sacre de quatre évêques, dont j'avais fait écho déjà, un autre évêque fut sacré : Mgr Panarète de Larissa et de Tirnavos. Sinon la situation en Grèce devient peu à peu stable, mais les problèmes ne sont pas encore tout à fait résolus.

votre en Christ
hm. Cassien

NÉCROLOGIE

Le père Éphipane (ex-Antony), moine d'origine russe est décédé il y a quelques mois. Il a vécu quelques années en France (entre autre à l'hermitage) et en Angleterre.

Le père Martin qui a vécu aussi à l'hermitage fut assassiné dans son ermitage au Canada.

Stoya, d'origine serbe, a quitté cette vie le 12 (25) octobre par suite du sida. Elle avait vécu quelques mois au foyer et s'est réconciliée, avant son décès, avec Dieu.

LA COMPONCTION, FILLE DE L'AMOUR

(Homélie sur la deuxième épître de saint Paul aux Corinthiens, lue le quatorzième dimanche)

C'est à grand-peine que l'âme du pécheur ressent un peu de tristesse quand il se rend compte de la lourdeur de ses péchés. C'est à grand-peine qu'arrivent quelques larmes à ses yeux quand il mesure l'océan de ses péchés.

L'apôtre Paul s'attristait et s'inquiétait pour les péchés des Corinthiens. D'où lui venaient cependant tant de tristesse et tant de larmes à cause des péchés étrangers ?

Cela, l'Apôtre lui-même le révèle. En effet, il dit que c'est dans une grande tristesse, le coeur contrit et avec beaucoup de larmes qu'il écrivait les réprimandes aux péchés des Corinthiens, mais il confessa ensuite que cela était les fruits de son grand amour pour eux : "Je vous écris, non pas afin que vous fussiez attristés, mais afin que vous connussiez l'amour extrême que j'ai pour vous" (2Co 2,4).

Ce trois fois bienheureux aimait Dieu de toute son âme et de tout son coeur et son prochain comme lui-même, de sorte qu'il considérait comme siens les péchés d'autrui, et il s'affligeait, était contrit et versait des torrents de larmes. Nous cependant, les malheureux, nous aimons Dieu très peu, et très peu aussi le prochain. Nous nous attristons vraiment peu et avec peine - non seulement pour les péchés de notre prochain, mais aussi pour les nôtres. Nous déduisons de cela que la componction est la fille de l'amour et par conséquent, elle est très agréable à Dieu. C'est à cela que nous voyons qu'elle produit les Miséricordes de Dieu et le salut de l'âme.

Apprends que l'amour enfante la componction et les larmes, en sondant les mouvements de ton coeur.

Observe bien quand tu es triste : est-ce quand c'est ton ami qui est affligé, ou quand c'est ton ennemi ? Quand pleures-tu ? Quand tu vois que celui que tu aimes est tourmenté ou quand souffre celui que tu hais ?

Si tu sondes le profondeurs de ton coeur, tu vois et tu es persuadé que plus tu aimes ton parent ou ton ami, plus tu t'affliges, t'inquiètes et pleures à cause de ses misères et ses infortunes.

Tu vois que tu es content des malheurs de ton ennemi, tandis que pour les infortunes de celui que tu n'aimes ni ne hais, tu es indifférent, c'est-à-dire tu n'es ni content ni triste.

Je vois le roi d'Israël, le prophète David être inondé de componction. Il gémit du fond du coeur. Chaque nuit il baigne sa couche et mouille son lit de beaucoup de larmes : " Je me suis fatigué à gémir, de mes larmes chaque nuit je baigne ma couche, de mes pleurs, j'inonde mon lit. " (Ps 6,6)

Je cherche à savoir quelle est la cause de tant de componction et je trouve que c'est l'extrême amour qu'il avait pour Dieu.

J'écoute comment il exprime la flamme de son amour pour Dieu : " Comme le cerf languit après les eaux vives, ainsi mon âme Te désire, ô Dieu ! Mon coeur a soif du Dieu fort, du Dieu vivant; quand irai-je et paraîtrai-je devant la Face de Dieu ? " (Ps 41,1)

Je vois qu'il s'afflige et pleure puisqu'il sait que pour l'adultère et le meurtre, il a irrité Dieu et son péché se trouve continuellement devant lui : " Car je connais mon iniquité et mon péché est constamment devant moi ". (Ps 50,5)

Je vois qu'il pleure puisqu'il entend les impies mépriser Dieu et dire : Où est-Il, ton Dieu ? : " Mes larmes ont été mon pain jour et nuit, tandis qu'on me disait chaque jour : Où est-il, ton Dieu ? " (42,3)

Le prophète Jérémie aimait beaucoup son prochain. A cause de cela, non seulement il intercéda après sa mort auprès de Dieu pour le peuple et pour la sainte ville de Jérusalem, mais aussi il apparut en songe à Jude Macchabée et lui dit : " Reçois cette sainte épée que Dieu te donne, avec laquelle tu écraseras tes ennemis " (2M 15,16) Et quand il vit de ses yeux clairvoyants la prise de Jérusalem et le malheur du peuple israélite, il demanda, rempli d'amour, non des larmes, mais des fontaines de larmes. " Oh, qui donnera à ma tête de l'eau et à mes yeux une fontaine de larmes ! Jour et nuit, je pleurerai les morts de la fille de mon peuple " (Jr 9,1). Il était si contrit et pleurait tant que la lumière de ses yeux s'affaiblit : " Mes yeux sont brûlants de larmes ".

Et le prophète Daniel, songeant à la désolation de Jérusalem, la destruction du Temple et la captivité de sa race à Babylone, il parvint à une telle componction qu'il se lamentait amèrement durant trois semaines.

Si tu ouvres le Nouveau Testament, tu vois que là où il y a beaucoup d'amour, il y a aussi beaucoup de componction.

Pourquoi l'apôtre Pierre pleura-t-il amèrement dans la cour du souverain sacrificateur ? (Mt 26,75) Il pleura à cause de son grand amour. L'amour apporta à son coeur la componction et à ses yeux des larmes amères. Mais quel témoignage avons-nous qu'il aimait beaucoup Jésus-Christ ?

Ses oeuvres en témoignent. En effet, il abandonna tout ce qu'il possédait et suivit le Christ. Veux-tu un témoignage plus fort ? Tu as la troisième demande de Jésus-Christ. Le Seigneur connaissait, puisqu'Il voit au fond des coeurs, l'amour de l'apôtre Pierre, et à cause de cela Il le questionna, pour que le monde l'entende confesser deux fois : " Oui, Seigneur, Tu sais que je T'aime ." (Jn 21,16), et qu'il apprenne son grand amour, qui fut prouvé par sa tristesse; en effet, quand il entendit la question pour la troisième fois, il s'attrista, pensant que le Seigneur doutait de son amour parce qu'il L'avait renié. Pierre s'attrista quand Il lui demanda pour la troisième fois : " M'aimes-tu ? ". C'est pourquoi il eut recours au témoignage de Jésus Christ Lui-même : " Seigneur, Tu sais toutes choses, Tu sais que je T'aime ".

Pour quelle raison la prostituée versa tant de larmes qu'elle en lava les pieds de Jésus Christ ? De cela, le Christ Lui-même a témoigné, disant à Simon le pharisien : " Je te le dis, ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, car elle a beaucoup aimé (Lc 7,47).

Mais le Seigneur Lui-même, le Sauveur du monde, quand Il vit Marie pleurer la mort de son frère Lazare, ainsi que tous les autres Juifs, Il se troubla et pleura. Et afin que nous sachions que ses larmes étaient des larmes d'amour, l'évangéliste dit : " Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare " (Jn 11,5).

Donc, puisque moi, le malheureux, je n'aime ni Dieu, ni mon prochain, à cause de cela je n'ai ni larmes, ni componction. C'est pourquoi mon coeur est dur comme la pierre. Je sens que j'irrite mon Dieu et mon Créateur, en transgressant ses saints commandements et en ne gardant pas ses divines lois, mais puisque je ne L'aime pas, je ne pleure ni ne m'afflige.

Je vois mes frères affliger Dieu, transgresser ses commandements, je vois que l'enfer éternel m'attend, mais puisque je n'aime pas Dieu qui est dédaigné par eux, je ne pleure ni ne m'attriste ni même n'ai l'air maussade.

Hélas !

Et comment pourrai-je être sauvé ? En effet, sans componction, il n'y a pas de repentir; sans repentir, pas de pardon des péchés ; sans pardon des péchés, pas de salut. Or, qui est sans péché ? " Qui fera sortir le pur de l'impur ? Personne, si ses jours sont comptés, si tu as arrêté le nombre de ses mois " (Jb 14,4-5).

La componction est la clef qui ouvre la porte de la Compassion et de la Miséricorde de Dieu. Et puisqu'elle est un sacrifice de l'âme, elle surpasse tout autre sacrifice et est si agréable à Dieu que jamais elle ne reste inactive, ni sans résultat, mais elle atteint toujours le but de celui qui l'offre. Cela, Dieu nous l'a assuré par le prophète David qui dit : " Le sacrifice qui convient à Dieu, c'est un esprit brisé; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point " (Ps 50,19).

Quand tu apportes à ton âme la componction, que tu humilies ton coeur et que des larmes coulent de tes yeux, alors ta supplication n'est pas méprisée, mais Dieu accomplit ta requête. Le sacrifice de ta componction et l'offrande de tes larmes sont si puissants qu'elles peuvent même changer la décret de Dieu.

Dieu commande au prophète Isaïe d'aller auprès du roi Ézéchias pour lui dire de régler les affaires de sa maison car il va mourir. Isaïe arrive donc au lit du roi malade et lui rapporte la décision de Dieu, à savoir qu'Ézéchias va mourir. Mais quand Ézéchias entendit la décision de Dieu, il fut contrit, pria et versa beaucoup de larmes. " Alors Ézéchias se tourna vers le mur et adressa une prière au Seigneur╔ et il versa d'abondantes larmes. " (2R 20,2-3). Et la componction, la prière et les larmes changèrent le verdict de mort en verdict de vie.

Dieu envoya le prophète Isaïe auprès de lui pour lui annoncer qu'Il avait changé son verdict et que grâce à ses larmes, la vie lui était accordé. " J'ai écouté ta prière, J'ai regardé tes larmes. Aussi vais-Je te guérir╔ J'ajoute quinze années à la durée de ta vie. Je te préserverai, ainsi que cette ville, des mains du roi d'Assyrie " (2R 20,5-6). Et ce que Dieu a dit se réalisa.

Tu vois la même puissance dans la componction quand tu te penches sur le revirement de Ninive. Le prophète Jonas annonça aux Ninivites la décision de Dieu qui était : " Et Ninive sera détruite " (Jon 3,4). Les Ninivites crurent que la parole du prophète fut la parole de Dieu et ils humilièrent l'orgueil de leur coeur. Ils se revêtent de sacs, jeûnent du plus petit au plus grand, deviennent contrits et demandent la Grâce de Dieu. Et ces actes de componction changent l'Indignation divine en compassion. La sainte Écriture dit : " Dieu revint sur sa détermination de les mettre à mal; Il ne l'exécuta point " (Jon 3,10).

L'horreur s'empare de moi quand je lis les oeuvres impies et les actions tyranniques du roi Manassé. Magies de toutes sortes, domination sur les fidèles, restauration des idoles, non seulement dans chaque haut-lieu de son royaume, mais aussi sur l'autel même de Dieu. Désobéissance et mépris de la Voix du Tout-Puissant qui l'appelait personnellement au repentir. Dieu S'irrita donc contre lui et envoya des gouverneurs qui, après l'avoir lié, l'emmenèrent captif et enchaîné à Babylone. Mais là, survint en son coeur la componction qui lui apporta la tristesse, l'humilité et la prière. " Dans son angoisse, il implora le Seigneur son Dieu et s'humilia profondément devant le Dieu de ses pères et il Lui adressa une prière " (2Par 12,13).

Ce sacrifice de la componction arrêta l'Irritation de Dieu; elle changea sa Colère en miséricorde et le châtiment en bienfait. " Et le Seigneur se laissa fléchir et l'agréa en le ramenant à Jérusalem, sur son trône " (2Par 13), continue la sainte Écriture.

Voilà l'accomplissement de la parole que Dieu a dit : " Le sacrifice qui convient à Dieu, c'est un esprit brisé; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point. "

Componction ! Vertu sainte et merveilleuse. C'est toi qui changes en miséricorde la Justice de Dieu, comme tu changeas le châtiment de Manassé en bienfait.

C'est toi qui apaises Dieu quand, à cause de nos nombreux péchés, Il tend son arc et prépare les flèches de la mort, comme tu L'apaisas quand Il annonça la catastrophe de Ninive à cause des péchés de ses habitants. C'est Toi qui deviens le baume des infirmités du corps et tu accordes la vie comme tu devins la guérison de la maladie d'Ézéchias et lui accordas quinze années de vie. C'est toi qui laves le bourbier des impuretés de l'âme comme tu lavas l'impureté de la prostituée et tu purifies l'âme de tout péché comme tu purifias l'âme de Pierre de l'effroyable péché de reniement.

Tu montes de la terre au ciel, tu te tiens devant le trône de la Magnificence de Dieu, tu Le supplies et Tu obtiens tout ce que tu demandes. Tes larmes deviennent un baptême qui purifie et sanctifie l'âme. Tes larmes font ranger dans les choeurs des bienheureux, selon la sentence du Seigneur : " Bienheureux les affligés, car ils seront consolés " (Mt 4,5) " Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie " (Lc 6,21).

Tout cela, dites-vous, est connu. Nous le croyons tous comme nous l'avons appris des saintes Écritures, des apôtres élus de Dieu et de nos divins pères. Nous ignorons cependant la manière dont nous pouvons acquérir la componction.

Nous désirons souvent avoir la componction et pleurer nos péchés; cependant nous n'avons ni contrition ni larmes qui arrivent à nos yeux.

La componction, frères, est la fille de l'amour, comme nous l'avons dit. C'est pourquoi, plus vous aimez Dieu et le prochain, plus facilement viennent la contrition et les larmes.

Les pensées et les paroles touchantes amènent la componction et les larmes. Or, un même médicament n'apporte pas la santé à chaque homme, mais tel fait du bien à l'un, tel à un autre. Aussi, une même pensée ou une même parole émouvante n'apporte pas également à chacun la contrition de coeur, mais telle émeut celui-ci, telle autre celui-là. Tel homme a le coeur contrit en voyant spirituellement, à Jérusalem, Jésus, le Roi de gloire, traîné devant les tribunaux, être moqué, tourmenté par les iniques et pendu nu et ensanglanté sur la croix au Golgotha.

Tel autre a la componction quand il pense aux combats et aux tortures des saints martyrs, tel autre quand il fixe son esprit sur les splendeurs des saints et sur la contemplation de la gloire céleste.

Tel autre encore a le coeur broyé quand il voit, avec les yeux de son âme, sa propre personne assise sur un banc d'accusé, condamnée pour ses péchés et sans aucune défense.

Tel pleure en méditant sur l'heure de la mort, tel autre larmoie en pensant à l'océan de ses péchés, tel autre soupire du fond de l'âme en mettant dans sa pensée les tortures des condamnés en enfer; tel autre finalement verse des torrents de larmes en songeant à l'immense Miséricorde de Dieu et à ses innombrables Bienfaits.

Il en est de même pour les paroles émouvantes. Tel sera touché par le " Aie pitié de moi, ô Dieu " (Ps 50,1) du prophète David, tel autre par le " Sois apaisé envers moi, pécheur " du publicain (Lc 18,14), tel autre par le " Souviens-Toi de moi quand Tu viendras dans ton royaume " (Lc 23,42) du bon larron, tel autre par le " Seigneur, sauve-moi " de l'apôtre Pierre (Mt 14,30), alors que tel autre sera ému par telle autre parole semblable.

Et comme la même plante n'apporte pas toujours la guérison à la même personne, mais tantôt telle plante sera efficace, tantôt telle autre, selon la disposition du corps, ainsi la même pensée ou la même parole émouvante n'apporte pas toujours la componction au même homme, mais tantôt telle pensée, tantôt telle autre, selon la disposition de l'âme.

C'est pourquoi, quand tu veux obtenir la contrition du coeur, essaie chaque pensée et parole émouvante, jusqu'à ce que tu trouves celle qui frappe ton coeur; et dès que tu l'as trouvée, répète-la jusqu'à ce qu'elle apporte à ton coeur la parfaite componction - comme tu prends à plusieurs reprises le médicament qui t'a fait du bien, jusqu'à ce qu'il t'apporte la parfaite santé.

Frères bien-aimés, puisque la componction apporte le salut éternel, elle est un Don de Dieu très grand et parfait, et nous avons appris que " toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des Lumières " (Jc 1,17).

C'est pourquoi, frère, demande à Dieu Lui-même de te donner la componction. Supplie-Le, disant : " Donne-moi, Seigneur, le désir de componction, donne-moi la contrition du coeur, donne-moi des larmes de repentir, afin que je lave la souillure de mon âme et guérisse les plaies de mes péchés ".

Si tu demandes cela du fond du coeur, tu le recevras sans aucun doute, car " quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvre à celui qui frappe " (Mt 7,8), en Jésus Christ notre Seigneur à qui reviennent la gloire et l'adoration aux siècles des siècles. Amen.

LA DATATION ET L'ORIGINE DE L'APOCALYPSE

Selon saint Clément d'Alexandrie, saint Irénée de Lyon, Origène et saint Jérôme, I'Apocalypse aurait été composée vers la fin du règne de Domitien (81-96). Saint Épiphane de Chypre penche plutôt pour l'époque plus ancienne de Claude (41-54).
L'auteur se présente sous le nom de Jean, serviteur de Jésus Christ (Ap 1,1). Il se dit prophète (Ap 22,9) sans jamais faire référence à son titre d'apôtre, ni à sa qualité de disciple de Jésus. C'est saint Justin qui le premier, vers 160, l'a identifié avec "Jean, un des apôtres du Christ". Saint Irénée à son tour affirme que l'auteur de l'évangile et de l'Apocalypse est une seule et même personne : L'apôtre Jean, fils de Zébédée. Après lui, saint Hippolyte, Tertullien, Origène et toute la tradition chrétienne reprendront l'affirmation.

LA MISSION PASTORALE

Notre Sauveur Jésus Christ est venu au monde et S'est incarné pour purifier l'humanité de son péché ancestral et la réconcilier avec Dieu, et toute son activité n'a eu d'autre but que celui de donner à l'homme le bonheur terrestre et céleste, bonheur pour lequel il a été créé.

Jésus Christ, pour atteindre ce but, a enseigné aux hommes, par ses mots et par ses actes, les vérités divines. Il leur a présenté les moyens de devenir bon et agréable à Dieu et aux hommes par une vie morale et sainte; puis Il les a sanctifiés et les a rachetés par son précieux sang versé sur la croix. Après cette réconciliation avec Dieu, Il les maintient et les conduit par sa Grâce dans le royaume céleste. Cette action manifeste la triple mission du Christ : sacerdotale, prophétique et royale.

Ceux qui ont entendu la Voix de Jésus et qui sont passés par l'eau et par la Grâce divine en embrassant volontairement sa religion, forment l'Église chrétienne ou le règne du Christ, dont le roi est son fondateur même, Jésus Christ, qui le conduit éternellement.

Notre Sauveur S'est nommé Lui-même "le bon pasteur", car Il dit : "Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis." (Jn 10,11). Et Il surnomme les croyants "le troupeau" (Ac 20,28).

Les saints apôtres appellent souvent Jésus Christ "Berger des esprits", "Grand Pasteur", "le Pasteur très haut ".

Dieu veut délivrer tous les hommes de tous les temps et de tous lieux et les amener chez Lui après leur avoir fait connaître la vérité.

Sa mission terrestre achevée, Jésus Christ, avant de S'élever aux cieux, a confié la direction de son oeuvre salvatrice à ses apôtres et à leurs successeurs, les évêques et les prêtres. Il les a revêtus de l'Esprit saint et, en conséquence, du pouvoir de remettre et de retenir les péchés : "Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus." (Jn 20,23).

Le Grand Pasteur donne à ses successeurs la même force qu'Il a eue Lui seul, en leur disant : "Celui qui vous écoute M'écoute, et celui qui vous rejette Me rejette; et celui qui Me rejette rejette celui qui M'a envoyé." (Lc 10,16). Ceux-ci deviennent ainsi les continuateurs de l'oeuvre chrétienne, fortifiés par l'Esprit saint que Dieu a répandu sur eux. Ils seront les propagateurs, les sanctificateurs et les dirigeants de ceux qui désirent se sauver. Et cette charge porte le nom de mission pastorale.

La mission pastorale est donc la continuation et la diffusion de l'oeuvre du salut, dont l'auteur a été Jésus Christ Lui-même, par ses élus. Ceux-ci ont hérité de beaux surnoms : "Les bergers de l'Église de Dieu" (Ac 20,28), "le sel de la terre", et "la lumière du monde" (Mt 5,13-14).

Leur lien avec le Sauveur est relevé dans l'Écriture : "Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l'édiÞce de Dieu. Selon la Grâce de Dieu qui M'a été donnée, J'ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus." (1 Co 3,9-10).

On peut constater ici, d'une part, l'importance et la grandeur de la mission pastorale, et d'autre part, la difficulté de cette mission pour celui qui l'accomplit.

Si toute oeuvre matérielle exige habileté et science, ces qualités doivent être augmentées et enrichies par la foi et la générosité chrétiennes en ce qui concerne l'oeuvre de ceux dont le but terrestre est l'amélioration des âmes, leur élévation et leur union avec Dieu. C'est pour cela que saint Grégoire le Théologien appelle la mission pastorale "l'art des arts et la science des sciences."

Celui qui désire accomplir la mission pastorale doit posséder de manière éminente la science pastorale, et, en même temps, doit être lui-même un modèle de foi et d'oeuvre chrétiennes.

Père Olivian Bindiu


REVUE DE LA PRESSE
Shoko Asahara, le gourou de la secte Aoum, a reconnu être à l'origine de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en mars 1995, ainsi que d'une autre manoeuvre du même type dans un centre de vacances, faisant 7 mort et 600 blessés. Ces aveux, après des mois de silence obstiné, auraient été obtenus en échange de la promesse par la police de ne pas dissoudre la secte si son leader reconnaissait sa culpabilité.
dans Iota unum n° 313

Tandis qu'on vend des églises en France et ailleurs, à Naples on en loue, en dehors des heures d'office, à des clubs de gymnastique ou de danse, il y en a même qui servent de garages pour la réparation des voitures.
Iota unum n° 313

LES SORCIÈRES SONT DE RETOUR

Dix millions de Français consulteraient chaque année les soixante mille à

quatre-vingt mille voyants et " sorciers - guérisseurs " de notre territoire. Soit un chiffre d'affaires évalué entre 5 et 6 milliards de francs en 1984. En 1987, la Grande-Bretagne recense trente mille sorciers affiliés à la secte satanique de la Wicca. En Allemagne, deux millions de personnes seraient prêtes à faire appel à un désenvoûteur. Quant au satanisme, il se porte bien : entre 1984 et 1989, sept cents personnes ont été arrêtées aux États-Unis pour des crimes rituels, plusieurs groupes de rock s'en réclament, et à Turin s'est tenu un festival maléfique, " Diabolos, dialogos Daimon "...

VALEURS ACTUELLES n° 3029

"Il ne faut pas penser à la prolongation de la persécution mais en référer à Dieu."

Saint Théodore Studite (Catéchèses 92)

Frères et pères, ce que nous désirons, ce que nous demandons à Dieu dans nos prières, c'est la paix dans l'Église du Christ. En effet, quoi de plus utile que la paix, pour que nous passions une vie calme et paisible dans nos propres monastères ? Mais certes, il n'est pas absolument utile de penser cela : au contraire, il faut savoir que plus la persécution se prolonge, plus elle fournit l'occasion d'une vertu éprouvée. C'est pourquoi l'Apôtre dit : "Je me complais dans mes faiblesses, dans les détresses, les insultes, les persécutions, les angoisses endurées pour le Christ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort" (2 Cor 12,10). C'est pourquoi, laissant de côté le "jusqu'à quand" et le "jusqu'à quoi", référons la cause à Dieu qui sait régir avantageusement la prolongation du temps. Écoute l'Écriture : "Dieu tenta Abraham" (Gn 22,1). Le tenta-t-il un peu de temps ? Nullement, mais de nombreuses années et par de multiples tentations; et quand Il vit que sa foi était parfaite, alors Il lui dit : "Je sais maintenant que tu crains Dieu, et à cause de Moi tu n'as pas épargné ton fils chéri" (Gn 22,12). Dieu tenta aussi Job en de multiples combats et durant de nombreuses années; et quand Il vit que sa patience était parfaite, Il lui dit : "Ne pense pas que mon Comportement à ton égard a un autre motif que celui de te faire apparaître juste" (Jb 40, 3). De la même façon, par de nombreuses souffrances et de nombreuses années, Il éprouva les autres prophètes, les saints apôtres, les bienheureux martyrs et tous les saints et les justes, et Il leur rendit témoignage et Il les accueillit. Ainsi donc, pour nous aussi c'est la même chose. Nous n'avons pas encore "résisté jusqu'au sang en combattant contre le péché" (cf He 12, 4); nous n'avons pas encore brûlé suffisamment dans les souffrances; nous n'avons pas encore donné la preuve sincère de notre foi. La durée de la persécution s'explique ainsi, et aussi par le fait que certains ont semblé se relever de leurs chutes, non pas en vertu d'une pensée droite, mais faussement et par opportunisme; c'est le temps qui montre ce qu'ils sont. Tels sont Heracliotès et Catharenos qui, par désir de leurs propres monastères, ou plutôt par attachement à ce qui se détruit et périt, se sont glissés à nouveau vers les empereurs; (Devant la longueur de la persécution, certains higoumènes choisirent de se rapprocher des empereurs, et réintégrèrent leurs monastères. Tel n'est pas le parti de Théodore qui regarde cette politique de conciliation comme une trahison) à leur sujet on peut dire à bon droit : "Si seulement tu étais froid ou chaud; ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, Je vais te vomir de ma Bouche " (Ap 3, 15-16). Je ne peux pas louer non plus les gens qui d'une part ont gardé la confession (de foi), mais d'autre part n'ont pas cessé de penser à leur propre monastère, et ils sont d'une certaine manière à double visage, avec nous et avec les hérétiques; avec nous pour la confession (de foi), avec eux pour la domination des monastères, ayant embrassé la paix avant la paix et ayant réduit, en ce qui les concerne, la persécution avant l'orthodoxie. Le Christ subit encore la persécution et eux, ils sont rentrés dans les monastères; les saints sont encore soumis aux anathèmes, et eux sont devenus tributaires des hérétiques. Il faudrait que les pierres elles-mêmes crient et attestent la persécution; mais aussi que le bois lui-même se lamente et déplore l'Humiliation du Christ. Comment celui qui détient le monastère ou qui y est installé pourrait-il dire qu'il y a persécution ? Comment recherche-t-il la paix en plus de celle dont il jouit ? C'est là une ruse du diable pour rendre sans effet la confession (de foi) et pour amoindrir la persécution du Christ et souiller tout le monde, à ce qu'il semble. Assurément, par la Grâce du Christ, cela a été sans conséquence. Car nombreux sont ceux qui vivent dans la persécution et mènent à bonne fin la confession (de foi); et non seulement ceux qui, dès le début, ont été justes, mais encore ceux qui se sont repentis, car ils ont été chassés de la direction du monastère et ils ont choisi de mener une vie de persécutés. Puissions-nous être de leur nombre nous aussi, les humbles, nous qui nous sommes gardés fermes et inébranlables en ce qui concerne la foi et la vie, "étant en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ" (Rm 5, 1). Si cette paix est en nous, même si le monde entier est bouleversé, aucun dommage ne nous sera infligé, car le Christ est avec nous; à Lui appartiennent la gloire et la puissance avec le Père et l'Esprit saint maintenant et toujours et pour les éternités d'éternités. Amen.

Vous m'appelez Seigneur, mais vous ne M'obéissez pas.

Vous m'appelez Lumière, mais vous ne Me voyez pas.

Vous m'appelez Chemin, mais vous ne Me suivez pas.

Vous m'appelez Vie, mais vous ne Me désirez pas.

Vous m'appelez Sage, mais vous ne M'écoutez pas.

Vous m'appelez Éternel, mais vous n'espérez pas en Moi.

Vous m'appelez Fort, mais vous ne M'honorez pas.

Vous m'appelez Médecin, mais vous ne venez pas à Moi.

Vous m'appelez Juge, mais vous ne Me craignez pas.

Vous m'appelez Amour, mais votre coeur est loin de Moi.

LA CALENDRIER DE L'ÉGLISE

(suite)

Nous voyons donc que du moment où l'Église, librement et délibérément pendant des siècles, rejeta le calendrier grégorien, un tel refus constitue une TRADITION. Pour annuler ce refus traditionnel, nous devrions démontrer que :

1. Les arguments des générations précédentes :

- aliénation du Canon pascal,

- moyens de prosélytisme et de division de la part des latins,

- reniement de la Tradition antécédente, ne sont plus en vigueur.

2. Les causes de ce refus du calendrier grégorien ont (soi-disant) changé, par conséquent la persistance de l'attachement de l'Église au calendrier " julien " ne serait plus justifiée.

3. Nos pères, qui pendant des siècles, REJETTENT et a n a t h é m a t i s e n t cette maudite fabrication occidentale sont égarés ou manquent de culture astronomique ou souffrent d'un antilatinisme maladif et d'un réactionnisme passionnel.

4. La conscience de l'Orthodoxie qui, jusqu'à présent, accepta de la part de la hiérarchie le rejet du calendrier papal, serait égarée.

Mais voilà comment s'exprime l'archimandrite et professeur de l'université d'Athènes Chrysostome Papadopoulos au sujet des RELATIONS entre CALENDRIER et TRADITION, avant qu'il devienne archevêque d'Athènes et qu'il ne soit possédé du démon du MODERNISME et de l'INNOVATION, ainsi que de l'orgueil car, selon les pères, " L'ORGUEIL ne tolère pas les choses anciennes mais il aime innover ".

" Cette lettre du patriarche Jérémie, indique d'une façon excellente la position prise par l'Église orthodoxe dès le début face à la modification grégorienne du calendrier. Elle est considérée comme l'une des nombreuses innovations de l'ancienne Rome, un scandale universel et un affront arbitraire contre les Traditions de l'Église. La modification du calendrier n'est pas seulement une affaire astronomique, mais aussi une affaire ecclésiastique parce qu'elle est en rapport avec la fête pascale que le pape n'avait pas le droit de modifier, en se considérant lui-même au-dessus des Conciles oecuméniques. Par conséquent, l'Église orthodoxe ne fut pas favorable à la modification faite au calendrier. " (Chrysostome Papadopoulos, dans le journal " Héraut ecclésiastique " n° 143 de l'année 1918).

d. Possibilité de changer le calendrier.

Pour nous tendre un piège, les innovateurs ont recours au sophisme suivant : " L'Église peut-elle changer le calendrier ou non ? ". Les nouveau-calendaristes n'ignorent certes pas qu'il y a des questions auxquelles il est impossible de répondre par oui ou par non. Supposons que nous disons à quelqu'un qui ne s'enivra jamais de sa vie : " T'es-tu arrêté de t'enivrer ? " Notre interlocuteur ne peut répondre ni par oui ni par non. En effet s'il dit oui, il reconnaît s'être enivré dans le passé ; s'il dit non, cela signifie qu'il continue de le faire. Toutefois notre interlocuteur ne s'est jamais enivré et il doit nous répondre autrement que par un oui ou un non.

Plaçant cette question sous un mauvais angle, ils nous posaient une question pernicieuse sur la possibilité de l'Église de modifier son calendrier. Si nous répondions oui, ils nous considéraient comme schismatiques pour nous être séparés de leur communion. Si nous répondions non, ils nous considéraient comme ritualistes et en train d'idolâtrer avec les jours.

Mais ils réussirent encore une autre chose. Par cette question perfidement posée, ils arrivèrent à enflammer le zèle des plus simples parmi nous afin qu'ils arrivent à des conclusions hâtives, des sentences et des dogmatismes qui n'étaient pas mûrs, entraînés ainsi hors du terrain de la foi orthodoxe qui est sans curiosité malsaine, sur le terrain glissant de la scolastique. De cette manière, les nouveau-calendaristes ont obtenu deux choses :

1. Ils ont arraché des " professions de foi " hâtives qu'ils utilisent par la suite pour nous confondre en nous démontrant ignorants en matière théologique.

2. Par la divergence créée, des passions se sont enflammées parmi les vrais chrétiens orthodoxes, des opinions se sont arrêtées et ceux-ci furent divisés au préjudice de tous.

A l'exemple de notre Sauveur, nous répondrons aux nouveau-calendaristes par une autre question se basant sur la même logique : " L'Église peut-elle changer le signe de la croix, l'ordre des offices, la suite des carêmes, l'habit du clergé, le canon pascal, les textes liturgiques et les autres traditions " ? Car en agissant ainsi, elle ne multiplie pas les Personnes de la sainte Trinité et elle ne se dresse pas contre la virginité de la Toute-Sainte.

La réponse qu'ils nous donneront, qu'ils l'appliquent également à la question du calendrier. En effet, nous n'avons jamais considéré le calendrier au-dessus du reste de la tradition de l'Église orthodoxe. Quand nous disons tradition, nous entendons la pratique, l'expression et la vie de notre Église en tout : offices, rituel, carêmes, iconographie, musique, architecture, etc. et non seulement le calendrier.

Nous rappelons aux néo-calendaristes une anecdote de leur propre journal : " La Lutte ecclésiastique " au sujet du déplumage de la colombe. En effet, si nous prenions une colombe et que nous la déplumions, nous laisserons, certes, intacts son coeur, son estomac et ses poumons. Pourtant notre colombe déplumée meurt. Ainsi, nous pouvons changer beaucoup de choses dans la vie de l'Église, sous prétexte qu'elles ne sont pas soi-disant des dogmes et nous pouvons, d'une façon légaliste, tuer l'Orthodoxie sans toucher à ses dogmes.

Il dit donc fort bien le théologien Dionysios Mpatistàtos qu'il est impossible de distinguer entre les choses primordiales et secondaires car toutes portent le sceau du saint Esprit. Pour cela, dès que nous constatons qu'une chose, si infinitésimale soit-elle, constitue une tradition de l'Église, nous ne la touchons pas irrespectueusement et d'une façon rationaliste, mais nous disons avec saint Jean Chrysostome : " S'agit-il de la tradition ? n'en demande plus rien. "

Nous rappelons à la hiérarchie de l'Église de l'état de Grèce le cas du prophète Balaàm de l'Ancien Testament. Celui-ci avait reçu l'ordre de Dieu de ne pas aller maudire Israël car il était béni. Mais, attiré par l'argent offert par Balàk, le prophète insensé demanda à Dieu qui venait de lui dire : " N'y va pas. " , " Puis-je y aller ? ", montrant ainsi la malignité de son intention qu'il désirait masquer derrière la légalité d'une autorisation de la part de Dieu. Mais le Dieu de la liberté lui répondit : " Vas-y " pour mettre à jour son " prétexte de péché ".

Ainsi donc, les nouveau-calendaristes se trouvent en face d'une Église qui pendant des siècles entiers :

- par des conciles, sigilliums, anathèmes, publications, en pleine connaissance du problème, rejette volontairement la réforme du calendrier ;

- pendant vingt siècles proclame qu'elle n'est pas un observatoire car : " L'Église ne se préoccupe pas de l'exactitude du temps ; "

- considère la question comme un enfantillage qui manque de sérieux ;

- voit en elle le renversement de ses canons inspirés de Dieu et le danger qui menace ses fidèles ;

- elle proclame que les questions de détail de l'exactitude des temps ne la préoccupent pas, car " le temps passe " qu'il soit compté correctement ou d'une façon erronée, tandis qu'elle est éternelle dans sa nature. Elle est par la grâce " au-dessus du temps. "

- Elle s'exprime, elle prit position sur l'affaire en question et son refus devint dorénavant partie intégrante de la Tradition, ne supportant plus autre discussion ;

et pourtant, ils continuent de nous poser des questions : " Est-il dogmatique ? ", " Est-il primordial ou secondaire ? ", " L'Église, peut-elle changer le calendrier ou non ? " etc╔

Écoutez bien, chers néo-calendaristes, au moment où tout ceci ne vous suffit pas, vous êtes comme les nestoriens qui tentaient les orthodoxes en prétextant que le terme Enfantrice de Dieu n'est pas dans le Credo, car la définition : " Né du saint Esprit et de Marie la Vierge " était pour eux insuffisante et ne les satisfaisait pas. Quand on veut objecter, on le peut toujours.

Vous ressemblez aux latins qui, malgré que les deux phrases existent dans le Credo d'une façon à former une opposition :

- qui procède du Père,

- qui est adoré avec le Père et le Fils,

toutefois, tentaient les orthodoxes en leur objectant : " Est-il écrit quelque part dans le Credo que le saint Esprit procède du Père seul ? " Comme si les pères qui savaient qu'Il est adoré (le Paraclet) avec le Père et le Fils, avaient hésité par ignorance ou par doute de compléter la première. Comme chaque pièce de monnaie a deux faces, telle sera aussi notre réponse à votre égard.

Oui ! L'Église PEUT changer le calendrier et nous vous présenterons même des arguments. Mais ils ne vous seront d'aucune utilité à rejeter : ni les malédictions des saints pères dont vous vous êtes épaulés en conduisant la sainte Église dans un schisme, ni l'héritage de " la lèpre de Ghiezi et la pendaison de Judas " que vous a léguées le patriarche de Constantinople Cyrille en 1756.

L'Église peut même faire descendre le ciel sur la terre, car elle " est plus haute que le ciel " d'après saint Jean Chrysostome et vous demandez " si elle peut " changer des calendriers et des agendas ?

Nous n'avons jamais nié à l'Église le droit et la possibilité de l'adaptation de ses fêtes. Tout simplement nous disons qu'en 1924, ce n'était point l'Église qui a fait ce changement, mais les innovateurs loups-bergers qui, d'après l'Apôtre, " parlent de choses ambiguës " et qui " sont sortis du milieu de nous sans être des nôtres ".

Est-ce que jusqu'au dixième siècle la Transfiguration du Sauveur n'était pas fêtée 40 jours avant le Vendredi saint, à savoir la première semaine du Carême ? Mais la sainte Église décida et changea la date et décréta que la fête aurait lieu le six août plus solennellement, à savoir 40 jours avant l'Exaltation de la sainte Croix, qui est considérée par nous, orthodoxes, comme un " deuxième Vendredi saint ". D'une fête mobile, elle a fait une fête fixe.

Saint Jean Chrysostome ne fut-il pas endormi le 14 septembre, à savoir le jour même de l'Exaltation ? Toutefois, la sainte Église décida de célébrer sa mémoire d'une façon solennelle le 13 novembre.

L'Église n'a-t-elle pas changé le jour officiel de l'équinoxe du printemps astral, en adoptant une date conventionnelle (21 mars), afin de ne pas fêter en même temps que les Juifs ?

Certes donc, elle le peut. Mais l'Église étant apostolique, elle agit toujours aussi d'une façon apostolique. Que dit le divin Apôtre ? " Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile. " (I Cor 6,12).

Parce qu'elle a jugé que la réforme du calendrier grégorien " n'est pas utile ", elle refusa cette réforme. Par des anathèmes, elle exprima sa décision, rendant ainsi officiellement le calendrier ecclésiastique en vigueur partie intégrante de sa Tradition. En tant que Tradition, le calendrier ne change pas. Car la sainte Église est le corps du Fils de Dieu incarné et immuable qui " est le même hier, aujourd'hui et dans les siècles des siècles. " (Heb 13,8)

Ainsi donc comme Dieu " ne peut se nier Lui-même " (2 Tim 2,12) ainsi la sainte Église du Christ, ne peut se nier elle-même et nier sa sainte Tradition.

Elle ne le peut pas !

Maintenant, c'est aussi notre tour de poser une question aux néo-calendaristes : " Pourquoi demandez-vous à l'Église de changer son calendrier et d'annuler ses anathèmes que sa conscience s'est appropriée et qu'elle respecta pendant quatre siècles entiers ? "

Jusqu'à ce jour, ce pourquoi est resté et reste sans réponse. Aucun besoin réel, aucune raison valable, fut jamais présenté. On a seulement remâché des arguments sacrilèges, matérialistes, anorthodoxes de l'esprit occidental décadent. Un désir de singerie, une adaptation par paresse aux exigences d'un monde de plus en plus apostat.

Que les intéressés nous disent avant " pourquoi " et ensuite nous verrons ce que répondra l'Église et quelle économie elle appliquera sans porter atteinte à sa Tradition.

e. Exigences de la sainte Tradition
" Celui qui transgresse les traditions ecclésiastiques, qu'il soit destitué. " (7e canon du 7e Concile oecuménique)

" Les dogmes et les enseignements qui sont gardés dans l'Église, certains nous les avons par l'enseignement écrit, d'autres nous les avons acceptés comme transmis dans le mystère par la Tradition des apôtres. Mais tous les deux ont la même valeur face à la piété et personne ne peut les contredire ni essayer de toucher la moindre des institutions ecclésiastiques. Car si nous essayons de délaisser les coutumes non-écrites, comme n'ayant soi-disant pas grande force, nous prêterions préjudice à l'évangile même, à ce qui est primordial, rabaissant la prédication au niveau de simples paroles " (91e canon de saint Basile). Il serait nécessaire que les orthodoxes sachent ce canon en entier par coeur, ici c'est en fragment. Le 92e canon du même saint confirme celui-ci et rapporte les paroles du divin Apôtre : " Retenez les traditions que vous avez reçues, soit par la parole, soit par notre lettre. "

Saint Nicodème l'Hagiorite, dans son commentaire du 31e canon apostolique, parle de la relation qui existe entre la foi et la Tradition : " Comme les traditions ecclésiastiques ont besoin de la foi, ainsi la foi a besoin des traditions ecclésiastiques et ces deux choses ne peuvent pas être séparer l'une de l'autre. " Ainsi le saint signale que la foi transmise n'est ni un ritualisme, ni une conviction intellectuelle abstraite.

Voilà donc pourquoi nous restons au calendrier des pères, non parce qu'il est julien mais parce qu'il est devenu ecclésiastique et depuis toujours il fut la pulsation du corps de notre très sainte Église.

Nous gardons ce calendrier, comme étant celui sous lequel nos martyrs ont versé leur sang et nos pères et mères dans la foi se sont consumés comme des cierges vivants dans l'ascèse.

Nous gardons ce calendrier de nos pères, parce que selon le principe de saint Vincent de Lérins, c'est le seul qui fut vécut " toujours, partout et par tous ".

Nous gardons ce calendrier parce que si nos pères n'étaient pas dérangés de ses lacunes, comment serait-il possible d'être dérangés nous-mêmes ?

Nous gardons ce calendrier, parce que même s'il est " erroné ", " irrégulier ", " retardé ", " désuet " il est en même temps orthodoxe, patristique, sanctifié, ecclésiastique, vécu et célébré en même temps par l'Église toute entière dans les cieux et sur la terre.

Changerais-je la photo de ma mère encadrée dans un vieux cadre, contre la photo d'une dame inconnue, encadrée dans un cadre neuf plus joli et doré ?

Même s'il est " scientifique ", " contemporain ", " précis ", le calendrier papal ne m'a cependant jamais donné un saint, il ne m'a jamais certifié que les " choses d'en haut concélèbrent avec les choses d'en bas. "

Que les nouveau-calendaristes s'arrêtent enfin de nous rappeler le verset de l'épître de saint Paul aux Galates : " Vous observez des jours et des temps et des années ? " Ce verset ne nous concerne en rien, car nous ne nous sommes jamais préoccupés ni dérangés des lacunes de notre calendrier. Les questions de la précision temporelle ne sont que des " enfantillages " d'après l'illustre patriarche Jérémie II. Qu'ils s'y voient plutôt eux-mêmes dans ce verset, comme préférant la précision chronologique à la vie et à la Tradition de l'Église et comme devant payer le tribut de leur exactitude avec la monnaie du schisme.

Nous, nous fûmes enseignés que le temps de ce " siècle imposteur " sera aboli, qu'il soit compté correctement ou d'une façon erronée. Quelle importance si le jour de son abolition s'appelle 1e ou 14e juin ?

A quoi serait-il utile de compter précisément le temps qui sera aboli, si nous sommes perdus avec lui ? Mais si nous marchons sur les traces de nos pères, Dieu nous privera-t-Il de l'éternité pour avoir mal calculé la trajectoire des astres ?

Au-dessus de la précision astronomique nous plaçons l'unité de l'Église dans la Tradition non-innovée, comme le souligne l'ex-métropolite de Florina Mgr. Chrysostome par les paroles de Tertullien : " Les surveillants de l'Église gardent et veillent sur la Tradition apostolique, nous témoignent que tous observent une et même foi, et utilisent les mêmes lois pour le gouvernement de l'Église et l'accomplissement des autres fonctions ecclésiastiques. "

Saint Grégoire de Nysse dit : " Les coutumes, dogmes et traditions qui ont prévalu, convainquent chacun, étant respectables et dignes de vénération à cause de leur antiquité. "

Le 8e acte du 7e Concile oecuménique anathématise : " Qui transgresse une tradition écrite ou non écrite, qu'il soit anathème. "

Le Synodikon de l'Orthodoxie anathématise : " Tout ce qui a été contre la tradition ecclésiastique╔ innove et fait après coup, est sous un triple anathème. "

L'apôtre Paul dit : " Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Considérez les résultats de leur conduite et imitez leur foi " (Heb 3,7). En considérant " les résultats de leur conduite " de qui devons-nous donc imiter la foi ? Du " patriarche " Athénagore ? De " l'archevêque " Hyéronimos ? De " l'archevêque " Jakobos ? Ou du " métropolite " Nicodème de Leningrad et du " patriarche de Moscou " Pimène ?

Ainsi, nous préférons imiter la foi, (pour passer sous silence les saints officiellement proclamés) des Jérémie II, Mélétios Pighas, Dosithée de Jérusalem, Innocent de Pékin, du patriarche Tychon, du métropolite Antoine Chrapovitsky etc.

Par conséquent, ceux parmi les néo-calendaristes qui nous calomnient comme " schismatiques " qu'ils s'adressent aux précités, car ce sont eux qui rendront compte de nous.

à suivre

 


LA TOUTE SAINTE ENFANTRICE DE DIEU "PROMPT SECOURS"

Tous les chrétiens orthodoxes croient et confessent que la toute sainte Enfantrice de Dieu est Mère de Dieu par nature, et notre mère aussi par adoption. Elle est, après Dieu, le refuge, le secours et la puissante, protection de tous ceux qui accourent vers elle. Elle protège et garde avec une attention plus particulière les moines de la Sainte Montagne de l'Athos.

Pourquoi est-elle nommé le "Prompt Secours" ?

Sur cette montagne donc, au monastère Dochiariou eut lieu en 1663 le miracle suivant, accompli par notre Souveraine l'Enfantrice de Dieu et toujours Vierge Marie.

Dans le réfectoire du monastère susdit, se trouvait représentée sur le mur, l'icône de la Toute-Sainte, peinte depuis de nombreuses années - environ l'an 1000, époque de saint Néophyte, fondateur du monastère. Malgré les années, la peinture n'avait subi aucune altération, comme cela aurait dû se faire du fait des longues années passées. Il est clair que c'était par une action divine que l'icône était restée ainsi intacte.

Quand les moines du monastère se rendaient au réfectoire, ils passaient toujours devant l'icône de la Toute-Sainte. Le moine du service passait bien sûr beaucoup plus souvent devant elle, en raison de son service.

En l'an de grâce 1663, alors que le serveur, nommé Nil, passait devant l'icône avec les flambeaux allumés, il entendit une voix qui disait : "Ne passe plus par ici avec tes flambeaux car tu enfumes mon icône." Le frère ne comprit pas que la voix venait de l'icône, et supposa qu'un des frères l'avait taquiné. Quelques jours plus tard, il entendit à nouveau la voix lui disant : "O moine indigne, jusques à quand enfumeras-tu mon visage ainsi sans piété ni respect ?" et au même instant il devint aveugle.

Le malheureux se souvint alors de la première fois où il avait entendu la voix et il comprit qu'il avait reçu sa juste punition car il avait manqué de respect envers la Toute-sainte.

Le lendemain matin, les frères le trouvèrent prosterné devant l'icône, et dans un état pitoyable. Comme il les avaient informé de ce qui était arrivé, ils allumèrent une veilleuse devant l'icône et offrirent de l'encens.

Le moine qui avait subi le malheur ne s'éloigna pas de là, mais resta sur une stale auprès de l'icône et supplia nuit et jour la Toute-Sainte de lui pardonner, de lui rendre la vue. Il suppliait donc plein de foi en versant des larmes, si bien que la Toute-Sainte eut pitié de lui et exauça sa prière. Elle lui parla donc pour la troisième fois : "Ô moine, ta supplication est exaucée, sois pardonné et recouvre ta vue. Annonce aux autres pères que je suis la Mère de Dieu et, après Dieu, la Protectrice du monastère. Et désormais, que les moines se réfugient auprès de moi pour toute nécessité et je les exaucerai, ainsi que tous les chrétiens orthodoxes car je me nomme le "Prompt Secours".

Aussitôt, le frère recouvra la vue. Un bruit soudain retentit dans toute la montagne et les moines des alentours commencèrent alors à se rendre au monastère de Dochiariou pour connaître le miracle et pour vénérer l'icône du "Prompt Secours".

Tous venaient devant l'icône et chantaient des offices d'intercession, des hymnes d'action de grâce et des doxologies. Par la suite, on édifia près de l'icône une belle église dédiée à la souveraine Enfantrice de Dieu au "Prompt Secours", en souvenir perpétuel du miracle. Depuis ce jour, un moine reste auprès de l'icône et chante matin et soir un canon d'intercession à la Toute-Sainte et protectrice au "Prompt Secours", qui accomplit - comme un autre réservoir de Siloé - d'innombrables miracles à la gloire de Dieu.

Tropaire à la Mère de Dieu au "Prompt Secours"
(fêtée le 1 octobre)
Mode 1
Enrichis de ton icône miraculeuse, Enfantrice de Dieu,

comme d'une source d'où jaillissent divinement tes grâces immatérielles,

nous en puisons abondamment les flots des miracles comme de l'Eden.

En effet tu es le prompt secours de ceux qui te chantent :

Gloire à tes innombrables dons ô très-pure,

gloire à ta virginité,

gloire à ton indicible providence envers nous, ô Immaculée.


Kondakion
Nous réfugiant sous ton aide, Enfantrice de Dieu,

comme dans un port très calme, nous sommes sauvés

de multiples dangers et des maladies.

En effet, tu es la Mère au "Prompt Secours",

de ceux qui avec foi se prosternent devant ton icône,

et qui t'exclament : Réjouis-toi, Assistance du monde.

Un homme qui avait beaucoup lu et qui se croyait savant rencontra un jour un simple paysan qui se rendait à l'église.

- Où vas-tu ? lui demanda-t-il.
- Je vais à l'église, monsieur.
- Dis-moi donc, demanda ironiquement le "savant" : ton Dieu est-il grand ou petit ?
- Les deux, monsieur.
- Comment, les deux ?
- Eh bien, Il est si grand que même les cieux ne peuvent Le contenir; mais Il est si petit, qu'Il loge même dans mon coeur.
Le "savant" n'en revient pas. Il n'avait jamais lu cela nulle part.

L'or dit au marbre :
"Quel soleil, par toute la terre, brille comme moi ? Quelle lumière possède ma lumière ? Mes avantages sont innombrables, et unique est ma puissance : ici, elle détruit des trônes, là, elle en construit. Toi, marbre que fais-tu ?
Et le marbre lui répond :
"Moi, d ans l'obscurité d'une tombe, j'engloutis ta puissance."

De la terre, deux larmes, perles brillantes, montèrent et coulèrent aux Pieds du Créateur. La première, devant le trône, dit toute tremblante : "Moi, le coeur m'a fait sortir pour sa propre douleur." Et le Créateur répondit : "Ne perds pas un instant, va, et deviens un baume, afin d'apaiser son souci." La deuxième dit, devant le trône, en tremblant  : "Moi, le coeur m'a fait sortir pour la douleur d'autrui." Et le Créateur répondit : "Reste ici, toi, car les larmes de la compassion sont à Moi."