Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 65

FÉVRIER 1995

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

 

NOUVELLES

HOMÉLIE SUR LES APPARITIONS DU CHRIST

DU MARTYRE QUI SE CONSOMME DANS LA PAIX DE L'ÉGLISE

LES MÉFAITS DE LA TÉLÉVISION

LES CONCILES OECUMÉNIQUES

L'ÉGLISE ET LA VIE

LORS DE LA FETE DES APOTRES PIERRE ET PAUL

NOUVELLES

Des nouvelles, il y en a cette fois-ci, importantes et graves.

Ce dont je faisais déjà discrètement allusion antérieurement est finalement arrivé : un schisme dans notre Église. Cinq évêques ont quitté le Synode et constituent à présent un synode à part, entraînant quelques clergés et fidèles. Depuis trois ans, il y a des tensions qui aujourd'hui aboutissent à ce schisme inévitable. Sous prétexte du problème iconographique (les icônes de la décadence sur lesquelles j'avais écris déjà plusieurs fois), des passions humaines (ignorance, jalousie, mégalomanie, manque de discernement etc.) se sont manifestées, attisées par l'extérieur, comme en 1937, par les néocalendaristes et la maçonnerie. Voilà en bref les raisons et l'origine du schisme récent, un de plus dans l'Église. L'ignorance de l'influence latine dans l'iconographie de l'Église, lors de l'occupation turque et italienne, et le zèle sans discernement a provoqué la même réaction qu' en Russie au moment où les vieux-croyants se sont séparés de l'Orthodoxie. La différence est cependant que cette fois-ci, le retour à la Tradition de l'Église ne fut pas imposé par la force et sans discernement, mais fut suggéré dans un esprit de paix, de patience et de recherche théologique. Que Dieu ramène les brebis égarées et «fasse cesser les schismes» (Liturgie de saint Basile) !

Une nouvelle d'un tout autre genre : Nous avons revendu notre reprocopieur et acheté un autre (d'occasion) d'une qualité bien supérieure, ce qui nous permet désormais d'imprimer sans tâches ( non sans fautes) et avec de belles photos. La Providence nous aidera, comme toujours, pour le payer.

Vu la situation de notre Synode en Grèce, il se peut que je m'y rende au cours de l'été ou peu après.

Voilà nos nouvelles.

Dans l'Amour du Christ, votre
hm. Cassien

HOMÉLIE SUR LES APPARITIONS DU CHRIST

Je n'avais pas l'intention, comme d'habitude, de prêcher aujourd'hui, à cause de ma fainéantise, mais une parole de l'évangile matutinal m'a frappé et je voudrais m'y attarder un peu.

C'est en lisant le passage de l'évangile (cf Jn 21,1-12) où il est question du Sauveur qui Se tenait sur les rivages du lac de Tibériade et ne fut pas reconnu par les disciples, que l'idée me traversait la tête que ce n'était pas la première fois qu'Il ne fut pas reconnu après sa résurrection et que finalement chaque fois où Il apparaissait, il fallait un signe particulier de sa part pour être reconnu. Ici c'était la pêche miraculeuse, et voyons comme cela se passait les autres fois.

Quand Marie Madeleine, en allant au tombeau le matin de Pâque, voyait le Ressuscité, elle croyait que c'était le jardinier. Ce n'est qu'après que le Sauveur l'a appelé par son nom, Marie, qu'elle Le reconnaissait et Lui répondait : Rabbouni, c'est-à-dire, Maître (cf. Jn 20,11-17).

De même lorsque Jésus cheminait avec les disciples d'Emmaüs, ceux-ci ne Le reconnurent qu'après la fraction du pain. Malgré la longueur du chemin, sur lequel ils conversaient avec le Christ, et malgré qu'ils L'avaient vu maintes fois - car c'était l'évangéliste Luc et Cléopas son frère - , il leur fallait ce signe particulier. (cf. Lc 24,13-33).

Au moment où le Seigneur apparaissait devant ses disciples dans la chambre haute, les portes étant closes, ceux-ci crurent voir un fantôme, car qui pouvait entrer puisque les portes étaient closes ? Mais même les portes ouvertes ils ne L'auraient pas reconnu, et même après avoir touché sur son invitation ses Mains et son Côté percés, ils ne crurent pas, et ce n'est qu'après avoir mangé du poisson rôti et du miel qu'ils Le reconnurent (cf. Jn 24,36-42).

Pourquoi les disciples ne reconnurent plus le Christ-Sauveur après sa résurrection comme avant, c'était bien le même ? C'est d'abord à cause de la résurrection elle-même. Ils avaient vu le Messie, en qui ils croyaient, mort sur la croix et croire maintenant qu'Il est ressuscité exigeait un acte de foi plus grand que jamais. Ensuite, avant ils L'avaient vu, entendu et touché, avec leurs sens, l'Homme Jésus dans lequel la Divinité était cachée et en laquelle ils croyaient plus ou moins confusément. C'était pour eux le Messie, le Libérateur d'Israël, le Fils de Dieu, mais qui parmi ses apôtres, croyait vraiment déjà au Fils de Dieu, consubstantiel au Père et à l'Esprit ? Combien de fois Jésus devait les élever de leur vues humaines à des considérations plus spirituelles ! Par exemple quand Philippe demandait au Christ  : «Montre-nous le Père, et cela nous suffit». Jésus lui dit : «Il y a si longtemps que Je suis avec vous, et tu ne M'as pas connu, Philippe ! Celui qui M'a vu a vu le Père; comment dis-tu : Montre-nous le Père ?» (Jn 14,8-9).

Donc aux apôtres il fallait aussi la foi pour reconnaître avant la résurrection, en Jésus, le Christ, car les autres Juifs Le voyaient aussi bien, mais voyaient uniquement en Lui un homme, le fils du charpentier. C'est-à-dire ils étaient incrédules, ce qui est le contraire de la foi. On ne peut pas voir Dieu d'une manière neutre, ou on croit ou on Le rejette.

Après la résurrection un effort plus grand leur fut demandé, il fallait franchir une étape de plus. D'ailleurs ceux uniquement qui croyaient en Lui Le voyaient encore. L'Humanité du Christ, mort est ressuscité, fut transfigurée et devenait invisible à la nature seule.

A nous aujourd'hui qui n'avons pas vu le Christ avant son ascension, il nous est demandé encore plus, non à contempler sa Personne, mais à croire en Lui à travers ses Manifestations qu'Il nous a offertes dans son Église.

Dans les icônes, nous Le contemplons, dans la communion nous Le goûtons, dans les offices, Il est présent. N'a-t-Il pas dit : «Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis au milieu d'eux» ? Vous êtes deux, et en comptant ma pauvreté, nous sommes trois. Il ne faut donc pas des foules pour qu'Il soit au milieu de nous, il ne faut que la foi. Sans cette foi, évidemment, il est difficile de Le voir.

Dans notre frère dans la foi, régénéré par le baptême et devenu christique, Il est présent. Nous Le rencontrons aussi dans les pauvres, les prostituées, les prisonniers, car c'est Lui qui a dit également : «Ce que vous avez fait à un de ces plus petits de mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait.» (Mt 25,40).

Certes, il n'est pas toujours facile de voir le Christ dans le frère qui est tenté et faible, dans le pauvre qui sent mauvais etcノ, pas plus que dans les icônes noircies, abîmées, peintes maladroitement, ni dans les offices chantés et célébrés tant bien que mal, ou dans la communion à laquelle nous participons souvent, pour ne pas dire toujours, distraits, agités, nonchalants, - mais Il est bien là. Et pour finir, même en nous-mêmes, avec nos faiblesses et péchés, le Christ est présent, sa mort et sa résurrection se réalisent à chaque instant.

Tout finalement est grâce et partout Dieu est présent et visible avec les yeux de la foi. Ce n'est que notre incrédulité qui nous empêche d'aller plus loin que nos sens.

hm. Cassien


Un directeur d'école écrit au ministre de l'Éducation nationale

Une vidéo-cassette intitulée Temps d'amour est en voie d'être imposée

aux écoles par le ministère de l'Éducation Nationale, sous prétexte de

lutte contre le sida. Le directeur du Iycée et collège Notre-Dame d`Orveau (49), après avoir vu la cassette, a écrit à M. Bayrou :

« Profondément choqué par ce que je viens de découvrir, je ne peux résister à l'obligation morale qui est la mienne de protester contre ce détournement de biens publics, puisque cette cassette a été entièrement financée par nos impôts (...).

Cette apologie des préservatifs n'est en rien propre à stopper la propagation du sida. En effet, faire croire aux jeunes que l'acte sexuel n'est qu'un acte propre a donner du plaisir, au même titre que la bonne nourriture ou la saine détente, me paraît totalement irresponsable et par-dessus le marché très dévalorisant pour notre humanité. (...) Pas une seule fois le film n'évoque la chasteté et la tempérance, pas une fois vous ne proposez le modèle de la fidélitéノ

Non, Monsieur le Ministre, je ne suis pas d'accord pour diffuser cela.

Je suis sûr que beaucoup de parents sont de mon avis, nous avons un modèle de vie familiale qui nous préserve du sida (hors transfusion) nous voulons qu'il soit proposé aux jeunes sans être systématiquement tourné en ridicule.

Nous sommes des citoyens à part entière et de quel droit un modèle de société que nous n'avons pas choisi est-il inculqué à nos enfants ? Ce n'est plus de l`information puisque c'est la seule alternative, c'est véritablement de l'endoctrinement.»

Dans Flash Actualités

DU MARTYRE QUI SE CONSOMME DANS LA PAIX DE L'ÉGLISE

abbé Smaragde (Le diadème des moines chap. XCIX)

 

« Que personne ne dise, mes frères, que, de nos jours les combats du martyre ne sont pas possibles. Car notre paix a aussi ses martyrs. Comme nous le laissons souvent entendre : calmer sa colère, fuir le plaisir, garder la justice, mépriser l'avarice est une grande part du martyre. Ce n'est pas à la légère que j'ai dit de mépriser l'avarice, de calmer sa colère, de fuir le plaisir; car l'avarice est méprisable puisqu'elle nous procure des gains malhonnêtes pour nous faire siens; car nous ne serions pas à elle si elle-même n'était pas à nous. L'appât du gain est inique et comme le feu : plus il reçoit, plus il exige.

Il faut calmer la colère; elle nuit d'abord à ceux qui vont nuire avant d'atteindre ceux à qui elle veut nuire.

Nous vous engageons à fuir le plaisir, l'apôtre Paul le montre aussi avec évidence, lui qui, prêchant de résister à tous les vices, ne dit pas lorsqu'il parle du plaisir : Résistez-lui, mais : «Fuyez la fornication.» (I Cor 6). Si, avec l'aide de Dieu, nous devons dans la vie présente résister aux

autres vices, il nous faut triompher du plaisir en le fuyant. Sous l'assaut du plaisir, prends donc la fuite si tu veux obtenir la victoire. N'aie pas honte de fuir si tu veux obtenir la palme de la chasteté.

Aussi, frères très chers, tous les chrétiens, surtout les clercs et les moines, doivent fuir toute familiarité indigne et déshonnête; parce que, celui qui ne veut pas éviter de familiarité douteuse, périra bien vite. Parmi tous les combats des chrétiens, seules sont très pénibles les luttes contre la chair, où la bataille est quotidienne et rare la victoire. La chasteté a reçu en partage un ennemi redoutable qu'il faut vaincre et craindre tous les jours. Aussi, que personne ne s'abuse dans une sécurité trompeuse, ni ne présume témérairement de ses forces, mais qu'il écoute ce que dit l'apôtre : Fuyez la fornication. Frères très chers, contre les caresses mortelles du diable et contre ses aides, c'est-à-dire ceux qui ne redoutent pas et ne rougissent pas d'avoir des fréquentations douteuses, et, pour qu'ils ne nous séduisent pas Par leur exemple, implorons constamment le secours de Dieu afin qu'il daigne nous «délivrer du filet des chasseurs». (Ps 124). Sachons qu'en ces maux dont nous avons parlé tous les chrétiens peuvent trouver l'occasion de martyres quotidiens.

Si en effet, le Christ est Chasteté, Vérité, Justice et si celui qui tend des embûches est un persécuteur, de même, celui qui veut défendre ces vertus dans les autres et les garder en lui, est un martyr. C'est pourquoi, celui qui, de toutes ses forces, aime lui-même ces vertus et, pour les faire aimer aux autres, les montre dans ses paroles et ses exemples, qui partout où luttent la paix, la vérité, la justice ou la chasteté, s'y porte autant qu'il le peut de son propre mouvement et qui, dans la mesure de ses forces, combat pour les défendre, celui-là recevra comme récompense la couronne du martyre.

Si quelqu'un dit : Je suis jeune, je ferai maintenant ce qui me plaît, plus tard je ferai pénitence, c'est dire : Je vais me frapper avec une épée acérée et ensuite j'irai chez le médecin. Il ne sait pas qu'il suffit d'une heure pour montrer une blessure mais qu'un long temps suffit à peine pour lui rendre toute sa santé. Celui qui dit en commettant l'adultère qu'il fera pénitence par la suite, comment ne craint-il pas qu'une petite fièvre survenant à l'improviste ne l'emporte ? Plus de délai pour lui alors, mais l'éternelle damnation.


LES MÉFAITS DE LA TÉLÉVISION
La pornographie et la destruction du sens moral

Dès la plus tendre enfance, le jeune téléspectateur est bombardé d'images ayant un fort caractère sexuel. Les films quels qu'ils soient et les émissions de toutes sortes ont fréquemment recourt à des scènes d'adultère, de viol, de prostitution, d'homosexualité, d'exhibitions diverses et de relations amoureuses hors mariage. La publicité fait souvent appel à des images que la simple pudeur réprouve. Les films à caractère pornographique ont fait leur apparition sur les écrans depuis déjà plusieurs années; régulièrement, des émissions sont lancées, dans le but avoué plus ou moins ouvertement, de «rééduquer» les téléspectateurs, adultes et enfants, en les éloignant des références de la morale traditionnelle et en les poussant sur le chemin de la débauche. L'ensemble de ces images, qu'il faut qualifier de foncièrement immorales, fait partie de la violence télévisuelle. La pornographie est une violence, les obscénités sont une violence faite à la pudeur, les incitations et insinuations sexuelles de toutes sortes sont aussi une violence faite au sens moral du jeune téléspectateur. Voilà pourquoi, que l'on se penche sur les effets des images immorales ou que l'on se penche sur les effets des images de violence, on retrouve exactement les mêmes caractéristiques, entraînant les mêmes séquelles et les mêmes dangers. Ce sont ceux que nous venons de voir plus haut :

- irruption continue à l'intérieur du foyer d'images et de situation en contradiction totale avec la vie familiale;

- incitation à l'imitation de moeurs dissolues qui s'étalent à l'écran;

- troubles psychologiques;

- perte du sens moral, avec toutes ses conséquences;

- perte de la notion de la vie réelle, avec ses exigences sociales et ses contraintes, qui entraîne chez les jeunes une profonde inadaptation et un sentiment de rejet;

- intoxication par la pornographie, provoquant une véritable dépendance, laquelle est, à l'image de la drogue, terriblement dévastatrice et incapacitante.

Les cris d'alarme et les dénonciations se succèdent, mais la télévision ne s'en émeut guère : l'apathie des téléspectateurs est grande (cela fait si longtemps qu'ils s'abrutissent...) Particulièrement éloquente est la dénonciation faite par le cardinal archevêque de Salvador, primat du Brésil. Dans un manifeste intitulé «J'accuse...» il affirmait :

«Non seulement la télévision n'éduque pas, mais elle pervertit et fabrique une génération de voyeurs. La violence et la pornographie sont les deux poisons distillés par cette petite boîte magique. De véritables clips de propagande manifestent la volonté délibérée de démolir les plus authentiques valeurs morales. La fidélité et le respect mutuel sont tournés en ridicule au profit de contre-valeurs : le divorce, la débauche, l'adultère, et l'inceste.»

Dans le livre de Luc Berrou :
Les méfaits de la télévision sur nos enfants
Avenir de la Culture

6, rue d'Estrées

75007 Paris

Pour la première fois dans l'histoire de France, sur plainte de la LICRA, la justice a fixé les limites de la liberté de commentaire des textes de la Bible. Enfin, les limites pour les seuls catholiques. Et curieusement l'affaire a éclaté quelques jours avant Pâques. Ce fut d'abord une rumeur : une Bible catholique, traduite de sa version latino-espagnole par deux prêtres missionnaires français, comporterait des notes «politiquement incorrectes», du moins pas très flatteuses pour le peuple juif. Mgr Thomas, évêque de Versailles, considéré comme le prélat français le plus «ouvert» à la Maçonnerie, avait - distraction sans doute - donné son imprimatur à l'édition.


Quand la cabale se déchaîna, l'habile homme fit une marche arrière savante et combinée. Plus d'imprimatur, regrets éternels, contrition déchirante. Les traducteurs récusèrent toute pensée antisémite. Ce n'était pas assez. Il y a eu procès. La vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris, Marie-Claude Domb, a ordonné le 11 avril dernier de faire cesser la diffusion de la Bible des communautés chrétiennes éditée depuis mai 1994. L'ordonnance du tribunal a incriminé deux passages : le premier commentaire se rapportant à la lettre de saint Paul aux Galates : «Personne n'imposa la circoncision a Tite qui était avec moi et qui était grec». Le commentaire des traducteurs dit : «Dieu ノ ne peut pas nous enfermer dans des obligations folkloriques de circoncision ou de chapeau, ni s'enfermer lui-même dans dans les problèmes de notre cuisine et de nos temps de prière». Le tribunal a estimé que les «prescriptions essentielles (de la religion juive) sont ainsi tournées en dérision».

L'autre passage coupable est relatif à la condamnation du Christ dans l'Évangile de saint Marc : «La foule juive a demandé la mort de Jésus» dit l'apôtre. Les commentateurs ont osé expliquer : «Durant des siècles, dans le peuple chrétien, on a parlé du peuple juif comme de celui qui avait tué Dieu. C'était vrai en un sens puisque ce peuple n'avait pu dominer son fanatisme, dû en partie aux événements qu'il traversait.»

L'avocat de la LICRA, Me Zaoui, a protesté devant de telles abominations et obtenu que le tribunal condamne le commentaire car, a dit le tribunal, la «phrase commençant par les mots "C'était vrai" reprend cette accusation (de déicide), cause, dans le passé, de discrimination et de persécutions tragiques». Non seulement je réitère donc ma proposition de demander que désormais la parution des livres d'histoire, de littérature, de religion ou de philosophie soit conditionnée à l'imprimatur non de Mgr Thomas - il a failli - , mais de la LICRA; mais encore, pour être plus efficacement oecuménique, il suffirait d'interdire le plus antisémite des textes encore en circulation : la Bible.

Dans : LECTURES FRANCAISES N° 457

LES CONCILES OECUMÉNIQUES

Les conciles oecuméniques se distinguent, en général mais pas toujours, des conciles locaux par leur universalité, car les évêques de toutes les Églises locales y ont participé, mais leur oecuménicité est bien plus qu'un fait numérique et géographique, c'est leur reconnaissance, par la suite, par la conscience de l'Église entière, - ce qui pouvait durer parfois quelques décennies.

Tous ces conciles furent réunis par l'empereur régnant, qui veillait au bon ordre, mais ce sont toujours les évêques qui définirent les dogmes et les canons. Les décrets comportaient la signature de tous les pères et l'acceptation des décrets par l'empereur, comme membre de l'Église, leur donnait force de loi pour tous les citoyens.

Étant conciliaire, l'Église se réunissait toujours afin de trouver une solution aux problèmes qui se posaient et c'est d'un commun accord que tout fut réglé. «Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l'Égliseノ» (Ac 15,22).

Les décisions des conciles ne sont jamais ni imposées par un pouvoir monarchique, ni obtenue par le suffrage démocratique, mais dépendent toujours du consentement de l'Église entière, clergé et peuple.

Historiquement, la période des conciles oecuméniques représente pour les orthodoxes une période normative : c'est alors, que fut, en grande partie, définie l'expression dogmatique et canonique de leur foi, dans l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui.

L'Église orthodoxe reconnaît sept conciles comme oecuméniques :

I. Le concile de Nicée, en 325, qui condamna Arius et définit le Fils de Dieu incarné comme «consubstantiel» au Père. Arius, par ses vues purement humaines, faisait du Christ une créature, certes supérieur aux autres, mais créature tout de même. Au concile participèrent 318 pères et s'y distingua saint Athanase le Grand, qui était encore simple diacre et saint Osius de Cordoue.

2. Le concile de Constantinople, en 381, qui donna une solution aux séquelles de la crise arienne; les sources du siècle suivant attribuent également à ce concile l'adoption du «Symbole», dit de Nicée-Constantinople : notre Credo. Au concile fut condamné le semi-arianisme, prêché par Macédonius, et les doctrines d'Apollinaire. 150 pères participèrent au concile, entre autres les saints Mélétius d'Antioche, Grégoire le Théologien, Grégoire de Nysse, Amphiloque d'Iconium, Cyrille de Jérusalem et Épiphane de Chypre.

3. Le concile d'Éphèse, en 431, qui condamna l'hérésie de Nestorius, en déclarant qu'il n'y eut pas, en Christ, une juxtaposition de deux personnes - Dieu et un homme nommé Jésus -, mais que la divinité et l'humanité étaient unies en une personne («hypostase») unique, celle du Verbe, Fils de Dieu. En conséquence, Marie, mère de Jésus, est Enfantrice de Dieu (Théotokos).

4. Le concile de Chalcédoine, en 451, qui, tout en approuvant l'existence, en Christ, d'une personne unique, condamna les «monophysites»; ces derniers refusaient de distinguer entre les concepts de «personne» (hypostase) et de nature (physis) : si le Christ était une personne, il ne pouvait avoir deux natures, disaient-ils, mais une seule, sa Divinité. Le concile maintint l'existence de deux natures dans la personne unique du Verbe incarné, ces natures étant unies «sans se confondre, ni se modifier, sans se diviser, ni se séparer». Au concile participèrent 630 pères et les hérésiarques Eutychès et Dioscore furent condamnés. De nombreuses Églises orientales non-grecques (Coptes, Éthiopiens, Syriens-Jacobites, Arméniens) se séparèrent alors de l'Église orthodoxe et adoptèrent des confessions de foi monophysites.

5. Le deuxième concile de Constantinople, en 553. L'empereur Justinien, soucieux de prouver aux monophysites, dont il recherchait le retour à l'Église, que le concile de Chalcédoine n'était pas tombé dans le nestorianisme, provoqua ce nouveau concile pour condamner trois théologiens du Ve siècle, Origène, Didyme l'aveugle et Évagre, suspects de tendances nestoriennes.

6. Le troisième concile de Constantinople (in Trullo), en 680, qui condamna une forme bâtarde du monophysisme : le monothélétisme. Selon les monothélètes, le Christ, s'Il avait bien deux natures, n'avait qu'une volonté, la volonté (ou «énergie») divine. Le concile affirma que l'humanité n'était pas, en Jésus Christ, une réalité abstraite, mais qu'elle se manifestait par une volonté propre, soumise librement et en toutes choses à la Volonté divine. Le Christ a donc deux volontés. Les saints Maxime le Confesseur et Sophrone de Jérusalem y assistèrent parmi les 174 pères.

7. Le deuxième concile de Nicée, en 784, qui définit la doctrine orthodoxe des icônes représentant le Christ ou les saints; le Verbe de Dieu S'est vraiment incarné et est devenu homme véritable : Il peut donc être représenté, de même que les saints. Ces icônes doivent être vénérées, celui qu'elles représentent étant le véritable objet de la vénération; elles ne peuvent, cependant, être, en elles-mêmes, l'objet d'une adoration, ce dernier étant rendu à Dieu seul.

La vénération des icônes était combattue par plusieurs empereurs byzantins iconoclastes. 360 pères participèrent à ce concile, parmi lesquels se distinguèrent saint Jean Damascène et saint Germain de Constantinople.

L'oeuvre des conciles oecuméniques ne se limita pas à cet aspect purement dogmatique de la vie ecclésiale : elle concerna aussi la structure et l'administration de l'Église. Les définitions dogmatiques, qui concernaient la sainte Trinité et l'incarnation du Christ, n'avaient pour but que de protéger l'Église contre les erreurs, de mettre de barrières, et non d'enfermer les mystères dans des mots humains.

Numériquement l'Église d'Occident n'a été que faiblement représentée dans ces conciles; en général seulement par des légats du pape de Rome. Aucun pape n'a paru en personne dans l'un des sept conciles oecuméniques et aucun concile n'a eu lieu à Rome.

Les sept conciles oecuméniques - sept, chiffre symbolique «les sept dons de l'Esprit, les sept piliers de la sagesse» - sont d'une importance capitale pour l'Église, car ils ont affermi la foi, L'ont gardé pure de toute erreur et ils ont également réglé d'autres problèmes canoniques, tels par exemple la pascalie, ou la prééminence parmi les évêques.

Hm. Cassien


L'ÉGLISE ET LA VIE

L'Église orthodoxe sanctfie, par des actes cultuels, toute la vie et le travail des chrétiens, ainsi que tous les états et les manifestations naturelles et spirituelles de l'homme. Au moment de la naissance, du mariage ou du décès, à la maison ou dans l'église, dans la joie ou dans la tristesse, partout et en tout temps, le culte chrétien orthodoxe donne aux croyants la grâce et la bénédiction du Seigneur.

Le maintien du culte dans sa pureté et sa beauté n'aurait pas été possible sans l'Église. Car l'Église a toujours été la gardienne rigoureuse du vrai culte et de la juste Tradition. Elle nous a enseigné la piété, la prière et la foi.

L'Église nous a protégés contre les confusions d'esprit, contre les faux-prophètes, contre les croyances illusoires, contre l'idolâtrie, les superstitions, l'obscurantisme, etc.

Les conciles oecuméniques sont un témoignage puissant de ce que l'Église a combattu, pendant son histoire, toutes les hérésies et tous les faux docteurs.

L'Église nous conduit sur la voie de la vie comme un ange gardien et comme une mère affectueuse.

L'Église nous éclaire et nous enseigne et nous purifie aussi de nos péchés en nous rapprochant de Dieu.

Par le saint sacrement du baptême, pendant la première enfance, l'Église nous purifie du péché ancestral hérité par chacun. Dans cet état d'innocence, nous recevons les dons de la grâce divine que l'Église répand dans nos âmes par le saint sacrement de la chrismation, à travers l'huile sacrée.

Pendant sa vie, l'homme commet des péchés qui dominent son âme et éclipsent l'image de Dieu qu'il porte en lui. L'Église nous aide en nous purifiant de ces péchés personnels par le saint sacrement de la confession, par lequel nous recevons les si nécessaires soulagement et purification spirituelle, grâce à notre repentir et l'absolution du prêtre.

Et par la sainte communion que l'Église nous donne après la confession, nous nous unissons au Corps très pur et au Sang précieux du Seigneur, regagnant ainsi la pureté et la liberté spirituelles et recevant le germe de la vie éternelle.

Au temps de la jeunesse, lorsque l'on désire former, en tant qu'époux, un foyer pur et affectueux, plein de l'appui de Dieu dans la lutte contre les impuretés et les difficultés de la vie, par le saint sacrement du mariage, l'Église nous donne la bénédiction et fait des prières pour notre cohabitation harmonieuse et notre bonheur.

Et pendant les périodes tristes de la maladie et de la souffrance, quand nos espoir et confiance sont mis à l'épreuve, tout comme autrefois ceux du juste Job, la sainte Église nous aide encore par ses prières lénifiantes et par le saint sacrement de l'onction pour les malades.

C'est ainsi que dans toutes les circonstances de la vie, depuis la naissance jusqu'à la mort, dans la joie comme dans le malheur, nous sentons que l'Église est toujours près de nous ; elle nous caresse et nous fortifie par ses grâces divines et ne cesse de prier pour notre paix, notre santé, notre progrès et bonheur, les nôtres et ceux de nos familles.

Après notre départ de ce monde vers le royaume éternel de Dieu, lorsque nous serons peut-être oubliés de ceux qui continueront de vivre, eux-mêmes mortels, l'Église, elle, ne nous oubliera pas et intercédera pour nous par ses prières pures, devant le juste Juge, pour que nos âmes soient mises dans le lieu de repos et de paix éternelle où il n'y a ni douleur, ni tristesse, ni soupir. C'est l'Église qui entretient une liaison étroite et ineffaçable entre les âmes des vivants et celles des morts, entre le monde terrestre et l'univers infini de Dieu.

C'est pourquoi nous devons aimer, respecter et obéir à l'Église qui est une mère spirituelle si proche de nos âmes, qui nous soigne et prie pour nous, tout comme de bons et de vrais fils.

Il convient de la fréquenter, de suivre ses bons conseils et ses saints principes. Car l'Église est le lieu où l'on trouve toujours Jésus Christ. Dans l'Église, toute sa Vie nous est présentée, et nous nous unissons à Lui sacramentellement. La plus grande merveille nous apparaît dans l'Église lorsque nous voyons Jésus dans l'image du pain et du vin, c'est-à-dire dans la sainte communion. Celui qui aime l'Église aime aussi Jésus Christ qui l'a édifiée. Les vrais croyants trouvent le Sauveur dans l'Église, ils ne Le cherchent point en dehors d'elle.

Dans le monde, il y a des croyants qui Le cherchent ailleurs. Ils se promènent en cherchant de faux christs, ils veulent trouver des merveilles, en oubliant que la plus grande des merveilles a lieu dans leur Église. Chaque dimanche, à chaque liturgie, le Seigneur Christ est vraiment présent à la sainte communion de leur Église. C'est ainsi qu'Il a voulu rester avec nous à jamais. Le chercher ailleurs et sous une autre forme, c'est ne pas Le connaître, ne pas avoir confiance en Lui et ne pas L'aimer. C'est faire un affront à sa Majesté divine et la profaner.

Dieu Se cache dans le mystère. L'homme n'est pas capable de Le voir dans toute la splendeur de sa Lumière. Ce qui est vraiment divin ne peut pas être vu par les hommes. Ce qui est infini et éternel ne peut pas être vu par ceux qui sont limités et éphémères.

Cela a été clairement dit à Moïse, qui voulait voir la Face de Dieu : « Tu ne pourras pas voir ma Face, car l'homme ne peut Me voir et vivreノ ma Face ne pourra pas être vue. » (Ex 33,20&endash;23), et « Personne n'a jamais vu Dieu » (Jn 1,18), spécifie l'évangéliste Jean.

Et le chant de l'office divin des funérailles comporte l'observation suivante : « Il n'est pas possible que les hommes voient Dieu, chose impossible même pour les armées d'anges ». Dès lors, comment pourrions-nous affirmer que nous avons vu Dieu.

Le Sauveur avait prévu ces fausses révélations et nous a prévenus : « Si quelqu'un vous dit alors : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus » (Mt 24,23-24). Les saints pères spirituels ont été très catégoriques à ce sujet :

Ainsi, saint Nil nous commande : « Ne désirez voir sur la terre ni des anges, ni d'autres forces angéliques, ni même le Sauveur, de peur de perdre la raison ou de peur de prendre le loup pour le berger et d'adorer des démons. Si un ange apparaît devant vous, tenez-vous en garde et ne le prenez pas pour tel , mais dites-vous : " Nous pécheurs, nous ne sommes pas dignes de voir un ange ».

Les saints pères spirituels nous conseillent d'apprendre à mieux voir nos péchés plutôt que de chercher à voir des merveilles. Il faut purifier notre âme et nous distinguer par une vie modeste et agréable à Dieu. Il faut honorer les vertus, et non pas les illusions.

Voilà l'enseignement de l'Église. C'est la voie de tout bon chrétien, la voie de la piété et des vertus et non celle des hallucinations et des faux prodiges. C'est la voie de l'obéissance envers l'Église et non la voie montrée par les faux prophètes. Un bon croyant trouve Jésus Christ dans son Église. Il s'unit au Sauveur par la sainte communion et ne désire rien de plus.

P. Olivian Bindiu


B. LE CALENDRIER ET LA TRADITION DE L'ÉGLISE

(suite)

a. Introduction

Supposons que, jusqu'en 1924, l'Église orthodoxe n'ait pas pris position sur la question du calendrier. Alors, il serait possible d'accepter une discussion quelconque sur ce sujet. Toutefois, l'Église, bien qu'ayant pris connaissance des arguments de ses adversaires et étant au courant des lacunes astronomiques de son calendrier, refuse systématiquement une telle réforme.

Elle n'a pas simplement exprimé une opinion, ni laissé la question comme un «théologoumène», mais elle a pris une position nette, non seulement ayant interdit le calendrier papal, mais l'ayant anathémisé par ses conciles panorthodoxes. La conscience de l'Orthodoxie respecta et entérina ces anathèmes durant des siècles. Comment donc pourrions-nous sur un sujet déjà examiné par l'Église et classé, sans porter atteinte à sa vénérable Tradition ?

b. La condamnation du nouveau calendrier papal

L'innovateur même de 1924, l'Archevêque d'Athènes, Chrysostome Papadopoulos, avoue la triple condamnation du calendrier grégorien (Accus.calendr. examen page 9) :

«Jérémie II, en accord avec Sylvestre d'Alexandrie, en 1583, ensuite avec Sophronie de Jérusalem, en 1587, se prononça contre le calendrier grégorien et convoqua en 1593 le Grand concile local auquel participa également Mélétios Pighas d'Alexandrie.»

La sainte Écriture nous enseigne que David dut couper la tête de Goliath avec l'épée même du géant. Pour cela, nous avançons l'aveu de l'archevêque innovateur.

1. Première condamnation en 1583

Dans l'histoire ecclésiastique du métropolite d'Athènes Mgr Mélétios (Éditions d'Autriche, 1784 - chapitre 11, page 402) nous lisons :

«Concile de Jérusalem pour le nouveau calendrier. 9. Durant la patriarchie de ce même Jérémie, un concile des métropolites fut convoqué à Constantinople avec l'arrivée de Sylvestre d'Alexandrie en 1583 qui, ayant condamné le calendrier innové de Grégoire de Rome, ne l'a pas accepté à la suite de la demande des latins.»

D'après le code manuscrit du monastère russe Saint Pantéléimon au Mont Athos (Code No 772), nous prenons connaissance du sigillium de ce concile :

«Sigillium de l'encyclique patriarcale aux chrétiens orthodoxes de partout à ne pas accepter la nouvelle pascalie ou le calendrier du sanctoral innové, mais de rester à ce qui fut défini bien et une fois pour toutes par les saints 318 pères théophores du saint premier Concile oecuménique, avec épitimie et anathème.

Année du Dieu-Homme 1583.
Indictio 12. Novembre 20.
- Patriarche de Constantinople JÉRÉMIE II
- Patriarche d' Alexandrie SYLVESTRE
- Patriarche de Jérusalem SOPHRONIE
et les autres hiérarques du concile présents.»

 

2. Deuxième condamnation en 1587

Dans l'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE du Métropolite de Didymotichon, Mgr Philarète Vaphides (Édition de Constantinople, 1912, volume III., page 125), nous lisons confirmation de la condamnation de1583 et en plus :

«Également en 1587, fut convoqué un concile à Constantinople où, en présence de Jérémie II, Mélétios Pighas et Sophronie de Jérusalem, fut condamnée la correction du calendrier comme PÉRILLEUSE et pas nécessaire, mais plutôt comme cause de plusieurs dangers».

3. Troisième condamnation du calendrier en 1593.

Ce concile eut lieu en février 1593 dans la sainte Église de Notre-Dame-de-Paramythie. Dans son huitième canon, est prescrit ce qui suit au sujet de la réforme du calendrier :

«Au sujet du REJET du nouveau calendrier, à savoir l'innovation des latins pour Pâque, nous voulons que ce qui a été décrété par les pères au sujet de la sainte Pâque salvatrice reste inébranlable. Que tous ceux qui auraient osé transgressé les prescriptions concernant la sainte festivité de la Pâque salvatrice, soient excommuniés et en dehors de l'Église du Christ.

Patriarche de Constantinople JÉRÉMIE II
Patriarche d' Antioche JOACHIM
Patriarche de Jérusalem SOPHRONIE
Patriarche d' Alexandrie MÉLÉTIOS¨

D'après l'évêque de Diavlias Mgr Polycarpe (voir : LA RÉFORME DU CALENDRIER Athènes 1947., page 13) : « ... en 1583, fut convoqué à Constantinople un concile des Églises orthodoxes auquel participèrent les quatre patriarches et le procureur de Russie avec beaucoup d'autres hiérarques orthodoxes, représentants des Églises orthodoxes. Celui-ci répéta l'excommunication du très saint patriarche Jérémie II et lança une encyclique qui, entre autres, dit ceci :

«Celui qui ne suit pas les coutumes de l'Église comme les saints sept conciles oecuméniques ont bien décrété que nous observions la sainte Pâque et le MÉNOLOGE (Sanctoral) et veut suivre la nouvelle pascalie et le sanctoral des astronomes du pape; qui s'oppose à tout ceci et veut tout renverser et abolir, qu'il soit anathème et en dehors de l'Église du Christ et de l'assemblée des fidèles ...»

c. Rejet systématique du calendrier grégorien de la part de l'Église orthodoxe durant des siècles !

Le REFUS du calendrier grégorien constitue une tradition de l'Église durant des siècles que nous ne pouvons pas transgresser impunément. Sauf si nous acceptons que pendant tant de siècles de REFUS PERSISTANT et de REJET de cette malignité l'Église agissait par ignorance ou plutôt par esprit de réaction maladive.

1. De l'antiquité même, l'Église avait connaissance de l'imperfection du système du calendrier et, pour cela, elle a fixé un équinoxe conventionnel passant outre l'équinoxe astronomique.

2. En 1324, Nicéphore Grégoras détecta les anomalies du calendrier et soumit un rapport avec des propositions de réforme auxquelles aucune suite ne fut donnée.

3. En 1371, le moine Isaak et Matthieu Vlastaris approuvèrent le calendrier de Grégoras et le soutinrent mais l'Église ne montra pas d'intérêt.

4. A la veille de la prise de Constantinople, Georges Yemistos proposa de nouvelles réformes du calendrier qui furent également rejetées par l'Église.

5. En 1582, lettre du patriarche Jérémie II à l'Église orthodoxe de Pologne interdisant le nouveau calendrier sous peine d'excommunication.

6. En 1582, lettre du patriarche Jérémie II au doge de Venise où la question de la réforme du calendrier est considérée comme privée de sérieux : «enfantillages».

7. En 1583, premier concile panorthodoxe de Constantinople contre le calendrier papal.

8. En 1583, Mélétios Pighas s'adresse au cardinal Jules Antoine en lui précisant les lacunes du calendrier grégorien. Il écrit en même temps le Tome Alexandrin au sujet de la Pâque.

9. En 1584, lettre du Patriarche Jérémie II au pape de Rome contre l'acte arbitraire du calendrier latin.

10. En 1587, deuxième concile de Constantinople contre le nouveau calendrier.

11. En 1593, troisième concile de Constantinople contre le calendrier de l'Occident.

12. En 1671 le patriarche de Jérusalem Dosithée (au sujet «DES AZYMES» page 539) dit que : «par la Grâce du Christ, depuis le 1e concile jusqu'à maintenant la Pâque sacrée est célébrée le dimanche et toujours après la Pâque légale et nous n'avons connu aucune confusion jusqu'à ce jour pour être amenés à quelque correction. Car il fut bien défini par les saints pères et reste sans faute éternellement. Il est inacceptable que les astronomes actuels de l'ancienne Rome aient enlevé 13 jours du mois d'octobre. De plus, leur nouveau calendrier provoque beaucoup de confusion et cause du désordre.»

13. En 1827, le patriarche oecuménique Agathange refuse toute correction du calendrier orthodoxe dit «julien».

14. En 1895, le patriarche Anthime VII interdit toute discussion sur la question du calendrier.

15. En 1902, la grande Église du Christ rejette un projet de réforme du mathématicien Epaminondas Polydore.

16. En 1903 (28 février), opinion de l'Église russe : «... ce changement qui ébranle l'ordre établi et sanctifié par l'Église depuis toujours, aura des conséquences indubitables dans la vie de l'Église.»

17. En 1903 (5 juin), opinion de l'Église de Jérusalem : «Toute proposition de réforme concernant le calendrier en vigueur et surtout la préférence du grégorien sera au préjudice de l'Orthodoxie».

18. En 1903 (14 juillet) : « ... avec le calendrier julien est lié le calendrier de l'Église.»

19. En 1903, décision de l'Église roumaine : «Le saint Synode de la sainte Église autocéphale roumaine pense et propose de rester là où nous sommes aujourd'hui. Car il est impossible de vouloir penser au sujet d'un changement ou d'une réforme du calendrier julien avec lequel l'Église orthodoxe v i t depuis tant de siècles sans porter préjudice aux prescriptions canoniques. D'ailIeurs, il ne nous est pas permis de toucher même du doigt les décisions antiques qui constituent la gloire de notre Église !»

20. En 1904 (12 mai), opinion du patriarcat oecuménique : « ... il est bon et juste de garder la pascalie déjà précisée et entérinée par l' attitude constante de l'Église ... et il n'est permis de rien innover à ce sujet ... Du point de vue ecclésiastique, nous ne sommes nullement obligés de C H A N G E R de calendrier.»

21. En 1919, opinion de l'Église d'Hellade (voir Mgr Polycarpe de Diavlias, idem page 16) : «le changement du calendrier julien ne s'opposant pas à des raisons dogmatiques et sociales peut s'effectuer avec l'accord de toutes les autres Églises orthodoxes autocéphales. Surtout avec le patriarcat oecuménique auquel il serait nécessaire de remettre l'initiative d'une telle procédure sous la condition non d'adhérer au calendrier grégorien, mais la rédaction d'un nouveau calendrier plus exact scientifiquement et privé des lacunes des deux autres calendriers en vigueur, julien et grégorien.» Notez bien qu'un membre de ce comité, votant en faveur de cette position était aussi Chrysostome Papadopoulos alors archimandrite et professeur de théologie à l'université d'Athènes.

22. En 1924, opinion de l'Église d'Alexandrie : «Enreg. N° 28. Au patriarche Grégoire à Constantinople. A la suite du télégramme de votre Sainteté, notre saint Synode étant réuni, décida ce qui suit : Nous restons à nos décisions synodales antérieures et nous rejetons toute adjonction ou toute réforme du calendrier.

à suivre


Telle est l'origine des hérésies qui, souvent, se sont élevées et s'élèvent encore : tel esprit sans droiture n'observe pas la paix; la perfidie, amie de la discorde, ne s'attache plus à l'unité. Tout cela, le Seigneur le souffre et le permet, laissant à la liberté d'un chacun son libre choix ainsi se dégage pour éprouver nos coeurs et nos pensées critère de vérité, grâce auquel apparaît en pleine lumière la foi intacte des âmes sûres. Écoutons l'avertissement que l'Esprit saint nous donne par la bouche de l'Apôtre : «Il faut qu'il y ait des hérésies, afin qu'on reconnaisse ceux qui parmi vous sont vraiment sûrs». (1 Cor 2,19). C'est donc ainsi que le fidèles se font reconnaître, que les gens sans foi sont découverts; que dès ici-bas, avant même le jour du jugement, s'opère une discrimination entre les justes et les injustes et que la paille est séparée du froment ノ

C'est contre les gens de cette sorte que clame le Seigneur, c'est loin d'eux qu'Il retient et rappelle son peuple hésitant : «N'écoutez pas, dit-Il, les propos des pseudo-prophètes : les visions de leur coeur les trompent. Ils parlent, mais non par la Bouche du Seigneur. Ils disent à ceux qui rejettent la parole de Dieu : La paix sera sur vous et sur tous ceux qui marchent selon leur propre volonté. Et à quiconque marche selon la perversité de son coeur : les maux ne s'appesantiront pas sur toi». Je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé spontanément. S'ils étaient demeurés attachés à mon Essence, et qu'ils eussent entendu mes paroles pour les enseigner à mon peuple, je les aurais détournés de leurs pensées mauvaises». (Jer 23,16-17,21-22). De nouveau, le Seigneur les désigne et les flétrit, quand Il dit : «Ils M'ont abandonné, Moi, la source d 'eau vive, pour se creuser des citernes sans solidité qui ne peuvent retenir l'eau». (Jer 2,13). Alors qu'il ne peut y avoir qu'un seul baptême, ils s'imaginent qu'ils baptisent ! Ils ont abandonné la source de vie, et ils promettent la grâce de l'eau vivifiante et salutaire ! Non, les gens n'y sont point lavés, - ils s'y souillent; ils ne s'y débarrassent pas de leurs péchés, ils les accumulent ! Ce n'est pas pour Dieu que cette nativité-là engendre des fils, c'est pour le diable ... Engendrés par le mensonge, ceux-ci ne recueillent pas les promesses de la vérité; procréés par l'incrédulité, ils perdent la grâce de la foi. Ils ne peuvent arriver à la récompense de paix, ceux qui, par leur fureur séditieuse, ont rompu la paix du Seigneur. ...

Ce fléau, ô mes frères très fidèles, remonte à des temps antérieurs; mais aujourd'hui ce mal funeste, désastreux, s'est aggravé; ]a perversité hérétique, le poison des schismes se développe, pullule, pour notre perte. Il fallait qu'il en fût ainsi vers la fin des temps, selon le préavis et la prédiction que l'Esprit saint fait entendre par la bouche de l'Apôtre: «Aux derniers jours, il viendra des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, orgueilleux, gonflés d 'eux-mêmes, cupides, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, impies, sens affection, sans loyauté, délateurs, intempérants, cruels, n'aimant pas le bien, traîtres, insolents, enflés de vanités, amis des voluptés plus que de Dieu, affichant les dehors de la piété, mais en répudiant l'esprit. De ce nombre sont ceux qui s'insinuent dans les familles pour captiver des femmelettes chargées de

péchés, travaillées de désirs de toute sorte, qui toujours apprennent sans pouvoir arriver à la connaissance de la vérité. Pareils à Jannès et à Jambrès qui s'opposèrent à Moïse, de même ces hommes résistent à la vérité. Mais ils ne feront plus guère de progrès, car leur folie éclatera aux yeux de tous, comme celle de ces deux hommes-là». (2 Tim 3,1-9).

Toutes les prophéties s'accomplissent et, maintenant que la fin du siècle approche, se réalisent après l'épreuve simultanée des hommes et des temps. De plus en plus, par le redoublement de rage de l'Adversaire, l'erreur exerce sa duperie, la présomption gonfle les coeurs, la jalousie les enflamme, la cupidité les aveugle, l'impiété les déprave, l'orgueil les enfle, la discorde les exaspère, la colère les précipite.

Ne nous laissons pas troubler ni émouvoir par ce débordement impétueux de perfide; que notre foi soit fortifiée plutôt par la vérification des prophéties ..

saint Cyprien de Carthage
De l'Unité de l'Église catholique (§ 10,11,16)