Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 42

FÉVRIER 1992

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

SOMMAIRE

NOUVELLES

LE MONASTERE DE SOLOVKI

L'ICONOGRAPHIE BYZANTINE

SUR LES MYSTÈRES CACHÉS ET INEXPRIMABLES

SUR LA COMMÉMORATION DES DÉFUNTS

SAINTE MARIE MADELEINE

PROPHÉTIE DE MONSEIGNEUR THÉOPHANE

LES SCHISMES

TRÉSOR DE DAMASCENE : SUR LES ICONES


NOUVELLES 

A peine sorti le dernier numéro, je pouvais déjà donner à imprimer ce numéro-ci, grâce à l'ordinateur que nous avons pu acheter pour le foyer. Ainsi je peux soulager Catherine qui, jusqu'à présent, tapait les textes.

Mon voyage prévu en Grèce est finalement reporté aux calendes grecques.

L'article sur le schisme est publié à titre d'information pour les fidèles et d'autres lecteurs qui me questionnent parfois là-dessus. Je ne désire aucunement creuser d'avantage le fossé du schisme. C'est plutôt en informant sans passion et parti pris que les erreurs peuvent être corrigées et l'unité retrouvée.

Que Celui qui est venu chercher la brebis égarée, supplée à nos faiblesses et manquements. 

Hm. Cassien

Aime tout le monde et fuis tout le monde.

staretz Barnabas

LE MONASTERE DE SOLOVKI

 

(suite et fin)

 

Une Pâque extraordinaire

L'archevêque Hilarion était, depuis le sauvetage des cinq personnes de la débâcle, le maître officieux du camp. Bien sûr, la vie du camp était dirigée par la direction. Le commandant avait une admiration illimitée pour le prince de l'Église et la "Haute Commission" de Moscou ne manquait jamais, lors d'une visite, d'aller voir l'archevêque.

C'est ainsi qu'il arriva que Vladika Hilarion demanda la permission à la direction de célébrer la liturgie pascale pour le camp entier. Certes, dans un cas aussi extraordinaire, il fallait en faire un rapport à Moscou. La permission fut accordée, ne fut-ce que pour montrer à l'étranger combien on était tolérant en matière de religion. C'était un événement si extraordinaire que cela n'était même pas arrivé aux temps les plus sûrs de l'empire du Tsar. Au camp, il y avait plus de cinq cents membres du clergé, parmi lesquels il y avait dix-sept archevêques et évêques et deux cents prêtres.

Les internés du camp assumèrent l'organisation. Jusqu'alors, le musée était orné de magnifiques objets du culte. Il y avait abondance de tout le nécessaire.

On donna la permission d'emprunter au musée les icônes et les croix, les lustres et les veilleuses, les encensoirs, les calices et les disques.

On choisit les nappes d'autel et les saintes bannières brodées par les princesses impériales. Ils se rendirent compte qu'ils avaient oublié de demander la permission pour les vêtements liturgiques. Ils trouvèrent une solution discrète. Mon ancien camarade d'école, Volodia Bedrut, fils d'un médecin renommé à Moscou, était devenu le roi des voleurs et des cambrioleurs et fut puni pour cela de dix ans à Solovki. Aucune serrure ne lui résistait. Il s'introduisit de force dans la crypte de la cathédrale, força les malles dans lesquelles se trouvaient les ornements les plus précieux et pourvut les dix-sept évêques en chasubles et en mitres. Il s'y trouvait un vêtement du métropolite martyr Philarète Kolitchev qu'Ivan le Terrible avait banni à Solovki.

L'église débordait. En outre, plusieurs milliers d'internés se tenaient dans le cimetière. Des centaines chantaient dans le choeur de l'église, d'autres dehors. La tension intérieure était très forte. Chacun avait assisté à des offices liturgiques et, même s'il avait renié Dieu, au fond de l'âme de chacun, de pieuses images et de vieux souvenirs étaient encore incrustés.

La voix puissante de l'archevêque Hilarion retentit : "Christ est ressuscité ! Christ est ressuscité ! Christ est ressuscité !" Plusieurs milliers d'humiliés et d'opprimés entonnèrent en écho : "Il est vraiment ressuscité !"

L'espoir joyeux de la rémission des péchés, de la fin des souffrances inexprimables, et de la vie éternelle rayonnait dans chacun de ces misérables.

Des heures entières toute peine, tout désespoir, toute solitude et toute rancune furent oubliés. Les hommes se sentaient libres comme si les murs de la prison étaient tombés. Libérés par la mort du Christ, ils se sentaient frères. L'esprit est libre, ni chaîne ni cachot ne peuvent vraiment l'opprimer si intérieurement on ressent cette liberté.

"Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a terrassé la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie." Tout le monde, sans exception, même les gardiens chantèrent, captivés qu'ils étaient par la puissance de ces chants qui leur étaient familiers depuis leur enfance. Un espoir joyeux circulait dans leurs coeurs martyrisés.

Les peines, les douleurs, les maladies, l'emprisonnement subis par les hommes sont passagers. La vie dans la Lumière du Christ est infinie. Nous mourons, mais nous renaîtrons. Des cendres, le vieux monastère en ruines ressuscitera. Ressuscitera aussi la sainte Russie déshonorée, souillée, insultée, crucifiée pour les péchés du monde. A travers des souffrances incommensurables, comme incommensurable fut l'abîme de sa chute, elle se purifiera et rayonnera dans la lumière de la Vérité de Dieu.

La liturgie dura jusqu'à l'aube. Dans la matinée, tous les objets liturgiques retrouvèrent leur place dans le musée de l'athéisme et les ornements sacrés dans les malles de la crypte. Longtemps encore vibra cet événement extraordinaire de la Résurrection du Christ dans les coeurs des opprimés et des condamnés à mort. Quelque chose avait brisé en eux la colère, la haine, le désespoir, la rancune. Un sentiment divin et humain ruisselait dans leurs âmes meurtries et les ouvrait à la Lumière du Christ.

 

Voici la loi des brebis spirituelles : n'avoir jamais besoin de la voix qui retentit en dehors de l'Église et, comme le dit le Seigneur, ne pas écouter une voix étrangère.

saint Grégoire de Nysse

L'ICONOGRAPHIE BYZANTINE

(suite)

 

L'icône, porteuse de grâce, représentant des personnes et des faits, a en plus un rôle didactique et pédagogique à accomplir. Elle enseigne au même titre que l'Écriture. "Ce que le récit raconte, la peinture, d'une façon muette, par imitation le montre", dit saint Jean Damascène en répétant ce que le grand Basile déjà disait. L'icône et la parole correspondent à deux manières de percevoir : la vue et l'ouïe. La parole d'ailleurs, écrite ou proférée, rejoint, par l'image qu'elle provoque en nous, l'icône qui nous montre directement, spontanément, cette image.

L'icône a aussi l'avantage d'enseigner les illettrés, c'est le livre pour les illettrés, de même bien sûr que pour les lettrés. Son champ d'action est donc plus vaste. De même ce qu'on voit avec les yeux a plus d'effet que ce qu'on entend avec ses oreilles; c'est plus fort comme enseignement. L'icône exclut aussi l'ambiguïté car elle est immédiate, elle ne demande pas de réflexion. "Car souvent les doutes et les ambiguïtés naissent de la parole, et de là sans doute proviennent diverses pensées dans les âmes", dit saint Nicéphore.

Image et parole sont complémentaires comme démontrent les deux manières différentes pour exprimer, communiquer la même réalité, la réalité de notre foi. "L'icône sera donc un évangile", dit le même Nicéphore.

L'iconoclaste ou l'iconomaque qui rejette l'icône ampute donc l'enseignement de l'Église et ignore en même temps la Tradition sacrée qui depuis l'époque apostolique nous est transmise par l'écriture et l'iconographie.

L'auréole et la mandorle

L'auréole qui entoure la tête des saints symbolise la sainteté, la gloire dont le saint est revêtu. L'auréole ou nimbe s'est généralisé depuis le VIIe siècle, mais se voit déjà depuis le IVe siècle sur les icônes du Christ.

L'auréole fait un tout avec le saint et rayonne pour ainsi dire la grâce qui l'habite. Ce n'est pas quelque chose de rajouté qui plane au-dessus de sa tête comme sur les peintures occidentales, exprimant une grâce créée qui serait "parachutée", - mais l'énergie divine qui vivifie, tel le levain la pâte.

La forme de l'auréole est ronde sauf sur les icônes d'un saint qui vit encore dans la chair. Elle est ronde car le cercle symbolise la perfection, l'achèvement.

Dans le nimbe du Christ figure la croix avec l'inscription en grec : OWN ("Celui qui est") selon l'appellation que Dieu S'est donnée en apparaissant à Moïse dans le buisson ardent (Ex 3,14).

La mandorle qui, par contre, est toujours de forme ovale et entoure entièrement la silhouette du Christ ou de la Toute-Sainte, ajoutée au nimbe, signifie ainsi que leur sainteté est au-dessus de toute sainteté. C'est pour cela qu'on appelle aussi la Vierge Marie, "plus que sainte".

 

Voici la loi des brebis spirituelles : n'avoir jamais besoin de la voix qui retentit en dehors de l'Église et, comme le dit le Seigneur, ne pas écouter une voix étrangère.

Saint Grégoire de Nysse

SUR LES MYSTÈRES CACHÉS ET INEXPRIMABLES
SUR LA COMMÉMORATION DES DÉFUNTS

 

de saint Macaire l'Égyptien

 

Un jour que l'abba Macaire marchait dans le désert, il fut suivi par un ange du Seigneur qui lui dit : "Bénis, père saint !" Le saint vieillard pensant qu'il s'agissait d'un moine du désert lui répondit : "Que Dieu te pardonne, mon enfant !"

Ayant marché un peu ensemble, l'abba considéra l'apparence de son compagnon et lui dit : "En te regardant, mon enfant, je suis étonné et je me dis que peut-être tu n'es pas un homme et, je t'adjure par Dieu de me dire la vérité." L'ange lui fit une métanie et dit : "Bénis père ! Comme tu le vois, je ne suis pas un homme mais un ange et je suis venu t'enseigner les mystères que tu ne connais pas et que tu désires apprendre. Questionne-moi sur ce que tu veux savoir et je te répondrai."

L'ancien fit à son tour une métanie à l'ange, disant : "Je Te remercie, Seigneur, de m'avoir envoyé un guide pour m'apprendre les mystères secrets et indicibles que je ne connais pas et que je désire connaître." L'ange reprit : "Questionne-moi, père !" L'ancien questionna : "Dis-moi, saint ange, est-ce que les défunts se reconnaissent entre eux dans le monde éternel ?" "Écoute, père saint, lui dit l'ange. Comme dans ce monde les hommes se couchent le soir et qu'en se levant le matin suivant ils reconnaissent les hommes d'hier, qu'ils se saluent et parlent ensemble, la même chose se produit dans l'autre monde. Ils se reconnaissent les uns les autres et conversent. Comme quelqu'un qui se rendrait au marché et verrait des hommes distingués et des pauvres et demanderait qui sont les uns et les autres et, en questionnant saurait qui sont même ceux qu'il n'a jamais vus, de cette manière cela se passe aussi là-bas mais seulement pour les justes, car les pécheurs sont privés aussi de cela."

Le saint vieillard dit encore : "Dis-moi, je te prie. Que se passe-t-il lorsque l'âme se sépare du corps, et pourquoi on célèbre des offices pour commémorer les défunts ?" "Écoute, dit l'ange à nouveau. Après que l'âme s'est séparée du corps, le troisième jour les anges la prennent et la montent au ciel pour qu'elle se prosterne devant le Seigneur Jésus Christ et L'adore. De la terre jusqu'au ciel il y a une échelle dont chacun des échelons est occupé par un bataillon de démons, lesquels sont appelés douanes, et qui réclament cette âme en montrant aux anges les manuscrits sur lesquels figurent ses fautes et les rappellent en disant : "Tel mois et tel jour, cette âme a fait ceci : elle a volé, elle s'est livrée à la prostitution, elle a commis l'adultère, elle a menti, elle a incité d'autres à pécher ; et tout autre mal qu'elle a fait. Ils montrent tout aux anges. A leur tour, les anges montrent tout le bien qu'a fait l'âme : charité, prières, liturgies, jeûnes, et tout autre bien. Les anges et les démons font alors la balance et si le bien se trouve supérieur, les anges s'emparent de l'âme avec grande joie et montent sur l'autre échelon tandis que les démons grincent des dents comme des chiens sauvages et se précipitent pour arracher aux anges cette âme pitoyable. L'âme, quant à elle, est très effrayée et se réfugie contre les anges.

Ensuite, a lieu un grand conciliabule et un énorme vacarme jusqu'à ce que les anges parviennent à délivrer la pauvre âme des mains des démons. Puis, ils s'en vont à l'échelon suivant où se trouve un barrage plus redoutable et plus cruel. Là encore, il y a sommation et grand tapage pour s'emparer de la malheureuse âme. Les démons l'accusent en disant : "Où vas-tu ? N'est-ce pas toi qui t'es prostituée et a souillé le saint baptême ? N'est-ce pas toi qui a souillé le schème angélique ? Où vas-tu maintenant ? Retourne en arrière ! Reviens vers le bas dans le sombre enfer !"

Alors, si cette âme est condamnée, les malins démons l'emportent au-dessous de la terre dans un lieu sombre et lamentable, et malheur à cette âme. Il aurait été préférable qu'elle ne soit pas venue à l'existence !

Si l'âme est trouvée pure et sans péché, elle arrive au ciel dans une grande joie. Là, viennent à sa rencontre les anges avec des flambeaux et de l'encens. Ils l'embrassent et l'accompagnent jusqu'au trône du Seigneur où l'âme se prosterne devant le Christ notre Dieu. Puis, elle voit les choeurs des saints apôtres, des saints martyrs, des saints pères, les neuf armées des saints anges, cette splendeur inexprimable, et entend la mélodie angélique.

Tu as demandé pourquoi il y a des offices pour les défunts. Voici : après trois jours, l'âme va se prosterner devant Dieu. Pour cela, nous faisons comme une corbeille que nous adressons au Seigneur pour cette âme. Après qu'elle a adoré Dieu, les anges la ramènent sur la terre et lui font visiter les lieux où elle a vécu et lui rappellent ses oeuvres bonnes et mauvaises lui disant : "Ici tu as volé. Là, tu as tué. Ici tu as blasphémé. Là tu t'es enivrée," etc. De même pour le bien : "Là tu as fait la charité. Ici tu as jeûné. Ici tu t'es repentie. Là tu as prié etc." Et cela, jusqu'au neuvième jour. Le neuvième jour, comme pour le troisième, ils s'en retournent devant le trône de Dieu. Les prières, offices pour les défunts, nous les adressons au Seigneur en souvenir du défunt afin que Dieu accueille son âme. Les actes de charité, les liturgies et prières que nous pouvons faire pour les défunts sont d'un grand profit pour l'âme et peuvent la sauver de l'enfer.

Après la seconde adoration les anges reprennent à nouveau l'âme et lui montrent cette fois : le paradis, le "Sein d'Abraham", les "Tentes", et le "Repos des justes". Lorsqu'elle voit cette joie inexprimable, l'âme est heureuse et prie les anges de la laisser en ce lieu avec les justes. Ensuite on lui montre aussi les châtiments des pécheurs lui disant : "C'est cela : le "Fleuve de Feu". Ceci est le "Ver qui ne dort pas". Voilà les "Ténèbres extérieures" et voilà le "Grincement des dents". Et ainsi, tous les châtiments des pécheurs. Il n'est pas, père saint, de châtiment plus terrible que celui du débauché et du voleur ; plus encore s'il s'agit du clergé.

Après qu'elle eût pris connaissance de toutes ces choses, l'âme est conduite à nouveau le quarantième jour devant le trône du Seigneur où, cette fois, elle va connaître le lieu qui lui a été attribué par Dieu, selon les oeuvres qu'elle a accomplies durant sa vie dans le monde. Elle y demeurera jusqu'au jour de la Résurrection où son corps ressuscitera pour recevoir selon ses oeuvres."

L'ancien soupirant et pleurant amèrement dit : "Malheur au jour où est né cet homme !" L'ange dit : "Oui, vénérable père, pour le pécheur. Mais, pour le juste, bienheureux le jour et l'heure de sa naissance."

Le saint dit encore : "Je te prie, dis-moi : est-ce que le châtiment du pécheur peut être adouci et peut-il se terminer un jour ?" L'ange répondit : "Non, père saint. Ni la félicité des justes n'a de fin, ni les châtiments des pécheurs." Le saint vieillard questionna encore : "Je te prie, dis-moi : quels sont les saints qui sont les plus compatissants pour l'homme afin qu'il les prie d'intercéder pour lui ?" L'ange lui répondit : "Tous les saints ont beaucoup de compassion pour vous les hommes ; mais vous, ingrats et maladroits, vous les irritez contre vous. Les saints anges sont compatissants pour l'homme car c'est à travers le salut des hommes qu'ils ont pu connaître les merveilles de Dieu. Mais de tous, c'est la très sainte Mère de Dieu notre Souveraine qui est la plus miséricordieuse et compatissante pour le genre humain. Il faudrait, père saint, que son nom soit constamment sur les lèvres de l'homme ; mais ayant été trompé par le diable il est devenu ingrat. C'est à l'intercession et aux prières de la très sainte Mère de Dieu que le monde doit d'exister jusqu'à ce jour."

"Peux-tu me dire, saint ange, continua l'ancien, quel est le péché le plus grave ?" "Tout péché sépare l'homme de Dieu, dit l'ange. La rancune et le blasphème sont supérieurs aux autres car à eux seuls, ces péchés ont le pouvoir de faire tomber l'homme dans les profondeurs de l'enfer." Saint Macaire dit ensuite : "Quel est le péché qui déplaît le plus à Dieu ?" L'ange donna cette réponse : "L'orgueil qui, à lui seul, a perdu le monde entier. A cause de lui, Adam le premier homme a été chassé du paradis. Par lui, le premier des anges est devenu démon. Si l'homme tombe dans cette passion, il lui sera difficile de s'en sortir." L'ancien poursuivit : "Quels sont les hommes qui reçoivent les plus grands châtiments ?" "Je t'ai dit : le débauché et le blasphémateur. Mais j'ajoute aussi cela : il existe en-dessous de tous les châtiments un châtiment terrible qu'on appelle "obscurité". C'est là que sont punis les prêtres et les moines qui sont tombés dans la débauche. Car, vénérable père, l'armée des anges déchus doit être renouvelée et ce sont les bons prêtres, moines et moniales, qui vont la reconstituer et ils recevront de grands honneurs. Voilà pourquoi les mauvais d'entre eux seront rejetés et damnés pour leur indignité ainsi que ceux qui transgressent les saintes lois et en acceptent d'illégales pour des raisons matérielles."

Abba Macaire questionna encore : "Dis-moi, je te prie, encore ceci : y a-t-il un châtiment réservé à ceux qui ne respectent pas le saint dimanche ?" "Malheur à ceux qui méprisent le saint jour ! Car le dimanche représente le Christ, et ceux qui honorent la fête des saints, obtiennent leur soutien car le Seigneur écoute la prière des saints. Mais les hommes ont perdu toute crainte envers Dieu, et n'ont plus ni Dieu ni les saints pour amis. Ils se sont attachés seulement aux choses périssables du monde, et malheur à eux ! Sache que tout homme, qu'il soit prêtre, moine ou laïc, ne vénérant pas le dimanche saint, ne verra pas la Face de Dieu et n'aura aucun espoir de salut.

A présent, vénérable père, il est l'heure pour moi de retourner au ciel pour participer aux louanges de mon Seigneur. Si tu as encore quelque chose à me demander, fais-le."

A ces paroles, l'ancien soupira et pleura amèrement disant : "Malheur à nous ! Voici que le bon serviteur de mon Seigneur, ange immatériel et sans péché, se presse pour aller glorifier le Seigneur, et nous, pécheurs, nous ne nous préoccupons de rien et dédaignons notre salut !" Et il poursuivit : "Peux-tu me dire quelle est la prière que doit dire le moine ?" "Les psaumes de David pour l'homme instruit, dit l'ange. S'il ne l'est pas, qu'il dise : "Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur." Cette prière est la plus forte. Beaucoup d'hommes instruits n'ont gardé qu'elle seule et ont été sauvés. Tout le monde peut l'avoir en mémoire : hommes, femmes et enfants, moines et moniales, instruits ou non.

Que celui qui veut être sauvé la récite jour et nuit, que ce soit chez lui ou dehors, debout ou assis, en marchant ou en travaillant. Qu'il garde cette prière avec ferveur car elle a le pouvoir de sauver celui qui veut l'être." Et le saint ancien ajouta : "Puisque tu es venu m'enseigner, moi pécheur, je t'en prie, dis-moi : s'il se trouve qu'un homme pécheur enseigne à un autre homme le bien et l'arrache du péché, aura-t-il quelque récompense ?" "Celui qui aura fait cela, dit l'ange, aura contribué à son salut et aura retiré une âme de l'enfer. De même que celui qui aura conseillé à un autre le mal, sera non seulement responsable de sa perte, mais il aura remis lui-même son âme au diable. Il n'y a pas de pire péché que d'influencer autrui à faire le mal." Saint Macaire fit cette autre demande : "Jusqu'à présent, les saints ont été nombreux sur cette terre. En sera-t-il ainsi jusqu'à la fin des temps ?" Et l'ange répondit : "Jusqu'à la fin du monde il ne manquera ni de justes, ni de prophètes du Seigneur, ni non plus de serviteurs de Satan. Toutefois en ce temps, tous ceux qui oeuvreront pour le Seigneur dans la vérité et l'humilité, se trouveront plus grands dans le royaume de Dieu que ceux qui avant eux auront accompli des miracles ; car, en leur temps, il n'y aura pas de miracles pour raviver leur foi et les aider à lutter avec zèle et empressement. Et ce seront eux, totalement inexpérimentés, sans connaissance d'aucune science de la vertu, qui guideront l'humanité. Ils seront scandale pour le monde et non admirés comme des modèles à suivre car l'humanité sera tombée dans la gourmandise, l'avarice et l'orgueil. Ainsi donc, la vertu sera négligée davantage car en ce temps régnera l'amour de l'argent et malheur à ceux qui se réjouiront de posséder des fortunes ! Ils seront une insulte pour le Seigneur Dieu et ne pourront pas voir la Face du Dieu Vivant !"

Après tout cela l'ange inclina la tête devant l'abba Macaire et lui dit : "Bénis, père saint, pardonne-moi !" L'ancien se prosternant devant le saint ange répondit : "Va en paix servir la Sainte Trinité, et prie pour moi."

L'ange s'en retourna au ciel, tandis que l'abba Macaire, après avoir remercié Dieu, se rendit à sa cellule où il fit le récit de tout ce qu'il avait vu et entendu de l'ange à ses compagnons d'ascèse et aux frères, glorifiant et bénissant Dieu pour les siècles des siècles.

 


LE SCHISME DANS SA RÉALITÉ

 

Mon intention est de m'arrêter un peu sur le schisme comme tel, tout en prenant des exemples concrets, ce qui malgré moi m'amène à polémiquer. Dieu sait pourtant combien je fais mienne la prière dans la Liturgie de saint Basile : "Fais cesser les schismes, ╔hâte-toi de mettre fin aux révoltes des hérésies, par la Puissance de ton Esprit saint."

"Schisme" est un mot qui vient du grec et qui veut dire séparation. De là vient d'ailleurs le mot à la mode : schizophrène. Dans le langage de l'Église on parle d'un schisme quand une partie des fidèles quitte le sein de l'Église, ou quand à l'intérieur de l'Église quelques fidèles se divisent pour des motifs qui ne touchent pas directement à la foi. Cela fut le cas par exemple entre le patriarche Taraise et les moines studites. Dans ce cas les deux groupes restent dans l'Église tout en étant en désaccord sur l'application des canons et de l'économie. Quand, pourtant, un schisme se crée comme en 1924 avec l'introduction du calendrier papal, alors c'est une fraction de fidèles qui quitte l'Église avec sa hiérarchie. Car à ce moment-là, il ne s'agissait nullement d'une économie comme durant le siècle précédent, pendant lequel l'Église russe permettait par exemple à la mission niponne d'employer un autre calendrier pour un besoin missionnaire, mais d'une corruption qui allait à l'encontre des décisions conciliaires. Il y a donc le schisme qui est coupure avec l'Église, et le schisme à l'intérieur de l'Église qui ne fait que diviser les membres entre eux.

Arrêtons-nous d'abord sur le schisme qui signifie séparation d'avec l'Église et prenons comme exemple le schisme de 1924 pour mieux l'illustrer. Quand, en 1920, la décision fut prise de changer le calendrier et autres choses, le schisme commençait de germer. Mais ce n'est qu'en 1924, quand le changement officieux devint réalité, que le schisme fut consommé. C'est à partir de l'instant où ce ne fut plus le 12 mars mais, tout d'un coup, le 25 mars, - l'Annonciation -, que les auteurs du changement se mirent en dehors de l'Église en créant l'Église néo-calendariste.

Allons un peu plus loin ! Il ne faut pas maintenant confondre fidèles, sacrements, hiérarchie, etc. Les fidèles qui n'ont pris connaissance du schisme que par la suite ne furent pas tout de suite privés de la Grâce divine, mais celui qui resta dans le schisme perdit peu à peu (c'est ici que l'on peut employer le terme de "virtuellement") la foi orthodoxe et la grâce selon sa prise de conscience. C'est pour cela que nous nous contentons de recevoir les néo-calendaristes baptisés avant 1924 par une simple confession de foi, car l'Esprit saint reçu par le baptême et les autres sacrements ne les a pas encore entièrement quittés. Il en est autrement pour la hiérarchie schismatique et ses sacrements. Ses sacrements et sa hiérarchie sont stériles et dépourvus de la grâce sanctifiante, étant en dehors de l'Église. "Car c'est approuver le baptême des hérétiques et des schismatiques que de reconnaître comme baptisés ceux qui l'ont reçu d'eux, il ne peut en effet être partiellement valide: si l'hérétique a pu conférer le baptême, il fut aussi capable de donner le saint Esprit; s'il ne peut pas le donner, puisqu'il n'a pas l'Esprit saint, étant en dehors de l'Église, il ne peut non plus baptiser, puisqu'il n'y a qu'un seul baptême, qu'un seul saint Esprit et qu'une seule Église, fondée sur Pierre l'apôtre par le Christ notre Seigneur qui affirme ainsi dès le début son unicité. C'est pourquoi tout ce qu'ils accomplissent étant faux et vide de toute grâce, est aussi invalide; car rien ne peut être agréé et agréable à Dieu╔" (Canon de saint Cyprien, Lettre Synodique).

Voyons cela plus concrètement encore. Si l'on prétend que, virtuellement, les sacrements néo-calendaristes étaient encore valides en 1930 par exemple, qu'est-ce que cela veut dire ? Que leurs prêtres remettaient "virtuellement" les péchés lors de la confession ? Que la sainte communion était encore le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, ou bien qu'elle sentait déjà la pourriture ? Que leurs évêques pouvaient encore consacrer des prêtres et des évêques et continuer ainsi la fameuse succession apostolique, ou qu'ils ne le pouvaient plus ? C'est un peu, il me semble, comme l'histoire de cette femme qui était "un peu" enceinte.

Une ecclésiologie de ce genre, floue et mouvante, n'a rien de commun avec l'ecclésiologie de l'Église, qui est claire et irréfutable.

 

Hm. Cassien

 

Ces lignes furent écrites en réponse à ce que Kalomiros dit dans: "Ecclésiologie". Voici son texte :

"Que ne soient pas scandalisés ceux qui nous entendent dire, d'une part, que les néo-calendaristes sont hérétiques et, de l'autre, qu'il y avait chez eux la Grâce des sacrements, Grâce qui devait se retirer au fur et à mesure que la maladie s'aggravait, les plongeant de plus en plus dans l'hérésie; qu'ils ne considèrent pas non plus comme contradictoires les affirmations des anciens-calendaristes, qui, en 1937, admettaient la présence de la Grâce dans l'Église néo-calendariste et, en 1950, la niaient╔"

 

L'encyclique suivante montre bien le louvoiement des auxentiens (floriniens) depuis le schisme de 1937. C'est une bonne chose de confesser (au moins en théorie) que les sacrements des nouveau-calendaristes sont dépourvus de grâce, au lieu de dire, comme depuis 1937, qu'ils sont virtuellement valables. Il ne suffit pas, malheureusement, de revenir seulement à la confession commune de 1935, mais il faut aussi rejoindre les orthodoxes qui n'ont jamais abandonné cette confession.

 

Profession de foi florinienne de 1950 :

 

ENCYCLIQUE N° 13 DU 26 MAI 1950

 

Aux révérends prêtres de notre sainte Église des V.C.O. de Grèce.

 

Enfants bien-aimés dans le Seigneur.

 

Grâce à vous, paix de Dieu et de nous, prière et bénédiction.

 

Le saint Synode de notre très sainte Église, eu égard à certains renseignements, selon lesquels certains de nos révérends prêtres négligent l'accomplissement de leurs devoirs sur la base des saints canons et de la profession de foi que nous avons produite l'an de grâce 1935, est amené à leur rappeler tout ce qui suit :

L'an de grâce 1935, nous avons proclamé schismatique l'Église des innovateurs nouveau-calendaristes, et nous répétons à nouveau cette proclamation, et, par conséquent, nous prescrivons l'application du premier canon de saint Basile le Grand, étant donné que les mystères célébrés par les nouveau-calendaristes, - ces derniers étant schismatiques -, sont privés de la grâce sanctifiante.

Ainsi, vous ne devez recevoir aucun nouveau-calendariste au sein de notre sainte Église, et par conséquent ne desservir aucun d'eux sans profession de foi préalable, par laquelle il condamne l'innovation des nouveau-calendaristes et proclame leur Église schismatique. S'il s'agit de baptisés par les innovateurs, qu'ils soient chrismés par le saint chrême de provenance orthodoxe, lequel se trouve chez nous en abondance.

A cette occasion, nous adressons à tous les V.C.O. un extrême appel, les appelant paternellement à entrer en union avec nous, laquelle union est imposée par l'intérêt de notre sainte lutte pour la piété ancestrale et constitue le désir ardent de nous tous.

En vous y invitant, nous mettons un terme aux scandales causés par notre faute, et pour cela, nous révoquons et dénonçons tout ce qui, depuis 1937 jusqu'à nos jours a été écrit ou dit par nous, par prédications, éclaircissements, publications et encycliques, se heurtant et s'opposant aux principes de l'Église orthodoxe orientale du Christ et de notre lutte livrée pour l'Orthodoxie, laquelle publication est stipulée dans l'encyclique publiée par notre saint Synode en 1935, sans aucun ajout ni retrait, de même que le terme technique de "puissance et acte".

Nous déclarons cela une dernière fois, à cause du scandale des chrétiens, dont nous désirons le salut, et par la même occasion, nous proclamons que nous devons tous garder intègre notre profession de foi produite en 1935, jusqu'à la fin de notre vie, demandant la Miséricorde de Dieu pour toute déviation.

Tenons-nous donc ferme.

Avec prières ardentes,

le saint Synode :

Le président
+ Chrysostome de (ex) Florina
Les membres

+ Germain de Cyclades.

+ Christophe de Christianopoulos.

+ Polycarpe de Diaulée.

Il n'y a maintenant qu'un seul crime qui soit sévèrement puni : la scrupuleuse fidélité aux traditions des pères.

Saint Basile le Grand. (Lettre aux Évêques d'Italie et de Gaule)

SAINTE MARIE MADELEINE

Elle est née dans la petite ville de Magdala en Palestine, vers le milieu du règne monarchique de l'empereur Octave, dans les mêmes années que la Mère de notre Seigneur.

Ses parents, très riches, étaient syriens d'origine, mais juifs par la foi.

Après la mort de ses parents survenue lorsqu'elle avait à peine dix ans, elle acquit en quelques années une grande connaissance des livres de la loi mosaïque : l'Ancien Testament, tous les prophètes et les Psaumes de David. Elle priait et jeûnait constamment.

Le démon eut très peur en voyant chez Marie Madeleine tant de perfection et de grâce, craignant que par elle ne s'accomplisse le grand mystère de l'incarnation du Sauveur du monde annoncé par le prophète Isaïe.

Voilà pourquoi il lui fit une guerre terrible, puisque les démons qui l'assaillirent - et que le Seigneur chassa après que Marie Madeleine se fut rendue près de Lui, L'ayant entendu prêcher lors du miracle de la multiplication des pains -, étaient au nombre de sept.

Le moine qui, dans l'humilité, parle d'une voix douce, tirera des larmes même d'un coeur de pierre.

Prends patience, moine, car bref est le labeur de la patience, et sans fin les siècles du repos.
abba Hyperéchios

PROPHÉTIE DE MONSEIGNEUR THÉOPHANE,

ARCHEVEQUE DE POLTAVA ET DE PEREIASLAV

(1874-1940)

- "Le Seigneur fera grâce à la Russie à cause du petit troupeau de fidèles qui se sera maintenu.

"En Russie, la monarchie sera restaurée, le pouvoir autocrate sera rétabli par la volonté du peuple. Le Seigneur a déjà élu le futur Tsar. Ce sera un homme à la foi fervente, à l'intelligence brillante, et d'une volonté de fer.

"En premier lieu, il rétablira l'ordre au sein de l'Église orthodoxe, en renvoyant les mauvais évêques, les tièdes et les hérésiarques. Et beaucoup, beaucoup seront renvoyés, presque tous, tandis que de nouveaux évêques, des vrais, à la foi inébranlable, seront établis à leur place╔ Le Tsar prêtera une attention toute particulière à la Sibérie, qui sera métamorphosée╔"

- "Et sait-on qui il sera ? Appartient-il à la maison des Romanov ?"

- "Non, il n'appartiendra pas à la maison des Romanov, mais il lui sera apparenté par les femmes."

- "Et quel sera le sort ultérieur de la Russie ?"

- "La Russie sera un état puissant, mais seulement pour "une brève période". Puis, ce sera l'avènement de l'Antichrist dans le monde, avec toutes les souffrances des temps derniers décrits dans l'Apocalypse╔"

L'âme qui souffre est proche de Dieu. saint Grégoire le Théologien

LES SCHISMES

 

"La simple et vraie entente, et l'unité d'esprit font l'Église; le schisme, lui, naît de la rupture du lien et du déchirement des sentiments de paix; il est nourri par l'envie, renforcé par les querelles et les oppositions d'où, ayant abandonné l'Église-Mère, les enfants impies sortent d'elle et se séparent de la racine de la mère". (Dosithée, Dodecavivlos).

 

L'introduction du nouveau calendrier en 1924, cause du schisme dans l'Église orthodoxe

Comme on le sait, avec le nouveau-calendarisme maudit du pape de Rome, - que les francs-maçons Mélétios Metaxakis et l'archevêque d'Athènes Chrysostome Papadoulos, avec la contribution de la dictature politique ont appliqué en Grèce en 1924 -, s'est créé un schisme entre les chrétiens orthodoxes jusqu'alors unis.

 

Les V.C.O. (Vrais Chrétiens orthodoxes)

Ce nouveau-calendarisme des sionistes et des francs-maçons de 1924, beaucoup de chrétiens orthodoxes, ceux qui aiment Dieu et veulent le salut de leur âme, l'ont refusé. Ceux-ci, non seulement n'ont pas suivi le changement du calendrier, mais au contraire, pour l'amour de l'Orthodoxie, ont résisté vigoureusement avec peines et sacrifices, avec des exils et des emprisonnements, portant l'outrage du Christ, injuriés par les termes de "vieux-calendaristes". Cette lutte de résistance continue et ne cessera pas, jusqu'à ce que nos frères nouveau-calendaristes qui se trouvent loin de l'Orthodoxie reviennent d'où ils sont sortis.

Ayant pour fondement les saints canons et le droit ecclésiastique, les V.C.O. ont coupé toute relation ecclésiastique, depuis 1924, avec les nouveau-calendaristes schismatiques et oecuménistes, et n'ont, ni n'acceptent aucune communion in sacris avec eux. En ce qui concerne ceux qui reviennent du nouveau-calendarisme à l'Orthodoxie, ils sont reçus, selon les saints canons, avec premièrement une confession de foi, deuxièmement le saint chrême, et troisièmement, s'il s'agit du clergé, la chirothésie.

La guerre

Récemment, certains nouveau-calendaristes ont lancé une vive accusation contre les V.C.O., par des prédications et des émissions radiophoniques, avec comme reproche fondamental le fait qu'il existe des groupes parmi les anciens-calendaristes. Le but de cette polémique est, d'une part, de frapper l'Église du Christ, et d'autre part, d'endormir les consciences éveillées des fidèles qui ressentent la trahison de leurs "bergers", et s'inquiètent. D'ailleurs, les nombreux groupes qui existent chez les anciens-calendaristes, ont été créés par les nouveau-calendaristes eux-mêmes, selon la formule : "divise et règne".

C'est justement pour cela que ces choses sont écrites, dans le but d'indiquer les raisons de la division et principalement son origine et ses provocateurs. Nous espérons que, quand les fautes seront reconnues et le degré du mal discerné, ils se corrigeront. Avec la correction de ces fautes, l'accord, l'entente et l'union désirés par tous reviendront, avec l'Aide de Dieu, comme au temps où nous étions unis, avant 1937, année où ont eu lieu les premiers scandales et le premier schisme des V.C.O. Ce premier schisme de 1937 est la racine de multiples schismes d'aujourd'hui, et c'est elle qui les entretient et les nourrit. Si nous la coupons, celle-ci se desséchera et ceux-là disparaîtront.

 

L'enseignement moderne de 1937, cause du schisme

Le nouveau-calendarisme vient bouleverser et fausser l'unité et le saint ordre de l'Église orthodoxe des V.C.O. (1924-1937), à travers les évêques alors anciens-calendaristes exilés (1937) Chrysostome de Florine, et Germain de Dimitriade.

Ces évêques, pendant leur exil, ont été invités par les nouveau-calendaristes à une illusion nouvelle, qui dit que le nouveau-calendarisme, imposé par les francs-maçons en 1924, est une hérésie nouvellement apparue et, de ce fait, n'a pas encore été condamné par un concile pan-orthodoxe. Par conséquent, nous pouvons (prétendent-ils) être en communion spirituelle avec eux car leurs clercs sont encore canoniques, ils possèdent la succession apostolique et des sacrements valides.

Après avoir invité les deux évêques à leur illusion, les nouveaux calendaristes les ont rappelés de l'exil en leur faisant grâce du reste de leur peine (quatre ans et demi environ; ils avaient été condamnés à 5 ans d'exil).

Remis en liberté, ces évêques ont aussitôt publié une encyclique qui disait que les membres du clergé nouveau-calendariste étaient condamnés parce qu'ils avaient accepté le calendrier du Pape, mais seulement "en puissance", et non "en acte", car aucun concile ne les avaient encore condamnés. Ce qui signifie : les évêques nouveau-calendaristes sont canoniques jusqu'à ce qu'un concile pan-orthodoxe en décide autrement. Cependant, le thème du nouveau calendrier n'est pas du tout nouveau, mais ancien, et condamné déjà par quatre conciles pan-orthodoxes, en 1583, 1587, 1593, et 1848.

Se basant sur cet enseignement moderne, l'un des deux évêques anciens-calendaristes, Germain de Dimitriade est aussitôt retourné (en 1937) au nouveau calendrier, en mettant le premier en pratique tout ce qui avait été déclaré par l'encyclique, alors que Chrysostome de Florine, bien qu'il ait lui aussi signé la justification du nouveau-calendarisme, est resté avec l'ancien, tout en gardant l'enseignement hérétique cité plus haut (que les nouveau-calendaristes les ont obligés à mettre en pratique pour qu'ils puissent sortir de l'exil), avec le résultat d'entrer en querelle avec les orthodoxes, et principalement avec l'évêque Matthieu de Vresthène et l'évêque Germain des Cyclades, et ainsi de faire apparaître, dans l'année 1937, le premier schisme chez les V.C.O., ayant lieu pour des raisons de foi.

Cette prédication erronée et contraire aux saints canons (ou plutôt ces prédications) qui justifie entièrement le nouveau-calendarisme, et qui amena le schisme en 1937, fut annulée 13 ans plus tard (c'est-à-dire en 1950) par l'ex-évêque de Florine lui-même, avec une nouvelle encyclique disant ceci : "Nous mettons un terme aux scandales causés par notre faute". C'est-à-dire que par cette encyclique, il reconnaissait officiellement qu'il avait créé des scandales (mais "malheur à celui par qui le scandale arrive", dit l'évangile) depuis 1937 et après, et qu'il avait été la cause du schisme, mais il fut obligé de la retirer tout de suite après la mort de l'archevêque Matthieu de Vresthène.

Par conséquent, cette question se pose : pourquoi avoir attendu 13 ans pour dénoncer ces erreurs ? Mais voyons ce que dit l'encyclique un peu plus loin : "et pour cela, nous révoquons et dénonçons tout ce qui, depuis 1937 jusqu'à ce jour, a été écrit ou dit par nous, par prédications, éclaircissements, publications et encycliques, se heurtant et s'opposant aux principes de l'Église orthodoxe orientale du Christ et de notre lutte livrée pour l'Orthodoxie, laquelle prédication est stipulée dans l'encyclique publiée par notre Saint Synode en 1935, sans aucun ajout ni retrait, et de même [nous dénonçons l'utilisation] des termes techniques de "en puissance et en acte". C'est-à-dire que ces hommes, depuis 1937, date de leur libération de l'exil, ont beaucoup dit et écrit par des prédications, des publications dans les journaux, des explications, des éditions de différentes encycliques qui étaient en désaccord et s'opposaient aux principes et à la loi de l'Église orthodoxe du Christ et à la sainte lutte des V.C.O. ! Et après avoir renoncé à tout cela dans cette encyclique, ils conseillent et ordonnent à leurs groupes de garder exactement la prédication de l'encyclique de 1935, sans aucun ajout ni retrait. Ils annulent aussi et renoncent à l'utilisation des termes techniques de "en puissance et en acte", qui était la cause du schisme des V.C.O. et la reconnaissance officielle du nouveau-calendarisme.

Nous posons la question suivante : après l'annulation et le retrait de toutes les choses citées ci-dessus, de même que des termes de "en puissance et en acte", qui semble être le responsable du schisme des V.C.O. ? Qui a troublé l'unité des V.C.O. en 1937 ? Est-ce l'évêque Matthieu de Vresthène avec Germain des Cyclades qui sont restés fidèles à la prédication des années 1924-1935, ou l'ex-évêque de Florine et ses coopérateurs, qui ont écrit les blasphèmes "en désaccord et s'opposant aux principes et à la loi de l'Église orthodoxe", qu'ils annulent 13 ans plus tard ? (On notera que l'évêque Germain des Cyclades est parti en 1945, n'a plus secondé Monseigneur Matthieu de Vresthène, et a adhéré au schisme de l'ex-évêque de Florine). Qui est la cause du schisme : Monseigneur Matthieu qui n'a pas accepté ce qui était "en désaccord et opposé" à l'Église du Christ, ou l'ex-évêque de Florine qui l'a accepté, cru et prêché ?

 

La fin de l'évêque de Florine et des autres évêques

Voyons maintenant ce que sont devenus l'ex-évêque de Florine et les signataires de l'encyclique de 1950 par laquelle ils annulent les prédications citées plus haut. L'un d'eux a quitté cette vie peu de temps après, les deux autres ont rejoint le nouveau-calendarisme, d'où ils venaient, et où ils ont été reçus avec joie par les nouveau-calendaristes qui leur ont accordé leur siège épiscopal désiré et bien-aimé. Le dernier, l'ex-évêque de Florine a quitté lui aussi cette vie cinq ans après, en 1955, laissant derrière lui le schisme et ses partisans sans évêques. Nous demandons : après l'annulation des scandales qu'il a créés, et puisqu'il y avait trois autres évêques (à savoir Germain des Cyclades, de même que Christophe de Christiannoupolis et Polycarpe de Diaulie) pourquoi n'a-t-il pas ordonné d'autres évêques afin de laisser des successeurs dans son pitoyable troupeau ? Après ces annulations, pourquoi a-t-il présenté sa démission de ses devoirs, en temps que membre du clergé, comme l'ont présentée aussi les deux évêques ayant adhéré au nouveau-calendarisme ? Pourquoi ? Que cachait-il derrière tout cela ?

Les événements après la mort des quatre évêques

Après la mort de ces évêques et dans l'année 1961, l'un des archimandrites, Acace Papas, se rendit à la fin de sa vie en Amérique et se fit ordonner évêque par un nouveau-calendariste, le roumain Théophile Ionesco (qui plus tard nia sous serment d'avoir ordonné Acace) et par un évêque Russe Hors Frontières, Séraphin de Chicago. Voici exactement ce qu'écrit au sujet du sacre d'Acace le bulletin "Tradition Ecclésiastique" de mars-avril 1990, de l'archimandrite Euthyme Bardaca : "L'ordination de l'évêque d'Acace Papas d'éternelle mémoire par un évêque ancien-calendariste et un nouveau-calendariste de l'Église russe, bien que hors frontières, n'est pas privée de la succession apostolique, puisque les évêques qui l'ont accomplie étaient canoniques, ayant la succession apostolique (! ! !)" Qu'est-ce à dire ? L'évêque nouveau-calendariste qui a sacré Acace est canonique avec la succession apostolique ? Alors, pourquoi Séraphin d'Athènes et les autres évêques nouveau-calendaristes ne seraient-ils pas selon les canons ? Alors, pourquoi la déposition des évêques V.C.O. par les nouveau-calendaristes n'est-elle pas valide ? Si les évêques nouveau-calendaristes sont canoniques et ont la succession apostolique, alors, selon la logique, les responsables du schisme au sein de l'Église de Grèce sont les anciens-calendaristes (à Dieu ne plaise !), parce qu'ils se sont séparés de l'Église canonique.

Si un orthodoxe, évêque comme "l'ancien-calendariste" qui a ordonné Acace prie en communion ou célèbre un mystère (comme l'ordination d'Acace) avec un schismatique (comme l'évêque qui a ordonné Acace), les saints canons disent qu'il devient automatiquement schismatique ou hérétique, et par conséquent, il est exclu de l'Église, s'il ne se repent pas. Nous demandons : Cela n'est-il pas valable aussi bien pour le nouveau-calendariste, que pour l'ancien-calendariste, que pour l'ordonné Acace, que pour les Russes, et pour tous ceux qui les reconnaissent ?

Il est donc très clair qu'avec l'enseignement erroné et cacodoxe de l'ex-évêque de Florine, avec les termes "en puissance et en acte", deviennent acceptés par leurs groupes :

1) l'ordination d'Acace par un nouveau-calendariste et un ancien-calendariste

2) l'ordination d'évêque par un "ancien-calendariste", mais qui prie en commun même avec des cardinaux catholiques (Léonce du Chili qui a sacré Auxence, etc.)

3) les mystères célébrés par les nouveau-calendaristes, et

4) que les membres du clergé célèbrent impunément et sans remords de conscience les liturgies et d'autres mystères chez les nouveau-calendaristes.

 

Cette situation inacceptable éternise le schisme et exclut tout espoir d'union.

Les définitions et les saints canons

Afin que les causes et les pièges du schisme soient plus compréhensibles, nous devons insister sur les choses suivantes :

Les saints canons de notre Église ont été faits afin de juger et corriger les erreurs des membres du clergé à l'intérieur de l'Église, et non les schismatiques et les hérétiques qui sont à l'extérieur de l'Église. Pour eux, il existe les définitions conciliaires, et c'est avec celles-ci que sont jugés les membres du clergé hors de l'Église. Nous ne pouvons pas utiliser les définitions pour juger les fidèles de l'Église, ni nous servir des saints canons pour juger ceux qui sont hors de l'Église. (Comme, par exemple la patrie : si elle a des questions à examiner hors du pays, il existe les frontières, etc., et c'est par ces moyens qu'elle affronte les problèmes. Mais quand elle a à résoudre les problèmes des citoyens, des transgressions, des crimes, etc., elle utilise les tribunaux et les lois intérieurs).

Voici pourtant ce qu'a fait l'ex-évêque de Florine, en 1935, quand il est revenu avec ses deux évêques à l'ancien calendrier : il s'est servi des définitions conciliaires (ce qui est correct) et non des saints canons de l'Église, pour condamner le nouveau-calendarisme comme schisme, et il a dénoncé par libelle les membres du clergé comme étant privés de la Grâce divine, etc. (cf. son encyclique). Alors qu'en 1937, selon l'enseignement des modernistes, il s'est servi des saints canons (au lieu des définitions conciliaires comme il devait le faire) pour juger les nouveau-calendaristes hors de l'Église, en utilisant les termes de : "en puissance et en acte", ce qui a comme résultat le fait de les considérer comme des évêques canoniques ayant la succession apostolique ! C'est-à-dire qu'il a reçu, à travers l'esprit moderne, un sens erroné des définitions conciliaires et des saints canons, entre lesquels, nous venons de le voir, il existe une grande différence de nature et de domaine d'application (cf. aussi le Gouvernail de l'Église [Pedalion]).

Cette mauvaise interprétation des définitions et des canons par l'ex-évêque de Florine et les autres, a introduit et entretient le schisme chez les V.C.O. Les termes de "en puissance et en acte" de l'ex-évêque de Florine ne peuvent s'appliquer dans le cas des hérétiques et des schismatiques, mais ne peuvent se rapporter qu'à des problèmes internes de l'Église, lesquels ne se résolvent qu'avec les saints canons.

 

La solution au problème

Pour qu'ait lieu la solution du problème et que l'union des V.C.O. se fasse, il faut absolument que ces positions et ces actes cacodoxes qui ont provoqué la première séparation et le premier schisme soient reconnus par les contemporains, surtout compte tenu de la situation tragique et des bouleversements actuels du monde, et que toutes ces positions et ces actes soient déniés par tous, conformément à la loi et aux saints canons de l'Église.

Nous, nous sommes complètement en accord, et jamais nous n'avons dévié de tout ce qu'écrit l'encyclique publiée en 1935 par le Saint Synode des V.C.O. assemblé pour la première fois après 1924, à laquelle l'ex-évêque de Florine et ses trois évêques proposent à leurs partisans, par l'encyclique de 1950, de revenir, pour la garder non falsifiée et sans ajout ni retrait. Si l'accord de tous les V.C.O. se faisait sur le contenu de l'encyclique de 1935, qui date du temps où nous étions unis et où il n'y avait pas entre nous de schismes et de désaccord, l'union et la paix entre les fidèles se ferait immédiatement. Nous pensons que ce n'est pas une honte que de reconnaître ses erreurs. Au contraire, c'est une grande vertu, car la reconnaissance et la correction des fautes provient de la bienheureuse humilité. Le fait de rester dans le mal provient du malin et de l'égoïsme.

 

Les ordinations de Monseigneur Matthieu de Vresthène

Peut-être se posera-t-on des questions à propos des ordinations célébrées par l'évêque Matthieu en 1948. Nous répondons que celles-ci sont canoniques, qu'elles ont eu lieu au sein de l'Église orthodoxe et par un évêque orthodoxe et canonique; elles ont eu lieu en raison d'une nécessité urgente, car, une décennie plus tard, Monseigneur Matthieu quitta cette vie; elles ont eu lieu à la suite d'un commun accord et consentement du clergé et du peuple; elles ont eu lieu car il n'y avait pas d'autre évêque orthodoxe en Grèce.

Les ordinations d'évêque par un évêque sont canoniques et valides quand elles ont lieu en temps de nécessité ou de persécution, et qu'il n'y a pas, ou ne peut pas être présent, d'autre évêque pour assister à l'ordination. Les saints canons, quand ils mentionnent plusieurs, ou trois, ou au moins deux évêques pour l'ordination d'un évêque, parlent des périodes où il y a plusieurs évêques qui peuvent s'y rendre. Mais en cas de nécessité ou de persécutions, non seulement l'ordination d'un évêque par un seul évêque est permise, si le besoin le demande, mais il est impératif que cela se fasse, car si l'évêque néglige de sacrer seul et meurt, il est considéré comme traître selon le Pedalion.

L'Église, dans toutes les circonstances, en temps de paix et dans les persécutions, continue son oeuvre rédemptrice du salut des âmes. C'est pourquoi elle utilise tantôt l'acribie quand il y plusieurs membres du Synode, tantôt l'économie quand il n'y en a qu'un.

En conclusion nous dirons qu'il est nécessaire de savoir que celui qui cause le schisme, et les schismatiques, ne sont même pas sauvés par le sang du martyre, s'ils ne se repentent pas sincèrement. Voici ce que dit à propos de cela le Pedalion, en accord avec le 31e canon Apostolique : "Le fait de déchirer l'Église est un mal pire que de tomber dans l'hérésie; pas même le sang du martyre ne peut effacer le péché de la séparation de l'Église et de la division."

NOTE

Les ordinations d'évêques anti-canoniques.

Une ordination quelconque est considérée comme anti-canonique lorsque, d'autres évêques pouvant se rendre au sacre, le métropolite ne les invite pas à venir y assister, et qu'un évêque tout seul ordonne. D'ailleurs, même cette ordination est canonique, mais soumise au jugement du procès du Synode. C'est-à-dire que les évêques sacrés contre les canons sont déposés en vertu et non en acte, car ils n'ont pas encore été jugés par le Synode. Mais une fois jugés par le Synode, ils seront alors déposés "en acte", et leurs sacrements deviendront invalides. C'est dans ce cas qu'entrent en vigueur les termes "en puissance et en acte".

Voici ce qu'en dit le 9e canon du premier Concile oecuménique :

"Tous les ordonnés contre les canons et indignement, avant d'être déposés par un concile sont véritablement clercs, et ils se trompent grandement, les insensés qui disent que tous les clercs ordonnés anti-canoniquement sont déposés en acte..."

Père Amphiloque Tampouras

Les miracles ne sont pas un critère pour notre foi, car il y en a partout, même chez les cacodoxes. C'est la foi par contre qui est le critère pour les miracles, s'ils sont vrais ou faux.

hm. Cassien

TRÉSOR DE DAMASCENE : SUR LES ICONES
(chap. 25)

 

Les saintes icônes sont la représentation du Christ et des saints, et celui qui les vénère ne les souille pas, mais, au contraire, il s'illumine et se sanctifie davantage. C'est comme un homme qui, lorsqu'il a froid, plus il s'approche du feu et plus il se réchauffe, de même pour les saintes icônes, plus l'homme s'approche d'elles et plus il est illuminé par la grâce tes saints qui y sont peints.

Première icône : l'image du Christ qu'Il a remise Lui-même au peintre Ananias qui était allé vers Jésus de la part du roi Abgar d'Edesse.

Deuxième icône : les apôtres Pierre et Jean avaient construit une église dédiée à la Mère de Dieu (aux alentours de Jérusalem, à 18 milles, il y avait un fort nommé Lida, appelé plus tard Diospolis).

Ensuite ils allèrent trouver la Toute Sainte et la prièrent de se rendre avec eux à l'église pour la consacrer.

La Sainte Mère de Dieu leur dit de partir sans elle et qu'ils allaient la retrouver là-bas.

Quelle ne fut pas leur surprise, en pénétrant dans l'église, de voir la Toute Sainte peinte sur la colonne en marbre de droite. Après cela, la sainte Mère de Dieu vint elle-même, et lorsqu'elle vit son image, elle remercia son Fils.

Cette image existait jusqu'au règne de Julien l'Apostat qui, ayant appris qu'elle faisait des miracles, envoya des peintres juifs pour l'abîmer. Ils y allèrent, mais plus ils grattaient le marbre, plus le visage de la sainte Mère de Dieu apparaissait lumineux et ils ne purent rien faire.

L'apôtre Luc, qui était un très bon peintre - alors que la Toute Sainte vivait encore sur` terre - avait peint trois icônes à son nom et il alla les lui montrer. Lorsqu'elle les vit, la toute sainte Mère de Dieu dit, joyeuse :

"Que la grâce de mon Fils et la mienne soient avec elles."

Peu avant sa crucifixion, Jésus est monté au Mont des Oliviers pour prier, afin de nous montrer la façon de prier au moment de nos difficultés, et comme Il montait, son vénérable visage transpira. Il demanda à l'un de ses disciples un mouchoir pour s'essuyer et du fait de S'être essuyé seulement, son saint Visage s'est imprimé sur ce mouchoir qui, par la suite, fit de nombreux miracles.

Si tu estimes, en effet, que le manquement de ton prochain est tien, tu ne juges personne, tu ne condamnes personne, tu ne t'enfles contre personne, mais tu supportes tout par amour de Dieu. Sois donc bon, mon fils, car les bons s'établiront sur la terre et les saints y seront laissés. Et encore : "La charité fait le bien." "Soit donc sans malice et bon, pour voir la droiture. Ne sois pas sec comme les arbustes qui poussent sur les montagnes, mais flexible comme les roseaux qui poussent dans les eaux. Que ton visage exulte en Dieu et que ton coeur soit comme le feu envers le péché. Ne sois pas relâché, mais sois ferme en toute chose. Ne laisse pas ton coeur te dominer, mais domine ton coeur. Ne suis pas ton âme, mais que ton âme te suive. N'obéis pas à ton coeur, mais que ton coeur t'obéisse, pour que tu obéisses a Dieu.

abba Etienne de Thèbes