Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 36

NOVEMBRE 1989

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

Tel : 00 33 (0) 4 68 96 1372

SOMMAIRE

NOUVELLES

LE TRÉPAS DE MONSEIGNEUR LAZARE DE VRESCÈNE

SAINT SPYRIDON LE THAUMATURGE

DEUX FETES DE LA THÉOPHANIE EN GRECE ?

LA PUISSANCE DE LA FOI CHRÉTIENNE

RAISON PROVIDENTIELLE DE L'HÉRÉSIE

INTRODUCTION A L'ECCLÉSIOLOGIE ORTHODOXE


NOUVELLES

 

Telle l'année précédente, nous avons passé le mois de juillet au foyer un peu plus nombreux cette fois-ci car il y a eu en plus, Jean Dubuisson et sa famille. À cette occasion furent baptisées : Marie, la mère de Jean, son épouse Jacqueline et leurs quatre filles Sylvie, Lucie, Béatrice et Christine.

PHOTO DU BAPTEME

Après ma rentrée en Grèce, je restais encore un mois à Patras et comme prévu je fus finalement transféré ailleurs afin de céder la place au père Dimitri, le nouveau prêtre.Sur ma demande je suis maintenant installé au bureau de notre Synode à Athènes. Sans avoir une paroisse fixe, je sers dans les paroisses à l'entour,qui n'ont pas de prêtre. Cela me permets d'être plus libre afin de voyager en France et en Allemagne.

Peu après l'envoi de ce bulletin, je partirai en tournée pour l'Allemagne et la France, plaise a Dieu, de suite après la fête de l'Entrée de la Mère de Dieu au Temple.

votre en Christ hiéromoine Cassien

LE TRÉPAS DE MONSEIGNEUR LAZARE DE VRESCÈNE

Le 5 septembre 1989 s'est endormi dans le Seigneurs Mgr. Lazare évêque de Vrescène et higoumène du monastère de la Transfiguration à Kératéa. Il se distinguait par son humilité, sa simplicité et sa piété. Mémoire éternelle ! J'avais bien connu l'évêque Lazare puisque j'ai vécu une année et demi au monastère de Kératéa.

Sur la photo on voit le corps de Mgr.Lazare peu après son décès.

Voici le photo, prise lors de l'enterrement.

J'ai eu la consolation de visiter Mgr. Lazare quelques jours avant son départ dans un hôpital d'Athènes.

 

 

SAINT SPYRIDON LE THAUMATURGE,
évêque de Trimythonte
(fêté le 12 XII )

tiré du Synaxaire

 

Notre saint père Spyridon vivait dans l'île de Chypre, à l'aurore du quatrième siècle, et exerçait paisiblement la simple profession de berger. De moeurs rustiques et peu cultivé, il n'avait pourtant pas son pareil quant à l'amour de son prochain, quant à la douceur, à la délicatesse, à l'aumône, à l'hospitalité et à la pratique de toutes les vertus. Tel le patriarche Abraham, il accueillait avec empressement dans sa demeure tout homme qui s'y présentait, et il lui montrait la même sollicitude que si c'était le Christ Lui-même qui était venu lui rendre visite. Il n'y avait pas non plus de pauvre ou d'indigent qui ne trouvât chez lui quelque secours. Spyridon déposait son argent dans un coffre qu il laissait toujours ouvert, à la disposition de tous, et jamais il ne se souciait s'il était plein ou vide, ou si ceux qui y avaient puisé étaient dignes ou indignes de ses bienfaits. Vivant de manière chaste et pieuse dans le mariage, il obtint de Dieu une fille, Irène; mais, au bout de peu d'années, son épouse décéda. Alors dégagé des soucis de la chair, Spyridon ne se préoccupa plus que de progresser dans la vertu et de s'enrichir des dons éternels de la grâce.

Il acquit ainsi, sans le vouloir, une grande renommée dans l'île et, à la mort de l'évêque de la petite ville de Trimythonte, près de Salamine, les fidèles le désignèrent unanimement pour prendre sa place et devenir ainsi le pasteur du troupeau spirituel du Christ. Malgré cette dignité, l'humble berger n'abandonna rien de son mode de vie : il portait les mêmes pauvres vêtements, se déplaçait toujours à pied, aidait aux travaux des champs et continuait, comme auparavant, à garder son troupeau.

Une nuit, des maraudeurs pénétrèrent dans sa bergerie pour dérober des brebis; mais lorsqu'ils voulurent sortir avec leur butin, ils se sentirent comme liés et cloués sur place par une force invisible. Quand Spyridon les découvrit, au petit matin, pleins de honte, ils lui confessèrent leur forfait. Pris de compassion, le saint les délivra de leurs liens invisibles et les exhorta à vivre désormais honnêtement. Mais il ne les laissa pas partir sans leur faire don de deux moutons, en leur disant avec le sourire que c'était en compensation de la peine de cette veille nocturne.

Austère envers lui-même, Spyridon montrait toujours de la compassion pour ses frères et une grande condescendance à l'égard de leurs faiblesses. Pour soulager quelque voyageur, par exemple, il n'hésitait pas à rompre le jeûne. Comme le Christ, le bon Pasteur, il était toujours prêt à donner sa vie pour ses brebis spirituelles afin de les mener paître dans les pâturages de la grâce. Par sa douceur, son humilité et sa simplicité, il acquit une telle faveur auprès de Dieu qu'il accomplit d'innombrables miracles pour le salut et la consolation de son Église.

Lorsque l'île de Chypre fut affligée d'une terrible sécheresse, laissant présager les affres de la famine, saint Spyridon ouvrit les cieux grâce à sa prière, et il obtint de Dieu une pluie bienfaisante qui allait rendre à la terre sa fécondité. Comme certains riches avaient engrangé de grandes quantités de grains pour profiter de la pénurie et les revendre à des prix démesurés, l'ardent évêque fit s'effondrer leurs réserves par sa prière et distribua équitablement aux habitants les produits de la terre, délivrant, ainsi l'île de la disette.

Une autre fois, tel Moïse dans le désert (cf. Nombres 21, 8), il changea un serpent en or pour venir en aide à un pauvre homme. Puis, le secours opéré, il fit revenir la bête à son état normal, afin que la faveur divine ne devienne pas occasion d'avarice.

Toujours prompt à courir au secours des infortunés et s'étant un jour mis en route pour aller délivrer un condamné à mort, il arrêta le cours d'un torrent tumultueux, qui lui barrait le passage, et traversa son lit à pied sec.

Vivant dans le Christ par les saintes vertus et le Christ agissant en lui par le saint Esprit, Spyridon acquit aussi le pouvoir sur la mort elle-même. À la prière d'une pauvre femme barbare, il ramena à la vie le cadavre de son enfant qu'elle avait déposé à ses pieds. Quand sa fille Irène vint à mourir elle aussi, sans avoir eu le temps de révéler à une personne qui lui avait confié sa fortune l'endroit où elle l'avait cachée, le saint évêque se pencha au-dessus du tombeau et interrogea la défunte qui répondit aussitôt en indiquant où se trouvait le trésor. Ayant obtenu un tel miracle de Dieu, Spyridon repoussa pourtant tout souci de consolation humaine pour lui-même, et il ne demanda pas au Seigneur de ressusciter sa fille bien-aimée.

Sa vertu était si lumineuse qu'elle perçait comme l'éclair le secret des consciences et poussait les pécheurs à venir confesser leurs fautes et à commencer une vie de repentir. Comme cette femme qui, à l'exemple de la pécheresse de l'évangile, se jeta aux pieds de l'homme de Dieu, qui avait posé sur elle son regard compatissant, et les baigna de ses larmes en confessant ses péchés. Spyridon se pencha alors pour la relever et lui dit : «Tes péchés te sont pardonnés» (Luc 7,48), comme si c'était le Sauveur Lui-même qui parlait par sa bouche. Puis il la renvoya en paix, en se réjouissant comme le bon pasteur qui a retrouvé la brebis égarée et qui convoque ses amis et voisins en disant : «Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvée la brebis qui était perdue» (Luc 15,6).

Ignorant de la science humaine, mais riche des dons de clairvoyance et de prophétie, l'évêque de Trimythonte avait également une connaissance profonde des saintes Écritures, grâce à laquelle il confondit un jour un évêque vaniteux qui voulait faire preuve de son éloquence en changeant certains mots de l'Évangile, trop communs à son goût.

Lorsque le saint empereur Constantin le Grand convoqua le Premier Concile Oecuménique (325) pour réfuter l'hérésie impie d'Arius, Spyridon se rendit lui aussi à Nicée dans son simple appareil de pâtre, afin de témoigner de la vérité aux côtés des saints évêques et confesseurs et de toutes les plus illustres personnalités du temps. Pendant les débats, un philosophe arien, enflé de vain orgueil, lança un défi aux Orthodoxes pour se mesurer avec lui dans une discussion sur la sainte Trinité. L'humble berger de Chypre s'avança alors et, à la stupeur générale, il confondit les raisonnements spécieux et la dialectique subtile de son adversaire par la simplicité et l'autorité de ses paroles inspirées par le saint Esprit. Désarmé, le philosophe se laissa convaincre, embrassa sincèrement la foi orthodoxe et exhorta les autres disciples d'Arius à abandonner à leur tour les sentiers trompeurs de la sagesse humaine pour trouver dans l'Église les sources d'eau vive et la puissance de l'Esprit.

Après la mort de Constantin son fils Constance, qui avait hérité la partie orientale de l'empire, montra de la sympathie pour l'arianisme. De séjour à Antioche, il tomba gravement malade et, malgré les efforts des médecins, on désespérait de le voir survivre. À la suite d'une vision de l'empereur, saint Spyridon fut convoqué au palais, en compagnie de son disciple saint Triphyllios (mémoire le 12 juin). A peine parvenu au chevet du souverain, il le guérit de sa maladie corporelle, en l'engageant à garder la santé de son âme par la fidélité à l'enseignement orthodoxe et par la miséricorde envers ses sujets. Chargé d'or et de présents, il s'empressa de distribuer dés son retour toutes ces richesses aux habitants de Chypre.

Détaché des choses de la terre et tout absorbé par l'attente des biens éternels, saint Spyridon célébrait la sainte liturgie et les offices de l'Église comme s'il se trouvait déjà devant le trône de Dieu, en compagnie des anges et des saints. Un jour, alors qu'il célébrait dans une église isolée et négligée par les fidèles, et qu'il se retournait vers le peuple absent en disant : «Paix à tous !» son disciple entendit les voix d'une foule d'anges répondre : «Et à ton esprit», puis continuer à accompagner le service divin de leurs célestes mélodies.

À l'issue d'une longue vie, menée avec l'assistance constante du saint Esprit, saint Spyridon remit paisiblement son âme à Dieu, le 12 décembre 348, à l'âge de 78 ans, après avoir eu le temps d'encourager une dernière fois ses proches à suivre le Christ et à se soumettre à son joug doux et léger.

Son saint corps devint une source inépuisable de miracles et de guérisons pour les fidèles de Chypre, jusqu'au VIIe siècle, où, sous la menace de l'invasion arabe, on le transféra à Constantinople, dans une église située près de Sainte-Sophie. Après la prise de la ville par les Turcs, la précieuse relique fut transportée clandestinement à Corfou (1456), où elle est gardée depuis, miraculeusement incorrompue. Elle y a accompli tant de miracles pour les particuliers comme pour l'ensemble de la population - délivrant l'île d'une épidémie de choléra et de l'invasion étrangère - que saint Spyridon est vénéré comme le premier protecteur de Corfou.

RAISON PROVIDENTIELLE DE L'HÉRÉSIE

Mais pourquoi Dieu permet-il que certains personnages importants dans l'Église répandent des doctrines nouvelles parmi les catholiques ? Question importante que je vais examiner amplement et avec soin; je tenterai d'y répondre non d'après mon sentiment personnel, mais en me fondant sur l'autorité de la loi divine et sur l'enseignement du magistère ecclésiastique. Lisons Moïse : qu'il nous dise, lui, pourquoi Dieu a permis a des hommes savants, que l'Apôtre lui-même qualifie de prophètes (1 Co XIII, 2) à cause de leur science, de professer de nouveaux dogmes - que l'Ancien Testament dans sa langue imagée qualifie d'autres dieux (Dt XIII,3). Les hérétiques en effet vénèrent aussi fidèlement leurs doctrines que les païens leurs dieux. Moïse écrit donc dans le Deutéronome¨: Si quelque prophète ou faiseur de songes surgit au milieu de toi et dise... (Dt XIII, 2), c'est-à-dire, si un maître établi dans l'Église, dont les disciples et les auditeurs estiment que l'enseignement provienne d'une certaine révélation , ... et s'il te propose un signe ou un prodige et qu'ensuite ce signe ou ce prodige annoncé arrive... C'est un bien grand maître que Moïse veut ainsi désigner, un homme dont la science est telle, aux yeux de ses disciples, qu'il peut non seulement connaître les choses humaines mais avoir la prescience de celles qui dépassent l'homme. Tels furent, vantés par leurs disciples, Valentin , Donat, Photin, Apollinaire et d'autres du même genre !
Moïse poursuit : S'il te dit alors : allons suivre d'autres dieux que tu ignores et servons-les..., qui sont ces autres dieux ? sinon des opinions erronées et hérétiques ? Que tu ignores..., c'est-à-dire des opinions nouvelles jamais encore entendues; servons-les, c'est-à-dire, croyons en elles, adoptons-les. Et pour finir, Moïse ajoute : Tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète, ni les songes de ce visionnaire (Dt XIII, 4). Mais je me demande pourquoi Dieu n'interdit pas d'enseigner ce qu'il défend d'entendre ? Parce que, répond Moïse, c'est le Seigneur ton Dieu qui t'éprouve pour savoir si tu L'aimes de tout ton coeur et de toute ton âme.
On comprend donc bien, dès lors, pourquoi la divine Providence souffre que, de temps à autre, des maîtres de l'Église prêchent des dogmes nouveaux, c'est le Seigneur qui nous éprouve... Certes c'est une grande tentation que de voir un homme tenu pour un prophète, pour le disciple des prophètes, pour un docteur, pour le témoin de la vérité - un homme si aimé et tant respecté - et qui soudainement introduit en cachette de dangereuses erreurs ! On ne le découvre pas immédiatement, car on conserve envers lui le préjugé favorable dû à son enseignement antérieur. On hésite à condamner cet ancien maître auquel on se sent lié par une réelle affection.
saint Vincent de Lérins
(le Commonitorium chap.X )
 

 

DEUX FETES DE LA THÉOPHANIE EN GRECE ?

Le Métropolite Nicolas du Pirée, lors de la célébration de la Théophanie à Larissa le 19 janvier dernier (c.c.), a été interviewé par un reporter du journal local "Eleutheria", au sujet de la grande fête de la Théophanie, telle qu'elle est célébrée par les Vrais Chrétiens Orthodoxes.

Question : Métropolite Nicolas, vous avez célébré la Théophanie selon l'ancien calendrier le 19 janvier, alors que la majorité des fidèles l'avaient célébrée le 6 janvier. Que se passe-t-il au juste ? Aurions-nous deux fêtes de la Théophanie ?

Réponse : Il n'y a pas d'ancien ni de nouveau calendrier. Ce sont des expressions pour les personnes Égées qui ne comprennent pas beaucoup de choses. L'Église Orthodoxe n'a qu'un calendrier véritable, et ce qui est en dehors de ce calendrier est cacodoxie. Jusqu'en 1924, donc avant l'introduction du calendrier grégorien (=nouveau), nous étions tous unis et nous suivions tous rigoureusement les décisions des conciles apostoliques. Nous continuons, quant à nous, à rester ce que nous étions avant 1924. Avec l'introduction du nouveau calendrier, la foi, la sainte Tradition, les saints Canons et indirectement les dogmes eux-mêmes ont été bafoués et l'ordre de l'Église a été également bouleversé. Donc, je regrette, mais ce n'est pas nous qui avons créé deux fêtes de la Théophanie, mais les nouveau-calendaristes, puisque jusqu'en 1923, l'Église avait la foi et la succession apostoliques.

D'un point de vue humain, nous pouvons dire qu'il y a deux fêtes de la Théophanie, mais en réalité la fête n'est qu'une, car les cieux ne concélèbrent pas avec la terre, quand la Théophanie est fêtée selon le nouveau calendrier.

Q. : Très vénéré Nicolas, vous êtes métropolite des V.C.O., qu'est-ce que nous devons entendre par là ? Selon vous, êtes-vous les seuls chrétiens authentiques et vrais, et si oui, que dire alors du reste des chrétiens orthodoxes ?

R. : Nous disons que nous gardons l'héritage de "l'Église Une Sainte Catholique et Apostolique" intact. Ceux qui suivent le nouveau calendrier ne le font pas, ne sont pas considérés comme orthodoxes, et ils disent à tort que ce sont eux qui constituent l'Église orthodoxe de Grèce. En fait, c'est nous qui sommes l'Église Orthodoxe, nous qui sommes en mesure de prouver notre foi et notre succession apostoliques. En d'autres mots, c'est comme si on avait tout l'équipement électrique dans une maison, mais sans être branché sur le secteur. S'il n'y a pas de générateur, ce qui, en l'occurence représente la foi et la succession apostoliques, on n'a ni courant ni lumière. Aujourd'hui, nous avons un schisme entre les Églises et tout le monde le sait, car la doctrine, la Tradition et les saints Canons ont été bafoués.

Q. : Très vénéré Nicolas, un tel schisme est-il permis aujourd'hui dans l'Église Orthodoxe ? Est-il si difficile d'entamer un dialogue, afin de résoudre les problèmes et d'unifier l'Église ?

R. : Nous avons bien invité les nouveau-calendaristes au dialogue théologique, mais ils n'ont pas répondu, peut-être parce qu'ils croient que nous sommes "des enfants terribles". On dirait qu'ils ont peur d'être ridicules aux yeux du peuple, parce qu'ils n'ont pas la vérité. Personne ne nous considère comme hérétiques ou schismatiques. Nous considérons les nouveau-calendaristes comme schismatiques, c'est pourquoi nous n'entrons pas dans leurs églises quand ils prient.

Q. : Ils vous traitent de fanatiques, de zélateurs religieux et disent qu'en 1989, vous insistez à vivre au moyen-âge. Que diriez-vous de cela ?

R. : Saint Marc d'Ephèse a dit qu'en matière de foi, il ne peut pas y avoir de compromis. Nous ne sommes pas inflexibles dans les questions personnelles. Par exemple, si quelqu'un ne peut pas jeûner, nous lui permettrons de manger, s'il ne peut prier, nous lui permettrons de se reposer. Dans les questions d'administration et en ce qui concerne les faiblesses humaines, nous cédons davantage, mais nous ne saurions faire de même pour ce qui concerne l'Église, car l'Église n'est subordonnée à aucun de nous. L'Église n'est pas fanatique, Elle est la gardienne des saints Canons. L'Église des V.C.O. est la vraie et réelle Église et nous insistons sur les décisions des saints Conciles Oecuméniques.

Q. : Est-il vrai que ceux qui suivent l'ancien calendrier sont persécutés ?

R. : De nos jours, on ne peut parler de persécution ouverte, directe. Mais on vise indirectement à fermer nos églises et c'est ce que les évêques nouveau-calendaristes cherchent. Ils veulent changer la loi qui nous permet de construire des églises pour que nous soyons obligés de demander la permission à l'évêque nouveau-calendariste concerné et non pas au ministère.

Q. : Très révérend Nicolas, que pouvons-nous dire à l'homme de la rue qui s'interroge pour savoir qui a raison, qui a tort et qui voit avec surprise qu'on célèbre deux fois la Théophanie, deux fois Noël ?

R. : L'état de notre société d'aujourd'hui montre qu'il n'y a pas de grâce dans le nouveau calendrier. Depuis 1924 et jusqu'à maintenant, les jeunes sont révoltés, outrageants et prodigues. Nous voyons cela tous les jours dans la rue et c'est la preuve la plus évidente.

Q. : L'introduction du nouveau calendrier est-elle donc responsable pour toute la corruption sociale de nos jours ?

R. : Elle est responsable, car par elle les saints Canons, les saintes traditions ont été violés et il n'y a rien d'autre à dire à ce sujet.

Q. : Que sont donc exactement les vrais orthodoxes et sont-ils des infidèles ceux qui suivent le nouveau calendrier ?

R. : Nous ne disons pas qu'ils sont des infidèles car ce serait les considérer comme des non-chrétiens. L'Église orthodoxe est une, comme nous le disons dans le Credo et cette Église a existé officiellement jusqu'en 1924. Nous invitons tout le monde à un dialogue théologique. L'Église a essayé pendant les siècles d'éclairer les schismatiques et s'ils ont refusé de se corriger, l'Église les a rejetés de son corps. Le dialogue devra commencer par la lecture des décrets des Conciles oecuméniques et puis les causes du schisme et les divergences pourront être élucidées.

La crainte de Dieu c'est de ne pas éviter de faire toute bonne oeuvre qu'il doit être accomplie.

Saint Grégoire le Dialogue

LA PUISSANCE DE LA FOI CHRÉTIENNE

 

Texte tiré du Synaxaire, paru dans le bulletin orthodoxe grec "Politimos..." et traduit par Judith Pountney.

Durant l'année 1488, il y eut une grande peste en Egypte. Un médecin juif, jaloux et hostile à l'égard des chrétiens, proclamait à tous les Turcs que la cause de la peste était les chrétiens qui font de la sorcellerie et de la magie en jetant le mauvais sort sur l'eau dont ils faisaient des aspersions.

Ce bruit se propagea parmi tous les Turcs et arriva jusqu'au roi d'Egypte, qui, bien qu'étant Ottoman, aimait et respectait beaucoup le saint patriarche d'Alexandrie Joachim, autant pour sa vertu que pour sa sagesse et sa sainteté, parce que, selon saint Grégoire le Théologien : "La vertu de l'homme est admirée même par ses ennemis". Pour cela, il ne voulait contrarier ni le patriarche, ni les chrétiens.

Cependant, le Juif maudit par Dieu, ayant vu que rien n'avait résulté de cette rumeur mensongère et calomnieuse, employa un autre stratagème.

Il se trouva qu'alors un Juif était ministre du royaume. Donc, ayant contacté ce ministre et le secrétaire de la Cour, ce très méchant Juif les a convaincus. Ceux-ci, à leur tour, comme défenseurs de l'impiété et ennemis des chrétiens, convainquirent le roi par différents moyens et le poussèrent à se dresser contre le patriarche des chrétiens et, par ordre du roi, le patriarche se présenta à la Cour. Après une longue discussion au sujet de la foi, les impies citèrent la Parole du Sauveur concernant la puissance de la foi : "Celui qui a la foi comme un grain de moutarde, dit à cette montagne : déplace-toi ici, et elle se déplacera."

Quand le roi entendit cela, il rapporta cette décision au patriarche, pour qu'il fasse ce miracle, prouvant par ce moyen la force de sa foi.

Alors le saint patriarche, qui avait une foi forte et inébranlable, suivit l'ordre du roi et, après s'être préparé pendant trois jours dans le jeûne et la prière, avec tout son troupeau, accomplit ce grand et terrible miracle au nom du Seigneur Jésus- Christ, en déplaçant la montagne en face du lieu où elle se dressait en disant :"Dour dag", c'est-à-dire :"Montagne, dresse-toi". Elle y existe encore aujourd'hui.

En voyant ce miracle et ne pouvant rien faire d'autre, les compagnons impies du Juif préparèrent un poison mortel, et dirent au roi d'ordonner au patriarche de le boire, donnant pour raison que cela est écrit dans l'évangile. Le patriarche accomplit également cet ordre du roi, et but le poison sans hésiter. Il le but au nom de notre Seigneur Jésus Christ et ne souffrit aucun mal.

Ensuite, ayant lavé le verre, il le donna au Juif qui lui avait préparé le poison, pour qu'il en boive. Alors celui-ci, obéissant à l'ordre et au pouvoir du roi, but dans le verre lavé et mourut immédiatement.

Quand il vit ces deux grands miracles, le roi se mit tellement en colère qu'il ordonna de décapiter le ministre et le secrétaire. Mais aussi, tous les Juifs auraient subi le même sort, si sa Sainteté le patriarche Joachim n'avait pas intercédé. Il leur a seulement imposé un châtiment : ils devaient apporter de l'eau du Nil à la ville du Caire par leurs propres moyens, chose qu'ils exécutèrent.

En plus de cela, le roi glorifia le patriarche et honora tous les chrétiens. Finalement, ce roi devint aussi chrétien, et après être parti secrètement de la ville, il se retira au Mont Sinaï.

Un tapis regardé du mauvais côté est incompréhensible et sans beauté :

de même 1'Orthodoxie pour les gens de l'extérieur.

Par contre, pour celui qui est du bon côté tout devient clair, simple, logique et harmonieux.

hm. Cassien

INTRODUCTION A L'ECCLÉSIOLOGIE ORTHODOXE

 

Extrait du calendrier grec de 1985 du Synode des Vrais Chrétiens Orthodoxes

 

traduit par Michel Pountney

 

Nous appelons ecclésiologie orthodoxe l'enseignement orthodoxe concernant la sainte Église du Christ, enseignement transmis par les saints apôtres, exposé et systématisé par les pères.

Donc, la doctrine qui concerne l'Église une, sainte, catholique et apostolique du Christ s'appelle en dogmatique ecclésiologie.

Nous n'allons pas entreprendre ici l'étude complète et systématique du grand mystère qu'est l'Église, mais seulement mentionner ce qui est indispensable pour que le pieux fidèle saisisse le sens de l'Église, afin que, comme vrai membre de celle-ci, il puisse vivre, selon ses capacités, la grandeur de ce mystère.

Si le pieux chrétien a la connaissance indispensable des vérités divines et qu'il se distingue par l'humilité évangélique et la pureté de son âme, alors sans aucune étude particulière et sans diplôme, il voit Dieu et ses mystères se révéler à lui : " Je Te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et que Tu les as révélées aux enfants." (Mt 11,25).

Saint Jean Chrysostome dit que "les fidèles qui ont l'illumination du saint Esprit, voient et comprennent avec les yeux de l'âme les mystères de Dieu", ce que même les plus grands savants ne peuvent appréhender par l'intellect et les yeux du corps.

Pour saisir, en particulier, le sens du grand mystère qu'est l'Église, il nous faut à plus forte raison, en plus de la connaissance théorique, la pureté du coeur, car la notion de l'Église est difficile à circonscrire et à saisir par la représentation théorique, mais elle se révèle à ceux qui, en vrais membres de l'Église, en vivent la réalité, puisque l'Église n'est pas une théorie philosophique, mais une réalité divine à laquelle participent les humbles et les purs de coeur qui la comprennent. Dans l'Église, ce qui est primordial, c'est le lien et l'union mystiques avec le Christ, et la représentation théorique n'en est appréhendée qu'en deuxième lieu et seulement pour autant qu'elle existe dans l'humilité et la pureté du coeur.

Cependant, par sa divine Humanisation, le Fils et Verbe de Dieu assuma la nature humaine, S'unit réellement à elle selon l'hypostase et la divinisa. Ainsi, par l'Église, le Christ continue à appeler et à unir à Lui, par la grâce du tout saint Esprit, chacun des fidèles qui écoute son divin appel et suit ses traces.

L'Église est donc la communion par la Grâce du Tout Saint Esprit - qui est descendu et demeure sur terre depuis le jour de la Pentecôte - et l'union de l'homme avec Dieu.

 

L'Église parfaite et entière de la sainte Trinité

Dans la Sainte, Consubstantielle et Indivisible Trinité, nous confessons une seule nature divine, mais trois hypostases ou personnes : le Père, le Fils et le saint Esprit. Ces trois hypostases, en tant que consubstantielles et indivisibles, constituent une communion entière et parfaite des personnes, car là où est le Père, là sont aussi le Fils et le saint Esprit, là où est, de son côté, le Fils, là sont aussi le Père et le saint Esprit et là où est le saint Esprit, là sont aussi le Père et le Fils. L'Église, en tant que plénitude et perfection, se conçoit donc comme l'union et la pervasion mutuelle des trois hypostases de la Sainte, Consubstantielle et Indivisible Trinité.

L'Église des premières créatures, l'Église de l'Ancienne Alliance et surtout l'Église de la Nouvelle Alliance, instituée par le Christ, sont, chacune, l'union et la communion, opérées par la grâce des hommes avec le Dieu Trinitaire.

 

La première Église, celle des premières créatures

 

La première Église que l'Amour du Dieu trinitaire a entrepris de réaliser, est l'Église des premières créatures dans l'Eden.

La Bonté infinie et l'Amour de Dieu a créé l'homme "à son Image et à sa Ressemblance" et l'a doté de qualités corporelles et spirituelles nombreuses et exceptionnelles, afin que l'homme puisse ressembler à la Bonté divine et devenir dieu par grâce.

La création de l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu, avec tous les dons d'avant la chute, avait pourvu le premier homme du pouvoir d'opter pour la vocation divine et de marcher sur le chemin de la plénitude, donc de parvenir à la déification pour jouir de la béatitude divine.

Cependant, la déification des premières créatures ne s'est pas réalisée, parce que leur volonté, par la désobéissance à l'ordre divin (péché originel), a prévalu contre le plan de Dieu. Ainsi, l'homme est déchu de sa condition initiale, s'est privé des grands dons divins et, au lieu de parvenir à la déification, s'est exilé de l'Eden et a hérité la mort.

Le premier homme donc, formé par Dieu, constitue la première Église, Celle qui, à cause de la transgression, n'a pas atteint la plénitude et n'a pas accompli son destin. Cette Église, par la chute des premières créatures du paradis, est devenue "la descendance souffrante des nations", c'est-à-dire l'Église couverte de plaies et saignant de la blessure de la chute.

L'Église de l'Ancien Testament

 

La première Église des premières créatures n'a pas été, en dépit de sa déchéance, abandonnée par Dieu. Pendant toute la durée de l'Ancien Testament, le Dieu trinitaire la guidait. Déjà à l'instant de l'expulsion des premières créatures du paradis, le décret de la sainte Trinité s'est manifesté en faveur de l'homme par le premier évangile de la promesse qu'elle ne briserait pas le lien avec l'homme, mais qu'elle réaliserait la pleine communion, non pas cependant au paradis de l'Eden, mais dans l'Église du royaume des cieux.

Pendant cette période, l'Église du Christ n'était pas seulement annoncée à l'avance, mais le besoin de l'intervention divine en vue du salut était vivement ressenti. Le Sauveur est "l'attente des nations" et "en son Nom espèrent les peuples", dit l'Ancien Testament.

La réalisation de cette promesse, qui sera accomplie par notre Seigneur Jésus Christ, était ce après quoi languissaient les élus de l'Ancien Testament.

Par Abraham, Moïse, les prophètes et en général les élus d'Israël se préparait la nouvelle communion avec Dieu, celle qui surviendra avec la fondation de l'Église du Nouveau Testament par le Messie attendu.

L'Église du Nouveau Testament, Celle du Christ

 

Notre Seigneur Jésus Christ est venu soigner l'Église de l'Ancien Testament couverte de plaies et saignant de la blessure de la chute, en fondant l'Église du Nouveau Testament, l'Église une, sainte, catholique et apostolique.

Le Seigneur fonda sa sainte Église par son Incarnation, la prédication du saint évangile, son sacrifice de la Croix et sa Résurrection.

En disant que le Seigneur a fondé l'Église, nous entendons toutes les démarches divines susdites dans lesquelles l'amour infini L'a poussé à accomplir sa Volonté prééternelle, c'est-à-dire le rétablissement de l'union et de la communion de l'homme déchu et déshérité avec Lui-même, pour qu'il obtienne ainsi l'adoption divine et soit établi fils et héritier du royaume de Dieu. Puisque l'homme n'est pas devenu dieu, Dieu est devenu homme, pour parfaire Adam dieu.

Les Pères nous enseignent que la Volonté prééternelle de Dieu de fonder la sainte Église est devenue réalité à l'heure à laquelle le saint Esprit a couvert de son ombre la Souveraine Enfantrice de Dieu et de son sang innocent s'est incarné le Fils et Verbe de Dieu.

Par la divine Incarnation, le Fils et Verbe de Dieu (la deuxième Personne de la sainte Trinité) S'est uni réellement à l'homme total et ainsi la nature pécheresse de l'homme a été sanctifiée et sa rédemption et son adoption divine ont commencé. C'est là, comme nous l'enseignent les Pères de l'Église, qu'est le début de la fondation de l'Église, parce que par l'Incarnation commencent la réconciliation, la communion et l'union de l'homme avec Dieu.

Le Seigneur ne S'est pas seulement incarné, mais a aussi enseigné. Son évangile est la Lumière véritable qui éclaire l'homme enténébré par la chute et lui indique le chemin de la vérité pour qu'il marche vers Dieu, s'unisse et communie avec Lui. Le Seigneur S'est donc incarné et a enseigné pour conduire l'homme auprès de Lui et pour l'amener à la communion et à l'union avec Lui. Afin d'effacer complètement la dette de la transgression et de démolir la muraille du péché originel, Il est même monté sur la Croix et par son vénérable Sang versé, a racheté et libéré l'homme asservi à la domination du diable.

Il s'est élevé sur la Croix, a souffert et a subi la mort, Lui, sans péché, pour nos péchés, afin de nous libérer de la dette du péché et pour que, ainsi délivrés, nous puissions marcher vers Lui.

Le sacrifice de la Croix du Seigneur est le comble de l'amour divin, mais aussi l'événement le plus remarquable pour la fondation de l'Église.

Ces efforts divins scellés par la sainte Résurrection et par la sainte Ascension du Seigneur, conduisent la nature humaine, qu'Il S'est appropriée lors de l'Incarnation, non pas dans l'ancien Eden, mais dans la nouvelle Jérusalem, le royaume des cieux.

La Sainte Pentecôte : jour de la naissance de l'Église

 

Le Seigneur, comme nous le savons, en créant sa sainte Église, l'a confiée, lors de la sainte Pentecôte, aux saints Apôtres. Ce jour-là, l'Église est devenue complète et son oeuvre divine a commencé. La force de l'Église réside en la présence du saint Esprit, les conducteurs en sont les saints Apôtres et leurs successeurs après eux, c'est-à-dire les évêques et les prêtres, qui, par la grâce du très saint Esprit, appellent et guident les hommes à la communion et à l'union avec le Christ.

L'union des chrétiens avec le Christ commence par le saint Baptême, se poursuit par l'étude de la sainte Écriture, la prière, la vie morale chrétienne, mais, avant tout, l'union mystique et la communion avec le Christ se consomment par la digne participation aux mystères de l'Église, en particulier par celui de la divine Eucharistie.

Lorsque le fidèle parvient, par la grâce, à une telle union avec le Christ, alors il comprend ce qu'est l'Église, car ainsi il vit à l'intérieur de lui-même la réalité de 1'Église où est le Christ.

L'image de la Tête et du Corps

 

L'apôtre Paul, pour représenter le grand mystère de l'Église et pour souligner que l'Église signifie l'union et la communion de l'homme avec Dieu, dit que le Christ est la Tête du Corps de l'Église. De son côté, saint Jean Chrysostome, le grand interprète de l'apôtre Paul, dit : "Lui (le Christ) la Tête, nous (les fidèles) le Corps... De la même manière que le corps et sa tête forment un homme, l'Église et le Christ sont d'une même nature." Comme dans l'homme la tête est en union harmonieuse avec le corps et les deux forment un tout indissoluble, de sorte que l'homme ne se conçoit pas sans tête ou sans corps, ainsi l'Église non plus ne se conçoit pas comme seulement le Christ ou seulement les fidèles. Dans l'Église, la Tête est le Christ et le Corps sont les fidèles, et comme le corps est dirigé et vivifié par la tête, avec laquelle il est indissolublement uni et avec laquelle il communie; ainsi dans l'Église aussi, les membres du Corps, qui sont les fidèles, en tant que Corps du Christ, doivent communier et être unis à sa sainte Tête, c'est-à-dire au Christ, autrement ils n'ont pas la vie, comme un membre de notre corps, s'il est amputé, n'a pas la vie.

L'Église est une, sainte, catholique et apostolique

 

Le deuxième saint Concile Oecuménique, qui a complété le Symbole de la Foi, a formulé, dans son neuvième article, la doctrine orthodoxe au sujet de l'Église, proclamant la foi et la confession que l'Église est une, sainte, catholique et apostolique. Que signifie cette foi et cette confession du Symbole de la Foi ? Voyons.

L'Église est Une

 

Nous croyons et confessons que l'Église est une et indivisible, puisque le Seigneur a fondé une seule Église et non plusieurs. L'Église une a une Tête, le Christ, a une foi, un baptême, un principe, un but. C'est pourquoi nous confessons et croyons qu'il existe une seule Église unique et indivisible, et ne reconnaissons pas les soi-disant "Églises" hétérodoxes, qui n'ont pas de rapport avec l'Église du Christ, car, par leurs hérésies et schismes, elles se sont retranchées du Corps de l'Église et n'ont pas le Christ pour Tête, mais le diable.

L'Église est Sainte

 

L'Église est sainte, parce que sa Tête est sainte. Par la Tête sainte qui est le Christ, est sanctifié aussi le corps, c'est-à-dire les fidèles.

Le but et la fin de l'Église est la création de la communion des saints. Le Christ, comme le dit l'Apôtre Paul, l'a tant aimée, qu'Il s'est livré pour elle, "afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant Lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible." (Sph 5,26-27).

L'Église est Catholique

 

Par le mot "catholique" nous entendons et confessons trois choses :

Premièrement que l'Église, comme institution divine sur la terre, possède entièrement la Vérité du Christ et il ne lui en manque rien. L'unique Esprit saint qui abreuve et garde l'Église, ne présuppose pas seulement l'unicité de l'Église, mais aussi la possession, par cette unique Église, de la plénitude de la grâce et de la vérité.

Partant de cette révélation, chaque Église locale possède aussi la plénitude de la grâce et de la vérité, donc s'appelle et est aussi catholique.

L'idée de catholicité s'identifie ainsi à celle d'orthodoxie.

Troisièmement, "catholique" signifie aussi que l'Église Une du Christ s'étend, de façon illimitée dans le temps et dans l'espace et cherche à contenir l'humanité entière et de tous les temps.

Nous pouvons dire que le mot "catholique" signifie, en ce sens, ce que veulent dire aussi les mots "oecuménique" et "universelle".

 

L'Église est Apostolique

 

Le mot "apostolique" signifie que l'Église instituée par le Christ et dont Il est la pierre angulaire, a été fondée par les apôtres, qui, comme d'autres pierres, se sont posés auprès de la principale de l'angle.

L'Église demeure aujourd'hui apostolique, car elle possède et garde intacte la foi et la succession apostoliques, sans altération et sans falsification.

Cela veut dire qu'elle, l'Église Une, Sainte et Catholique, au début, à l'époque des Apôtres, comme aujourd'hui, est la même Gardienne de la même Foi Apostolique, et que ses évêques et prêtres, par la succession canonique, en vertu du mystère de l'ordination, sont les successeurs des saints apôtres.

La déformation de l'ecclésiologie orthodoxe

 

La Foi et la Confession de l'Église une, sainte, catholique et apostolique ont été attaquées d'abord par divers hérétiques, qui ont précisément falsifié la foi apostolique, se sont retranchés du corps de l'Église, se sont éloignés d'elle et ne communient plus avec la sainte Tête de l'Église qui est le Christ.

Comme cependant, quand un membre de notre corps est coupé, il meurt, de même les hérétiques et schismatiques meurent spirituellement dès lors qu'ils se trouvent en dehors de l'Église.

 

Comme quiconque sauterait du navire en plein milieu de l'océan, sombrerait, ainsi ceux qui quittent le vaisseau de l'Église, se perdent. L'image de l'Église comme la nouvelle arche de Noé est très caractéristique.

Depuis deux mille ans environ, la foi apostolique, la foi des pères, des conciles oecuméniques, la conscience profonde de l'orthodoxie sont les mêmes, à savoir que l'Église est une et indivise et que les hérétiques ont le diable pour tête.

Actuellement, de nombreux "orthodoxes" dévient de cette foi et de cette confession. Certains tacitement, d'autres activement, mais ils acceptent l'hérésie de notre époque, qui renie totalement l'ecclésiologie orthodoxe des saints apôtres, du Symbole de la foi et des saints pères.

Ils nient l'unicité et la plénitude de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique et admettent que les schismes et hérésies tous ensemble constituent l'Église. Aujourd'hui donc, selon eux, ce n'est pas l'Église Orthodoxe qui constitue l'Église du Symbole de la Foi, laquelle, toujours selon eux, n'existe pas, car elle, l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, a passé dans les divers schismes et hérésies et elle ne sera restaurée que lors de l'union de toutes les églises divisées.

Ainsi a apparu la prédication concernant l'union des orthodoxes et des hérétiques de toutes natures, non par le retour des hérétiques à la foi apostolique, mais par la participation de tous à la synagogue de Satan, à l'hérésie de l'oeuménisme où l'on enseigne que toutes les hérésies sont des parcelles de l'Église du Christ et elles doivent s'unir pour rétablir l'Église disparue.

Ce phénomène, c'est-à-dire l'éloignement de la conscience pure et profonde de l'Orthodoxie concernant l'unicité de l'Église et l'apparition de la nouvelle théorie sur la "participation des schismes et des hérésies au mystère de l'Église", constitue l'hérésie de l'oecuménisme.

Ce mouvement, par l'amour du monde pécheur, promet d'unir toutes les "Églises chrétiennes", et de susciter ainsi la super-Église, c'est-à-dire une autre communauté des nations, la CEE de la religion.

Dans sa tentative d'appliquer son plan, l'hérésie de l'oecuménisme met un accent exagéré sur l'amour selon ce monde, au détriment de l'amour du Christ, lequel est inséparablement uni à la vérité divine.

Le comble de cette sorte de mentalité oecuméniste est sa prédication selon laquelle "l'amour mondain unifie le christianisme et fait du bien à l'humanité, tandis que la foi chrétienne la divise et lui nuit."

Partant, les oecuménistes caricaturent la lutte contre l'hérésie comme un effet d'égoïsme et de fanatisme et la condamnent comme une force subversive contre l'union.

Le mouvement oecuméniste est donc un mouvement satanique ayant pour but d'expulser tout le monde du paradis de l'Église une, sainte, catholique et apostolique et de les jeter dans l'abîme de l'hérésie de l'oecuménisme.

Par conséquent, l'oecuménisme, du point de vue orthodoxe, signifie l'abandon et le rejet de la conscience de l'Église orthodoxe du Christ, conscience concernant l'indivisibilité de l'Église une, sainte, catholique et apostolique du Christ d'une part, et de l'autre, l'acceptation de l'ecclésiologie hérétique selon laquelle les hérétiques de tous bords participeraient au Mystère de l'Église du Christ.

L'hérésie de l'oecuménisme dans l'espace de l'Orthodoxie

 

L'hérésie de l'oecuménisme pénètre dans l'espace de l'Orthodoxie officiellement en 1920. Elle y entre par l'Encyclique de 1920 qui constitue le condensé de l'oecuménisme et sa charte statutaire. Par cette Encyclique, la panhérésie de l'oecuménisme est proclamée et propagée dans toute sa nudité.

À son point principal, l'Encyclique dit :

1) Qu'Elle s'adresse tout d'abord "aux Églises de partout", c'est-à-dire aux Orthodoxes et aux Hérétiques, à celles qui se nomment sans distinction "Églises du Christ."

Déjà cette expression révèle que l'hérésie de l'oecuménisme a pénétré parmi les orthodoxes et qu'ils ont accepté son ecclésiologie hérétique.

2) Que l'Église de Constantinople pense que les divergences dogmatiques ne font pas obstacle à l'union de l'Église orthodoxe avec les Hérétiques. Au contraire, l'union se renforcera par elles. Si certains s'opposent à l'union, alors on fera apparaître l'union au début comme une simple relation et ainsi les objections des "fanatiques" seront écartées.

3) Qu'elle appelle "Églises-soeurs séparées" les diverses hérésies de l'Occident.

4) Qu'elle fixe les deux conditions indispensables à la réalisation de l'union avec les hérétiques; elles sont les suivantes :

a) Les orthodoxes ne doivent pas considérer les hérétiques avec méfiance et gêne, mais comme des gens sincères et en qui ils ont confiance.

b) L'amour entre les églises orthodoxe et hérétiques doit se rallumer et se renforcer; pardessus tout, qu'elles ne considèrent pas qu'il existe une différence entre elles, mais que les Églises hérétiques soient acceptées comme parentes (petites soeurs) qui procèdent du Christ, sont le Corps du Christ et ont la grâce de Dieu par le Christ.

Dans sa seconde partie, l'Encyclique détermine avec quelles méthodes et de quelles manières l'unité pourra être forcée d'arriver.

Traduisons de nouveau en langage simple.

1) Par la célébration des fêtes aux mêmes dates.

2) Par l'échange de lettres fraternelles aussi bien avec les Églises orthodoxes qu'avec les hérétiques.

3) Par les facultés de théologie, dont les professeurs communiqueront avec les facultés des hérétiques; nos étudiants seront envoyés aux universités des hérétiques, et réciproquement, les hérétiques seront acceptés pour étudier dans nos universités.

4) Par les conciles, qui seront convoqués ensemble par les orthodoxes et les hérétiques, selon des thèmes mais non des thèmes dogmatiques. Les différences dans les articles de la foi seront examinées sans passion et simplement comme des accidents historiques et les Églises respecteront mutuellement les us et coutumes des unes et des autres. Nous nous donnerons mutuellement nos Églises et nos cimetières, nous ordonnerons qu'il y ait des mariages mixtes entre orthodoxes et hérétiques et nous aurons une action sociale en commun.

Cette encyclique est suivie par le néocalendarisme, qui, dès 1924, a appliqué le premier principe, c'est-à-dire le nouveau calendrier, et qui, par la suite, appliquera la totalité de l'encyclique.

Donc, le néocalendarisme, comme l'oecuménisme, participent à l'hérésie ecclésiologique oecuméniste.