Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 28
OCTOBRE 1982

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

 SOMMAIRE

NOUVELLES

FANATISME

LA STRATÉGIE ACTUELLE DE LA LUTTE SPIRITUELLE

FRANC-MACONNERIE ET OECUMÉNISME

SAINT ANDRÉ DE CRETE

MARTYRS DE L'ÉGLISE DES CATACOMBES EN RUSSIE

QUETE DE DIEU

LES DIFFÉRENTS GENRES DE MAGIE

Sache que même la plus petite transgression des choses transmises causerait le mépris du dogme tout entier.

saint Photios de Constantinople

NOUVELLES

Depuis mon retour de Grèce, un certain laps de temps s'est déjà écoulé. Il me reste juste le temps pour finir ce bulletin, car il me faudra repartir pour la Grèce. Il se peut que je passe par l'Allemagne, voir nos fidèles là-bas. Après le voyage annoncé qui va durer, plaise à Dieu, 3 à 4 semaines, il y aura des choses à raconter qui sont en train de se préparer. Il y a eu à l'hermitage la visite du père Antoine, un moine qui a vécu dans l'Église des Catacombes en Russie et qui fait maintenant partie de notre Synode. Après son bref passage, je l'ai accompagné jusqu'à Paris où il a pris le bus pour l'Angleterre.

Je me permets quelques explications concernant l'article de ce numéro : «Franc-maçonnerie et oecuménisme». Cet article fut écrit par un moine athonite pour des Grecs. Le contenu et le style risquent donc de dérouter le lecteur français : J'approuve l'article (sinon je ne l'aurai pas publié), mais il faudra le compléter un peu. Derrière la franc-maçonnerie se cache le sionisme qui est de toute évidence l'ennemi numéro un du christianisme. Ce qu'il ne peut réussir d'un seul coup, il tâche de le faire par étapes : D'abord la fusion et le nivellement des différentes confessions chrétiennes et ensuite leur destruction totale pour mettre à leur place la religion juive et son gouvernement mondial. Dans les pays «libres», les sionistes agissent à travers la franc-maçonnerie et ce qui en dépend : les sectes, les sociétés secrètes etc. Derrière le rideau de fer, c'est le communisme qui travaille pour eux. Ceci dit en bref, car on pourrait en écrire des volumes.

Bien à vous. Hm. Cassien

Comme de nos jours la colère vient sur l'univers, ne soyez pas troublés de tout ce que vous entendrez, mais dites en vos coeurs :

«Qu'est-ce que cela en comparaison de l'endroit où nous devons aller à cause de nos péchés.»

saint Isaïe de Scété

FANATISME

A tort et à travers, on nous reproche les Matthéistes, d'être fanatiques. Pour fermer la bouche, une fois pour toute, à nos calomniateurs, cette mise au point me semble nécessaire.

D'abord, le fanatisme est une attitude morale comme la négligence, l'indifférence, etc╔ Il peut se manifester en religion, en politique, en philosophie ou en n'importe quelle idéologie; aussi bien dans le vrai que dans le faux. Mais il n'est nullement une preuve ou une contre-preuve pour la vérité. Donc, de nous taxer de fanatiques est un jugement sur notre attitude morale et ne prouve pas si oui ou non, nous sommes orthodoxes et suivons la trace de nos pères. Puisque nos adversaires ne trouvent aucune fausse note dans notre foi, notre écclesiologie, notre application des canons, etc., ils ne leur reste qu'à nous juger sur notre comportement personnel et moral. Nous ne sommes pas des cathares, c'est à dire des purs et des saints, mais nous sommes dans l'Église du Christ, malgré nos péchés et nos imperfections.

Notre fidélité scrupuleuse, même dans les petites choses, n'a rien à faire avec la dîme du cumin et de l'anisette. On voudrait bien que nous soyons plus coulants, plus élastiques, plus souples. Mais de telles attitudes ne ont été pas transmises.

Ceux qui veulent nous inciter à déplacer les bornes, à mitiger, à arranger etc. ne sont que des avocats du diable comme démontre l'épisode suivant :

Un jour, un hiéromoine orthodoxe voyageait dans le train. Il fut accosté par un monsieur très instruit et qui connaissait bien toutes les pratiques religieuses des différentes confessions. Il dit à notre hiéromoine : «Mais, mon Père, reconnaissez que vos jeûnes et vos offices sont bien trop longs, il faut réformer╔» Et le hiéromoine lui répondit : «Oui, monseigneur, je suis bien d'accord avec vous, nos jeûnes sont trop longs, mais je les suis car, voyez-vous quelqu'un n'arrête pas de me tenir le même langage que le vôtre». «Et qui donc ?» demanda notre homme très instruit. «Et bien monsieur, c'est le diable ! Le diable qui veut que je juge de tout avec ma simple raison. Alors, à ce moment-là, point besoin d'Église et vous n'auriez pas non plus besoin de moi ni de quiconque car si chacun peut se guider lui-même, chacun pourra se constituer personnellement sa petite religion de qualité.»

Pour revenir à mes propos. Que ces mauvaises langues nous laissent avec nos péchés et imperfections morales et démontrent un éventuel égarement de notre part au niveau de la foi,s'il se peut. Qu'ils cessent de jeter de la poudre aux yeux des gens qui cherchent à voir la vérité. Mais hélas, en notre temps d'apostasie et de corruption, les loups-pasteurs et faux-prophètes marchent sur le chemin large et spacieux, en entraînant une multitude de gens derrière eux.

hm. Cassien

Tout ne convient pas à tous. À chacun de se déterminer personnellement. A beaucoup, la vie dans un monastère cénobitique est profitable, à d'autres il est utile de se retirer dans la solitude. En effet, il est des plantes qui viennent mieux dans des sols humides; d'autres tiennent mieux dans une terre sèche. Ainsi des hommes : les uns réussissent dans des conditions plus élevées, les autres se sauvent dans de plus humbles. Beaucoup font leur salut dans les villes, en étant au désert par la pensée. Beaucoup d'autres par contre, bien que vivant dans les montagnes, se sont damnés, parce que leur conduite était du monde. On peut se trouver en nombreuse compagnie et être solitaire en esprit; on peut aussi être seul et vivre en pensée avec la foule.

sainte Synclétique

LA STRATÉGIE ACTUELLE DE LA LUTTE SPIRITUELLE

Dans la plupart des cas, nos afflictions sont si légères qu'à première vue on ne peut guère les considérer vraiment comme des afflictions. Mais c'est seulement une ruse de notre ennemi qui, grâce à une longue pratique, a acquis dans la lutte contre l'homme démuni une expérience et une adresse extraordinaires. L'esprit déchu a remarqué que les tentations évidentes, grossières et violentes insufflaient aux hommes un zèle ardent et un grand courage pour les supporter. S'en étant aperçu, il les remplaça par des tentations légères, mais très subtiles et d'une extrême efficacité. Elles ne soulèvent pas de zèle dans notre coeur, elles ne le provoquent pas au combat spirituel, mais le tiennent dans une sorte de léthargie et plongent notre esprit dans la perplexité. Elles accablent et précisément épuisent les forces psychiques de l'homme, le jettent dans l'acédie et dans l'inaction; elles le ruinent en faisant de lui un repaire de passions, conséquence de son énervement, de son acédie et de son inaction. La ruse de Satan et le fardeau de la lutte qu'il mène contre les moines d'aujourd'hui sont tous deux à découvert devant Dieu. Dieu couronne les combattants d'aujourd'hui aussi bien que ceux d'autrefois, même si l'exploit ascétique des premiers est moins apparent que celui des seconds. Gardons-nous donc de nous laisser aller à l'énervement, à l'acédie et à l'inaction ! Mobilisons au contraire toute notre attention et tous nos efforts pour observer les commandements de l'évangile. En les accomplissant, nous découvrirons les innombrables pièges de l'ennemi et cette astucieuse préméditation avec laquelle il les combine et les met en place. Nous verrons que les afflictions et les tribulations d'aujourd'hui, légères en apparence, tendent, tout comme les violentes afflictions et tribulations d'autrefois, à détourner l'homme du Christ, à détruire sur la terre le vrai christianisme, n'en laissant subsister que l'enveloppe extérieure afin de tromper plus facilement les hommes. Nous verrons que les tentations légères mais conçues et mises en oeuvre avec une malice infernale agissent bien plus efficacement, du point de vue de Satan, que les tentations violentes, certes, mais manifestes et directes.

...

Malheur au monde qui cause tant de chutes ! Certes il est nécessaire qu'il y en ait, a dit le Seigneur. Dieu permet à la fois la venue des tentations et la détresse morale qu'elles entraînent. Aux approches de la fin du monde, elles doivent devenir si fortes et si nombreuses que, par la suite de l'iniquité croissante, l'amour se refroidira dans la multitude (Mt 24,12). Mais le Fils de l'homme, quand Il viendra , trouvera-t-Il la foi sur la terre ? (Lc 18,8). La maison d'Israël - l'Église - sera dévastée par l'épée, par la violence mortelle des tentations, et deviendra déserte (Ez 38,8). La vie selon Dieu devient très difficile. Elle le devient parce que celui qui vit au milieu des occasions de chute et qui en a constamment sous les yeux ne peut pas ne pas en subir l'influence. De même que la glace perd sa dureté au contact de la chaleur et se transforme en la plus douce des eaux, de même un coeur débordant de bonne volonté, s'il est exposé à l'influence des tentations, surtout quand elle est constante, s'affaiblit et finit par changer. Mener une vie selon Dieu deviendra très difficile à cause de l'ampleur de l'apostasie généralisée. Les apostats dont le nombre aura augmenté, par le fait qu'ils continueront de s'appeler chrétiens et d'apparaître extérieurement comme tels, pourront d'autant plus facilement persécuter les vrais chrétiens; ces apostats entoureront les vrais chrétiens de multiples pièges en dressant d'innombrables embûches sur la voie de leur salut et feront obstacle à leur désir de servir Dieu, comme le remarque saint Tikhon de Voronège et de Zadonsk. Ils agiront contre les serviteurs de Dieu par la violence de leur pouvoir, par la calomnie, par des machinations pleines de malice, par toutes sortes d'artifices et par de cruelles persécutions. Le Sauveur du monde trouva à grand-peine refuge dans l'obscur et lointain village de Nazareth pour se cacher d'Hérode et des scribes, des pharisiens, des prêtres et des grands prêtres juifs qui Le haïssaient; de même dans les derniers temps, un moine véritable pourra difficilement trouver quelque retraite isolée et inconnue pour y servir Dieu dans une certaine liberté et sans se laisser entraîner par la violence de l'apostasie et des apostats au service de Satan.O époque malheureuse !O situation désastreuse !O détresse morale, imperceptible pour les hommes sensuels et pourtant incomparablement plus grande que les plus étonnantes des catastrophes matérielles !O calamité qui commence dans le temps mais ne se termine pas dans le temps, qui passe dans l'éternité !O désastre des désastres, connu seulement des vrais chrétiens et des vrais moines, mais ignoré de ceux qu'il frappe et engloutit.

Évêque Ignace Briantchaninov

Un vieillard a dit : «Fais tout ce que tu peux pour être irréprochable et ne recherche pas de compliment.»

FRANC-MACONNERIE ET OECUMÉNISME

 publié dans : «Agios Agathangelos Esfigmenitis» (n°69)

Qui a engendré ces deux frères ? Ce sont les pirates éternels, les colonialistes intéressés et pervers, les esprits mauvais de l'humanité - la race anglo-saxonne. Les sanguinaires celto-saxons étaient et sont encore «des hommes sauvages et très cruels», comme les décrit la Vie du saint apôtre Aristobule, qui était allé leur prêcher le christianisme. Leur histoire était toujours une vie de pirate. Ils s'intéressent uniquement à leur intérêt pervers aux dépens des autres et ils considèrent et utilisent leur religion - dont le chef est toujours le roi - comme un «business» et comme un commerce. On peut aussi s'apercevoir comme ces «gentlemen» conçoivent la religion en visitant la célèbre abbaye de Westminster, leur temple officiel, à Londres. Là se trouvent leurs saints honorés par des statues-bustes. Ce ne sont pas ceux qui ont été agréables à Dieu par la vertu et la dévotion, mais des guerriers et des politiciens, qui ont apporté des «bénéfices» à la suite d'invasions, de batailles et de combats navals, de perfidie politique et satanique, de colonies. Parmi eux se trouvent aussi des juifs. Dans la crypte de ce temple se trouvent, au sol, des sépultures. En traversant, on marche sur les croix de ces dalles (note : il est interdit par les canons de l'Église de figurer la croix par terre pour ne pas la piétiner)É On y trouve le monument de Nelson (le chef dans la bataille navale de Trafalgar en l'honneur de laquelle les Anglais se sont définitivement imposés sur mer en battant les Français) sur lequel est inscrit en lettres majuscules : «GOD AND MY NATION» (Dieu et ma nation). A son côté se trouve son canon !

Il est bon que les soi-disant «orthodoxes» connaissent tout cela et qu'ils se rendent compte à qui ils ont affaire. Ces «orthodoxes» instituent sans cesse des «réunions» et des «dialogues», en exploitant les choses divines et en se préoccupant de l'«union des Églises». Si ceux-ci, complètement endurcis, sont devenus des «décidés» et amis du monde, protestantisants et traîtres, les fidèles eux, connaissent la voie des pères. La race perfide, souillée et insolente des Anglo-saxons, qui rapporte tout à elle-même, qui se soucie uniquement de son propre intérêt, de l'attachement matériel, de son bien-être et de la prédominance mondiale, piétinant la terre, cette race invente exclusivement ces mouvements justement dans ce but. Et les Grecs «éveillés» qui dévorent ces appâts comme des rapaces «voient» en ces «hommes mystérieux et infernaux» de la politesse et de la sincérité. Les malheureux pensent que les anglo-saxons demandent╔ «leurs lumières». Par contre ceux-ci se «jouent d'eux»; d'après leur digne représentant Churchill (qui se glorifiait d'être le «premier sioniste») qui a proféré sa «méthode cynique» : «Je flatte le chien, ce joli petit chien, jusqu'à ce que je trouve le moment propice pour lui donner un coup qui va l'assommer».

Le «secret», c'est-à-dire la «fermeture» en soi-même; la sournoiserie, l'infernalité, la perversité de cette race se démontre par le fait que toutes ces «organisations» secrètes, qui agissent dans l'obscurité et la discrétion, visent des buts plus profonds, autres que ceux qui se font voir en apparence. Ce sont des créations-aubaines des «ordres» des Anglo-saxons. Ce sont eux qui ont inventé et canalisé la franc-maçonnerie, le scoutisme, le Rotary, le lionisme, les YMCA et YWCA et, récemment, la «Table Ronde», et ils continuent d'en inventer. Des chrétiens grecs, attirés par l'inconnu et par l'immonde intérêt individuel s'y familiarisent passionnément╔ Ils mettent en avant, par l'hypocrisie irritante, imprudente et imméritée des hommes honorables ainsi que par l'opiniâtreté que leurs organisations ont pour but «la philanthropie, la compréhension mutuelle et l'aide aux nécessiteux, etc» (aucun pêcheur n'est assez sot pour jeter l'hameçon sans appât). Si leurs buts ne visaient pas plus loin, pourquoi tant d'attachement et d'obstination ? Ne pourraient-ils pas, comme les chrétiens orthodoxes de Grèce, s'organiser et réaliser ces fins sans les iniquités et les trahisons aux dépens de la foi ? Faut-il être dirigé par des Anglo-saxons d'Angleterre et d'Amérique ?

Toutes ces organisations furent créées par les Anglo-saxons pour saper et décolorer les autres nations, pour le profit de la nation anglo-saxonne. Il existe chez eux une discipline de fer, et leur chef qui donne les ordres et les directives, est inconnu du grand public, et se trouve en Angleterre ou en Amérique. La «racine» de la franc-maçonnerie et de la plupart des autres sociétés est l'Angleterre (le reste se trouve en Amérique) où se trouve «la Grande Loge, l'autorité Suprême de contrôle». C'est avec elle que toutes les loges du monde sont en relation suivie et elles s'y réfèrent très régulièrement. De cette façon intrigante les Anglo-saxons ont des espions partout et apprennent les secrets de toutes les nations, afin de les saper et les pervertir à leur profit. Ainsi l'a écrit le chef de brigade de gendarmerie A. Drembélas qui était aux services du contre-espionnage grec : «Le directeur de la Loge possède un réseau excellent de renseignements divers et recueille tous les renseignements secrets, mis en circulation avec une discrétion extrême. Celui qui possède un plan secret d'état, n'a pas le droit de le cacher en mettant en avant la loi╔» Ainsi l'événement suivant nous parle d'une manière très évidente quelle est la «patrie» des francs-maçons et qui est au service de celle-ci : On avait demandé à la Loge de Zante d'agir selon la Grande Loge de Londres, au moment où Chypre souffrait. Mais le Vénérable de la Loge D. Dasis a rejeté la proposition sans discussion. Et il a déclaré officiellement : "Vous êtes ici sur le territoire anglais, ne l'oubliez pas". Où est la conscience de ces traîtres indécents ? Voici de quelle manière cet Anglo-saxon avec son âme satanique possède partout des «territoires anglais» et des serviteurs, qui sont au service de «la métropole» - la nation anglo-saxonne !

Qui «par hasard» lira des textes des francs-maçons, imprimés par eux-mêmes, où ils essaient de justifier la franc-maçonnerie et de présenter «ce qui est» ou «ce qui n'est pas» verra avec quel «zèle», quelle obstination et quelle fureur enragée ils insistent et comment ils prennent sa défense avec un fanatisme sanguinaire. Ceux qui ont bâti la franc-maçonnerie, les Anglo-saxons, ont aussi construit l'oecuménisme, pour la «fusion-disparition» de l'orthodoxie et la dispersion de la panhérésie impie. Ce mouvement inspiré par Satan a débuté depuis longtemps et il a surtout commencé à s'organiser et à s'élargir de manière générale depuis le congrès de Lambeth en juillet 1897, où les évêques de la communion anglicane, au nombre de 194, réunis ensemble avaient voté à voix unanime une action qui vise «l'union des Églises»╔

Des nombreux congrès de ce mouvement s'ensuivirent. Les principaux : Édimbourg en 1910, Genève en 1920, Stockholm en 1925, Lausanne en 1927, Oxford et Édimbourg en 1937, lesquels aboutirent à la fusion profane, qui s'appelle le «Conseil Mondial des Églises», cette maison internationale de tolérance puisque saint Grégoire de Nicée et d'autres pères appellent les hérésies des prostituées. Et dans ce lieu immonde, des «orthodoxes» avaient engagé leur mère, la très précieuse Orthodoxie et en sont devenus des «membres fondateurs» !!! «Ils ne distinguent pas entre le pur et l'impur» (Ez 22,26). Quelle est cette Orthodoxie profanée ? C'est celle des apostats de 1920-24.

Ces soi-disant orthodoxes impliqués dans «l'ACTION» votée et souillée par les Anglo-saxons - l'oecuménisme - croient-ils que ces celto-pirates ont inventé et continuent cette «ACTION» par bonté, piété et dévotion à la Gloire de Dieu et l'intérêt du christianisme ? Peuvent-ils observer dans la «politesse» présentée, dans les «bonnes intentions», dans le «zèle» des Anglo-saxons une ombre de sincérité et d'honnêteté, ou au moins la bonne volonté et l'impassibilité, l'absence du fanatisme et le désintéressement ? Oh, Grecs «pleins d'amour-propre» et «d'intelligence» ! Deviendrez-vous une plaisanterie tellement grande des «Francs niais» comme vous les croyez et des «Yankees» et serez-vous éternellement recherchés d'eux ? Est-ce que vous vous éveillerez en vous grognant : «Les fripons nous ont trompés», seulement après vous être brûlés ? Autant ils défendent avec rage, fanatisme et disposition meurtrière la franc-maçonnerie, leur rejeton diabolique &endash;  qui est leur intérêt, autant et davantage ils se démènent pour imposer leur produit nouveau, l'oecuménisme. D'une façon ou d'une autre, ils sont des francs-maçons, et la fierté de la franc-maçonnerie est que «si ce mouvement pour l'union des Églises est en bonne voie, on le doit à notre ordre. » Les soi-disant orthodoxes ont-ils jamais vu chez les Celto-saxons de la sincérité et de l'intérêt, tel qu'ils veulent faire croire ? Qui connaît un peu cette race s'aperçoit s'ils s'intéressent vraiment à la sincérité et l'honnêteté et s'ils se soucient de l'Orthodoxie. S'intéressent-ils vraiment à connaître et à se familiariser avec l'Orthodoxie ou agissent-ils au contraire par «oecuménisme» ? Quand les soi-disant orthodoxes se sont activement impliqués dans cette opération profane et ont édité «l'Encyclique de 1920» &endash; blasphématoire et outrageuse contre l'Orthodoxie &endash; alors les protestants anglo-saxons la préconisèrent partout dans le monde en faisant de grands éloges. Ils ne manquent pas jusqu'à présent à faire l'éloge de la fameuse et importante Encyclique de 1920». Car celle-ci a professé pour la première fois contre Dieu et pour la destruction de l'Orthodoxie et la reconnaissance officielle des hérétiques comme des «Églises du Christ» !!!

Quel était le «prix» de cette «reconnaissance», qui défigure les choses de Dieu et qui s'adonne à l'adultère ? C'est l'acceptation par les Anglo-saxons protestants et oecuménistes, des soi-disant orthodoxes dans l'enclos de l'oecuménisme, le «Conseil Mondial des Églises». Il n'y a pas longtemps qu'un protestant a écrit, en se référant à cette «condescendance» des Anglo-saxons envers les «orthodoxes» : l'Encyclique renommée de 1920 du Patriarcat oecuménique fut décisive pour la participation des orthodoxes (au «mouvement oecuménique»). Et il donne à entendre que cette Encyclique adopte une autre «ecclésiologie». C'est-à-dire celle qui reconnaît les hérésies comme «des Églises du Christ», est exactement celle qui a rendu possible l'entrée des Églises orthodoxes au Conseil Mondial des Églises et au mouvement oecuménique (Episkepsis 167). C'est-à-dire il raille ceux qui se disent orthodoxes et les persifle comme des mendiants, des parents pauvres ou des traîtres misérables, qui rejettent tout ce qui est précieux afin de gagner la faveur des Anglo-saxons oecuménistes.

Très récemment «l'archevêque» anglican a insisté au Congrès pan-anglican pour que les anglicans cessent d'être une Église confessionnelle╔ que l'Église anglicane doit prendre conscience qu'elle est l'Église╔ que les anglicans prennent conscience de leur universalité ecclésiastique !!! Est-ce que les «orthodoxes» voient-ils dans ce petit témoignage des buts chrétiens et des bonnes intentions ou tout au moins un manque de perfidie et d'indignes arrières-pensées et de sabotage concernant notre foi et notre nation ? Autant que travaille avec rage et fanatisme la franc-maçonnerie, autant et plus agit l'oecuménisme, son frère avec perfidie qui trafique les choses de Dieu.

Que tous ceux qui ont fermé leurs yeux pour ne pas voir, les ouvrent, afin de voir vers où ils sont guidés et vers où ils guident ! Qu'ils reprennent et séparent leur responsabilité, s'ils tiennent à leur nom d'orthodoxe !

Comme le soleil projette des ombres, là où est le saint Esprit surgissent des persécutions et des luttes.

saint Macaire le Grand

SAINT ANDRÉ DE CRETE

(suite)

Le tyran reprit : «Ne faut-il pas être fou ou du moins avoir l'esprit hébété, obtus, pour attribuer à une matière grossière et corruptible la Gloire d'un Dieu qui est à une distance infinie de toute matière et que ne peut atteindre en aucune façon la corruption et enfin pour refuser d'écouter le saint législateur Moïse qui défend expressément de tailler des statues. Telle est la gravité de la maladie qui vous bouleverse l'esprit, que non seulement vous résistez à l'autorité de propos délibéré mais encore vous vous précipitez tête baissée dans le péril. Mais, voyons, rends-toi bien compte de tes actions : ce n'est pas pour la défense de la vérité ni pour l'amour du Christ que tu vas endurer le dernier supplice, mais c'est uniquement pour expier un acte d'audace, qui n'a pas l'ombre de raison.» Le généreux athlète ne put écouter ces outrages d'une langue blasphématrice; il lui sembla que ne pas venger en cette circonstance l'injure faite aux icônes, c'était trahir le bien, et il répondit en ces termes à l'empereur : «Exécrable tête, penses-tu donc que ce n'est point souffrir pour le Christ que d'endurer des tortures pour l'honneur de son image et que l'outrage que l'on fait à une statue n'atteint pas la personne qu'elle représente ? Et comment se fait-il donc que vous condamniez aux derniers supplices ceux qui ont insulté les statues des empereurs, de même que ceux qui vous injurient personnellement ? Et pourtant ne sait-on pas que ces statues d'airain, si parfois elles sont dorées à l'extérieur, ne contiennent à l'intérieur que de la poix, des étoupes, du bois, et d'autres matières viles et abjectes ? Si donc vous, qui n'êtes que poussière et n'existerez plus demain, vous consentez à être ainsi honorés par des statues et des images, vous faites vénérer comme des demi-dieux, et punissez cruellement quiconque offense les statues impériales, comment osez-vous entreprendre quelque chose contre l'image même du Christ, comment ne comprenez-vous pas que l'outrage s'adresse alors à la personne même que représente la statue ? Comment enfin osez-vous affirmer que ceux qui se déclarent prêts à tout souffrir pour Lui ne s'exposent pas au péril par amour de la vérité ?» Le martyr, continuant son discours, se disposait à expliquer le texte allégué de Moïse, à préciser quelle espèce de statue il avait défendue, à faire remarquer que lui-même avait ordonné de fondre des statues de séraphins, qui cependant sont incorporels par nature. Mais l'empereur l'interrompit subitement : «Il est temps, dit-il en s'adressant son entourage, d'apprendre à cet homme a être modéré et prudent et de le punir des témérités de sa langue, comme il vient de le rappeler lui-même, ceux qui insultent les statues royales méritent de subir inexorablement un supplice cruel, quel châtiment ne doit-on pas infliger en toute justice a celui dont la langue scélérate s'attaque audacieusement et impudemment à notre personne même ?» Il prononça ces paroles en lançant des regards furieux au martyr, et en gesticulant selon son habitude, puis il s'écria d'une voix tonnante : «Qu'on le dépouille de ses vêtements, qu'on lui tende les membres avec des cordes et qu'on le flagelle rudement.»

Cette sentence ne changea absolument rien aux dispositions généreuses du saint; l'attente assurée des coups et des blessures qu'il allait recevoir ne refroidit nullement son zèle; au contraire, les colères et les menaces de l'empereur ne firent qu'attiser sa sainte ardeur. L'empereur, voyant qu'il avait affaire à un homme courageux et inaccessible à la crainte, disposé à supporter tous les maux plutôt que d'abandonner son sentiment, craignant que les tortures n'aboutissent qu'à rendre le saint plus tenace, de même que les coups ne rendent que plus entêtés certains animaux; il prit donc le parti de feindre la clémence : «Voyons, dit-il en s'adressant au martyr, n'attends pas d'avoir expérimenté les supplices; obéis à notre décret, et soustrais-toi par ce moyen aux maux qui te menacent.» Le martyr du Christ leva les yeux de l'âme et du corps vers son agonothète et Le pria intérieurement d'affermir inébranlablement en lui la vénération qu'il ressentait pour les icônes sacrées; puis, abaissant les yeux et les dirigeant vers le tyran, il dit : «Sire, à ce que je vois, tu négliges la guerre contre les barbares et l'administration de tes états, pour concentrer tous tes efforts contre le Christ et ses serviteurs. Penses-tu donc, en agissant de la sorte, pouvoir tenir paisiblement les rênes de l'empire romain ? Ne redoutes-tu pas le Jugement de Dieu ? Ou bien t'imagines-tu qu'Il ne jugera pas toutes tes actions ?»

Ces paroles suffirent pour démasquer la feinte douceur du tyran, qui, retournant à sa férocité naturelle, fit fouetter horriblement le martyr avec des nerfs de boeufs. Les officiers de son entourage, désireux de satisfaire la fureur de leur maître, battirent avec rage le martyr, et lui couvrirent le corps de plaies affreuses, d'où le sang précieux découlait et rougissait la terre; quelques-uns même, saisissant des glaives, se précipitèrent sur l'athlète pour le tuer; d'autres lui lançaient des pierres et l'accablaient de toutes sortes d'outrages. Ils ne songeaient pas, les malheureux, qu'ils se faisaient tort bien plutôt à eux-mêmes qu'au martyr : car en s'appliquant à conserver l'amitié d'un roi, qui ne dure qu'un temps, ils se rendaient Dieu hostile, et se préparaient par là des larmes pour le jour du jugement, tandis qu'ils ménageaient de la joie au saint athlète. Mais l'empereur voulait à tout prix triompher de la résistance du martyr. Je ne sais comment mais, tout stupide qu'il était, le tyran ne laissait pas de reconnaître qu'il y avait habilité, en cette circonstance, d'essayer par tous les moyens possibles de gagner le saint, parce qu'alors il gagnerait du même coup beaucoup d'autres orthodoxes, attendu que prendre la tête, c'est saisir en même temps les membres du corps qui suivent nécessairement. Mû par ces réflexions, l'empereur ordonna de cesser les coups et tenta de nouveau de gagner le bienheureux André par la persuasion et par l'apparence d'une fausse bonté. Il le fit approcher près de lui, rendit sa parole plus douce que l'huile, tout en lançant secrètement des traits aigus sur le juste et en lui enfonçant traîtreusement le poignard dans le coeur. Mais, dès qu'il s'aperçut qu'il n'obtenait absolument rien par les caresses, que le saint au contraire n'en profitait que pour attaquer avec plus de liberté sa folie, il jeta de côté la peau d'agneau dont il s'était recouvert, et se montra à tous tel qu'il était en réalité, c'est-à-dire un loup.

Il ordonna d'abord de briser avec des pierres la mâchoire du martyr, pour le punir des paroles piquantes dont il lui avait blessé le coeur. André, imitant alors le proto-martyr Étienne, se mit à prier pour ceux qui le frappaient avec les pierres.

L'empereur envoya alors le bienheureux en prison comme un coupable condamné; mais il ne songeait pas qu'il procurait par ce moyen un habile docteur aux chrétiens qui s'y trouvaient déjà renfermés. André se réjouit à l'exemple de saint Paul des souffrances et des tortures qu'on lui infligeait, et rendit de ferventes actions de grâces au Dieu bienfaisant et clément, qui daignait lui procurer l'honneur de souffrir la prison et les coups pour la Gloire de son Nom. Dès son arrivée, il se mit à instruire et à affermir tous ses compagnons de captivité, non seulement par ses discours pleins de foi et d'ardeur, mais encore par l'allégresse spirituelle avec laquelle il endurait les épreuves pénibles de la prison. Son corps était retenu dans les fers, mais son âme, sans attendre qu'on eût brisé ses liens, s'envolait d'avance en esprit dans les demeures célestes, tellement que le courageux athlète accusait le tyran de trop tarder à le délivrer du poids de la chair et à le débarrasser des liens naturels de la vie d'ici-bas. Pour lui, en effet, le corps n'était qu'une prison, qui retenait l'âme éloignée de son centre, qui par son enveloppe l'empêchait de s'envoler vers les douceurs qui lui étaient réservées et de jouir de l'inénarrable béatitude qui l'attendait. Quelques jours après, l'empereur ordonna de tirer le martyr de sa prison et le fit de nouveau comparaître en sa présence. Il pensait que la crainte des tourments qui lui étaient réservés, jointe aux souffrances qu'il éprouvait des tortures précédentes, devaient avoir brisé sa force de résistance, et que désormais il se montrerait plus lâche et plus coulant. Mais quand il eut constaté que le saint était plus audacieux que jamais et que son amour du Christ n'avait fait que s'aviver avec le temps, il commanda à deux licteurs de le dépouiller et de fouetter rudement ses membres qui portaient encore les traces visibles des coups reçus précédemment. Les bourreaux se mirent à déchirer les chairs du saint, à lui labourer les flancs, à lui arracher des lambeaux de chair. Mais tous leurs efforts ne parvinrent point à lui ravir le trésor de sa foi. Enfin, le tyran, voyant que tout était inutile, hésita quelques instants, puis il le déclara vaincu en prononçant contre le saint la sentence de mort. Il ordonna de lier le martyr par les pieds, de le traîner par toute la ville et de le jeter dans la fosse où l'on précipitait les cadavres des suppliciés. Tel est le lieu infâme que l'empereur assignait à celui qui était digne de l'Éden, des demeures d'en haut et du ciel lui-même.

Tandis que le bienheureux, accomplissant la course de sa lutte suprême, était traîné sur les pavés du forum, un pêcheur qui s'y trouvait assis pour vendre quelques petits poissons qu'il avait pris dans la mer, ayant appris la raison pour laquelle on faisait subir au martyr ce honteux supplice, le sentit soudain poussé par le démon, et saisissant un couteau sur le marché, il coupa le pied du bienheureux André, et mit fin à sa course en même temps qu'à sa lutte, car cette amputation fit mourir le vaillant athlète. Le généreux lutteur s'enfuit alors vers les cieux, il monta vers Celui qui avait rendu ses voies irréprochables, qui avait donné à ses pieds l'agilité du cerf et lui offrait un refuge sur les hauteurs.

Telle fut la vie de saint André; tel est le récit des combats qu'il livra sur cette terre. Telle fut la vaillance de son âme, tel fut le courage qu'il déploya dans la lutte. Les bourreaux qui avaient traîné le corps du bienheureux le jetèrent, dès qu'il fut mort, dans la fosse des supplices, et ce trésor précieux demeura longtemps dans ce cloaque infect; mais la divine Providence prit soin de le défendre contre les bêtes sauvages et les oiseaux de proie, afin que s'accomplit de nouveau en notre saint les paroles de David : «Ils ont exposé les cadavres de tes serviteurs aux oiseaux du ciel; les chairs de tes saints aux bêtes de la terre. Ils ont rendu leur sang comme si c'eût été de l'eau.» Et encore : «Il n'y avait personne qui voulût les ensevelir», jusqu'à ce que Celui qui avait donné à sa chair infirme la force de lutter glorieusement et de conquérir la couronne de gloire inspirât à de pieux fidèles la pensée de ne point laisser perdre le précieux trésor, savoir les saintes reliques du martyr. Dieu ne permit pas que ce corps vénérable demeurât éternellement enfoui, et voici comment il le fit découvrir : douze hommes que de mauvais démons possédaient depuis longtemps allaient courant de côté et d'autre, partout où les poussait le malin esprit qui dominait en eux. Or, il arriva un jour qu'ils se trouvèrent tous réunis dans un même lieu. Ils résolurent alors, afin de supporter plus facilement leur commun malheur, de se tenir toujours ensemble, et après qu'ils eurent parcouru un vaste espace de terrain, ils se sentirent poussés tous à la fois vers le lieu où l'on jetait les cadavres des malfaiteurs, là où avait été précipité le corps du saint martyr, et ils se mirent à invoquer le saint par des cris confus et inarticulés. Puis se jetant sur le monceau de cadavres, ils les écartent avec les mains pour mettre à découvert celui du bienheureux. Chose merveilleuse, ils reconnaissent entre autres le corps du martyr, dont la vertu surnaturelle et peut-être aussi l'odeur suave les avaient attirés, et ils emportent ses saintes dépouilles. On les déposa religieusement dans un lieu décent, appelé Brisis. Quant aux possédés, ils furent guéris en récompense de leur bonne action, et retournèrent joyeusement chez eux. Depuis cette époque, nous sommes toujours en possession de ce précieux trésor, qui nous guérit des maux qui fondent sur nous incessamment. Quiconque souffre d'une maladie, d'un coup reçu, d'un accident survenu, sera certainement délivré de ses douleurs s'il s'approche avec foi du tombeau de saint André, et il y recueillera en outre pour son âme une grâce abondante par la Bénignité et la Clémence de notre Seigneur Jésus Christ, à qui appartient toute gloire, en union avec le Père et le saint Esprit maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Il y a deux causes qui rendent inefficace l'enseignement des choses spirituelles. Ou celui qui parle n'a aucune expérience de ce qu'il dit, et alors ses paroles ne sont qu'un vain bruit pour ses auditeurs; ou celui qui écoute est esclave du vice, et a le coeur fermé aux doctrines les plus salutaires de la vie spirituelle...

Cependant, quelquefois, par la Bonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, il arrive que celui qui était indigne, par sa vie, de prêcher l'Évangile, reçoit miséricordieusement, pour le salut des autres, la Grâce de la science spirituelle.

saint Cassien le Romain

MARTYRS DE L'ÉGLISE DES CATACOMBES EN RUSSIE

(suite)

 

Le métropolite Agathange de Jaroslav

 

Le métropolite Agathange de Jaroslav était le plus ancien hiérarque de l'Église orthodoxe russe, non seulement par l'âge mais aussi par la fonction épiscopale. Il avait été choisi par un concile local comme membre permanent du Saint Synode auprès du patriarche Tikhon. Le concile avait également donné à ce dernier le droit de nommer trois vicaires dont les noms devaient rester secrets, en cas d'événements exceptionnels. Le métropolite Agathange fut nommé second vicaire par le patriarche. Le premier et le troisième vicaires étaient le métropolite Cyrille de Kazan et le métropolite Pierre de Kroutitsk.

Lors de l'arrestation du patriarche Tikhon, et sur son ordre, le métropolite Agathange prit les fonctions de vicaire, le métropolite Cyrille se trouvant en exil. Il eut le temps de faire paraître un édit selon lequel chaque archiprêtre devait diriger son territoire de son propre chef, selon sa conscience et selon le serment qu'il avait prêté. Et seulement dans les cas embarrassants s'adresser à son Humilité, le métropolite Agathange. Pour cela il fut arrêté deux fois : après l'arrestation du patriarche en 1922 - la première fois était en 1919 - et envoyé en exil. Il est clair que le pouvoir soviétique avait besoin d'une Église centralisée !╔

En 1926, en raison de l'arrestation du métropolite Pierre et de l'exil du métropolite Cyrille, le métropolite Agathange entra en fonctions mais démissionna aussitôt car «le remplaçant» du métropolite Pierre, le métropolite Serge, lui fit subir un véritable chantage en l'effrayant et en le menaçant; sa manière d'agir pourrait lui faire supprimer sa dignité, à lui et aux prêtres qui ont les mêmes idées. En 1927, le métropolite Agathange refusa, par une disposition administrative, la soumission au remplaçant provisoire. En fait, il rompit avec le métropolite Serge, motivant ainsi sa décision : «Les dispositions du métropolite Serge troublent notre conscience religieuse et celle du peuple; nous avons la conviction de ne pouvoir appliquer de tels canons qui ont été formés selon les circonstances actuelles.» Ainsi que le rapportent des visiteurs du métropolite à cette époque, 1927-1928, son état physique était terrible. Épuisé par les enquêtes, les prisons, l'exil et la conduite envers lui du métropolite Serge, il avait perdu la faculté de parler clairement et donnait l'impression d'un homme persécuté et pitoyable.

Les partisans du métropolite Serge répandent le bruit que le métropolite Agathange, au bord de la tombe, s'est réconcilié avec Serge. Cette conclusion sans fondement repose sur le fait que le métropolite Agathange aurait reçu le télégramme suivant : «Est-il vrai que vous êtes uni canoniquement au métropolite Serge ?» Un autre télégramme, portant la signature de métropolite Agathange, aurait apporté la réponse suivante : «Cela est vrai. Métropolite Agathange.» Si la réponse avait été manuscrite, on aurait pu savoir qui en était l'auteur. Mais une telle réponse ne peut nullement convaincre, étant donné les conditions qui régnaient alors en U.R.S.S. Si le N.K.V.S. a pu faire des faux comme émanant du patriarche Tikhon, cela était encore plus facile en ce qui concerne le métropolite malade. Au bout de quatre mois, le métropolite Agathange mourut à l'âge de 74 ans.

Que la mémoire du confesseur du Christ soit éternelle !

Traduit par M. E. Madoumier

Nous voyons aussi cela dans tous les arts. Celui qui veut apprendre un art peine et commet des fautes au début, et il gâche souvent le travail. Il ne se décourage pas pour autant, mais il recommence et même s'il gâche de nouveau le travail, il n'abandonne pas, montrant à son maître sa volonté. Par contre, s'il se décourage et abandonne, il n'apprend rien. Même s'il gâche souvent le travail mais sans abandonner, et s'il persévère dans le labeur et le travail, il acquiert la technique, avec la Collaboration de Dieu, et il fait tout sans peine et facilement, et il peut vivre de son art.

Ainsi en est-il dans le domaine spirituel. Si quelqu'un entreprend de pratiquer une vertu, il ne doit pas s'imaginer qu'il réussira aussitôt - car cela n'est même pas possible. Mais qu'il s'y mette, et même s'il gâche le travail, qu'il n'abandonne pas sous prétexte qu'il n'est pas capable de réussir quelque chose; mais qu'il recommence encore, à l'exemple de celui qui veut apprendre un art. Et s'il persévère longuement sans se décourager, Dieu tiendra compte du labeur de sa volonté et lui donnera de faire tout sans effort. C'est ce que disait abba Moïse : «La force de ceux qui veulent acquérir les vertus consiste à ne pas se décourager quand ils tombent, mais à reprendre leur résolution».
abba Zosime

QUETE DE DIEU

Ce qui n'est pas douteux, ce dont ma conscience est certaine, Seigneur, c'est que je T'aime. Tu as frappé mon coeur de ta parole, et je T'ai aimé. Mais le ciel, la terre et tout ce qu'ils renferment, de toutes parts me disent de T'aimer, et ils ne cessent de le dire à tous les hommes, «afin qu'ils soient sans excuse». Tu as plus profondément pitié de celui dont Tu as déjà eu pitié, et Tu témoigneras ta Miséricorde à celui pour qui Tu Te seras montré miséricordieux. Autrement le ciel et la terre ne raconteraient tes louanges qu'à des sourds.

Mais qu'est-ce que j'aime, en T'aimant ? Ce n'est pas la beauté des corps, ni leur éclat qui passe, ni la clarté du jour qu'aiment tant ces pauvres yeux, ni les douces mélodies des cantilènes variées; ni l'odeur suave des fleurs, des parfums et des aromates, ni la manne, ni le miel, ni les membres, délices des enlacements de la chair. Non ce n'est pas cela que j'aime, quand j'aime mon Dieu. Pourtant j'aime une clarté, une voix, un parfum, une nourriture, un enlacement quand j'aime mon Dieu : c'est la clarté, la voix, le parfum, l'enlacement de «l'homme intérieur» que je porte en moi; là où brille pour mon âme une clarté que ne borne aucun espace, où chantent des mélodies que le temps n'emporte pas, où embaument des parfums que ne dissipe pas le vent, où la table a des saveurs que n'émousse pas la voracité, et l'amour des enlacements que ne dénoue aucune satiété; voilà ce que j'aime en aimant mon Dieu.

Qu'est-ce que ce Dieu ? J'ai interrogé la terre et elle m'a dit : «Je ne suis point Dieu». Tout ce qui s'y rencontre m'a fait le même aveu. J'ai interrogé la mer et ses abîmes, les êtres vivants qui s'y meuvent et ils m'ont répondu : «Nous ne sommes pas ton Dieu; cherche au-dessus de nous». J'ai interrogé les vents qui soufflent, et le nom de l'air avec ses habitants m'a dit : «Anaximène (philosophe ionien, tenant l'air pour le principe des choses) se trompe, je ne suis point Dieu.» J'ai interrogé le ciel, le soleil, la lune et les étoiles : «Nous ne sommes pas davantage le Dieu que tu cherches», m'ont-ils déclaré et j'ai dit à tous les êtres qui assaillent les portes de mes sens : «Entretenez-moi de mon Dieu, puisque vous ne l'êtes point, dites-moi quelque chose de Lui.» Ils m'ont crié d'une voix éclatante : «c'est Lui qui nous a créés». Pour les interroger je n'avais qu'à les contempler, et leur réponse, c'était leur beauté.

Alors je me suis tourné vers moi-même et je me suis dit : «Mais toi, qui es-tu ?» Et j'ai répondu : «un homme». Pour me servir j'ai un corps et une âme; l'un appartient au monde extérieur, l'autre est au-dedans de moi. A laquelle de ces deux parts de moi-même aurais-je dû demander de me faire connaître mon Dieu, ce Dieu que j'avais déjà cherché avec mon corps depuis la terre jusqu'au ciel, aussi loin que je pouvais envoyer les rayons de mes yeux, ces messagers ? Mais meilleure est la part intérieure de moi-même; car c'est à elle que tous les messagers de mon corps rendaient compte, comme à un président et à un juge, des réponses du ciel, de la terre et de tout ce qu'ils renferment et qui proclament : «Ce n'est pas nous qui sommes Dieu» et «c'est Lui qui nous a créés». L'homme intérieur connaît ces choses par le ministère de l'homme extérieur; moi, l'homme intérieur, moi l'âme, je les ai connues par les sens de mon corps; j'ai interrogé sur mon Dieu la masse de l'univers qui m'a répondu : «Je ne suis point Dieu, je suis son oeuvre.»

A tous ceux qui ont des sens intacts, cette beauté de l'univers n'apparaît-elle donc pas ? Mais pourquoi ne parle-t-elle pas à tous le même langage ? C'est que les animaux, petits et grands, la voient, mais ne peuvent l'interroger, car il n'est point chez eux de raison chargée, comme un juge, de recueillir les messages des sens. Les hommes, eux, en ont le pouvoir, afin «que les perfections invisibles de Dieu se manifestent à l'intelligence a travers ses oeuvres.» Mais l'amour qu'ils ont pour les choses créées les y asservit, et cet asservissement les rend incapables de les juger. Or, elles ne répondent qu'à ceux qui les interrogent en les jugeant. Elles ne changent pas leur langage, j'entends leur beauté, lorsque l'un se borne à les voir, tandis que l'autre les interroge en les voyant; elles ne leur présentent pas des apparences différentes; mais, tout en gardant le même aspect à leurs yeux, elles demeurent muettes pour l'un, alors qu'elles parlent à l'autre. Ou plutôt elles parlent à tous, mais ne sont comprises que de ceux qui comparent leur voix du dehors avec la vérité qui est en eux. Car la vérité me dit : «Ton Dieu n'est ni le ciel, ni la terre, ni aucune espèce de corps.» Leur nature le dit. Pour qui sait voir, une masse est moindre dans ses éléments que dans son tout. Déjà tu es meilleure, ô mon âme, je te le dis, puisque tu animes la masse du corps où tu es unie en lui communiquant la vie qu'aucun corps ne peut donner à un autre corps. Mais ton Dieu est pour toi aussi la vie de ta vie.

Saint Augustin d'Hippone
(Les Confessions, Livre dixième, VI)

Comme les préceptes généraux contiennent en eux tous les préceptes particuliers, ainsi les vertus générales englobent en elles les vertus particulières. Celui qui vend ses biens et les distribue aux pauvres et d'un coup devient pauvre a rempli d'un coup toutes les obligations partielles des préceptes : il n'a plus besoin de donner à un solliciteur ni d'éconduire un emprunteur. De même celui qui pratique la prière continue à tout enfermer dans cet acte et il n'est plus dans la nécessité de louer le Seigneur sept fois le jour, soir, matin et midi, étant donné qu'il à déjà accompli toutes les prières et les chants prescrits par la règle pour des temps et des heures déterminés. De même encore celui qui a reçu consciemment en lui Dieu qui donne aux hommes la connaissance, a parcouru toute l'Écriture et ayant cueilli tout le fruit de la lecture il n'a plus besoin de la lecture des Livres. Comment cela ? Celui qui a pour interlocuteur l'Inspirateur de ceux qui ont écrit les Écrits divins, qui est initié par Lui aux arcanes des mystères secrets, celui-là donc est pour les autres un livre inspiré par Dieu; il porte les anciens et les nouveaux mystères gravés en lui par le Doigt de Dieu parce qu'il a tout accompli et qu'il se repose en Dieu, la Perfection souveraine de tous ses travaux.

Saint Syméon le Nouveau Théologien

LES DIFFÉRENTS GENRES DE MAGIE

dénoncés par saint Nicodème de l'Athos

 

La Magie qu'est-ce que c'est ?

Le premier genre de magie est la magie proprement dite, l'art et la science avec lesquels les démons sont appelés, questionnés. Ils répondent soit en indiquant des trésors cachés, soit en expliquant des songes ou des apocryphes.

Ceux qui se servent et connaissent cet art, s'appellent des mages. Les mages divisent les démons en trois catégories : les supérieurs : ceux qui sont dans les airs ; les intermédiaires : ceux qui sont sur la terre ; et les inférieurs : ceux qui sont sous terre. Les mages disent aussi que les démons qui sont dans les airs sont bienfaisants ceux qui sont sur la terre indifféremment bons ou mauvais, et ceux qui sont sous terre malfaisants, mais en vérité tous les démons sont toujours malfaisants.

Certains mages sont Égyptiens, comme Janis et Jambre dont parle Paul dans son deuxième Épître à Timothée, (ch 8), ou Chaldéens, dont il est écrit dans la Bible au livre de David, (ch 2), qu'ils appelaient «plus savants que les savants». Les mages qui se sont prosternés devant l'Enfant Jésus en font partie. Aussi saint Basile dit qu'ils pratiquaient l'astrologie et qu'ils s'occupaient des mouvements de la nature. «Les mages sont d'origine Perse, ils possèdent en outre l'art divinatoire, les envoûtements et les vertus naturelles des remèdes. Ils sont maîtres dans l'observation des phénomènes célestes». (Discours sur la Nativité du Christ).

Nous concluons que tous les devins, les enchanteurs, les sorciers, tous ceux qui s'occupent de sciences occultes, sont communément appelés mages.

Qu'est-ce que la divination ?

Le deuxième genre de magie est la divination et ceux qui la pratiquent se nomment des devins. Ce sont les gens qui se livrent eux-mêmes aux démons et au moyen de la paume des mains ou des philtres divers ou des sacrifices ou des faux emplâtres ou tout autre moyen ils croient pouvoir lire l'avenir, comme l'explique Matthieu Blassaris.

 

Qu'est-ce que l'incantation ?

Le troisième genre de magie est l'incantation et ceux qui la pratiquent sont

appelés sorciers. Ils sont connus par leur pratique de pleurer et de gémir sur les tombes, pour appeler les démons à leur service afin de rendre des gens handicapés, aveugles, sourds ou malades. Ils croient même qu'ils peuvent sortir les morts des tombes comme la femme ventriloque avec le prophète Samuel ( cf. R 28,3).

Sont aussi des sorciers ceux qui voient les vampires et ouvrent les tombes pour les brûler. Certains, comme Matthieu Blassaris, ne font pas de différence entre sorciers et charlatans, mais d'autres la font.

 

Qu'est-ce que le charlatanisme ?

Le quatrième genre de magie est la charlatanisme et ceux qui le pratiquent sont appelés charlatans. Eux, en même temps que les invocations aux démons, invoquent les psaumes de David, les noms des saints, de la sainte Vierge et du Christ. En général ce sont des femmes vieilles et peu recommandables.

 

Qu'est-ce que l'envoûtement ?

Le cinquième genre de magie est l'envoûtement et ceux qui le pratiquent sont appelés envoûteurs. Ils invoquent les démons pour les faire obéir à leur volonté avec des chants magiques et des invocations secrètes. Ce sont eux dont il est écrit dans la Bible «qu'ils ont tenu tête à Moïse et ont, soi-disant, fait quelques miracles» (Ex 7-8). Les envoûteurs pratiquent aussi leur art aux fauves, lions, ours, etc, afin que ces derniers ne mangent pas les animaux domestiques qui couchent dehors la nuit aux serpents afin qu'ils ne les mordent pas, etc. Envoûteurs sont aussi ceux qui par l'art diabolique et la magie envoûtent les couples.

 

Qu'est-ce que l'empoisonnement ?

Le sixième genre de magie est l'empoisonnement et ceux qui le pratiquent sont appelés empoisonneurs. Ils se servent d'un art magique pour préparer certains breuvages empoisonnés soit pour tuer, soit pour ensorceler l'esprit, soit pour attirer l'amour physique de quelqu'un. Ces breuvages (philtres) sont souvent utilisés par des femmes pour attirer l'amour corporel des hommes.

 

Qu'est-ce que l'art de consulter les augures ?

Le septième genre de magie est l'art de consulter les présages et ceux qui qui je pratiquent sont appelés des superstitieux. Ils prédisent l'avenir en regardant voler ou crier les oiseaux, spécialement les corbeaux d'où le nom d'»augure» (en grec anc. adj. ailé). Sont superstitieux aussi ceux qui croient que les rencontres ou questions d'autres personnes sont des présages, surtout s'ils s'apprêtent à voyager, partir à la chasse ou à la pêche. Ceux qui croient aussi au hasard, à la chance, aux rêves ou au destin. Ceux qui considèrent certaines heures de la journée bonnes ou d'autres mauvaises, spécialement vers le début de l'après-midi et ils ne naviguent ni ne vendent, ni ne traitent leurs affaires à ces heures-là. Ceux qui par superstition diabolique ne donnent ni feu, ni lumière à leurs voisins ou ceux qui croient aux fantômes. Ceux qui encensent leurs maisons et leurs figuiers qui saluent la nouvelle lune et qui croient à l'existence des lutins ou des fées dans les fontaines ou dans la mer. Ceux qui observent les mouvements naturels de leurs membres et quand ils se grattent les mains concluent qu'ils auront de l'argent ou quand ils se grattent le nez pensent qu'ils sentiront des parfums, etc ou quand leurs yeux clignent nerveusement disent qu'ils verront un ami, et encore lorsque les oreilles sonnent entendront une bonne nouvelle et beaucoup d'autres sottises du même genre dont Joseph Bryennios parle. De même certains soi-disant chrétiens qui en bâtissant leur maison ou leur bateau, tuent une poule ou un agneau sur les fondations de leur maison ou sur la cale de leur bateau, afin qu'en offrant ce sacrifice au diable, leur maison ou leur bateau ait un démon protecteur.

 

Qu'est-ce que l'art d'observer les nuages ?

La huitième sorte de magie est l'art d'observer les nuages et ceux qui la pratiquent sont appelés «chasseurs de nuages». Ils observent les nuages, surtout au coucher du soleil, pour prédire l'avenir. Si, par exemple, ils voient des formes de gens armés sur les nuages ils prédisent la guerre et autres fadaises. Chasseurs de nuages sont appelés aussi ceux qui, avec la coopération des démons, chassent les nuages d'un lieu vers un autre afin qu'il neige ou pleuve.

 

Qu'est-ce que l'astrologie ?

La neuvième sorte de magie est l'astrologie et ceux qui la pratiquent sont appelés astrologues. Ils observent les mouvements du ciel et des astres puis ils désignent comment le libre arbitre de l'homme est gouverné et prescrit par eux. Par l'influence des astres mêmes ils expliquent les passions et les impulsions de l'âme, par l'influence des mouvements des astres sur les autres, ils expliquent les diverses étapes de la vie des hommes (horoscope). Avec la coopération de Satan ils prédisent par les astres et ils y croient comme aux dieux. En font partie aussi ceux qui prédisent l'avenir par le tonnerre, les éclairs ou par le temps qu'il fait les six premiers jours d'août.

 

Qu'est-ce que les talismans ?

La dixième sorte de magie est le port d'amulettes et ceux qui les fabriquent sont les sorciers et les charlatans. Ils fabriquent des talismans en se servant de fil de soie et écrivent des noms cabalistiques sur des pentacles. Sont aussi des charlatans ceux qui les portent autour du cou, ou au poignet, pour se protéger du mal, contre la maladie, le sortilège. Ceux aussi qui se crachent dessus pour empêcher par le crachat le sortilège, ceux qui donnent à leurs enfants à porter des perles de couleurs à la façon d'un oeil...

 

Qu'est-ce que les clidones ?

La onzième sorte de magie est les signes, c'est-à-dire la prédiction de l'avenir par les paroles, les incantations (du grec élo, invoquer, célébrer, vanter, d'où Hidones). (Théodorite Octatephchos). Les clidones ont encore lieu en plusieurs endroits, spécialement le 24 juin, fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, à travers lesquels on prédit le destin de chaque homme ou femme.

Les feux que l'on allume pour les solstices d'été et à travers lesquels on saute pendant la même fête (feux de la Saint Jean) ou le premier jour du mois, ont le même but. Pratiquent aussi les clidones ceux qui parlent du ventre (ventriloques) et prédisent l'avenir en paraboles, ceux qui prédisent en regardant les intestins des animaux, les devins qui examinent le foie des victimes, ceux qui prédisent en regardant une poignée de seigle ou de charbon jetée au hasard par terre, ou en bayant d'une certaine manière, ou en soufflant, ou en parlant bas, etc...

Qu'est-ce que la douzième sorte de magie ?

Dans la douzième sorte de magie se regroupent certaines pratiques telles que : faire traverser par les enfants malades un cercle en bois pour qu'ils se fortifient . Poser par les bergers des os aux pieds des moutons pour que le troupeau s'agrandisse . Prononcer des formules magiques par les pêcheurs à la mer afin que les filets se remplissent ; demander de l'aide aux charlatans pour gagner une cause . S'élever en l'air et voyager d'un lieu à un autre pour commettre des crimes ou étrangler les bébés, comme pratiquaient souvent Héliodore le sorcier, Kynops de Patmos et Simon.

L'abbé Hyperéchios a dit : «Qu'une hymne spirituelle soit dans ta bouche, moine, pour alléger le poids des tentations qui surviennent; une belle image de cela, c'est le voyageur lourdement chargé qui, en chantant, oublie la fatigue du chemin.»

HERMITAGE SAINT ETIENNE