Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 24
MARS 1982

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

 SOMMAIRE

NOUVELLES

HOMÉLIE SUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX

MARTYRS DE L'ÉGLISE DES CATACOMBES EN RUSSIE

A PROPOS DE LA CANONISATION DES NOUVEAUX MARTYRS RUSSES

LA MALADIE DE L'ATHÉISME

LA VIERGE QUI ACCUEILLIT LE BIENHEUREUX ATHANASE

LES ACTES DE SAINT DÉMÉTRIUS, GRAND MARTYR

L'abbé Isidore de Péluse disait : «Beaucoup d'hommes désirent la vertu, mais renâclent à prendre le chemin qui y conduit ; d'autres pensent qu'il n'y a même pas de vertu. Il faut donc persuader aux uns de ne plus traîner, et enseigner aux autres que la vertu est vraiment vertu.»

NOUVELLES

Un bon laps de temps est passé depuis le dernier numéro de décembre. A la tournée en France, j'ai dû rajouter le voyage en Argentine. J'y ai été un mois, comme chaque année. De là-bas, il m'a encore fallu changer d'itinéraire pour passer par la Grèce. Après un court séjour en Grèce, j'ai enfin regagné la France et, par étapes, l'hermitage.

Mais il se peut que je doive bientôt de nouveau faire mes valises. Cependant, il n'y a encore rien de sûr. Pour le moment, je tâche de reprendre ma vie habituelle à l'hermitage et de continuer de mon mieux la publication du bulletin.

Bien à vous hm. Cassien

Un soldat ayant demandé à l'abbé Mios si Dieu agréait la pénitence, le vieillard lui dit, après l'avoir longuement catéchisé : «Dis-moi, très cher, si ton manteau s'est déchiré, vas-tu le jeter ?» Il répondit : «Non, je le répare et je m'en sers.» Le vieillard lui dit : «Si donc toi aussi tu ménages ton vêtement, Dieu ne ménagera-t-Il pas sa propre créature ?»

HOMÉLIE SUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX

Métropolite Philarète de Moscou

Il est agréable et beau de contempler l'image du soleil dans le miroir d'une onde pure, qui la reproduit à l'oeil du spectateur, moins radieuse, mais plus accessible que le disque qui brille au haut des cieux. De même, aussi, notre intelligence élevée à Dieu se plaît à admirer, dans les sources limpides d'Israël, je veux dire dans la parole inspirée des prophètes, le glorieux reflet du soleil de justice, qui est notre Seigneur Jésus Christ, bien qu'Il y resplendisse moins que dans le livre des évangiles, mais toujours sous des traits qui nous révèlent ses attributs divins, son action miraculeuse et les profonds mystères de l'oeuvre du salut.

L'évangéliste Matthieu lui-même n'a pas jugé superflu de nous signaler la Gloire du Seigneur et le mystère de la solennité présente, en empruntant à cet effet les paraboles du prophète Zacharie. Relisons donc, mes frères, le texte formel de la prophétie, que l'évangéliste abrège en le rapportant ; « Réjouis-toi hautement, fille de Sion ; prêche, fille de Jérusalem, voici que ton Roi vient à toi, apportant la justice et le salut. Il est doux, et Il est assis sur un animal de somme et un jeune ânon. » (Zach 9,9). Ici, deux objets se présentent à nos méditations : l'accomplissement miraculeux de la prophétie, et une nouvelle prédication d'un événement nouveau.

Quand bien même l'accomplissement de la prophétie de Zacharie ne serait pas encore manifesté, il suffirait d'étudier attentivement cette prédication pour nous convaincre qu'elle annonce un événement miraculeux. En effet, pouvait-on s'attendre à ce qu'un Roi, aux approches de la capitale, y entrât triomphalement assis sur un jeune ânon, né d'une ânesse façonnée au joug ? Et si quelqu'un se fut ainsi présenté en s'attribuant la dignité royale, pensez-vous qu'on l'eut accueilli par des transports de joie et des acclamations, plutôt qu'avec dérision et outrage ? Dans l'antiquité, les monarques vainqueurs faisaient leur entrée sur de superbes coursiers ; les grands et les riches voyageaient, à la vérité, d'après un usage antique, portés par des mules ou des ânesses, mais choisir pour monture un ânon né d'une bête de somme et de plus non dressé et suivant sa mère, voilà ce qui est peu convenable et inusité de la part d'un souverain. Comment vint-il donc à l'esprit de Zacharie de nous prédire l'entrée solennelle d'un roi humblement assis sur l'ânon d'une ânesse façonnée au joug ? Et comment une telle prédiction a-t-elle pu s'accomplir ? Certes, c'est Dieu qui l'a voulu et disposé de la sorte. Aussi les Juifs eux-mêmes, frappés d'une prophétie qui se rapporte à une pompe entièrement inusitée, s'accordent-ils jusqu'à nos jours à interpréter la prédiction de Zacharie sur ce Roi si doux, comme se rapportant au Messie, autrement au Christ ; bien que ces infortunés ne le veuillent pas reconnaître dans la personne de Jésus miséricordieux╔

Mais si la grandeur d'un événement extraordinaire perce dans les paroles de Zacharie, la contemplation attentive de l'événement lui-même peut nous révéler des choses bien autrement merveilleuses et essentiellement divines.

Toutes les fois qu'un monarque s'apprête à entrer solennellement dans sa résidence royale, combien de préparatifs et de dispositions préalables devancent une telle solennité. Ici, nous ne voyons rien de semblable ; nuls apprêts commandés par le Seigneur jusqu'au jour où jusqu'à l'heure même de son entrée à Jérusalem. Hier encore, Il soupait à Béthanie, où Il avait ressuscité Lazare ; et lorsqu'on répandait des aromates précieux sur ses Pieds, Jésus ne parlait d'aucune mesure préalable à son intronisation, mais au contraire, Il annonçait sa sépulture. Le peuple était accouru en grand nombre. « Toutefois, ce n'était pas seulement à cause de Jésus, mais pour voir Lazare » (Jn 12,9). Aujourd'hui, dès le matin, Il se rend à Jérusalem accompagné de ses disciples, ainsi qu'Il avait coutume de le faire en d'autres occasions. « Il marchait devant eux, écrit saint Luc, et montait vers Jérusalem » (Lc 19,28). Nuls préparatifs, personne ne songe à Le proclamer Roi. « Ces choses n'étaient pas comprises par ses disciples auparavant. » Soudain, la solennité commence et aussitôt, elle s'accomplit, et elle advint. Avant d'avoir atteint Bethphagé, à peu de distance de la cité sainte, Jésus donne un ordre inattendu : et lorsqu'Il eut atteint Bethphagé et Béthanie, tout proche du mont des Oliviers, Il envoya deux de ses disciples en leur disant : « allez vers le bourg qui est devant vous, et en y entrant, vous trouverez un ânon sur lequel jamais aucun homme ne s'est assis ; » ou bien, d'après le récit plus circonstancié d'un autre évangéliste : un âne attaché et un ânon avec lui. Observez attentivement, mes frères, le procédé divin de Celui qui est notre Roi. Il envisage la prophétie ; Il voit s'approcher l'instant où elle doit s'accomplir, ; mais les instruments de l'oeuvre manquent. Alors, Il abaisse un regard de sa Sagesse infinie et aussitôt tout est trouvé sous sa Main. « Vous trouverez, dit-Il, un âne attaché et un ânon avec lui. » Il est étonnant que l'instrument se soit trouvé prêt, mais ce qui ne l'est pas moins, c'est la manière dont on en dispose. « Après l'avoir délié, amenez-le Moi », dit Jésus à ses disciples. Seigneur ! auraient pu répondre les envoyés, comment détacherons-nous l'animal d'autrui, nous qui lui sommes inconnus et comment l'emmener à l'insu du maître ? En effet, la chose était de nature à embarrasser les apôtres ; et l'impossibilité manifeste de remplir l'ordre donné eut pu les porter à désobéir, puisque dans une conjoncture différente, un seul obstacle les mit en fuite et les porta à renier leur Maître. Alors, que devenait l'oeuvre destinée à accomplir la prophétie ? Cependant, la divine prescience de notre Roi avait prévu l'empressement de ses envoyés, et sa puissance fortifia leurs coeurs contre le doute. Cette même prescience prévit la question du propriétaire de l'ânesse : « Pourquoi le détachez-vous ? » Et par l'effet de ce même empire sur les coeurs, une réponse fut préparée, qui devait être irréversible, quoique peu persuasive en apparence : « Le Seigneur le demande ». Et voilà que les envoyés prennent et ramènent l'animal sans savoir à qui il appartient ; et voilà que le propriétaire le leur abandonne, sans savoir à qui ni à quel usage. Cependant, une foule de peuple, qui n'est point venu à l'appel royal, mais qui s'est assemblé pour la fête, ce peuple n'est point accouru à la voix du héraut, mais au bruit de la résurrection de Lazare et se porte en masse à la rencontre de Jésus. Saisie d'un transport soudain, cette foule, pour toute pompe, étend ses vêtements sous ses pas et remplace les insignes et les armes d'un cortège royal par de jeunes rameaux ; elle Le précède, elle marche à sa suite, elle salue par des acclamations ce Roi plein de douceur, paisiblement assis sur un jeune ânon, qu'aucune main d'homme n'a dressé jusqu'à ce jour à porter un fardeau. D'où sont provenues ces étranges circonstances ? En vérité, tout ceci n'advint que pour accomplir ce qui avait été dit par le prophète. L'impossible s'accomplit pour manifester l'action de Celui à qui rien n'est impossible.

Nous contemplons ainsi, mes frères, l'accomplissement miraculeux de la prédication de Zacharie. Mais aiguisons l'oeil de notre esprit et nous découvrirons au fond de cet événement une prophétie nouvelle relative à un événement bien autrement miraculeux.

Que signifie en effet la royale entrée de notre Seigneur à Jérusalem ? Pourquoi cette prédication si extraordinaire ? Pourquoi cette profusion de miracles ? Quel est le but de ces dispositions inaccoutumées ? Quelle sera la conséquence de cette opération divine ? Où est le fruit de cette manifestation imposante, mais passagère du Roi de Sion ? Pareil à l'éclair, le royaume des cieux brille et se déploie sur Jérusalem ; et aussitôt comme l'éclair, le voilà englouti par la région des ténèbres. Le peuple d'Israël est encore à s'assembler pour aller au-devant du Roi de Justice et de salut, et déjà l'iniquité médite sa perte et celle de Lazare qui a servi à le glorifier : les prêtres « délibèrent pour faire périr aussi Lazare ». Les jeunes enfants Le saluent avec simplicité de coeur lors de son entrée dans le temple ; et déjà les hommes du pouvoir et de la science, les prêtres et les scribes s'indignent ; leur fureur les emporte jusqu'à ne pouvoir dissimuler leur indignation. Aujourd'hui encore l'on dira à la fille de Sion : « Voici ton Roi vient à toi » et dans peu de jours, cette même fille de Sion, c'est-à-dire la population de Jérusalem criera : « nous n'avons point de Roi », et ce Roi même repoussera le prestige de la royauté : « Mon royaume, dira-t-Il, n'est pas de ce monde. » Aujourd'hui « Hosanna au fils de David » ; mais bientôt nous entendrons une autre clameur : « crucifiez-le ! » Pourquoi donc cette pompe si brillante et ce spectacle qui s'évanouissent ? Mais vous avez déjà dit, objectera-t-on, que toutes ces choses se firent pour accomplir la parole du prophète ? J'ai dit, en effet, que l'événement a été prédit d'une si merveilleuse façon, afin que l'on put reconnaître dans cette prédication la parole de Dieu. Mais examinons à quelle fin la parole divine devança et signala lҤuvre de Dieu. Toutes les fois que le Créateur parle et qu'Il fait descendre sur la terre une parole messianique de l'oeuvre qu'Il a résolue, il faut de toute nécessité qu'il en résulte un bien quelconque essentiel et durable, non quelque phénomène momentané. Autrement, à quoi servirait lҤuvre de Dieu ? A quelle fin sa parole souveraine s'abaisserait-elle à des détails aussi mesquins en apparence que l'âge d'un jeune ânon ? Ne soupçonnez-vous pas ici, mes frères, une énigme dont la solution vous embarrasse ? Parvenu à ce point, pour ne pas dépasser les limites de la vraisemblance, je me tais, qu'un autre prenne ma place et vous donne le mot de l'énigme en vous révélant cet auguste mystère, ce sera saint Jean Chrysostome.

Écoutez-le, lorsqu'il explique le mystère de l'entrée solennelle du Seigneur dans Jérusalem : « Ici, dit-il, par l'image du poulain sont désignés l'Église et le peuple nouveau, naguère encore impur, mais dès que Jésus s'y fut placé, devenu pur. Et voyez comme partout la conformité est conservée. Car les disciples délient l'ânon ; de même ce furent les apôtres qui furent chargés d'appeler les Juifs et nous autres chrétiens pris parmi les gentils. Nous fûmes en effet amenés au Seigneur par les apôtres, attendu que notre ardeur devint l'émule de celle d'Israël. Voilà pourquoi l'on nous présente une ânesse à la suite d'un poulain. Lorsque le Christ Se sera assis en Maître sur les nations ; alors les Juifs viendront à Lui en rivalisant avec elles. Et c'est ce que Paul entendait lorsqu'il disait qu'une portion d'Israël avait été frappée d'aveuglement jusqu'à ce que la plénitude des gentils fut ramenée, et qu'ainsi Israël tout entier sera sauvé. Que c'était là une prophétie rien de plus manifeste par la contexture du discours car le prophète n'eut pas mis tant de soins à indiquer l'âge de l'ânon, s'il en était autrement. Au surplus, ces paroles nous révèlent que les apôtres allaient s'acquitter de leur tâche avec facilité. Ici, personne ne s'oppose aux disciples qui s'emparent de l'animal désigné ; de même, parmi les païens, nul ne peut prévenir le début de la mission des apôtres. Le Seigneur ne S'assied point sur le dos de sa monture avant qu'elle ait été couverte des vêtements des apôtres, car ceux-ci ayant emprunté l'ânon à autrui, s'empressent d'y joindre tout ce qu'ils possèdent d'après la parole de l'apôtre : "quant à moi, je me consume avec délices et je serai consumé pour vos âmes". Remarquez encore la docilité du poulain, qui n'étant pas dressé et ne connaissant point le frein, ne se livre à aucun écart, mais se soumet et marche paisiblement. Or, ceci est encore une figure de l'avenir, qui présage la soumission des gentils et leur soudaine conversation à la loi de grâce. Tout en effet se trouve prédestiné par cette parole : "déliez-le et amenez-le Moi", tout, jusqu'à transformer la licence en un ordre divin et les souillures en pureté. »

Ici s'arrête saint Jean Chrysostome. Essayons maintenant de récapituler les enseignements de cet élu du Seigneur, de manière à les rendre, s'il peut encore, plus compréhensible. L'entrée du Christ à Jérusalem n'est point une simple manifestation du présent, mais bien une prophétie et une figure du futur avènement à la royauté. Son royaume n'est pas cette Jérusalem déjà vouée à la destruction, ni le sol de la Judée, que l'on va bientôt dévaster et asservir, non ; ce royaume, c'est l'Église contre laquelle « les portes de l'enfer seront impuissantes ». L'ânesse et l'ânon sur lequel Jésus S'assied pour faire son entrée royale préfigurent deux races d'hommes, sur lesquels Il vient régner spirituellement, savoir : les Juifs et les gentils. L'ânesse façonnée au joug est l'image des Juifs qui avaient longtemps porté sur leurs têtes le joug de la loi, « joug que ne purent endurer ni nos pères, ni nous », d'après le témoignage de l'un d'entre eux ; joug qu'il fallut par conséquent échanger contre celui de Jésus Christ, contre son fardeau qui n'est pas pesant. L'ânon encore non dressé désigne les païens, qu'aucune discipline n'avait apprivoisés et qui ignoraient la loi. Les apôtres s'emparent de l'ânesse et de l'ânon sans résistance : ce qui signifie qu'au mépris des obstacles, les apôtres soumettent au pouvoir de Jésus Christ les hébreux et les nations païennes. Notre Seigneur S'assied sur l'ânon et l'ânesse marche à sa suite ; cela signifie que les païens se soumettent à Lui en plus grand nombre et que lorsqu'ils seront entrés dans le sein de l'Église selon la mesure de leur prédestination, alors le reste des Juifs se convertira et les atteindra dans la voie du salut. L'ânon non dressé reçoit et porte sur son dos le Roi qui le conduit, ce qui indique l'empressement des nations à répudier toute licence et à recevoir la doctrine et les préceptes du Rédempteur. Le peuple étend ses vêtements sous les pas du Roi de la paix, de même que les vrais disciples du Christ Lui sacrifient avec joie tout ce qu'ils possèdent. Enfin, des enfants L'accueillent avec transport et chantent ses louanges : c'est là l'image de ces enfants innocents qui accueillent le Christ avec une foi sincère et Le glorifient par la ferveur de l'amour.

Chrétiens, enfants du royaume de Jésus ! si nous contemplons la gloire, si nous pénétrons le mystère de la solennité présente ; ah ! ne souffrons point qu'elle se déploie à nos regards et passe comme un spectacle qui nous est étranger ; car ce serait nous condamner nous-mêmes à rester étrangers au royaume de notre Sauveur╔

Tous, enfin, mes bien-aimés frères, tous, tant que nous sommes, entonnons avec la sincérité de l'enfance ces cantiques : Hosanna au fils de David ! nous voulons que Celui-ci règne sur nous, dès ce jour et dans l'éternité. Amen.

Sans la permission de Dieu, l'ennemi ne peut rien nous faire ; il attriste notre esprit, non pas autant qu'il le voudrait, mais autant que Dieu le lui permet. Une fois que le moine a compris cela par expérience, il devient de plus en plus sage, à cause des transformations qui s'opèrent en son esprit, et vaillamment, il endure tout assaut de souffrance, en sachant qu'il ne peut prouver à Dieu son amour par rien autant que par le support serein des souffrances, et sachant que cela le conduira à la plus haute perfection.

saint Nil de la Sora

LA MALADIE DE L'ATHÉISME

Un grand savant athée avait une fois organisé une conférence dans une grande ville et sur les affiches qui annonçait celle-ci, on pouvait lire : « La conférence sera suivie d'une démonstration de l'inexistence de Dieu ! » Évidemment, la salle fut archi-pleine, et les gens furent plutôt troublés par l'argumentation de l'orateur, qui était bien convaincante, bien étudiée, et présentée avec beaucoup d'art et de méthode.

A la fin de la conférence, le conférencier sortit de la poche de son gilet une montre lourde et précieuse et, en la montrant à l'auditoire, s'écria : « Voilà la preuve que je vous ai promise, je déclare que Dieu n'existe pas. S'il existe, je le défie, je lui accorde cinq minutes pour me terrasser, et si dans cinq minutes, je suis toujours en vie, ce sera la preuve qu'il n'existe pas ! »

Le plus posément du monde, et plein d'assurance, il commença à compter les minutes : « Une minute ! » et peu après : « Deux minutes ! » La gêne avait gagné tout l'auditoire, et certains même quittaient la salle, prévoyant qu'à la fin de la cinquième minute, rien d'extraordinaire n'aurait lieu, et voulant éviter une déception.

En effet : « Les cinq minutes sont passées, mesdames, mesdemoiselles et messieurs ! Le délai est écoulé, si Dieu existait vraiment, il aurait eu le temps de me tuer, et comme vous pouvez le constater, il ne m'est rien arrivé ! »

« Puis-je vous poser une question ? » demanda timidement un vieillard assis au fond de la salle. « Mais oui, mon brave monsieur, approchez ! » dit l'orateur, plein de condescendance. Le vieillard s'approcha, très calme et tranquille, et monta sur l'estrade où se trouvait l'orateur, sortit ses lunettes de sa poche et ouvrit une vieille Bible qu'il tenait dans sa main au psaume 14 et lu d'une voix calme :

« L'insensé dit en son coeur : il n'y a point de Dieu ! » « Messieurs, dit le vieillard en s'adressant à la foule, d'après l'Écriture sainte, ce savant monsieur est un insensé, c'est-à-dire qu'il est fou ! Et bien, quand les fous nous demandent de les tuer, nous ne les tuons pas, nous les soignons ! »

Le fait que Dieu ne soit pas rentré dans le jeu de l'enfantillage de l'orateur, le fait qu'Il n'ait pas été assez susceptible pour « s'offenser » et venger son honneur insulté, a été interprété comme une preuve de l'inexistence de Dieu ! Il y a tant de crimes, de blasphèmes, et d'atrocités sur cette planète, que si Dieu jugeait bon d'intervenir, Il n'attendrait certes pas la « provocation » d'un pauvre individu pour manifester sa Puissance !

Il y a deux faits : Premièrement, l'athéisme est la chose la plus puérile et la plus superficielle qui existe ! A la différence près que cette puérilité porte un habit de science, d'érudition et de philosophie, et se transforme ainsi en sottise séduisante. C'est pour ses adeptes que l'Apôtre dit : « Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous ! » (Rom 1,22) et ailleurs « Dieu n'a-t-Il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? » (1 Cor 1,20). Ce que les gens du monde considèrent comme sagesse n'est en effet qu'une folie, car l'Écriture enseigne que même s'il existait une sorte de folie chez Dieu, cette folie serait supérieure à la sagesse et à la science des hommes : « Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes » (Ibid., 25). Évidemment, notre Dieu n'est pas « fou », et quand nous parlons de la « folie divine », c'est précisément pour indiquer que la connaissance divine dépasse notre intellect, notre raison et notre logique. Et pour mieux illustrer ceci, supposons que notre Dieu soit fou : la logique humaine et la science ne seraient encore rien devant cette folie qui nous crée et nous sauve !

Un des symptômes de la maladie de l'athéisme, c'est l'orgueil ! L'athée ressemble à l'ordinateur qui voudrait nier l'existence de l'ingénieur qui l'a fabriqué parce qu'il ne peut pas╔ le concevoir. L'orgueilleux ne reconnaissant pas son néant, n'étant pas saisi d'effroi devant son ignorance et sa faiblesse, veut tout expliquer par sa science, et au moment où Dieu ne Se laisse pas devenir un « cobaye » entre les mains de l'expérience humaine, l'homme prend la voie de la facilité, à savoir : nier ce qui lui échappe, et ainsi, devient ridicule. « Le monde avec sa sagesse n'a point connu Dieu » (1 Cor 1,21). L'homme livré à sa sagesse aboutit au blasphème.

Le deuxième fait, c'est que Dieu n'agit jamais de façon démagogique. C'est pourquoi Il S'incarne, meurt et ressuscite dans la plus grande discrétion. C'est pourquoi Il intime aux gens ayant goûté à sa Bienfaisance de ne pas divulguer ses miracles. Souvent, Il refuse les « preuves ». Il refuse des « signes » aux Juifs, Il refuse les démonstrations logiques que les Grecs demandent : « Les Juifs demandent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse » (ibid., 22).

Pourquoi ce refus de Dieu de répondre aux exigences, sinon aux provocations de ses créatures ? Vous n'avez qu'à regarder autour de vous et vous constaterez que notre monde, par ses agissements et par ses doctrines n'est en effet qu'une immense provocation envers la Justice divine. Pourtant, Dieu reste caché dans les « ténèbres » du Sinaï en refusant de descendre au niveau des provocateurs, mais si quelqu'un, comme Moïse, gravit la montagne et entre dans les « ténèbres divines », il entre alors dans l'intimité de Dieu et Dieu lui parle « comme un homme parle à son ami ».

Si j'ai un enfant qui veut couper du papier et qui dispose d'un marteau, d'un couteau et d'une paire de ciseaux, je peux avoir envers lui différentes attitudes. Si je veux rendre mon enfant incapable, je n'ai qu'à prendre le papier et le lui couper : mon enfant me donnera un baiser, et cela se terminera ainsi. Si je désire guider mon enfant, je peux lui mettre les ciseaux entre les doigts, il me dira merci et ceci sera une meilleure attitude de ma part.

Mais je préfère raisonner autrement : par la conception, j'ai transmis à mon enfant toutes les facultés et les possibilités dont je dispose moi-même, ainsi, mon fils, qui est né « à mon image » a en lui tout ce qui lui est nécessaire pour parvenir « à ma ressemblance ». Mais il doit y parvenir par lui-même, car je l'ai doté de toutes mes facultés. Toutes ces facultés, il doit les découvrir, il doit se développer, il doit s'épanouir, et si je désire cet épanouissement qui le rendra à ma ressemblance, j'interviendrai de façon indirecte. Ainsi, même au risque qu'il interprète mal mon attitude, qu'il croie à une indifférence ou à un désintérêt de ma part, je préfère l'observer de loin. Je vois ses échecs avec le marteau et le couteau, je souffre de ses blessures causées par l'utilisation maladroite des ciseaux, mais je continue à lui refuser toute voie de facilité. Il doit observer comment je coupe le papier, il doit observer les images dans les revues, il doit faire preuve d'esprit de recherche, il doit développer son instinct, son initiative, son intuition, etc.

Les gens trouvent tout à fait logique de se mettre fiévreusement à la recherche des particules de la matière et de ses propriétés, mais ils jugent inutiles de se mettre à la recherche du Créateur des particules de la matière.

Ainsi, Dieu refuse aux gens les deux voies de la facilité que lui réclament soit les Juifs, soit les Grecs, pour les obliger à se tourner vers d'autres voies. La théologie chrétienne procède toujours par la voie des négations. Au lieu de dire : « Dieu est ceci, ou Dieu est cela », ce qui limiterait Dieu à nos petites conceptions, elle dit : « Dieu n'est pas ceci, Dieu n'est pas cela ». De cette façon, au lieu de rétrécir Dieu, on élargit l'homme.

Dieu nous dit en quelque sorte : « Je ne suis pas le miracle. Je ne suis pas la logique. Je dépasse tout ceci. Ni le miracle, ni la logique ne sont exclus. Mais la FOI dépasse l'un et l'autre. Quand tu auras appris à croire, tu sauras bien raisonner et tu auras la consolation de mes Manifestations. Mais pour le moment, tu dois surmonter ta paresse qui réclame le miracle, et ton orgueil qui réclame la sagesse. Je ne t'ai pas créé passif dans ta destinée éternelle, mais synergique (coopérant), et J'ai mis en toi les possibilités et les facultés par lesquelles tu peux, dans le contexte de ma Grâce, te dépasser, dépasser les limites étroites de ta raison et grandir à ma ressemblance. »

L'athée est donc un organisme qui refuse de se dépasser pour croire. La raison nous a aussi été donnée pour la surpasser et non pour devenir son esclave. La sagesse humaine sert à atteindre la sagesse divine et n'est pas le but de l'existence. La vie éphémère doit permettre d'accéder à la vie éternelle. C'est pourquoi l'athée est considéré par l'Écriture comme « insensé », comme « fou ».

Amma Synclétique a dit : « Mes enfants, tous nous voulons être sauvés, mais par notre négligence, nous nous éloignons du salut. »

A PROPOS DE LA CANONISATION DES NOUVEAUX MARTYRS RUSSES

 

Ces jours-ci, j'ai pu lire dans une revue qui se veut orthodoxe quelques articles peu homogènes et même contradictoires, concernant la canonisation (glorification) des nouveaux martyrs russes par l'ERHF (Église Russe Hors Frontières).

Voici quelques remarques pour mettre les choses au point. D'abord, les RHF sont en schisme depuis 7 ans, et cacodoxes depuis bien plus longtemps. D'après les canons de l'Église, les sacrements des schismatiques sont dépourvus de grâce. (« ╔leur séparation d'avec l'Église commença bien par un acte de schisme, mais ceux qui se sont révoltés contre l'Église n'ont plus eu en eux la Grâce du saint Esprit, la rupture de la succession en a interrompu la transmission╔ » 1e canon de saint Basile). Par extension, une canonisation faite par une Église schismatique est nulle et non avenue.

Ce n'est donc nullement l'affaire de l'ERHF que de canoniser les nouveaux martyrs en Russie. Seule l'Église des Catacombes en Russie est compétente en cette matière, car elle seule, parmi les Églises Russes, est restée orthodoxe. Les autres « Églises » Russes sont certes bien russes, mais l'orthodoxie leur fait défaut. D'ailleurs, le désaccord entre elles n'est causé que par des raisons politiques : communisme, anticommunisme, tsarisme, maçonnisme, etc.

Les nouveaux martyrs russes se comptent par milliers. L'Église pourrait canoniser l'un ou l'autre d'entre eux, comme par exemple le métropolite Benjamin de Pétrograd, dont nous avons parlé dans le bulletin précédent. Mais vouloir canoniser, à l'heure actuelle, en bloc, tous les nouveaux martyrs russes, est prématuré, puisque la persécution sévit encore.

Je ne suis pas en mesure de juger si le Tzar Nicolas II et sa famille sont ou non des saints. Ils furent certainement de bons chrétiens. L'attitude pro-tzariste de l'ERHF schismatique n'est nullement une base objective et équitable pour un tel jugement et de toute façon privée de la Grâce divine.

Pour le moment, il reste donc seulement à espérer que par les prières des nouveaux martyrs russes, la persécution derrière le rideau de fer cesse enfin, et que l'Église en surgisse, vainqueur de tout schisme et hérésie.

Hm. Cassien

Un samedi de fête, il arriva que des frères mangent à l'église des Cellules. Et comme on présentait le plat de bouillie, l'abbé Belladios l'Alexandrin se mit à pleurer. L'abbé Jacques lui dit : « Pourquoi pleures-tu, l'abbé ? » Il répondit : « Parce que c'en est fini de la joie de l'âme, c'est-à-dire du jeûne, et qu'est arrivé le contentement du corps. »

LA VIERGE QUI ACCUEILLIT LE BIENHEUREUX ATHANASE

J'ai connu à Alexandrie une vierge qui avait soixante-dix ans quand je l'ai rencontrée ; tout le clergé de la ville lui rendait témoignage. Quand elle était jeune, aux environs de ses vingt ans, elle était extrêmement belle, au point qu'elle avait préféré se cacher, ne voulant pas que sa beauté soit pour quiconque cause d'achoppement.

Sous l'empereur Constance, les ariens conspirèrent contre le bienheureux Athanase, évêque d'Alexandrie, en utilisant Eusèbe le préposé, et ils l'accusèrent par toutes sortes de calomnies. Athanase, qui ne voulait pas être jugé par un tribunal corrompu, avait décidé de fuir sans s'en ouvrir à personne, parent, ami, clerc ou autre. Mais lorsque les envoyés du préfet pénétrèrent brusquement dans l'évêché à sa recherche, il prit sa tunique et son manteau, et au beau milieu de la nuit, il s'enfuit chez cette vierge. Celle-ci, stupéfaite, eut grand peur. Mais il lui dit : « Je suis recherché par les ariens et dénoncé injustement ; aussi, pour ne pas être victime d'une fausse réputation ni faire commettre un péché à ceux qui veulent me punir, j'ai décidé de fuir. Et Dieu m'a révélé cette nuit : Tu ne seras sauvé par personne d'autre que par elle. » Folle de joie, elle laissa là toute discussion et se fit toute au Seigneur : elle cacha ce saint pendant six ans, tant que vécut Constance. Elle lui lavait les pieds, accomplissait les services les plus humbles, pourvoyait à tous ses besoins, empruntait des livres pour les lui procurer. Et pendant six ans, personne ne sut, de tout Alexandrie, où se trouvait Athanase. Dès que la mort de Constance fut annoncée, et que la nouvelle parvint à Athanase, il s'habilla de nouveau et sortit pendant la nuit : on le trouva dans l'église, tout le monde fut abasourdi et on le contemplait comme un vivant revenu de chez les morts. Il s'excusa auprès de ses amis et leur disant : « Je ne me suis pas réfugié chez vous pour qu'il vous soit facile de prêter serment et aussi à cause des perquisitions. Et je me suis réfugié chez celle à laquelle personne ne pouvait penser, car elle est jeune et belle ; j'ai ainsi gagné deux choses : son salut - car je l'ai bien aidée - et ma réputation. »

 

Dans : Saint Palladius
Les Moines du Désert
- Histoire lausiaque -
Collection « Les Pères dans la Foi »
Éditions Desclée de Brouwer.

Avant que je te fasse voir notre Dieu, fais-moi voir ton homme ; donne-moi la preuve que les yeux de ton âme peuvent voir et que les oreilles de ton coeur peuvent entendre. Car seuls peuvent voir Dieu ceux qui ont les yeux de l'âme ouverts. Par contre, ceux dont les yeux sont obscurcis par la cataracte des péchés ne peuvent voir Dieu. Peut-on décrire Dieu à ceux qui ne peuvent le voir ? Mais sa forme est indicible, inexprimable, parce qu'invisible pour les yeux charnels.

saint Théophile d'Antioche

MARTYRS DE L'ÉGLISE DES CATACOMBES EN RUSSIE

(suite)

L'intérimaire du trône patriarcal, le métropolite Pierre de Krutitsk

Après le martyre de sa sainteté le patriarche Tikhon, le lendemain de la fête de l'annonciation (le 25 mars), les hiérarques qui s'étaient réunis pour l'enterrement établirent patriarche par intérim le collaborateur le plus proche du disparu, le métropolite Pierre de Krutitsk. Comme, par le passé, il avait assumé la responsabilité, de par le Très Saint Synode, de l'inspection de toutes les institutions d'éducation spirituelle en Russie, il était aussi bien préparé que possible à ce poste, dans la mesure où il était devenu familier avec pratiquement tous les prêtres du pays. Dès son entrée en fonction comme patriarche par intérim, il prit toutes les affaires en main et dès ses premiers pas, il entra en conflit avec le représentant principal des tchékistes « pour les affaires culturelles », E. A. Toutchkov. Ce Toutchkov avait été appelé par le patriarche Tikhon « un ange de Satan », par référence aux paroles du saint apôtre Paul : « Il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter » (2 Co 12,7). Car ce représentant ne perdait pas de vue le patriarche. Même pendant ses prières dans sa cellule, il était constamment présent, tel un « nuage » noir, comme pour être digne de son patronyme Toutchkov (nuage = toutcha en russe)╔ On peut imaginer la condition de sa Sainteté sous une surveillance aussi importune╔ Quand l'intérimaire, le métropolite Pierre devint chef de l'administration de l'Église, le gouvernement soviétique par la personne de Toutchkov interposée, mit toute l'administration, le bureau et l'appartement de l'Intérimaire lui-même dans une seule pièce. Toutes les conversations étaient contrôlées par le même Toutchkov, malgré l'encombrement excessif de la pièce. C'est ici qu'eurent nécessairement lieu les sessions du Synode. Mais, se référant au décret sur la séparation de l'Église et de l'État, le métropolite Pierre renvoya Toutchkov sans cérémonie :

« Une session du Synode va maintenant se dérouler, et je vous demande de quitter la salle ! S'il vous plaît╔ »

Cela déplut fort à Toutchkov, mais il ne put rien faire d'autre que se lever et sortir contre son gré. Mais il se vengea sur l'Intérimaire. Le métropolite Pierre fut arrêté et envoyé au-delà du cercle polaire, à l'île de Tché╔ Dans le lointain Nord, il n'y avait pas assez d'air pour un homme venant d'autres latitudes, et l'Intérimaire Pierre y suffoquait. Il contracta une angine de poitrine, sans parler des autres maladies dont il souffrait. Bien sûr, les autorités centrales étaient dûment informées des conditions dans lesquelles le chef de l'Église orthodoxe Russe était placé. Ces conditions étaient des plus atroces, telles que, d'un point de vue physique, celles des prisons de l'ère stalinienne auraient été incomparablement plus supportables. Et tout cela parce que l'Intérimaire Pierre refusa de se soumettre aux autorités soviétiques ou de signer et de publier en son nom la fameuse « déclaration » servile qu'ils proposèrent également de signer au patriarche Tikhon, ainsi qu'à d'autres hiérarques, et qui fut finalement signée et publiée en son nom propre par l'infâme métropolite Serge le 16 juillet 1929. Et ceci fut prédit par le patriarche Tikhon qui, parlant avec un ami spirituel, Maxime, le futur évêque des Catacombes, disait :

« ╔Si, dans l'avenir, la hiérarchie supérieure de l'Église trahit le Christ et soumet la liberté spirituelle de l'Église aux autorités soviétiques╔ »

Le remplaçant temporaire personnel de l'Intérimaire du trône patriarcal, le métropolite Serge, alla si loin sous la pression des autorités soviétiques, qu'il usurpa le poste de l'Intérimaire, s'appropriant les droits de son supérieur, le métropolite Pierre, et se mit, de façon dictatoriale, à donner des ordres dans l'Église en tant que « premier évêque » illégitime, sans se conformer aux lois de l'Église du Christ. Il se mit à soutenir que les termes de « remplaçant » (temporaire) et « Intérimaire » signifiaient la même chose, et que le métropolite Pierre lui avait transmis la plénitude de « son autorité », et que celui-ci n'avait donc plus de raison d'intervenir dans les affaires de l'Église, d'autant qu'il n'avait pas la possibilité de le faire.

Dans tout cela, dans sa complicité avec les autorités soviétiques, le métropolite Serge voyait son propre « génie » et demandait à tous : « Et Pierre, qu'a-t-il fait de grand ? »

Mais le métropolite Pierre a fait ce que, malheureusement, le métropolite Serge fut incapable de faire. L'Intérimaire tint bon contre tous les efforts anti-chrétiens des autorités soviétiques. C'est pour cela qu'il fut exilé à vie au-delà du cercle polaire, dans les conditions les plus atroces, dans lesquelles il se montra le même jusqu'aux derniers jours de sa vie. Le métropolite Pierre se révéla être un homme d'une volonté inébranlable qui accomplissait ses devoirs élevés d'hiérarque du Christ et de chef de l'Église. Dans un but diabolique, ses persécuteurs le laissèrent en vie, lui prescrivant l'exil à perpétuité pour pouvoir le torturer et le tuer lentement jour après jour pendant plus de dix ans, en le laissant parmi les vivants, à la limite de la mort. Ses tortionnaires essayaient d'épuiser ses forces physiques pour le faire céder par la contrainte inhumaine. Mais lui, fortifié par la puissance de la Grâce de Dieu, resta indompté.

Le métropolite était soigneusement isolé. Aucune nouvelle ne venait de lui, ni ne lui parvenait. Seulement très rarement, et accidentellement, quelques informations passaient parfois à travers les obstacles. Pendant ce temps, le « remplaçant temporaire » du métropolite « par intérim », le métropolite Serge, qui était à la tête de l'Église, devenue orpheline en l'absence de son principal, avait à sa disposition personnelle une résidence privée de 12 pièces à Moscou. Il se vantait de ce que les autorités le reconnaissaient, qu'elles lui avaient donné un « sceau »╔ Il ne s'est pas rappelé ce bain chauffé au bord du lac recouvert de glace de Sébaste, dans lequel s'était plongé cet homme qui, manquant de fermeté, s'était laissé séduire et avait quitté le nombre des quarante martyrs glorifiés*

« ╔puisque vous n'acceptez pas le " génie " du mensonge╔ Puisque vous ne voulez pas souscrire à mon programme et l'accepter comme produit de ce " génie "╔ » - c'est comme s'il avait parlé ainsi, lorsqu'il cria, en colère, en s'adressant au métropolite Pierre : « Alors, vous pourrirez en exil ! » Ce à quoi le métropolite Pierre répliqua tranquillement : « Je pourrirai, mais je serai avec le Christ et pas avec toi, traître, Judas ! »

Oui, il pourrit et se décomposa pendant plus de dix ans dans ce terrible exil par lequel le pouvoir anti-chrétien récompensa cet inébranlable confesseur et martyr - l'Intérimaire du trône patriarcal, le métropolite Pierre.

« Ne crains pas ce que tu vas souffrir╔ Sois fidèle jusqu'à la mort et Je te donnerai la couronne de vie » (Ap 2,10).

O hiéromartyr, hiérarque du Christ, père Pierre, prie Dieu pour nous !


*Il s'agit des quarante saints martyrs de Sébaste en Arménie qui moururent de froid sur un lac recouvert de glace au temps de l'empereur Licinius (322 ou 323). Les persécuteurs avaient mis un bain chaud au bord du lac pour tenter les martyrs (qui étaient complètement dévêtus) et les pousser à abandonner leur confession de foi. L'un d'eux succomba à la tentation, mais fut immédiatement tué en entrant dans le bain, tout en perdant sa couronne de martyr.

Ni les hommes, ni les vertus célestes, chérubins et séraphins, ne peuvent connaître Dieu autrement que dans sa révélation. Par sa nature, Il est au-dessus de l'être; donc au-dessus de la connaissance. On ne peut désigner son essence qu'apophatiquement, par négations. Ce que nous disons de Dieu affirmativement ne montre pas sa Nature, mais ses Attributs, ce qui est auprès de la Nature.

saint Jean Damascène

LES ACTES DE SAINT DÉMÉTRIUS, GRAND MARTYR

fêté le 26 octobre

L'empereur Maximien, appelé aussi Hercule, après avoir soumis à la domination romaine les Goths et les Sarmates, était retourné à Thessalonique, et cet ennemi de Dieu, plongé toujours plus avant dans les erreurs des gentils, faisait alors son séjour dans cette ville. A cette époque, le culte insensé des idoles jouissait d'une grande puissance, et se trouvait partout entouré des plus grands honneurs. Les ministres des faux dieux poursuivaient ceux qui confessaient que le Christ est Fils de Dieu, et livraient impunément aux plus affreux supplices les adorateurs de la véritable sagesse. Parmi leurs victimes se trouve le bienheureux Démétrius, qui, méprisant toute crainte servile, manifestait très haut les sentiments de son coeur. Depuis sa jeunesse, il avait mené une vie pure et irréprochable ; de sa bouche sortaient toujours des paroles de salut, qu'il adressait avec une grande ferveur et une sainte liberté à tous ceux qu'il rencontrait, suivant ce que dit l'apôtre Paul au bienheureux Timothée : « Presse-les à temps et à contretemps. »

Le très saint Démétrius était issu d'une famille sénatoriale. Il avait d'abord exercé la charge d'excepteur ou intendant des troupes, et fut ensuite élevé à la dignité de proconsul de la Grèce. L'empereur Maximien l'avait même honoré des insignes consulaires. Pour lui, méprisant toutes ces pompes mondaines, il n'avait jamais à la bouche que de saints discours ; il expliquait à ceux qui voulaient l'écouter comment, par la venue du verbe de Dieu dans la chair, l'homme, perdu jadis et enseveli dans la mort du péché, avait été délivré de l'erreur, et lavé de toutes ses iniquités. Il montrait que c'est ce verbe divin qui fait resplendir partout la lumière de la vérité et rend libres les âmes de ceux qui croient en Lui. « La justice, la mansuétude, la paix, la charité L'accompagnent, disait Démétrius ; Il permet d'espérer en une vie future, Il ordonne de mépriser les biens terrestres, parce qu'Il peut accorder ceux qui sont éternels et incorruptibles ; Il promet aux siens la résurrection d'entre les morts et l'entrée au paradis. »

Le bienheureux Démétrius enseignait publiquement ces grands mystères, et confirmait par toutes ses actions cette sublime doctrine. Aussi une multitude de gentils se rassemblait autour de lui sous les voûtes souterraines des bains publics et auprès du portique d'Énée, situé du côté occidental du grand forum de Thessalonique. Le bruit de ses prédications se répandit bientôt dans la ville entière, et même dans le pays circonvoisin. Alors les soldats de l'empereur et les licteurs publics auxquels il avait été ordonné de rechercher les chrétiens, se saisirent de Démétrius qui, loin de fuir ou de se cacher, célébrait à ce moment avec ses frères, selon la coutume, les rites sacrés de la religion. Ils l'emmenèrent devant Maximien, l'ennemi de Dieu, comme une grande prise, voulant lui prouver par là quelle diligence ils avaient mise dans leurs recherches, puisque le plus illustre des chrétiens n'avait pu leur échapper.

Or, l'empereur, désireux à ce moment d'assister aux jeux publics, se dirigeait vers le théâtre de la ville, qui est appelé stade. Il s'y trouvait, pour son usage, une sorte de loge faite de grandes pièces de bois et comme suspendue, qui lui permettait, ainsi qu'à ceux qui l'accompagnaient, de voir sans danger ces luttes où l'on répandait le sang humain ; et ce spectacle était un de ses plaisirs favoris. Maximien aimait surtout à voir combattre un gladiateur nommé Lyaeus, vandale de nation, et d'une force si prodigieuse que non seulement à Rome, mais aussi à Sirmium et à Thessalonique, il terrassait et mettait à mort tout adversaire qu'on lui opposait, avec une puissance et une dextérité qui ne pouvait lui venir que d'un long et fréquent exercice.

Comme personne n'osait se mesurer à ce redoutable lutteur, l'empereur l'avait en grande affection et lui parlait toujours d'un visage riant. Il le louait, il admirait la vigueur de ses membres, et se glorifiait de la force musculaire de ce barbare comme de quelque grand avantage. Maximien venait d'arriver au stade et descendait de son char, lorsque les satellites qui conduisaient le bienheureux Démétrius s'avancèrent pour le lui présenter. Il avait, en effet, demandé à ses gardes si l'accusé persistait à adorer le Christ, et ayant appris qu'il osait même exhorter les autres à embrasser le même culte, il avait ordonné qu'on le lui amenât.

Voyant alors paraître cet homme illustre qui se reconnaissait hautement chrétien, et qui semblait disposé à tout souffrir pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ, il ne put s'empêcher d'admirer sa constance et le calme de sa physionomie, qui était d'une grande beauté ; mais ne voulant pas se distraire du spectacle qui allait commencer, il fit enfermer le vénérable martyr dans une des salles souterraines qui avoisinaient les bains publics. En y entrant, le serviteur du Christ aperçut un énorme scorpion qui se dressa de terre sous ses pieds, voulant le piquer avec sa queue. Le bienheureux fit un signe de croix sur la hideuse bête qui périt aussitôt. L'ange de Dieu parut alors, et, plaçant une couronne sur la tête du martyr, lui dit : « Athlète du Christ, sois fort et robuste dans le combat qui t'attend. »

L'empereur entra cependant au théâtre et s'assit sur son estrade. Ayant fait introduire par les appariteurs le gladiateur Lyaeus, il demanda aux assistants si quelqu'un voulait se mesurer en combat singulier avec cet homme, promettant, pour l'encouragement, outre le prix accoutumé, une forte somme d'argent. Un jeune adolescent d'une rare beauté et qui ne portait sur son visage qu'une barbe naissante se présenta aussitôt. Il s'appelait Nestor, et connaissait le glorieux martyr Démétrius, parce qu'il l'avait vu opérant des miracles et entouré souvent des respects de la foule. Il s'était même auparavant rendu auprès du saint martyr, et après s'être jeté à ses pieds, il lui avait dit : « Démétrius, serviteur du Dieu vivant, je veux seul combattre avec Lyaeus ; mais invoque pour moi le Christ. » Le bienheureux, traçant le signe de la croix sur le front et sur la poitrine du jeune homme, lui avait répondu : « Tu vaincras Lyaeus, et tu souffriras le martyre pour le Christ. »

Nestor se rendit donc dans le stade, et ayant descendu tous les gradins, il déposa sa tunique et vint se placer devant l'empereur, qui le regarda d'abord avec une grande surprise et lui dit ensuite avec douceur : « Jeune homme, c'est la misère, sans doute, qui te porte à cette témérité de vouloir seul combattre contre Lyaeus, afin qu'avec la victoire, si tu la remportes, tu puisses acquérir en même temps la richesse, ou si tu es vaincu, tu mettes fin avec la vie à ta cruelle pauvreté. Mais j'ai pitié de ta jeunesse, et je veux même récompenser ton audace. Ainsi, retire-toi sain et sauf avec ces présents, et n'aie pas la hardiesse de te mesurer contre ce fameux gladiateur, qui en a fait périr de bien plus forts que toi. »

Nestor ne voulut pas recevoir ce que lui offrait la munificence de Maximien, et ne fut pas troublé davantage des éloges qu'il donnait à la force prodigieuse de Lyaeus, mais il répondit : « Je ne désire pas tes richesses, ô empereur, et ce n'est pas pour les obtenir que je me présente au combat ; j'y viens seulement triompher de Lyaeus ; et sa défaite me sera plus agréable que toutes les richesses et que la vie même. » Entendant ces paroles, Maximien et ceux qui l'entouraient furent transportés de colère contre Nestor, dont ils ne pouvaient souffrir la jactance. L'empereur excita lui-même Lyaeus au combat, lui donnant, par ses encouragements, une nouvelle audace.

A ce moment, Nestor, ayant fait sur sa poitrine le signe protecteur de la croix, saisit un sabre à la lame recourbée qu'on lui présentait, et, les yeux levés au ciel, s'écria : « Ô Dieu de Démétrius, ô Jésus Christ, Fils bien-aimé du Père, qui a donné à ton fidèle serviteur David la victoire sur le philistin Goliath ; viens briser et confondre l'audace de Lyaeus et de Maximien ». Il dit, et s'élança à travers la barrière contre son ennemi. Les deux combattants se joignirent, et Lyaeus reçut dans le coeur un coup de son adversaire, qui le renversa mourant, et couvrit l'empereur de confusion. Nestor se mit à louer le Seigneur, qui avait accordé aux prières du bienheureux Démétrius la mort si prompte du barbare. Quant à l'empereur Maximien, il s'était levé de son siège, dès qu'il avait vu tomber Lyaeus, et disait avec tristesse, en regagnant le palais impérial : « Par tous les dieux, il faut qu'il y ait eu dans ce combat quelque maléfice ; car celui qui a été vaincu par ce jeune homme avait souvent triomphé dans des luttes bien autrement périlleuses. » Ayant fait ensuite appeler Nestor, il lui adressa ces paroles : « Dis-moi, jeune homme, quel art magique as-tu donc employé pour vaincre Lyaeus, ou quels étaient les protecteurs qui sont venus à ton secours ? » Nestor répondit : « Ce n'est ni par l'art magique, ni aucun enchantement qui l'ont fait périr, mais le Dieu de Démétrius, le Dieu des chrétiens, a envoyé son ange, et par ma main, il a terrassé cet orgueilleux scélérat. » L'empereur irrité commanda que Nestor fût conduit hors la porte Dorée, pour y être frappé de son propre glaive, comme chrétien, par Ménutien, préfet de la cité. C'est ainsi que le bienheureux jeune homme remporta la couronne du martyre.

Quelques-uns des principaux officiers de l'empereur lui dirent alors que Démétrius devait être regardé comme le premier auteur de la mort du gladiateur Lyaeus. Maximien sentit aussitôt s'allumer sa colère, et persuadé que la rencontre qu'il avait faite du serviteur de Dieu, quand il se rendait au stade, avait été d'un mauvais augure, il ordonna qu'on le perçât à coups de lances dans la prison souterraine où on l'avait enfermé. Le serviteur du bienheureux Démétrius, nommé Lupus, était présent au martyre de son maître, et recueillit le sang dans le vêtement même de l'athlète du Christ. Il prit aussi l'anneau impérial qui ornait la main du serviteur de Dieu, et l'ayant teint de son sang, opéra par lui de nombreuses guérisons. Bientôt, le bruit se répandit dans toute la ville de Thessalonique que ceux qui souffraient de quelque maladie, ou qui étaient tourmentés des démons, recevaient, par la prière du saint martyr et par la vertu de son anneau, leur entière délivrance. L'empereur, l'ayant appris, ordonna, du haut de son tribunal que Lupus, qui avait guéri ces malades, et quelques autres chrétiens avec lui, seraient mis à mort le jour des assises publiques.

Cependant, le corps du bienheureux Démétrius, laissé sans sépulture par ceux qui l'avaient massacré, était exposé à toutes les insultes. Quelques frères animés d'un zèle pieux vinrent la nuit, à cause de la crainte qu'inspirait l'empereur ; et ayant relevé ces sacrées dépouilles, les ensevelirent dans la fosse même où on les avait jetées, et les couvrirent d'une grande quantité de terre, pour qu'elles n'eussent pas à souffrir des atteintes des animaux féroces. Ce saint corps fut donc laissé en ce lieu ; mais bientôt des miracles s'y produisirent, des guérisons, des grâces particulières furent accordées à ceux qui s'approchaient avec foi de la tombe du martyr ; et le bienheureux Démétrius devint célèbre dans toute la Macédoine et la Thessalie.

Lorsque les erreurs de l'idolâtrie furent enfin dissipées, et que la foi chrétienne eut commencé à briller de tout son éclat, il arriva que Léontius, préfet de l'Illyrie, vînt à tomber très dangereusement malade, tandis qu'il traversait la Dacie. Ses serviteurs l'amenèrent couché dans une litière jusqu'à Thessalonique, et le déposèrent sur la terre qui couvrait les sacrés ossements du martyr Démétrius ; aussitôt qu'il eût touché cette tombe miraculeuse, il recouvra la santé. Lui et les siens se mirent alors à louer le Seigneur, et Lui rendirent des actions de grâce, ainsi qu'au très glorieux martyr qui avait fait si promptement sentir sa présence. Léontius ordonna ensuite de démolir les salles souterraines qui avaient servi de prison au serviteur de Dieu, ainsi que les bains publics et les portiques qui les avoisinaient ; il purgea ce lieu de tous les immondices qui le déshonoraient, et construisit sur le tombeau du saint, entre le stade et les nouveaux bains, un temple magnifique en son honneur, qu'il enrichit de présents somptueux.

Comme il allait retourner en Illyrie, il voulut prendre avec lui une certaine partie des reliques du martyr, afin de lui ériger un temple dans cette grande province ; mais le très glorieux martyr lui ayant apparu pendant la nuit, lui défendit d'en rien faire. Léontius reçut alors la tunique du serviteur du Christ, qui était teinte de son sang, et une partie du linge dont il se servait pour essuyer la sueur ; et il les déposa dans un coffret d'argent disposé pour cet usage. L'hiver était rude au moment où le préfet d'Illyrie voulait se mettre en route, et le Danube, sorti de son lit depuis assez longtemps, ne permettait pas même aux navires de tenter la traversée ; aussi Léontius se résolut d'attendre. Mais le très glorieux martyr Démétrius lui apparut de nouveau et lui dit : « Ne crains rien, prends avec toi ce que tu as voulut emporter, et entre hardiment dans le fleuve. » Le préfet étant donc, dès le matin, monté sur son char, traversa le fleuve sans difficulté tenant dans ses mains les saintes reliques. Il arriva ainsi à Sirmium, et déposa le coffret d'argent et le trésor qu'il contenait dans l'église de saint Démétrius qu'il fit construire non loin du temple vénérable de la martyre Anastasie, décoré lui-même avec grande magnificence. Pendant la route, et lorsque les chevaux du char se reposaient, Léontius avait opéré avec ces objets sacrés de nombreux miracles et des guérisons, par la Grâce de notre Seigneur Jésus Christ.

N'ayez aucun rapport avec les hérétiques, ou pour mieux dire, ne prenez jamais part à leurs impiétés quand même vous vous trouveriez pendant toute votre vie dans une impossibilité absolue de participer aux mystères de l'Église catholique. Car si les lois divines et humaines défendent à celui qui est uni par un mariage légitime à une femme, de la quitter pour en prendre une autre, même s'il demeure très longtemps séparé d'elle dans un pays lointain, et le châtient s'il en épouse une autre, de quelle façon croyez-vous que Dieu nous doive punir, lorsqu'après avoir été uni à Lui par la foi orthodoxe dans l'Église catholique, nous sommes assez malheureux pour violer la foi que nous Lui avions engagé dans cette union par un adultère spirituel en nous engageant dans la communion des hérétiques ? Et si nous le faisions, ne serait-il pas juste que nous soyons condamnés à partager avec eux les tourments qu'ils subiront dans une autre vie ? Car que veut dire ce mot de communion, sinon qu'elle rend les choses communes entre ceux qui communiquent ensemble ? C'est pourquoi, mes enfants, n'entrez jamais là où les hérétiques font leurs prières.»

saint Jean l'Aumônier