Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 10
SEPTEMBRE 1980

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

 SOMMAIRE
NOUVELLES
HOMÉLIE DU DIMANCHE DES DIX LÉPREUX
LES SAINTS ABDON ET SENNEN
LA PROPHÉTIE INSCRITE SUR LA TOMBE DE SAINT CONSTANTIN
LA PROPHÉTIE ANONYME
PROPHÉTIE DE SAINT TARASIOS
L'ÉGLISE DES CATACOMBES EN RUSSIE
DES TEMPS PÉRILLEUX VIENDRONT
L'AME APRES LA MORT
TRANSLATION DE LA ROBE DE LA TOUTE SAINTE

NOUVELLES

Voici, à la hâte, un nouveau bulletin, "tant qu'il fait jour ..."

Un de nos lecteurs nous écrit avoir "lu dans la presse locale que l'eau du sarcophage des saints Abdon et Sennen (Arles sur Teck) est en nette diminution, ce qui a toujours été l'annonce d'un événement tragique (guerre, cataclysme)." A la suite de ce communiqué, nous publions dans ce bulletin la vie des saints Abdon et Sennen, et nous la complétons ici par quelques citations du même livre d'où nous avons extrait leur biographie (Marie Vallespir: Le Mystère de la Sainte Tombe.) : "Vous m'avez demandé comment avait commencé et cessé la disparition de l'eau à l'été 1914. Tout ce que l'on a bien retenu, c'est qu'on n'a pu donner de l'eau aux fidèles qui en demandaient. [Chacun sait que la guerre éclatait trois jours après]. Cette disparition dura plus d'un mois..."

"Ce jour-là, Monsieur le Curé a déclaré aux témoins: d'août à novembre 1939, le niveau était très bas, à peine cinq centimètres. Puis, subitement, le tombeau s'est rempli. On en extrait des centaines de litres par an..."

"En septembre 1940, l'eau a baissé très sensiblement au point qu'elle faillit disparaître totalement. Mais en novembre, elle était revenue..."

Au dernier moment, nous avons reçu la traduction de prophéties, que nous publions petit à petit.

Vladimir et Timothée sont enfin arrivés d'Angleterre, et plaise à Dieu, ils resteront quelques mois à l'ermitage. Ils nous ont amené des reliques de saint Etienne le Proto-martyr et patron de l'ermitage et de saint Gilles, dont nous avons publié la vie antérieurement.

hm. Cassien

Ne cherche pas à recevoir des conseils de quelqu'un qui est étranger à ton mode de vie [monastique], même s'il est très instruit. Confesse tes pensées à l'homme sans érudition mais qui connaît la vie monastique par expérience, et non à un philosophe éloquent qui parle sur le sujet avec un savoir livresque, mais sans connaissance vécue du sujet dont il traite.

saint Isaac le Syrien

HOMÉLIE DU DIMANCHE DES DIX LÉPREUX

(Lc 17,12-19)

 

Mes chers en Christ, nous venons d'entendre l'évangile des dix lépreux. Je vous le résume encore une fois et ensuite, je tâcherai de l'expliquer de mon mieux.

Voici, à l'approche d'une ville, dix lépreux qui, se tenant à distance, crient vers le Seigneur: "Jésus, Maître, aie pitié de nous". Le Christ leur demande de se montrer aux prêtres. Pendant qu'ils s'y rendent, la lèpre les quitte. Un Samaritain aussitôt revient vers le Seigneur pour Le remercier. Jésus demande alors: "Où sont les neuf autres? N'ont-ils pas été guéris?" Et au Samaritain, Il dit: "Va en paix, ta foi t'a sauvé.

Là s'arrête le récit de l'évangéliste Luc qui seul relate cet événement, un récit sobre mais plein de sens.

Nous allons voir maintenant ce que cet épisode peut nous dire.

Tout d'abord, je ne veux pas expliquer l'évangile de manière scientifique comme un érudit, en tournant les mots dans tous les sens, en comparant, en le replaçant dans son contexte [historique], etc.

Non, ce n'est pas comme ça qu'il faut lire l'évangile. Il faut le lire comme une lettre d'amour, ayant devant les yeux celui qui l'a écrit, lisant entre les lignes, lisant et relisant pour toujours mieux comprendre, avec un coeur passionné qui cherche à saisir à travers les pauvres mots ce que l'autre veut dire.

Il dépend de nous que l'évangile soit tombe ou trésor. Ne lisons pas sans désir, pour parler comme Paul Valéry.

La lèpre est une maladie qui a disparu de notre civilisation moderne. C'était un fléau du temps ancien et qui existe encore dans le tiers monde. C'est une maladie terrible qui ronge le corps peu à peu jusqu'à ce que mort s'ensuive. A l'époque du Christ, nul médecin ne pouvait la soigner et les lépreux étaient condamnés à se tenir en dehors de la société, car c'était une maladie contagieuse et, en plus, selon la loi juive, le lépreux était un homme impur. Voici donc ces dix lépreux se tenant en dehors de la ville. Ils avaient certainement entendu parler du Christ qui faisait des miracles, et qui, dans sa grande compassion, ne rejetait personne. C'est donc avec foi qu'ils crient: "Jésus, Maître, aie pitié de nous!". Le Christ, pour mettre leur foi à l'épreuve, ne les guérit pas tout de suite, mais leur recommande de se montrer aux prêtres. Un acte d'obéissance qui a bien porté ses fruits. En chemin, la lèpre les quitte. Pourquoi le Seigneur les envoie-t-il aux prêtres? Ce n'est pas pour qu'ils soient guéris par eux, mais pour accomplir les prescriptions de la loi qui ordonnait aux lépreux guéris de faire une offrande afin de recevoir du prêtre le certificat de guérison, ce qui leur permettait ensuite de retourner de nouveau dans la communauté.

L'évangile ne nous dit pas si les neuf sont finalement allés voir le prêtre. Un mystère plane sur le texte, comme pour le jeune homme riche qui partait tout triste après que le Christ lui a demandé un effort de plus. Ces neuf, ils ont reçu ce qu'ils avaient demandé, la guérison de la lèpre. Le dixième, un Samaritain, lui, par contre, est revenu tout de suite vers le Christ avant de se montrer au prêtre. Il a moins eu le souci d'être déclaré pur par le prêtre et de reprendre une vie normale, que de remercier Celui qui avait changé sa vie. Cette action de grâce lui a valu encore bien plus que la guérison de son corps. Voici ce que le Seigneur lui dit: "Va en paix, ta foi t'a sauvé!".

Ne pensons pas que cette paix est un simple souhait, mais que c'est une réalité tangible que seul le Christ peut accorder. Ensuite, Jésus ne dit pas: "Ta foi t'a guéri!", mais "Ta foi t'a sauvé!". C'est donc le salut de l'âme qui lui a été donné. Ce trois fois bienheureux Samaritain remporta donc la santé du corps et le salut de l'âme. Dieu donne selon notre foi. Si nous avons une foi petite qui se borne aux choses terrestres, alors nous risquons de partir comme les neuf ingrats. Si par contre notre vie devient une action de grâce pour tout ce que le Sauveur nous octroie à chaque instant, de petit et de grand, le plus souvent à notre insu, alors nous risquons fort de faire l'expérience de la bonté sans limite de Celui qui est la compassion même.

Encore un mot sur les neuf et un lépreux, c'est-à-dire les dix. Pourquoi l'évangéliste ne dit pas simplement: «quelques lépreux», mais bien: «dix»? Voici ce que j'en conclus: le chiffre dix est un chiffre symbolique et signifie l'ensemble. Nous voyons par exemple les dix commandements qui sont l'ensemble des commandements de l'ancien Testament. Il y avait dix villes de refuge; il y a la parabole des dix vierges. Et dans l'Apocalypse, il y a la bête aux dix cornes. Le chiffre dix figure l'ensemble, mais la plénitude est symbolisée par le chiffre quarante. La plénitude est quelque chose de positif, mais pas nécessairement l'ensemble.

Il y a aussi les dix choeurs d'anges, c'est-à-dire les neuf choeurs en plus du diable et sa suite qui a laissé sa place vacante. Selon les pères, c'est l'humanité sauvée, l'Église, qui doit remplacer l'apostat pour combler la lacune.

Je ne veux pas trop m'attarder afin de ne pas mettre votre patience à l'épreuve.

Mais que la parole de Dieu ne reste pas sans effet dans notre coeur, qu'elle le rende plutôt pur de la lèpre spirituelle causée par les péchés et l'emplisse ensuite de la paix et du salut que Dieu donne à ceux qui les demandent. Amen.

hm. Cassien


LES SAINTS ABDON ET SENNEN

Le Kurdistan actuel s'appelait alors la

Gordyène et sa capitale était Cordula. Au troisième siècle, par le sort de la guerre, elle devint province de l'empire Perse. Ainsi, changèrent de nationalité deux jeunes gens que les documents appellent sub-reguli, c'est-à-dire, sans doute, princes de sang royal. Abdon et Sennen étaient-ils unis par les liens du sang comme ils l'étaient par la foi chrétienne et comme ils allaient l'être par leur destinée?

L'empereur persan Saper voulut éloigner le danger d'une occupation romaine; avec une puissante armée, il envahit la province d'Asie et parvint même jusqu'à sa capitale, Antioche. Abdon et Sennen se trouvaient parmi les officiers de son armée.

L'empereur Gardien II réagit vigoureusement. Parmi ses généraux, nous trouvons deux futurs empereurs: Philippe l'Arabe et Dèche. L'armée Perse fut rapidement refoulée et l'offensive arriva jusqu'à Babylone qui fut prise.

Prisonniers de Dèche dans cette ville nos deux saints semblent avoir été traités comme des otages d'honneur, mais destinés sans doute à figurer dans le triomphe du vainqueur à Rome. Le futur empereur appliquait déjà férocement les édits de persécution. Nos saints eurent la douleur de voir martyriser l'évêque de Babylone Polychronius, et emprisonner d'autres de leurs frères dans la foi.

Les opérations de guerre ramenèrent nos prisonniers dans leur pays natal. Mais Dèche fit encore des martyrs à Cordula; nos deux captifs exposèrent plusieurs fois leur vie pour les ensevelir honorablement. Dénoncés à Dèche comme les pieux fossoyeurs de ses victimes, et convoqués auprès de lui nos deux saints répondirent fièrement; il les fit enfermer, couverts de chaînes, dans une étroite prison. Cependant, Philippe l'Arabe avait succédé à Gardien sur le trône impérial. Il fit la paix avec Saper et ramena l'armée en Syrie. Traînés à la suite des vainqueurs, les deux captifs prirent eux aussi le chemin de l'occident. Philippe se montra très tolérant pour les chrétiens...

Emmenés jusqu'à Rome, Abdon et Sennen y furent délivrés de leurs chaînes, puisque la paix était faite avec leur empereur. Le règne de Philippe dura seulement cinq ans. Il mourut dans le combat de Vérone, vaincu par Dèche.

Le premier acte de Dèche, nouvel empereur, fut de promulguer un nouvel et rigoureux édit de persécution. Dans la liste des suspects, les deux officiers persans ne furent pas oubliés. A cause de leur noble origine, Dèche voulut donner à leur jugement une solennité exceptionnelle, dans le temple de la Terre, lieu ordinaire des assemblées du Sénat, et tous ses membres furent invités à assister au procès. Nos héros y comparurent vêtus de leur riches vêtements de princes orientaux.

C'était le 29 juillet 250. Dèche lui-même présidait. Il promit aux captifs la liberté et leurs anciennes dignités s'ils sacrifiaient aux idoles. La réponse calme et digne des chrétiens exaspéra le tyran qui prescrivit "les plus horribles tortures" pour le lendemain.

Les lions et les ours préparés pour les dévorer moururent pendant la nuit. Dèche s'abstint d'assister au supplice et chargea le préfet Valérien de procéder à l'exécution. Auparavant, celui-ci somma de nouveau nos deux saints de sacrifier au soleil qui était le dieu de leur pays natal. Ils répondirent en crachant sur l'idole et disant au préfet: "Faites au plus tôt ce que vous avez à faire". Un héraut proclama leurs noms, leurs "crimes" et le châtiment infligé.

Dépouillés de leurs vêtements, ils subirent une terrible flagellation. Conduits au Coaliser où le peuple romain était convoqué, on leur fit faire le tour de l'arène et on les mena devant la statue de Jupiter Latialis. Deux lions et quatre ours sont lâchés contre eux, mais les fauves s'approchent à pas lents et viennent se coucher à leurs pieds.

Valérien s'écrie: "Voilà bien le prestige de leur magie!" Des gladiateurs reçoivent l'ordre d'exciter les fauves, lesquels se retournent contre eux. Alors les ratière enveloppent les lions et les ours de leurs filets et les massacrent à coups de tridents. Dès lors, les gladiateurs reçoivent l'ordre de tourner leurs armes contre les serviteurs du Christ et les massacrent sans pitié.

Leurs corps, liés par les pieds, sont traînés à travers l'enceinte, puis jetés hors du Coaliser aux pieds de la statue du Soleil.

Trois jours après, le sous-diacre Quirinus vint recueillir les saintes dépouilles et les cacha dans sa maison dans un cercueil de plomb. Dix-neuf ans plus tard, il fut arrêté à son tour, décapité, et les restes de nos martyrs restèrent cachés dans sa maison jusqu'à ce que Constantin proclamât la liberté religieuse.

Grâce à la paix enfin obtenue, les chrétiens purent honorer les restes des martyrs. Ceux d'Abdon et Sennen furent transportés jusqu'à la catacombe Pontienne où reposaient déjà les restes de leur ami Quirinus. Au bout de cinq siècles, elles quittèrent la catacombe pour la crypte de la basilique de saint Marc.

On approchait de l'an mil. Le Roussillon garde le souvenir de tristes événements qui semaient partout la désolation. L'abbé Arnulfe, d'accord avec les gens de bien, prescrivit des prières et des jeûnes pour obtenir la fin de ces tristes malheurs. Les malheurs s'atténuaient, mais non entièrement. Le pieux abbé pensa qu'ils pourraient cesser si les reliques de quelque grand saint venaient protéger le pays. L'an 960, il partit donc à Rome. Il se présenta au Pape. Les récits du pèlerin émurent profondément Jean XII. Arnulfe le supplia de vouloir accorder à ses enfants éprouvés "quelques reliques des saints dont la vertu et la protection nous obtiendraient de Dieu d'être enfin délivrés de nos épreuves". Attendri, le Pape répondit: "Je vous accorde toutes les reliques que vous désirez, hormis celles des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et celles des bienheureux martyrs Etienne et Laurent".

Ayant demandé une nuit pour réfléchir, Arnulfe revint le lendemain matin demander les restes des saints persans qui comptaient parmi les plus célèbres martyrs...

Toutefois le clergé de la basilique réclama le droit de conserver la moitié des deux corps.

Ainsi l'abbé Arnulfe revint à Arles sur Teck amenant les reliques des deux saints Abdon et Sennen.

Bientôt, une chapelle fut construite dans l'abbaye en leur honneur. Depuis ce jour, il y a de l'eau dans le sarcophage en marbre qui contient une partie de leurs reliques.

L'eau que l'on recueille à la tombe est inépuisable, pure, agréable à boire comme de l'eau de source... L'incorruptibilité de l'eau persiste lorsqu'une certaine quantité de celle-ci est séparée de la masse, par exemple, pour les provisions qu'emportent les pèlerins. Certains hivers rigoureux, où elle aurait dû geler, on a tout de même pu la puiser sans rencontrer la moindre pellicule de glace. Ce caractère surnaturel est encore démontré par de très nombreuses guérisons obtenues par l'usage de cette eau...

Voilà en quelques mots le martyr de nos deux saints, qui ne cessent de témoigner de leur présence parmi nous à travers leurs reliques et la sainte Tombe.

C'est en partant de la grandeur et de la beauté des créatures que, par analogie, on peut comprendre le Créateur, mais non en partant de l'enseignement de ce monde profane et bavard, artificiel et vain. Car celui-ci est comme un serviteur peu digne. Les sophismes, les démonstrations l'enflent d'orgueil. Il n'est pas fondé dans la foi et l'humilité évangéliques, dans la vraie soumission. Il est banni loin des portes sacrées.

saints Calliste et Ignace Xanthopouloï

LA PROPHÉTIE INSCRITE SUR LA TOMBE DE SAINT CONSTANTIN

Dans l'original grec, à peu près la moitié des lettres de chaque mot manquaient pour cacher le sens jusqu'au temps prédéterminé pour le déchiffrage.

Selon les historiens, cette prophétie a été écrite par des hommes saints et sages du temps de l'empereur Constantin. Le patriarche Gennadios l'interpréta en l'année 1440.

 

"Dans la première période de l'Indiction le pouvoir royal d'Ismaël, appelé Mahomet, détruira la maison des Paléologues et possédera la cité aux sept collines."

(Istanbul, qui fut Byzance, est Constantinople - la ville aux sept collines. Elle fut prise en 1453 par Mehmet II.)

"Il régnera à l'intérieur; il dominera sur un grand nombre de nations et dévastera les îles jusqu'à la Mer Noire. Il conquerra les peuples habitant les bords du fleuve Istère (ancien nom du Danube) dans la huitième de l'Indiction et dominera le Péloponnèse; dans la neuvième de l'Indiction, il fera campagne dans les régions du nord; dans la dixième de l'Indiction, il infligera une défaite aux Dalmatiens et retournera plus tard une nouvelle fois pour leur faire une grande guerre au cours de laquelle il va être partiellement écrasé; puis les multitudes et les nations, aidées par les nations occidentales, sur terre et sur mer, lui feront la guerre et le vaincront."

(Cette défaite eut lieu en 1683, au temps des Ottomans. La seconde défaite eut lieu en 1912-13 par les Grecs, les Bulgares et les Serbes.)

"Son descendant régnera peu de temps".

(Le règne de son "descendant" débuta en 1922 avec Kemal et dure jusqu'à nos jours.)

(La prophétie parle ensuite du temps à venir:) "Puis la race blonde avec ses agents anéantira tout Ismaël et conquerra la cité aux sept collines avec ses privilèges; puis ils provoqueront une guerre civile sauvage [qui durera] jusqu'à la cinquième heure."

("La race blonde" désigne les pays slaves, actuellement sous le régime communiste. Il faut donc que Constantinople et la Turquie deviennent communistes. Ce sera la première phase de la guerre, qui deviendra mondiale.)

"Puis une voix [du ciel] criera par trois fois: Debout et tenez-vous avec crainte! Courez maintenant à droite et trouvez là un homme vaillant, merveilleux et robuste; vous aurez cet homme pour chef, car il est mon bien-aimé; prenez-le avec vous et accomplissez ma volonté".

(C'est la voix d'un ange qui arrêtera la guerre et transmettra l'oracle de Dieu. Il investira le nouveau roi, avec lequel un règne de paix s'installera.)

 

Nous avons fait un petit commentaire de la prophétie, que nous avons mis entre parenthèses.


LA PROPHÉTIE ANONYME

(A.D. 1053)

1) Grande guerre européenne. (Première guerre mondiale)

2) Défaite de l'Allemagne, catastrophe de la Russie et de l'Autriche.

3) Défaite des Agarènes [Turcs] par les Hellènes. [1920-22]

4) Renfort des Agarènes par les peuples occidentaux [Anglais et Français] et défaite des Grecs par Agar.

5) Massacre des peuples orthodoxes. [300 000 morts en Asie Mineure]

6) Grande angoisse au sein des peuples orthodoxes.

7) Invasion de troupes étrangères de la mer Adriatique. Malheur à ceux qui vivent sur terre. Le séjour des morts est prêt.

8) L'Agarène puissant pour un moment. [sous Kemal]

9) Une nouvelle guerre européenne. [seconde guerre mondiale]

10) Union des peuples orthodoxes avec l'Allemagne.

11) Défaite des Français par les Allemands. [en 1941]

12) Révolution en Inde et sa séparation d'avec l'Angleterre. [1947]

13) L'Angleterre aux seuls Saxons. [Ce qui se passe à l'heure actuelle]

14) Victoire des peuples orthodoxes et massacre général des Agarènes par les orthodoxes. [A partir d'ici, il s'agit de ce qui nous attend. Première étape de la troisième Guerre Mondiale]

15) Le monde est en angoisse. [par suite des événements en Turquie]

16) Désespoir général sur terre.

17) Bataille de sept états à Constantinople. Massacre pendant trois jours et trois nuits. Victoire du plus grand des états sur les six états. [c'est la deuxième phase de la guerre. Les six états sont probablement: Les États-Unis, la France, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, le Japon. Le septième état, c'est la Russie avec ses alliés.]

18) Alliance des six états contre le septième; massacre pendant trois jours et trois nuits. [la contre-attaque]

19) Cessation de la guerre par un ange [de Dieu et du Christ], et livraison de la cité aux Hellènes. [Constantinople]

20) Soumission des Latins à la foi sans erreur des croyants orthodoxes.

21) La foi orthodoxe se déplacera de l'Est vers l'intérieur de l'Ouest.

22) Les barbares la craignent et tremblent.

23) Renvoi du Pape, et proclamation d'un Patriarche pour toute l'Europe.

24) Dans 55 ans, la fin des affliction; et dans la septième, il n'y a plus un homme misérable, plus un seul exilé; retour dans les bras de la Mère pleine de joie (l'Église). Il en sera ainsi et nous désirons que cela soit. Amen. Amen. Amen. Je suis l'Alpha et l'Oméga. Le Premier et le Dernier. La fin: Il y a aura un troupeau et un berger de la vraie Foi orthodoxe. Nous désirons qu'il en soit ainsi. Amen. Amen. Amen.

 

Un esclave du Christ du Vrai Dieu.

 

(Nos explications sont entre crochets).

La dernière phrase de la prophétie: "Un esclave du Christ..." nous montre que la personne qui l'a écrite ne voulait pas signer son nom par modestie. La prophétie a été reçue de la bibliothèque du saint monastère Koutloumousiou, de la Sainte Montagne de l'Athos.

traduit par Catherine Pountney

PROPHÉTIE DE SAINT TARASIOS

...Ceci fait, une guerre civile éclatera et tous les infidèles seront perdus. Et alors se réveillera le saint Roi; lui dont le nom commence par un I et se termine par un S...
Saint Tarasios est né à Constantinople, de parents illustres. Étant laïc, il est devenu Patriarche en 784, après être passé par tous les grades de la cléricature en un court laps de temps. Comme Patriarche de Constantinople, il convoqua le septième Concile oecuménique pour la restauration de la vénération des icônes. Il est mort en 806.
La "guerre civile" sera la troisième guerre Mondiale. Le Roi qui régnera à Constantinople s'appelle Jean, d'après d'autres prophéties.

L'ÉGLISE DES CATACOMBES EN RUSSIE

(suite)

Chapitre III

Mais l'Église du Christ secrète et cachée, l'Église des Catacombes, s'oppose clairement au pouvoir de l'ennemi du Christ qui martyrise le peuple russe depuis plus de 60 ans. Elle n'a pas et ne peut avoir envers lui d'autre rapport que celui que nous, les persécutés , les massacrés, nous avons envers notre persécuteur, spirituellement l'Antichrist collectif, ennemi du Christ... Cependant, dans l'Église russe, tous n'ont pas conservé cette inflexible profession de foi. Il y eut des renégats, des opportunistes, des conformistes qui au prix de concessions et d'un accommodement avec leur conscience, essayèrent d'acheter «la liberté» à l'ennemi du Christ. Il s'agit des deux courants de rénovation. Ils ont tout fait pour servir et se lier d'amitié avec le pouvoir ennemi du Christ, l'antichrist. Celui-ci les a obligés à trahir le Christ en paroles et en actes, mais il ne s'est pas lié d'une véritable amitié avec eux.

Au début des années 20, «l'Église rénovée», «vivante», fit la première tentative pour trouver un modus vivendi avec le pouvoir, ennemi de Dieu. Cette Église se disait «orthodoxe», mais en réalité, elle rejetait l'Église Orthodoxe et menait un combat acharné contre son représentant, le patriarche Tikhon qui avait les mêmes positions que l'Église des Catacombes aujourd'hui. Elle réussit non seulement à le destituer et à le priver de son titre, mais elle alla plus loin encore...

Le «dogme» essentiel, mais politique de cette «Église», était de réhabiliter - coûte que coûte - le pouvoir soviétique, le régime soviétique. Les membres de cette «Église rénovée» reconnurent et exaltèrent la révolution bolchévique comme un «acte béni de Dieu», juste et indispensable. Le pouvoir soviétique fut proclamé par eux comme «une très grande bonté de Dieu», comme «un don de Dieu» envoyé non seulement sur la terre russe, mais pour »combler aussi de bienfaits» toute «l'humanité».

Sous le pouvoir soviétique de l'antichrist, ils ont déclaré: «il n'y a jamais eu et il n'y a aucune persécution contre la foi et contre Dieu, dans la mesure où ce pouvoir est tout à fait areligieux».

Ce n'est que sous le pouvoir soviétique que «l'Église» a acquis l'entière «liberté» de se développer - d'une façon vraiment extraordinaire, si elle était séparée de l'État.

Car en réalité, le «pouvoir soviétique» s'est présenté comme seulement areligieux (athée) - c'est-à-dire indifférent à la religion - alors qu'il est en fait furieusement opposé à Dieu, aux chrétiens et au Christ. Ce que l'Église a toujours affirmé et ce qu'elle affirme toujours sans ambiguïté!

C'est ce pouvoir soviétique que soutenait la fausse Église «vivante» et «rénovée» contre l'Église Orthodoxe. Et en ce sens, cette fausse Église était la première «Église soviétique». Mais les actes «trop hardis» et trop ouvertement révolutionnaires des rénovateurs ont éloigné le peuple d'eux. Cette tentative fut condamnée. Le pouvoir le comprit et il les laissa étouffer l'affaire.

Cependant le Parti communiste d'Union Soviétique et son Comité central sous la direction personnelle de Staline, forts de l'expérience de la création de la première «Église soviétique» «rénovée» pensèrent à créer une nouvelle variante de «l'Église soviétique», une seconde «Église». Cette fois-ci, le gouvernement prit sur lui l'entière initiative de la création de la nouvelle fausse «Église». Le pouvoir comprit qu'à la tête de la future «seconde Église soviétique», il fallait placer un hiérarque influent, faible du point de vue spirituel, instable et apeuré. Et finalement le choix tomba sur le métropolite Serge Stagorod. Déjà, sous le précédent gouvernement impérial, il était apparu comme «révolutionnaire». Comme on le sait, il rejoignit les rénovateurs au temps des soviétiques, après avoir publié le «mémorandum des trois» (le métropolite Serge, l'archevêque Evdokim, l'archevêque Séraphim), dont il était «le chef» le plus compétent, puisqu'ayant le pouvoir de les placer à la tête de «l'Église», si eux, les rénovateurs, se révélaient être les vainqueurs. Mais le métropolite Serge, tel un joueur d'échecs expérimenté, comprit par avance que les «rénovateurs» avaient perdu. Alors il se dépêcha de faire une confession publique, totalement sentimentale, et par amour-propre, au patriarche Tikhon, devant le peuple de l'Église. Mais le peuple rejeta «l'acte de contrition» du métropolite et pria le saint patriarche:

- «Très saint, ne lui fais pas confiance, d'une façon ou d'une autre, il trahira.»

Cependant le patriarche, après le 3e retour du repentant, - il était à genoux, mais en dehors de l'église, sur le parvis! - s'adressant dans l'Église au peuple qui protestait, répéta les paroles de notre Seigneur Jésus Christ: «Je ne jetterai point dehors celui qui vient vers moi.»

Ainsi, pour le pouvoir soviétique, le métropolite Serge devint le candidat appelé à diriger la seconde variante de «l'Église soviétique».

Après un court séjour dans une prison d'instruction, séjour pendant lequel il prit part à des pourparlers secrets, le «candidat» fut soudainement libéré, on le déchargea de l'accusation de «Chef de la conspiration des évêques» afin qu'il participe à l'élection secrète du nouveau patriarche (le métropolite Cyrille). Il revint à la fin du mois de mars 1927, et son apparition fut accompagnée de tous les signes évidents de la «bienveillance» à son égard que lui manifesta le pouvoir soviétique (il reçut, entre autres, le droit d'habiter à Moscou, et on lui affecta un hôtel particulier de 12 pièces!)

Puis, il annonça immédiatement la formation, «sous sa direction», d'un «synode», dont ferait partie l'ancienne hiérarchie «rénovatrice». Alors, ce qui était mystérieux devint clair!..

Trois mois plus tard, le métropolite Serge publia sa servile déclaration au pouvoir soviétique. Il est à supposer qu'une «déclaration particulière» qui restera secret d'état fut présentée à Staline. Mais en ce qui concerne la déclaration publique au gouvernement au nom de la seconde «Église soviétique» une nouvelle fois rénovée, le métropolite Serge reprend essentiellement tous les objectifs politiques dont se réclamait la première «Église soviétique rénovée».

Il commence par la défense du pouvoir soviétique, par cette même «défense» qu'avait également proclamé «l'Église vivante» lors de son "concile":

«... les hommes d'Église ne doivent pas voir dans le pouvoir soviétique le pouvoir de l'antichrist...» (L. Krasnov, t. 2).

Le métropolite Serge s'est écarté du droit chemin, et est arrivé à cette même conclusion par des voies détournées. Apparemment, il n'a introduit qu'une altération légère et anodine, mais en fait, celle-ci aboutit au plus grand mensonge: au paradoxe que tout, absolument tout dans notre monde vient de Dieu!

Comme de zélés et pieux serviteurs, ces rénovateurs mettent l'accent sur le fait que «tout» ce qui se passe dans le monde humain, et que «dans tout ce qui se passe, chez nous comme partout et toujours, la main droite de Dieu conduit chaque peuple immanquablement au but désigné, à un but qui lui est prédestiné». Et partant de là, la conclusion s'impose d'elle-même: le pouvoir soviétique n'est venu que «de Dieu». Car tout «vient de Dieu». Par conséquent, le pouvoir soviétique aussi. Mais en est-il vraiment ainsi? Pourtant le saint apôtre Paul, parlant du pouvoir de l'antichrist, écrit:

«... Et alors se découvrira l'impie... qui doit venir, accompagné de la puissance de Satan.» (2 Thess 2, 8-9).

Et à propos de ce même antichrist, le saint apôtre Jean dit dans l'Apocalypse:

«... Et le dragon (le diable) lui donna sa force et son trône et son pouvoir» (Ap 13,2).

Ainsi, ce n'est pas Dieu, mais Satan qui donne le pouvoir à l'antichrist. Et cela, le «docteur en théologie», le métropolite Serge ne peut l'ignorer. Mais lui, en parfaite connaissance de cause, induit en erreur sur ce point... Dans notre monde de péchés se déroule une lutte constante entre le bien et le mal. Et nous possédons la liberté de choisir ce que nous voulons, le mal ou le bien. Le mal l'emporte uniquement lorsque et parce que nous nous mettons de son côté. Si donc nous trahissons Dieu et le bien et que nous choisissons le mal, ou ce qui conduit à l'antichrist, alors cela ne vient pas de Dieu, mais de Satan.

(à suivre)

Un frère dit à l'abbé Pastor: "Cela ne va pas. Je veux m'en aller." -"Pourquoi cela?" demanda l'ancien. -"Je suis scandalisé, répondit-il, de tout ce que j'entends dire d'un frère." -"Ne seraient-ce pas des calomnies?" -"Tout cela est vrai, père; le frère qui me l'a dit est digne de confiance." -"Non, répondit l'ancien, il n'est même pas digne de ta confiance. Autrement il ne t'aurait pas parlé ainsi. D'ailleurs, Dieu lui-même, lorsqu'il entendit des gens de Sodome, voulut descendre d'abord et constater de ses yeux ce qu'il en était." -"Eh bien, je l'ai vu de mes yeux." A ces mots, l'ancien regarda par terre, prit un brin de paille et demanda au frère ce que c'était. -"De la paille", répondit-il. -"Et ceci?" dit-il encore, en regardant au plafond. -"La poutre qui soutient le toit." L'ancien reprit: -"Mets-toi dans la tête que tes péchés sont comme cette poutre, et ceux du frère dont tu me parles, comme ce brin de paille." L'abbé Sisoès entendit cette réponse et s'écria dans son admiration: -"Comment te féliciter, père Pastor, précieuse gemme! Tes paroles sont pleines de charme et d'éclat."

DES TEMPS PÉRILLEUX VIENDRONT

Où est donc l'optimisme pour la fin des temps ? Quand le Seigneur prédit que l'erreur aura couvert toute la terre, de sorte que même les élus risqueront à chaque pas d'être trompés par les faux chrétiens et les faux christs qui existeront partout, comment pourrions-nous être optimistes pour l'avenir ? Comment pourrions-nous être optimistes pour l'avenir quand le Seigneur prédit la multiplication de l'iniquité et le refroidissement de l'amour des hommes ?

Certes, il y a la perspective de l'union des «Églises», pour l'union de tous ceux qui viennent en son nom et en induisent plusieurs en erreur. Mais voyez «que personne ne vous induise en erreur...voilà, je vous l'ai prédit». L'union que cherchent les faux chrétiens de notre temps est l'une des plus parfaites machinations du mensonge, le piège le plus hypocrite duquel le Christ veut nous délivrer en nous rendant attentifs. Si l'union et l'expansion universelle du christianisme était le but final de l'humanité, comme eux l'enseignent, alors pourquoi le Christ prédit-Il une affliction pour ses élus, en ces jours-là ? Si toutes les nations de la terre acceptent et vivent l'Évangile, pourquoi alors le Christ dit-Il que les jours de la fin du monde seront comme les jours de Noé, où l'apostasie recouvrait toute la terre et où seulement une poignée d'hommes furent trouvés fidèles envers Dieu et entrèrent dans l'arche, symbole de l'Église ?

Si les derniers jours de la terre sont caractérisés par l'image idyllique dont rêvent les chrétiens sentimentaux et «psychiques», pourquoi alors l'apôtre Paul écrit-il ces mots à Timothée : «Sache que dans les derniers jours... »(2 Tim 3,1-5) ?

Où est l'optimisme de l'apôtre saint Paul ? Quand il écrit aux Thessaloniciens qui attendaient d'un instant à l'autre la Parousie du Christ : «Que personne ne vous séduise d'aucune manière...(c'est-à-dire que le Christ vient maintenant, immédiatement), car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant et qu'on ai vu paraître l'homme du péché (Antichrist), le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant Dieu lui-même (jusqu'alors, le Christ ne viendra pas.) Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses lorsque j'étais encore chez vous ?» Ensuite, Il continue au sujet de l'antichrist : «...et alors paraîtra l'impie que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche et qu'il anéantira par l'éclat de son Avènement. L'apparition de cet impie se fera par la puissance de Satan avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent, parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés.» «Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais qui ont pris plaisir à l'injustice soient condamnés.» (2 Thes 2, 3-5 et 8-12).

L'avenir n'est donc pas si beau que l'imaginent - «ceux qui périssent» - et qui «n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés.» L'avenir sera caractérisé par l'apostasie, l'apostasie la plus effroyable que le monde ait jamais connu. Car ce ne sera pas une négation pure et nette de Dieu, mais une hypocrisie, une contrefaçon de la foi et de la Vérité. Mais est-ce que les pères du désert et toute la nuée des saints de notre Église n'ont pas prophétisé les mêmes choses pour la fin des temps ? Voici la discussion d'un disciple avec on père spirituel, tiré de l'Evergetimos : «et le frère lui demanda : - "Comment les coutumes et les traditions des chrétiens changeront et n'y aura-t-il plus de prêtres dans l'Église pour que toutes ces choses arrivent ?" Le vénérable répondit : - "Dans ce temps, l'amour de plusieurs se refroidira et il y aura une grande affliction : des invasions de nations et des mouvements de peuples, l'apostasie des rois, le gaspillage des prêtres, la négligence des moines ; les supérieurs mépriseront leur propre salut et le salut du troupeau ; tous seront prompts et importants pour les banquets, bagarreurs, paresseux pour la prière, prompts à la médisance, très disponibles à critiquer la vie des vieillards, n'écoutant pas leurs paroles et ne les imitant pas, mais plutôt se moquant d'eux et disant : "si nous avions vécu de leur temps, nous aurions lutté nous aussi". En ce jour, les évêques seront respectueux envers les puissants, faisant un jugement en recevant des cadeaux et en ne défendant pas le jugement du pauvre ; ils affligeront les veuves et opprimeront les orphelins. Dans le peuple entrera l'incrédulité, la prodigalité, la haine, l'inimitié, la jalousie, la rivalité, le vol, l'ivresse". Le frère demanda : - "Que fera-t-on en ces temps et à cette époque ?" Le vénérable répondit : - "En ces jours-là mon enfant, celui qui peut sauver son âme, qu'il la sauve et il sera appelé grand dans le Royaume des cieux.»

De ces prophéties accomplies pour une grande part, on peut très clairement avoir une idée sur la conduite de l'humanité. Son avenir est une faillite spirituelle où «l'amour envers Dieu et le prochain sera refroidi et les hommes deviendront à l'extrême égoïstes, amis de l'argent, orgueilleux, blasphémateurs, amis du plaisir.»

Mais cette faillite spirituelle ne se présentera pas si effrayante qu'elle est, elle sera recouverte d'une magnifique apparence de religiosité. Les gens, couverts d'ulcères spirituels auront pourtant «l'apparence de la piété». Nombreux seront ceux qui prêcheront au nom du Christ et qui tromperont avec leur fausse piété et religiosité «ceux qui périssent», ceux qui n'ont pas dans leur coeur l'amour de la vérité pour pouvoir distinguer, sous la forme de la brebis, le loup.

D'autre part, à la fin des temps, ces faux christs et ces faux prophètes feront accompagner leur prédication de signes et de grands prodiges accomplis par la puissance de Satan (spiritisme, magie, fakirisme, etc.). Quand la corrosion gagnera la foi des grandes masses de l'humanité et que les âmes seront préparées par ces faux prophètes, alors se révélera celui qu'attendaient et attendent encore les Juifs, celui auquel pendant des siècles l'humanité a préparé le chemin, celui qui deviendra le symbole et le Dieu de toute la génération perdue des derniers hommes, «l'homme du péché», du grand péché satanique de l'esprit, le fils de la perdition, celui qui sera adversaire, et, comme Lucifer, orgueilleux et au-dessus de tout ce que les hommes auront respecté jusqu'alors. Il s'assoira dans le temple de Dieu comme Dieu, avec une puissance terrible, avec des signes et des prodiges qu'il fera par la puissance de Satan, il démontrera aux esprits myopes et enténébrés des hommes que c'est lui qui est dieu, et pas un autre. C'est lui qui réalisera l'union, si désirable pour les sentimentaux. C'est devant son propre trône que les hommes de toutes les religions et de tous les courants «spirituels» se courberont pour l'adorer et fraterniser. C'est lui qui unira sous son sceptre toutes les nations de la terre car «...il lui fut donné une autorité sur toute tribu et peuple, langue et nation et tous ceux qui habitent sur la terre l'adoreront, ceux dont le nom n'est pas inscrit dans le livre de vie de l'Agneau immolé...» (Ap 13, 7-8). Pour les hommes du monde, cette perspective d'un état universel, d'une religion universelle, est quelque chose de très agréable. Il se passe la même chose pour ceux qui aujourd'hui, désirent l'union «des Églises» et ne prêtent aucune attention à la vérité. Pour ces derniers, les questions dogmatiques ne sont pas autre chose que des byzantinismes futiles. Mais «pour cela, Dieu leur enverra une énergie d'égarement pour qu'ils croient au mensonge afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité soient jugés, ceux qui ont pris plaisir à l'injustice» (2 Thes 2,11).

Alexandre Kalomiros

Le Christ a marché sur cette terre, Il a admiré ses fleurs, et, dans ses paraboles, Il parlait des choses de ce monde comme des figures du céleste; Il a été baptisé dans le Jourdain, Il a passé le triduum dans le sein de la terre, il n'y a rien dans ce monde qui soit resté étranger à son humanité et qui n'ait reçu l'empreinte de l'Esprit saint. Et c'est pourquoi l'Église bénit et sanctifie à son tour toute la création: les branches vertes et les fleurs remplissent les temples le jour de la Pentecôte; la fête de l'Épiphanie s'accompagne de "la grande sanctification des eaux et de toute matière cosmique"; pendant l'office du soir, l'Église bénit les grains de blé, l'huile, le pain, et le vin - les espèces représentatives de la nature et de sa fécondité; le jour de l'Élévation de la Croix, elle bénit les quatre côtés du monde, et ainsi, prosterne et met tout le plan naturel sous le signe salvateur de la Croix invincible.

Rien dans la nature n'est impur en soi, mais l'esprit corrompu du démon ou de l'homme peut la souiller. Si l'homme abdique sa vocation d'humaniser le monde, il devient son esclave, s'immerge dans le sensible, dont il fabrique les idoles. L'idolâtrie est une déviation de la norme, la perversion des rapports et de la hiérarchie des valeurs. Elle introduit dans la nature l'inexistant, un élément de mensonge et de duperie.

Décentrée de l'homme et de sa propre destination doxologique, la nature n'est pas mauvaise en elle-même. Mais désaffectée car devenue extérieure à l'homme, cet état neutre de la nature la rend vulnérable aux puissances malignes qui s'en servent pour tenter et captiver l'homme. Ainsi, captive elle-même, la nature attend sa libération. "Toute la création gémit en travail d'enfantement", la "terre maudite" opère des fausses couches ou produit des monstres à l'image de l'homme démoniaque.
Paul Evdokimov

LA CRÉATION

 

"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre". Ma parole s'arrête à cette admirable pensée. Que dirai-je d'abord? Par où commencer mon explication? M'en prendrai-je à la vanité des auteurs qui nous sont étrangers? Ou exalterai-je la vérité qui est nôtre?

Les sages de la Grèce se sont donnés bien du tourment pour expliquer la nature, et il n'est pas une de leurs opinions qui soit demeurée ferme et inébranlable, pour cette raison qu'une seconde opinion vient toujours ruiner la précédente; aussi n'avons-nous nul besoin d'arguments contre ces gens: il suffisent à se réfuter mutuellement.

Car ceux qui ont ignoré l'existence de Dieu n'ont pas accepté qu'une cause raisonnable ait présidé à la genèse de l'univers, mais ils ont tiré les conclusions que comportaient leur ignorance première. Voilà pourquoi les uns eurent recours aux principes matériels, plaçant dans les éléments du monde la cause de l'ensemble. Les autres imaginèrent qu'atomes et corps indivisibles, crochets et méats constituaient la nature des choses visibles; tantôt en s'unissant les uns aux autres, tantôt en formant des combinaisons différentes, les corpuscules indivisibles produiraient la naissance des êtres et leur ruine; quant aux corps plus résistants, ils trouveraient dans l'enlacement plus ferme des atomes la cause de leur durée.

En vérité, c'est un toile d'araignée que tissent les auteurs de ces écrits, eux qui supposent aussi fragiles et inconsistants les fondements du ciel et de la terre et de la mer. Ils ne savaient pas dire: Au commencement, Dieu fit le ciel et la terre. C'est pourquoi ils ont cru que l'ensemble des êtres était sans pilote et sans direction, comme emporté au hasard: erreur à laquelle les condamnait l'athéisme qui habitait en eux.

Pour que ce malheur nous fût épargné, l'historien de la création a, dès les premiers mots, et grâce au nom de Dieu, éclairé notre pensée en disant: "Au commencement, Dieu créa".

Que cet ordre est beau! C'est le commencement que l'auteur a mentionné d'abord, pour que nul ne s'imaginât un monde qui n'eût pas commencé. Puis il a ajouté: Dieu créa, pour qu'il fût visible qu'il n'y a dans l'oeuvre créée, qu'une part minime de la puissance divine.

Tel le potier qui use du même art pour façonner d'innombrables vases sans épuiser son art ni ses forces, ainsi l'auteur de cet univers dont la puissance créatrice ne se mesure pas à un monde, mais s'étend à l'infini, amena à l'être, par la seule impulsion de sa volonté, les grandeurs du monde visible.

Si donc le monde a un commencement, et s'il a été créé, cherche qui lui a donné ce commencement, et quel en est le créateur. Ou plutôt, de peur qu'en le cherchant par des raisonnements humains, tu ne t'écartes peu-être de la vérité, Moïse t'a prévenu par son enseignement: comme un sceau et comme un phylactère, il a placé sur nos âmes le nom sacré de Dieu; il a dit: "Au commencement Dieu créa". La nature bienheureuse, la bonté exempte d'envie, l'objet d'amour de tout ce qui est raisonnable, la beauté très désirable, le principe des êtres, la source de la vie, la lumière spirituelle, la sagesse inaccessible, Dieu: c'est Lui qui, au commencement, a créé le ciel et la terre.

saint Basile le Grand


L'AME APRES LA MORT

(suite)

Nous avons donné la doctrine orthodoxe basée sur la sainte Écriture, selon laquelle "les âmes des morts sont en un lieu d'où ils ne voient pas les choses qui se passent et se produisent dans cette vie mortelle", et son opinion selon laquelle les cas de soi-disant manifestations des morts aux vivants se produisent généralement par "l'action d'anges" ou sont de "fausses visions" provoquées par l'action des démons qui ont pour but d'induire les hommes en erreur par un enseignement erroné concernant la vie future. Le Bienheureux Augustin procède à la distinction entre les "apparentes" manifestations des morts, et les vraies manifestations des saints:

"Comment les martyrs par leurs interventions même qui sont données à ceux qui les demandent, indiquent-ils qu'ils s'intéressent aux affaires des hommes, si les morts ne savent pas ce que font les vivants? Car, ce n'est pas seulement par l'opération de ses interventions mais aux yeux mêmes des hommes que Félix le Confesseur a apparu, quand Nola était assiégé par les barbares. Vous (évêque Paulin), prenez un pieux plaisir dans son apparition. Nous en avons eu la nouvelle, non par des rumeurs incertaines mais par des témoins dignes de foi. En vérité, des choses qui sont différentes de l'ordre habituel, que la nature a donné aux espèces séparées de toutes les choses créées, sont divinement montrées. Ce n'est pas parce que notre Seigneur quand Il l'a voulu, a soudain changé l'eau en vin que nous ne devons pas comprendre la valeur de l'eau en tant qu'eau. C'est un exemple rare, isolé même d'une telle opération divine. Aussi, le fait que Lazare a été ressuscité des morts ne signifie pas que tous les morts ressuscitent quand ils le veulent, ou qu'une personne vivante peut être rappelée à la vie par une personne vivante de la même façon qu'une personne endormie est réveillée par une personne qui ne dort pas. Certains événements sont caractéristiques des actions humaines; d'autres manifestent les signes de la puissance divine. Certaines choses arrivent naturellement, d'autres sont faites d'une manière miraculeuse, bien que Dieu soit présent dans tout processus naturel et que la nature accompagne toujours le miraculeux. On ne peut déduire que les morts peuvent intervenir dans les affaires des vivants simplement parce que les martyrs sont présents pour guérir ou aider quelques-uns. On devrait plutôt penser ceci: les martyrs, à travers la puissance divine, participent aux affaires des vivants, mais les morts eux-mêmes n'ont pas le pouvoir d'intervenir dans les affaires des vivants."

En effet, pour citer un exemple des saints pères des temps récents, tels l'ancien Ambroise d'Optino, enseignent que les êtres rencontrés au cours des séances de spiritisme sont plutôt des démons que des esprits des morts; et ceux qui ont examiné à fond les phénomènes de spiritisme, s'ils ont le moindre esprit critique chrétien, sont arrivés aux mêmes conclusions.

Ainsi, nous n'avons pas à douter que les saints apparaissent réellement aux justes à l'heure de la mort, comme c'est décrit dans beaucoup de Vies de saints. Aux pécheurs ordinaires, par contre, apparaissent des parents, amis ou "dieux" qui correspondent à ce que les mourants s'attendent ou sont préparés à voir. La nature exacte de ces dernières apparitions est probablement impossible à définir. Elles ne sont certainement pas de pures hallucinations, mais semblent faire partie de l'expérience naturelle de la mort, et signalent, pour ainsi dire, à la personne mourante, qu'elle est près d'entrer dans un autre monde où les lois de la réalité matérielle courante n'ont plus de prise. Il n'y a rien de vraiment extraordinaire à cette expérience, qui semble être constante, en des temps, pays et religions différents.

L'expérience de la "rencontre avec d'autres" survient généralement juste avant la mort, et elle est à distinguer de la rencontre tout à fait différente que nous allons décrire maintenant: celle avec "l'être de lumière".

 

3/ "L'être de lumière".

Le Dr. Moody décrit cette expérience comme "de tous les éléments communs figurant dans les témoignages que j'ai analysés, le plus difficilement croyable, et en même temps celui qui produit sur le témoin l'impression la plus intense". La plupart des gens décrivent cette expérience comme l'apparition d'une lumière qui augmente rapidement d'intensité; et tous ceux qui la reconnaissent comme une sorte d'être personnel, plein de douceur et d'amour, vers lequel le nouveau mort est attiré par une espèce de force magnétique. L'identification de cet être semble dépendre des antécédents religieux du mourant. Il n'a pas, en lui-même, une forme reconnaissable. Certains l'appellent "le Christ", d'autres "un ange"; tous semblent comprendre que c'est un être envoyé de quelque part pour les guider. Voici quelques récits de cette expérience:

"J'ai entendu les médecins dire que j'étais mort, et c'est à ce moment-là que je me suis senti dégringoler, ou plus exactement comme si je flottais... Tout était très noir, sauf que dans le lointain, j'apercevais cette lumière. C'était une lumière très, très brillante, mais pas très grande au début; elle augmentait au fur et à mesure que je m'en approchais".

Une autre personne, après sa mort, s'était sentie flotter "vers une lumière de pur cristal... On ne peut comparer cette lumière à rien de ce qui existe sur terre. Je ne peux pas dire que j'aie vu une personne dans cette lumière, mais il m'a paru certain qu'elle possède une identité, c'est indéniable. Imaginez une lumière faite de totale compréhension et de parfait amour."

"J'étais sorti de mon corps, j'en suis sûr, puisque je voyais ce corps étendu, là, sur la table d'opération. Mon âme l'aurait-elle quitté? J'ai été d'abord très bouleversé, mais c'est alors qu'est intervenue cette lumière brillante. Au début, elle m'a paru un peu pâle, mais tout à coup il y a eu ce rayon intense... Au commencement, quand la lumière est arrivée, je ne me rendais pas très bien compte de ce qui se passait; mais après, la lumière m'a demandé - enfin, c'était comme si elle me demandait - si j'étais prêt à mourir."

Presque toujours, cet être se met à communiquer avec le récemment décédé (plus par une sorte de "transmission de pensée" que par des paroles prononcées); ce qu'il leur "dit" est toujours la même chose, interprétée par ceux qui en font l'expérience comme: "Es-tu préparé à la mort?" ou "Qu'as-tu fait de ta vie, que tu puisses me montrer?" Parfois, aussi, en rapport avec cet être, le mourant voit une vision panoramique des événements de sa vie passée. Tous soulignent cependant que cet être ne leur offrent aucunement un "jugement" de leur vie ou de leur actes; il les incite simplement à réfléchir sur leur vie.

Les docteurs Osis et Haraldsson ont également relevé quelques expériences d'un tel être dans leurs études, remarquant que la lumière est "une qualité typique des visiteurs de l'au-delà" et préfèrent suivre le Dr. Moody en dénommant les êtres vus ou sentis dans cette lumière des "figures de lumière" plutôt que des êtres spirituels ou des divinités comme ils sont souvent identifiés par les mourants.

Qui - ou que - sont ces "êtres de lumière"?

Beaucoup les appellent "des anges" et soulignent leurs qualités positives: ce sont des êtres de "lumière" pleins "d'amour et de compréhension", et inculquent vaguement l'idée qu'on est "responsable" de sa vie. Mais les anges connus par l'expérience orthodoxe sont bien plus circonscrits, tant dans leur apparence que dans leur fonction que ces "êtres de lumière". Pour comprendre cela et pour commencer à voir ce que ces "êtres de lumière" peuvent bien être, il sera nécessaire ici d'exposer la doctrine orthodoxe sur les anges et puis d'examiner, en particulier, la nature des anges-guides de la vie future.

(à suivre)


TRANSLATION DE LA ROBE DE LA TOUTE SAINTE

C'était au temps de l'empereur Léon le Grand (Ve siècle) qui tenait alors le sceptre des Romains. La peste arienne, pervertissant le monde, sévissait dans toute sa rigueur. Cependant deux frères, Galcius et Candide, non contents de rester inébranlables eux-mêmes, s'efforçaient d'amener les autres à la vérité. C'est pourquoi la Vierge, voulant faire présent à sa ville (Constantinople) d'un trésor précieux (son propre vêtement), se servit de ces deux hommes de la manière suivante:

Elle leur suggéra le désir de visiter les lieux saints. Ils allèrent donc en Palestine; et là, ils suivirent, de préférence, la route qui mène en Galilée, parce qu'ils voulaient voir surtout Nazareth, qui possède la maison de la Vierge Marie où habita le Verbe de Dieu, et Capharnaüm où le Verbe de Dieu accepta si souvent l'hospitalité. Ils furent obligés de rester là quelque temps. Or, une femme juive, vénérable par son âge et plus encore par ses vertus, avait en dépôt - sans doute en raison de la beauté particulière de son âme - la robe de la Toute Sainte.

Et c'est ici qu'il faut admirer les voies extraordinaires de la Providence! Galcius et Candide, sans rien savoir, prennent logement chez cette femme, dans sa maison si pauvre. Pendant les repas, leur attention est attirée par la vue d'un appartement intérieur où brillent de nombreuses lumières et d'où s'exhale un suave parfum. Ils invitent donc leur hôtesse à s'asseoir avec eux à table, afin de pouvoir l'interroger à leur aise. Elle refuse d'abord, parce qu'étant juive, il lui est interdit de manger avec des chrétiens. Leur désir augmentant, ils insistent: "Ce n'est point à notre table que tu prendras part, mais à la tienne." Convaincue enfin, elle accepte. Alors commencent les interrogations: "Que se passe-t-il dans l'appartement intérieur de ta maison où brillent des lumières?" Mais elle se garde bien de leur dire tout de suite la vérité: "C'est une tradition parmi nous autres Juifs, répond-elle, que Dieu s'est manifesté à quelqu'un de nos pères, dans cet endroit; c'est pourquoi j'ai mission de le garder." Eux, soupçonnant qu'elle leur cache quelque chose, ils insistent encore davantage. Elle s'obstine: "Je puis dire seulement que cet endroit est plein de la grâce de Dieu." Une réponse si évasive les persuade que la femme simule l'ignorance et et leur désir s'avive d'autant plus. Ils emploient tous les moyens. Ils l'enchaînent, pour ainsi dire, de toute espèce de liens dont elle ne peut se débarrasser, tant qu'enfin elle dit, en pleurant: "Personne jusqu'à maintenant ne connaît le secret que vous allez apprendre; mes ancêtres l'ont confié à une vierge et il s'est transmis jusqu'à moi par la tradition. Eh bien, parce que je vois que vous êtes des hommes craignant Dieu, je ne vous le cacherai pas davantage: c'est la robe de la Vierge Marie elle-même qui est conservée ici dans l'appartement intérieur de ma maison".

Les deux hommes, en entendant cela, ne purent retenir un frisson de respectueuse épouvante. Et la femme de continuer: "Oui, Marie, au moment de mourir, fit présent de deux robes à deux vierges dont l'une est mon ancêtre. L'une de ces robes, enfermée dans un coffret, est conservée ici, je le répète, dans l'appartement intérieur de ma maison; voilà quelle est la cause des merveilles dont vous êtes les témoins".

Et les deux hommes étaient partagés entre la joie et la crainte. Ils se prosternèrent la face contre terre et, baisant les pieds de la femme: "Ô dame! s'écriaient-ils; nous n'en dirons rien à personne, nous en prenons la Vierge elle-même à témoin. Accorde-nous seulement la permission de passer la nuit en cet endroit.

Elle consent; on dispose des couvertures où ils s'étendent comme pour dormir.

Mais, au lieu de dormir, ils se mettent en prière. Et lorsqu'ils voient tout le monde endormi, ils se lèvent et prennent exactement la mesure du coffret. Puis le matin venu, ils avertissent la femme qu'ils vont à Jérusalem continuer leur pèlerinage; mais qu'avant de s'en retourner chez eux, ils repasseront chez elle.

A Jérusalem, leur unique souci est de faire bien vite fabriquer un coffret tout semblable à celui dont ils ont pris la mesure. Ils se hâtent de revenir chez leur hôtesse de Nazareth qui les reçoit avec bonheur.

Cette fois encore, ils demandent à passer la nuit auprès de la précieuse relique, car ils ont conçu un projet audacieux. Mais ils tremblent au moment de l'exécuter: dans une longue prière à la Vierge, ils s'excusent de ce qu'ils vont faire et la supplient de donner un signe de consentement. "Car, disent-ils, c'est dans ta Ville, reine de toutes les villes, que nous voulons transporter ta robe précieuse".

Enfin après avoir arrosé le sol de leur larmes, pénétrés d'une pieuse audace, ils s'approchent respectueusement; et, tandis que tout le monde est plongé dans un profond sommeil, leurs mains heureuses s'emparent du coffret, et, à sa place, ils déposent celui qu'ils ont fait fabriquer à Jérusalem.

Dès le petit jour, ils s'empressent de saluer la femme, en lui demandant de prier pour eux et lui montrent le beau voile qu'ils ont apporté, soi-disant pour couvrir la relique en signe de respect et de vénération. Puis ils se retirent définitivement.

Arrivés à Constantinople, ils n'avertirent pas tout de suite l'empereur ni le patriarche de ce qui s'était passé; car ils craignaient que l'on ne leur dérobât le précieux trésor qu'ils avaient dérobé eux-mêmes.

Voici donc à quoi ils s'arrêtèrent: ils possédaient un terrain devant les murs de la ville, près du rivage de la Corne d'Or. Ce terrain portait le nom de Blaquernes.

Ils y construisent donc un oratoire qu'ils consacrent non à la Vierge - car ils veulent dépister les curieux - mais à saint Pierre et à saint Marc; et ils y déposent la relique après avoir donné des ordres pour que là, désormais, retentissent des hymnes, s'exhalent des parfums et brûlent des lampes.

Malgré cela, pendant longtemps, le secret fut bien gardé.

Mais celle qui était ainsi honorée ne voulut pas qu'un si grand trésor fût connu de deux hommes seulement et qu'une richesse commune à tous demeurât leur bien propre.

Elle les invite donc à révéler leur secret. Alors ils vont trouver le patriarche et l'empereur à qui ils racontent l'étrange aventure. Aussitôt divulgué, le secret vole de bouche en bouche à travers Constantinople. De toutes parts Galcius et Candide reçoivent des félicitations; on leur décerne les honneurs publics; on bâtit en cet endroit au frais du Trésor, une église à la Vierge, Mère de Dieu; on fabrique un coffret d'or et d'argent pour y enfermer la précieuse relique, et bientôt l'église s'embellit d'ex-votos et de présents de toute sorte, témoignages des nombreux bienfaits reçus.

Voilà donc le trésor que nous possédons: ce ne sont pas des tables gravées par la main de Moïse; c'est un habit divin et précieux qui servit non seulement à revêtir la Vierge toute pure, mais encore à envelopper, tandis qu'elle l'allaitait, le Verbe de Dieu enfant. A Lui gloire et puissance maintenant et dans les siècles! Amen.

La translation de la robe de la Toute sainte Vierge et Mère de Dieu est commémoré le 2 juillet.

Le nom de l'Enfantrice de Dieu contient
toute l'histoire de l'Économie divine.
saint Jean Damascène (de la foi orth. 3,12)

"Je lui rendrai compte de tous mes pas" (Job 31,37)

Ces pas successifs de nos mérites, le psalmiste les évoque en ces termes: "Ils iront de vertu en vertu" (Ps 83,8), et ailleurs, dans une contemplation de la sainte Église: "Dieu s'est fait connaître progressivement quand il l'a reçue" (Ps 47,4). L'âme, en effet, n'accède pas d'un seul coup au sommet; elle est conduite par paliers successifs vers les hauteurs de la vertu. Ce qui rejoint ce que dit un autre psaume prophétique: "J'ai été troublé et peu à peu mon esprit fut abattu" (Ps 76,4). Mon esprit... est-il ici question d'autre chose que de l'esprit humain, c'est-à-dire l'esprit d'orgueil?
C'est par une grâce cachée, dont le ciel règle la mesure, que nous avançons vers l'amour de Dieu: aussi la vertu grandit-elle en nous, jour après jour, selon l'esprit de Dieu dans la proportion même où notre esprit bat en retraite. Il est peu à peu abattu, dit le texte, et c'est exact, car il ne nous est pas arraché radicalement et d'un seul coup; c'est quand nous sommes totalement déficients nous-mêmes que nous progressons pleinement en Dieu. Voilà pourquoi les saints emploient le terme de degrés lorsqu'ils apprécient les étapes de la croissance des vertus. Tout baptisé doit en effet commencer par quelques essais bien limités avant de pouvoir prouver sa résistance en d'autres qui réclament solidité et courage.
Notre progrès vers Lui se fait donc par degrés: le premier degré sur lequel nous mettons le pied c'est la crainte; ensuite c'est la charité qui nous fait monter les degrés supérieurs de l'amour: la crainte est là pour étouffer tout ce qu'il y a d'orgueil en chacun de nous; la confiance est là pour permettre de dépasser tout ce que l'on craignait. Gravir ces degrés de vertu ne réclame pas un grand effort: il suffit de les franchir un à un.
du "Commentaire moral du livre de Job"