Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes sous la juridiction de S.B. Mgr. André archevêque d'Athènes et primat de toute la Grèce

NUMÉRO 4
JANVIER 1979

Hiéromoine Cassien

Foyer orthodoxe

66500 Clara (France)

SOMMAIRE
Mise au point
Le pré spirituel
Lettre ouverte de Mgr. Innocent de Pékin
Le Jésus de la Tradition (suite)
À propos de la rebaptisation
La confession

MISE AU POINT

Dans le dernier "Messager" de l'ERHF fut publiée la conférence d'Antony de Genève, prononcée à Lyon lors du Congrès diocésain de mars 1978.

Malgré notre répugnance pour la polémique nous ne pouvons garder le silence face à autant d'incohérence, de confusion et de manque de suite dans les idées.

Nous voudrions bien savoir qui sont ces "quatorze Églises locales autocéphales représentant l'Église Une du Christ". Nous ne connaissons qu'une, tout au plus deux Églises locales avec lesquelles les "Russes Hors Frontières" sont en communion. Quoique cette question soit d'ailleurs assez embrouillée, étant donné que chacun des RHF pense différemment, et qu'il faut prendre en compte ces divergences de principes et de pratique.

"D'une part, il y a les représentants officiels de l'Église et, d'autre part, l'Église dans sa plénitude divine" continue Antony. C'est une drôle d'ecclesiologie celle qui sépare l'Église et les pasteurs. On y perd son latin. Il y a toujours des loups-pasteurs dans l'Église. Mais si toute l'Église locale est aussi corrompue que "l'Église Rouge" en question, alors on ne peut plus parler d'Église, malgré quelques prêtres qui essaient de nager à contre-courant. Les exceptions ne font pas la règle. Les RHF sont d'après les dires d'Antony seulement en désaccord avec les dirigeants du Patriarcat de Moscou; avec les simples fidèles, ils sont ...en communion ? (Si on lit entre les lignes) Alors bravo ! Demain j'irai confesser les fidèles papistes qui le désirent puisque les curés sont en train de reléguer leur confessionnal au grenier, où ils ont déjà rangé tant d'autres choses : soutane, jeûnes, chapelet, etc.

Antony nous traite ainsi, nous, les "Matthéistes" (sans nous nommer explicitement) : "...comme les membres des sectes, se refermant sur eux-mêmes, se mettant en dehors de l'Église, en pensant être les seuls détenteurs de la Vérité". Il est facile de calomnier si on se dispense d'apporter des preuves. C'est d'ailleurs une tactique courante des RHF.

Aussi un certain Ambroise Fontrier qui prétend que la réponse de Mgr Épiphane de Chypre a ridiculisé et scandalisé le synode russe. Ici, on peut citer Juvenal : "Quis tulerit Gracchos de seditione querentes", c'est-à-dire : "Qui veut prêter l'oreille à celui qui fait lui-même exactement ce qu'il réprouve dans les autres ?" D'ailleurs Mgr Épiphane est connu pour son extrême prudence. Sa façon d'agir démontre clairement que l'affirmation d'A. Fontrier est "un couteau sans manche dont il manque la lame".

Pour en finir avec la conférence : N'est pas nouveau ce qu'il y a de bon, et ce qu'il y a de nouveau n'est pas bien.

Entre parenthèses : Nous appelons parfois, par convenance, le clergé schismatique : évêque, archimandrite, * etc. Qu'on n'exige toutefois pas de nous cette concession envers les personnes citées qui nous calomnient. D'ailleurs, si ces gens-là avaient la force publique à leur disposition comme les néo-calendaristes de Grèce, nous aurions sérieusement à prendre garde à nous. Après tout il n'y a pas de saint chrême ni de sacerdoce chez les schismatiques; tout au plus le baptême - une "bourse vide"- comme dirait Jean Moschos.

hm. Cassien

Nous devons craindre très vivement, comme un crime, de transformer la foi et d'altérer le dogme.

saint Vincent de Lérins
LE PRÉ SPIRITUEL

de Jean Moschos (extraits)

Le feu réservé aux hérétiques

 

Un moine nommé Cyriaque habitait dans la laure de Calamon, au bord du saint Jourdain; et ce moine était grand selon Dieu. Un frère étranger, du pays de Dora, et qui s'appelait Théophane, s'en alla le trouver et le questionner à propos de pensées d'impureté. Le moine se mit à le réconforter en lui parlant de tempérance et de pureté. Le frère, en ayant fait grand profit, dit au moine : "Seigneur abbé, je vis dans mon pays en communion avec des Nestoriens : c'est la raison pour laquelle je ne puis rester; mais j'aurais voulu demeurer avec toi." Quand le moine entendit le nom de Nestorius, s'affligeant de la perte du frère, il le réprimanda et l'exhorta à briser avec cette funeste hérésie et à se rallier à la sainte Église catholique et apostolique. Il lui dit : "Il n'y a de salut qu'à condition d'avoir la foi orthodoxe et de croire que la Vierge Marie est vraiment Mère de Dieu." Le frère répondit au moine : "En réalité, seigneur abbé, toutes les hérésies disent ceci: si tu n'es pas en communion avec nous, alors tu n'es pas sur la voie du salut. Alors je ne sais pas, malheureux que je suis, ce que je dois faire. Demande donc au Seigneur qu'il me montre d'une manière sensible quelle est la vraie foi." Le moine accueillit avec joie le mot du frère et il lui dit : "Tiens-toi dans ma cellule, et j'ai l'espoir que Dieu dans sa bonté te découvrira la vérité." Et ayant laissé le frère dans sa grotte, il s'en alla près de la mer Morte en priant pour le frère. Le lendemain, vers la neuvième heure, le frère vit quelqu'un d'aspect terrible qui se présentait à lui et qui lui disait : "Viens et vois la vérité." Et le prenant avec lui, il l'emmena en un lieu ténébreux, d'odeur infecte et rempli de feu, et il lui montra dans ce feu Nestorius et Théodore, Eutychès et Apollinaire, Évagre et Didyme, Dioscore et Sévère, Arius et Origène, et plusieurs autres. Et l'apparition lui dit: "Ce lieu a été préparé pour les hérétiques, pour ceux qui blasphèment la sainte Mère de Dieu et pour ceux qui suivent leurs doctrines. Si donc ce lieu te plaît, persiste dans ta croyance; et si tu ne veux pas faire l'expérience de ce supplice, viens à la sainte Église catholique que t'enseigne le moine. Car je te le dis, si un homme pratique toutes les vertus, mais n'a pas une foi orthodoxe, il est dans la voie qui mène ici." Et sur cette parole, le frère revint à lui. Quand le moine rentra, il lui raconta tout ce qui était arrivé et ce qu'il avait vu. Et il entra dans la communion de la sainte Église catholique et apostolique. Il resta avec le moine à Calamon; et ayant passé avec lui un certain nombre d'années, il s'endormit en paix. (chap. 26)

Le baptême de sable

L'abbé Palladius nous raconta ceci. J'ai entendu rapporter par l'un des pères nommé André, le fait suivant : Quand j'étais jeune, j'étais très indiscipliné. La guerre et le désordre étant survenus, je pris la fuite avec neuf autres en Palestine; l'un d'eux était laborieux, un autre était juif. Quand nous arrivâmes au désert, le juif se trouva sans forces jusqu'à en mourir, et nous étions dans un grand découragement, ne sachant que faire de lui. Pourtant nous ne l'abandonnâmes pas, mais chacun de nous suivant ses forces le portait. Nous voulions le mener à la ville ou à l'entrepôt pour qu'il ne mourût pas dans le désert. mais comme le jeune homme, en raison du manque de nourriture et d'une fièvre intense, ainsi que de la soif causée par la chaleur, était absolument à bout et sur le point d'expirer (il était près de la fin et ne pouvait même plus tolérer qu'on le portât), nous résolûmes en pleurant de le laisser dans le désert et de nous en aller, craignant nous-mêmes de mourir de soif. Quand nous l'eûmes déposé sur le sable en pleurant et qu'il nous vit nous préparer à partir, il se mit à nous adjurer, disant : "Par le Dieu qui doit juger les vivants et les morts, ne me laissez pas mourir juif, mais chrétien. Ayez donc pitié de moi et baptisez-moi, afin que je quitte cette vie étant chrétien et que j'aille vers le Seigneur." Nous lui dîmes : "Vraiment, mon frère, il ne nous est pas permis d'agir ainsi; car nous sommes laïcs, et c'est la charge des évêques et des prêtres; d'ailleurs il n'y a pas d'eau ici." Mais lui continuait de nous adresser les mêmes adjurations accompagnées de larmes et de dire: "Chrétiens, ne me privez pas d'un tel bienfait." Tandis que nous étions dans le plus grand embarras, l'homme laborieux remplit ses mains de sable et le répandit trois fois sur sa tête en disant: "Théodore est baptisé au nom du Père, du Fils, et du saint Esprit." Et nous répondîmes "Amen" après chaque Nom de la sainte et consubstantielle et adorable Trinité et (le Seigneur en est témoin, mes frères) le Christ, Fils du Dieu vivant, le guérit et lui rendit tant de force qu'il n'y avait plus en lui trace de maladie, mais, sain et vigoureux, avec une ardeur entière, il courut devant nous tout le reste du chemin dans le désert. Étant arrivés à Ascalon, nous en référâmes au bienheureux et saint Denys, évêque du lieu, et nous lui dîmes ce qui était arrivé au frère en chemin. Le saint évêque Denys, entendant cela, fut stupéfait de cet extraordinaire miracle, et convoquant tout le clergé, il lui exposa le fait et lui demanda s'il fallait considérer ou non comme baptême l'effusion de sable. Les uns disaient qu'il fallait l'admettre à cause de l'étrangeté du miracle; les autres disaient que non. Et, en effet, Grégoire le Théologien énumère tous les baptêmes: il parle du baptême mosaïque, baptême dans l'eau et précédemment dans la nuée et dans la mer; du baptême de Jean, qui n'était plus le baptême judaïque, car il ne se faisait pas dans l'eau seulement, mais aussi dans la pénitence. Jésus aussi baptise, mais dans l'Esprit, et cette fois c'est la perfection. Je connais encore un quatrième baptême, celui du martyre et du sang. J'en connais aussi un cinquième, celui des larmes. Selon lequel de ces baptêmes a-t-il donc été baptisé, afin que nous le sanctionnions ? D'autant que le Seigneur a dit à Nicodème : "Si quelqu'un ne naît pas d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux" (Jn 3,5). Mais d'autres leur objectaient: Quoi donc? Parce qu'il n'est pas écrit des apôtres qu'ils ont été baptisés, est-ce qu'ils n'entrent pas dans le royaume des cieux?" et les premiers leur répondaient : "Oui, certes, ils ont été vraiment baptisés, comme Clément, l'auteur des Stromates, en fit mention au 5e livre des Hypotyposes. Car, expliquant le mot de l'apôtre : "Je rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous" (1Cor 1,14) il déclare: "Le Christ est dit n'avoir baptisé que Pierre, et Pierre a baptisé André, et André Jacques et Jean, et ceux-ci les autres." Ces choses et bien d'autres ayant été dites, il parut bon au bienheureux évêque Denys d'envoyer le frère au saint Jourdain, pour qu'il fût baptisé. Et il ordonna diacre l'homme laborieux. (chap. 176)

Le baptême sans la foi

On demanda un jour à saint Athanase, pape d'Alexandrie, si l'on peut baptiser celui qui ne croit pas selon la foi et la prédication des chrétiens; et au cas où, feignant de croire, il a été baptisé pour quelque autre prétexte, qu'en est-il et comment Dieu l'admet-il. Il répondit : "Vous avez appris des anciens que le bienheureux Pierre, martyr, lorsque sévissait une épidémie mortelle et que beaucoup couraient recevoir le baptême simplement par crainte de la mort, eut la vision d'un ange qui lui dit : "Jusqu'à quand enverrez-vous ici ces bourses, sans doute marquées d'un sceau, mais bien vides et ne contenant rien à l'intérieur ?" Ainsi, autant qu'on peut le conjecturer d'après la morale de l'ange, ceux qui portent le sceau du baptême, ayant pensé bien faire en recevant le baptême, sont baptisés. (chap. 198)

Les anges et la correction fraternelle

Quelqu'un des pères raconta qu'un des moines, homme pur et saint, quand il faisait la proscomidie *, voyait les anges se tenir à sa droite et à sa gauche. Il avait appris le rite de la proscomidie chez les hérétiques, et comme il était ignorant des divines croyances, il disait les paroles de l'offrande en toute simplicité et innocence, sans savoir qu'il se trompait. Providentiellement, un frère qui connaissait les divines croyances vint à lui. Il arriva qu'en sa présence le moine fit l'offrande. Le frère lui dit (il était diacre): "Les paroles que tu dis, père, pour la proscomidie, n'appartiennent pas à la foi orthodoxe, mais à la fausse croyance". Le moine, par le fait qu'il voyait les anges pendant l'offrande, ne faisait pas attention à ce qui lui était dit, mais le dédaigna. Le diacre continua de lui dire : "Tu fais erreur, bon père; l'Église n'admet pas cela." Le moine, se voyant ainsi accusé et blâmé par le diacre, et voyant les anges comme d'habitude, les interrogea : "Puisque le diacre me parle ainsi, qu'en est-il de ce qu'il dit ?" Les anges répondirent : "Écoute-le, il te dit vrai." Le moine leur dit : " Et pourquoi ne me l'avez-vous pas dit vous-mêmes ?" Ils lui répondirent : "Parce que Dieu en a ainsi disposé, que les hommes soient corrigés par les hommes." Et depuis lors il se corrigea et remercia Dieu et le frère. (chap. 199)

 

Le livre "Le Pré Spirituel" de Jean Moschos se trouve dans l'édition du Club du livre chrétien, Paris 1960 et aussi dans les "Sources Chrétiennes" (éd. du Cerf).

Quiconque ne se laisse pas attirer par le plaisir et ne craint pas la souffrance connaît la liberté,ayant exterminé en lui toutes les passions ainsi que l'amour de soi qui engendrait tous les maux, en même temps que l'inconscience à leur sujet. Il s'intègre ainsi tout entier au bien éternel et inaltérable, et devient, lui aussi, immobile et immuable, reflétant sur son visage à découvert la clarté lumineuse de la gloire de Dieu et jouissant lui-même de cette gloire inaccessible de Dieu.

saint Maxime le Confesseur

 

LETTRE OUVERTE À TOUS LES FIDÈLES
DE L'ÉGLISE DU CHRIST QUI GARDENT FIDÈLEMENT LE CALENDRIER ORTHODOXE
ET LES TRADITIONS DE L'ÉGLISE !

(Lettre écrite en 1929, quelques années après le schisme dans l'Église grecque.)

 

Par Monseigneur Innocent, archevêque orthodoxe de Pékin

Les nouvelles affligeantes nous parviennent concernant les persécutions cruelles qu'endurent ceux qui maintiennent avec fermeté les traditions de la sainte Église orthodoxe, face aux agissements des faux-frères qui ont osé tourner en dérision et piétiner les lois divines avec l'aide du pouvoir civil.

Se faisant passer pour sages et pour civilisateurs, ces loups à l'aspect d'agneaux aveuglés par l'épaisse fumée de ce monde, foulant aux pieds toute crainte de Dieu, ont entrepris la correction des lois de l'Église du Christ, se considérant supérieurs aux apôtres et aux saint pères de l'Église, par la bouche desquels parlait le Seigneur lui-même.

Mais Dieu a rendu folle leur sagesse. Ils ne savent même pas ce qu'ils disent et ne comprennent même pas ce qu'ils veulent corriger. Ils ont entrepris la réforme du calendrier sans savoir ce qu'ils faisaient.

Ils affirment que notre calendrier orthodoxe s'est beaucoup éloigné de l'exactitude astronomique; aussi ne serait-il que grand temps de passer au calendrier grégorien, reconnu exact par les savants et adopté par le monde apostat tout entier.

Mentent-ils avec la ferme intention d'induire en erreur ceux qui sont peu affermis dans la foi, ou répètent-ils en toute ignorance les mensonges d'autrui? Qui pourra le dire? Mais il est évident, pour ceux qui comprennent le problème, qu'aucune de leurs affirmations ne contient la moindre trace de vérité.

Ils disent que le calendrier orthodoxe est en retard sur le vrai calendrier de 13 jours; aussi l'équinoxe tombe-t-elle le 8 mars, alors que les saints pères du Premier Concile oecuménique avaient décidé une fois pour toutes de le considérer comme échouant le 21 mars, ce que rétablirait soit disant le calendrier grégorien.

Ils sont incapables, toutefois, d'en fournir la preuve. L'original des décisions du Premier Concile oecuménique n'a pu être conservé, et dans notre livre des Canons ne figure aucune décision du 1er Concile oecuménique en ce qui concerne l'équinoxe; les autres documents auxquels se réfèrent si volontiers les nouveaux stylites n'ont pas été conservés non plus. La plupart des preuves visant à établir que le 1er Concile oecuménique aurait décidé de considérer le 21 mars comme jour de l'équinoxe ont été inventées et arrangées par les catholiques à partir du XVIe siècle, afin d'asseoir sur une base canonique la réforme inutile et néfaste du calendrier en 1582. Aussi l'affirmation des nouveaux stylites selon laquelle notre calendrier orthodoxe enfreint les décisions du 1er Concile oecuménique n'est-elle fondée sur rien.

Leur affirmation selon laquelle le calendrier grégorien est juste n'est pas fondée davantage. Les astronomes ont montré depuis fort longtemps qu'il était impossible de réaliser un calendrier rigoureusement exact. Quant au calendrier grégorien, il est en plus tellement incommode, que les savants du monde entier ont déjà posé la question de son remplacement. Un grand nombre d'entre eux ont reconnu que notre calendrier orthodoxe était tellement simple et commode qu'ils se sont exprimés en faveur d'un retour au calendrier julien: Newcomb, Bolotov et d'autres.

De même sont dénués de tout fondement les affirmations des nouveaux stylites selon lesquelles l'introduction du calendrier grégorien avait été déterminée par le besoin de corriger le calendrier julien. En réalité, son introduction avait été motivée uniquement par le désir des Jésuites, qui avaient conquis à la fin du XVIe siècle une immense influence au sein de l'église romaine, de rompre définitivement avec l'orient orthodoxe, de telle façon que même les fêtes soient célébrées en des temps différents.

Face à ces nouveaux arguments, les autres arguments avancés par les nouveaux stylites pour la défense du calendrier grégorien sont également dénuées de fondement et de preuves. Mais ce n'est pas là leur erreur essentielle: celle-ci est en ce qu'ils considèrent notre calendrier orthodoxe et notre pascalie comme solaires et non comme lunaires. Ignorent-ils ou cachent-ils intentionnellement le fait que notre calendrier orthodoxe repose sur le calendrier lunaire comme sur une fondation ? Nous, orthodoxes, nous ne fêtons pas la Pâque sur la base des indications fournies par le calendrier grégorien ou julien, mais sur celles que nous donne le calendrier biblique, selon lequel était célébrée la fête de Pâque par l'Israël de l'Ancien Testament, conformément à la loi divine transmise par Moïse.

L'Église du nouveau Testament, l'Église orthodoxe, ayant en mémoire les paroles du Sauveur : "Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé." (Mt 5,18), conserve en toute sainteté l'ancienne pratique consistant à fêter Pâque d'après le calendrier lunaire.

Comment vivait notre Sauveur Jésus Christ sur terre ? Il vivait selon le calendrier lunaire de l'ancienne Bible. Avec tout Israël de l'Ancien Testament, il venait à Jérusalem à l'époque de la pleine lune du mois de Nisan, premier mois de l'année juive, afin de fêter la Pâque. Il a été jugé, crucifié, et il est ressuscité des morts à cette même époque.

L'année de la mort sur la Croix de notre Sauveur, la Pâque juive tombait le vendredi et le samedi. Il a été crucifié le vendredi 14 Nisan, (alors que la Pâque commençait la veille au soir, le jeudi, ainsi que cela se fait dans l'Église de nos jours) Il a passé le samedi saint dans le repos de la grotte tombale, et, tôt le matin, le premier jour de la semaine, le dimanche 16 Nisan, Il est ressuscité. Ainsi les événements de la mort et de la Résurrection du Sauveur sont-ils indissolublement liés à la Pâque juive et doivent-ils lui succéder. C'est dès le premier siècle du christianisme que s'est implantée la coutume de la sainte Pâque de la Croix après la Pâque juive. L e mot "Pâque" vient du mot "paskhej": souffrir. Et lorsque s'achevait la Pâque de la croix, commençait la célébration de la Pâque radieuse, ainsi que le pratique de nos jours la sainte Église.

Afin d'établir cet ordre pour tous les siècles et de conserver à jamais ce lien, les saints apôtres ont décidé de célébrer la sainte Pâque consécutivement à la Pâque juive, après l'équinoxe de printemps. Comme l'équinoxe a lieu en septembre et en mars, et que, aux temps reculés, la nouvelle année commençait soit au mois de septembre, soit au mois de mars, la Pâque, fêtée après l'équinoxe , ne pouvait jamais tomber en fin d'année, mais toujours au début; la sainte Église ne s'est jamais écartée de cette règle; même lorsqu'il y eut des discussions, celles-ci portèrent uniquement sur la question de savoir si l'on pouvait fêter la Pâque de la Croix en même temps que les juifs. Le résultat de ces discussions fut la décision prise par le Concile d'Antioche, 1er canon, concernant le temps de la célébration de la Pâque : cette décision confirma l'immuabilité des règles apostoliques. Ensuite, au quatrième siècle fut réalisée la pascalie orthodoxe. Elle fut constituée par l'Église la plus savante de l'antiquité, l'Église d'Alexandrie, devant laquelle les réformateurs catholiques du XVIe siècle font figure d'insolents ignorants ayant dégradé le travail impeccable qu'elle avait réalisé.

La réalisation de la pascalie avait pour but d'établir la célébration de la Pâque partout en même temps et ce, dans la stricte observance de la règle apostolique: ne pas fêter notre Pâque avant la Pâque juive, ni en même temps qu'elle.

Les savants ayant constitué la pascalie se rendaient parfaitement compte de l'inexactitude du calendrier julien qu'ils avaient accordé au calendrier lunaire, juif, mais ils savaient également que le calendrier lunaire était inexact, lui aussi, et que l'erreur du calendrier julien corrigeait si bien l'erreur du calendrier lunaire, que, d'après le témoignage de l'astronome Prédtétchensky, l'erreur de notre pascalie, des tables du mouvement lunaire ne dépasse pas 3 heures en 1900 ans.

Ainsi s'explique ce fait étonnant que notre pascalie établie au IVe siècle et n'ayant jamais été corrigée depuis lors indique sans erreur jusqu'à nos jours les phases de la lune et le temps de la célébration de la Pâque juive, aussi toute tentative de "corriger" ou de changer notre pascalie doit-elle être considérée comme une tentative d'extraire du trésor de l'Église l'une de ses richesse dont elle peut être fière à juste titre, même devant les savants de notre temps.

(à suivre) 


LE JÉSUS DE LA TRADITION

par P. Bratsiotis (suite)

b/ Même si nous admettions un instant que, parmi les chrétiens d'origine païenne certains auraient pu étre convertis, en passant, selon une évolution "naturelle", des obscurs mythes païens à la foi monothéiste en Le Fils Unique de Dieu né de l'Esprit saint et de la Vierge Marie, comment cette étrange "légende" aurait-elle pu trouver un écho sans aucune objection au sein des premières Églises chrétiennes, dans lesquelles les chrétiens d'origine juive étaient majoritaires et surtout alors qu'en ce temps, les parents de Jésus et les témoins véritables de sa vie, les apôtres, étaient encore de ce monde ?

A. Harnack, le recteur de la théologie protestante contemporaine, considérant ces faiblesses de raisonnement et raillant le désaccord de ces critiques rejette cette hypothèse et défend, avec d'autres, que cette "légende" chrétienne de l'enfantement surnaturel du Messie par la Vierge se serait formée dans le cercle des chrétiens d'origine juive, à partir d'une interprétation erronée d'un passage d'Esaïe : "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel". (Es 7,14). Outre le fait que cette hypothèse est loin d'être confirmée par la recherche sur les juifs de cette période, comment une foi constituée sur l'interprétation fausse de ce passage prophétique à propos de la naissance surnaturelle de Jésus aurait-elle pu avoir du succès à une époque où les parents de Jésus et les apôtres étaient encore en vie? On peut aussi montrer l'improbabilité de cette idée par le désaccord même de ces chercheurs, qui formulent de nouvelles théories pour contourner ce dangereux écueil. Enfin, la théorie moyenne de Gunkel manque de preuves, qui conjecture que l'idée du Fils Unique proviendrait de mythologies idolâtres et aurait pénétré l'Église chrétienne par l'intermédiaire du judaïsme. Mais comme Bardenheber l'observe justement : ces théories ont leurs racines dans les présuppositions de la théologie moderne, qui ne doute pas de l'authenticité de la narration évangélique par l'inspiration, mais abhorre tout ce qui est du surnaturel.

Après la naissance de Jésus sa circoncision et sa Présentation au temple eut lieu conformément à la loi mosaïque, en tant que nouveau-né mâle de quarante jours, ce que l'évangéliste saint Luc relate avec grâce (2,22). Un peu plus tard se produisirent des événements étroitement liés entre eux : l'Adoration des mages, le massacre des enfants de Bethléem sur l'ordre d'Hérode et la fuite en Égypte, que seul saint Matthieu raconte (2,1-23), mais l'on ne peut pas considérer que ceci soit une raison suffisante pour les contester comme faits historiques. Ces évènements peu nombreux qui ont trait à la naissance et à l'enfance de Jésus, que racontent saint Matthieu et saint Luc, aussi étranges et surnaturels qu'ils puissent paraître, ne doivent pas être écartés. Car nous devons prendre en compte le dépouillement extrême de ces récits qui joue comme facteur positif en faveur de leur authenticité comme de ceux des autres évangiles, si on les compare avec le style prolixe, peu concis, des évangiles apocryphes (protoévangile de Jacques, évangile de Thomas, évangile arabe de l'enfance du Christ, etc) qui traitent des âges de la vie du Christ : l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte, jusqu'à son ministère comme Messie. Saint Luc raconte un seul épisode remarquable de l'enfance de Jésus : sa montée au temple à l'âge de douze ans lors de la fête de Pâque (2,49). Jésus descendit ensuite de Jérusalem avec ses parents ..."Il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. (...) Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes". (Luc 2,51-52). Avec quelle économie de termes l'enfance du Messie est-elle indiquée par les évangiles!

Les témoignages évangéliques faisant état de l'éducation et de la vie cachée deJésus sont rares. D'après leur témoignage, il habitait à Nazareth, d'où l'appellation de "Nazaréen" (Matthieu 2,23, Luc 4,16, Jean 1,45-47). Il n'a pas suivi de scolarité : "Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point étudié?" (Jean 7 :15). Il exerçait le métier de charpentier, qu'il apprit de Joseph ("N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie?" Marc 6 :3; "N'est-ce pas le fils du charpentier?" Matthieu 13 :55). Jésus en tant qu'homme reçut de ses pieux parents une éducation religieuse, comme tout israélite, qui s'acheva ensuite par l'étude approfondie des écritures. Il se révèle plus tard un maître parfait en ce domaine, surtout au sujet des prophètes et des psaumes. Sur ces passages des Écritures, "sa sagesse divine dispensait des éclaircissements fort nombreux".

Les assertions actuelles de certains auteurs, selon lesquelles Jésus fut instruit en Égypte et aux Indes, et surtout qu'il reçut un enseignement idolâtrique ne méritent pas l'attention et doivent être considérées comme fantaisistes.

Bien qu'il ne soit pas exclu que Jésus ait su le grec comme beaucoup de galiléens, il est cependant certain que sa langue maternelle était l'araméen, - langue majoritaire à l'époque en Palestine -, qu'il utilisa pour sa prédication. Nous sommes aussi démunis de tout renseignement concernant la physionomie de Jésus dans les évangiles. Nous en sommes donc réduits à nous référer à deux traditions complémentaires et opposées : l'une très ancienne, qui remonte au IVe siècle, le montre selon la prophètie d'Esaïe : "sans beauté, ni éclat" (Esaïe 53,2). L'autre tradition, plus récente, (à partir du IVe siècle) le présente comme le plus beau de tous les hommes, selon le psaume 44 : "Tu es le plus beau des fils de l'homme, La grâce est répandue sur tes lèvres : C'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours." (Ps 44,2).

(à suivre)


À PROPOS DE LA REBAPTISATION

Étant donné les réactions provoquées par notre article précédent il nous semble bon d'apporter quelques éclaircissements complémentaires.

Un hérétique qui a reçu le baptême dans l'hérésie, mais selon le rite orthodoxe peut être reçu dans l'orthodoxie soit par le baptême, soit par la chrismation uniquement. Cela dépend de chaque Église locale. Par contre, un hérétique qui a reçu le baptême selon un rituel défectueux, par exemple, par simple aspersion (comme c'est le cas chez les latins) au lieu de la triple immersion, ne peut être reçu que par la rebaptisation. Par conséquent, si les "Russes Hors Frontières" et les néocalendaristes grecs reçoivent en leur sein papistes, protestants, etc. par confirmation uniquement, alors il ne s'agit plus d'économie, mais de transgression. Il y a une certaine latitude dans la pratique de la rebaptisation, mais il y a aussi des limites. Le 19e canon de saint Timothée ne contredit aucunement ce que nous venons de dire. Il faut voir ce canon en liaison avec les autres canons qui traitent de ce même sujet. En agissant différemment, on pourra faire tout ce qu'on voudra des canons. C'est ainsi que les sectes manipulent les Écritures.

D'autre part, si l'Église par économie, modifie le rituel du baptême, par exemple dans le cas d'un malade ou dans celui du baptême de sable (cf. dans ce n°, Jean Moschos), le baptême est quand même valide et efficace. Il peut aussi arriver que le prêtre commette une erreur involontaire lors de la cérémonie du baptême. Cette erreur n'efface en aucune façon l'efficacité du sacrement. "Le sabbat est fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat", dit le Christ (Mc 2,27). De même, le rituel est fait pour l'homme, et non l'inverse.

Ces quelques mots n'épuisent certes pas le sujet. Mais nous nous bornerons à ces quelques réponses afin de ne pas lasser nos lecteurs, qui ont des besoins spirituels et des intérêts divers.

hm.Cassien


LA CONFESSION

(D'après l'ouvrage du Métropolite Antoine KHRAPOVITSKY
publié à Varsovie en 1928
Traduction et adaptation en Français: Claude Lopez-Ginisty)

Le Métropolite Antoine, premier hiérarque de l'Église Russe à l'Étranger, théologien remarquable et homme d'Église d'une haute stature ( il fut ainsi question après la mort du Patriarche Grégoire IV d'Antioche qu'il lui succède ...) expose en vingt-deux chapitres et d'une manière magistrale le mystère de la confession.

Il mentionne tout d'abord la grande responsabilité et l'immense tâche du prêtre dans l'administration de la confession et indique que le prêtre doit être à même de fournir au pénitent une aide spirituelle, la confession n'étant pas une simple formalité mais un processus de cure spirituelle. Le prêtre doit donc acquérir une grande expérience spirituelle afin de pouvoir offrir son aide spirituelle.

Il demande au pasteur de se souvenir de ses propres chutes et péchés afin d'avoir vis-à-vis du pénitent des paroles pleines de compassion, essence de la grâce dans la prêtrise. Cette thérapie spirituelle est plus importante que toutes les autres tâches du prêtre. Il expose ensuite la joie qui peut naître de la régénération d'un enfant spirituel.

En montrant un amour sincère pour le pénitent, le confesseur peut changer sa vie. Il doit se battre sans cesse pour acquérir la compassion véritable. Si cela est possible, il doit s'efforcer de faire des sermons exhortant à la pénitence et à la confession - par la citation des canons par exemple et en incitant ses ouailles à lire les canons de prières avant la communion-.

Le prêtre doit s'exercer sur sa propre âme, l'observer et observer les autres avec amour, lire la sainte Bible, le Synaxaire *, la Philocalie * des Pères neptiques *. Il doit être absorbé par cette thérapie spirituelle, ses lectures et son expérience propre travaillant ensemble au bien commun.

L'incrédulité étant la pire des maladies spirituelles, le métropolite Antoine essaie d'indiquer comment "défaire", ce que l'air du temps, la philosophie ambiante, des lectures pernicieuses ont pu bâtir sur une foi faible.

Il traite aussi des doutes involontaires et des pensées blasphématoires involontaires qui ne sont pas le fruit de la haine envers Dieu mais des combinaisons fortuites de mots et de sons dans l'imagination et qui ne sont pas d'après les Pères un péché.

Le prêtre doit aussi aider le pénitent à confesser ses péchés et quelquefois l'aider par la question : " Est-il un péché que tu ne peux te résoudre à confesser ?" Cela permet ainsi à certains péchés enfouis dans la gangue des années et de la honte de surgir et d'apporter la guérison spirituelle. Il convient pour cela qu'un grand amour et une grande sympathie ( au sens premier de Souffrir avec) montre que le prêtre est au côté du pénitent, ménageant son amour-propre et le questionnant par rapport aux Dix Commandements. La compassion aidant, le pénitent voyant que le prêtre souffre avec lui et ne veut que sa guérison, le prêtre parlera de l'infinie miséricorde de Dieu l'aidant à ne pas tomber dans le désespoir.

Le confesseur devra aussi veiller à ce que le pénitent ne cède pas à la tentation de l'auto-justification et se considère comme un "juste", c'est là l'exact opposé de l'acédie ou du désespoir: le pécheur n'a pas vraiment conscience ou aucune conscience de sa faute, qu'il explique toujours sans s'impliquer. Le sentiment d'être pécheur, plutôt que celui d'être d'une grande vertu est ce qui distingue ceux qui sont sur la voie du salut de ceux qui vont à la perdition. Saint Ephrem le Syrien et tous les Pères pleuraient sans discontinuer sur leurs péchés.

L'illusion spirituelle ou "prelest" est le piège par excellence des "gens pieux" qui s'imaginent être choisis par Dieu ou favorisés par Lui. Le prêtre doit s'efforcer d'ouvrir les yeux de tels aveugles spirituels. "Même les ascètes zélés dans les monastères sont quelquefois sujets à cette illusion spirituelle, mais bien sûr, les laïcs qui sont zélés dans leurs observances ascétiques extérieures en sont plus souvent les victimes. Ils s'imaginent avoir des visons divines, ou du moins des rêves inspirés par la grâce. Dans tous les événements de leur vie, ils voient des directions spéciales et intentionnelles de Dieu ou de leur ange gardien et puis alors, s'imaginent être élus de Dieu et quelquefois essaient de prédire l'avenir. Les saints Pères s'armèrent toujours farouchement contre cette maladie de l'illusion spirituelle."

A propos des visions, le métropolite rappelle que les Pères discernaient celles venant de Dieu par la présence de Croix. Il mentionne aussi que les gens atteints de cette maladie spirituelle, se mettent facilement en colère lorsqu'on exprime des doutes et c'est là qu'il convient de leur indiquer que selon les Pères la colère ou l'irritation liées à la narration d'une vision sont un signe infaillible de son origine diabolique.

La colère est aussi une maladie de l'âme. Ce sont les doux qui hériteront la terre. "L'action même de la colère est une chute" dit Jésus Fils de Sirach.La colère est souvent liée à l'orgueil et à la vaine gloire. " J'ai vu dans un monastère, dit un Starets, un frère encore jeune mais renommé pour ces luttes ascétiques et pour sa gentillesse. Il fut devant mes yeux offensé et même insulté mais il resta tout le temps silencieusement calme et même l'expression de son visage ne changea pas le moins du monde. "Frère, qui t'a appris à être aussi doux, lui demandai-je ému jusques à la componction.

Sont-ils vraiment dignes de ma colère ? répondit-il. Ce ne sont pas des hommes, ce sont seulement de beaux chiens et ils ne sont pas dignes que je sois troublé par eux. "

Alors ma joie -continua le Starets- se changea en profond chagrin pour ce frère en péril et je m'en fus loin de lui avec horreur, priant pour lui et pour moi-même." Il est nécessaire de lutter contre l'orgueil par des actes qui lui sont opposés. Il est plus spécialement important dans ce cas de se forcer -ainsi que nous l'avons dit précédemment- à demander pardon à ceux que nous avons offensés."

Le chapitre suivant traite des manquements liés au VIIème commandement. Le confesseur insistera sur les dommages causés à l'âme par la dépravation et montrera combien la fornication et l'adultère sont liés en fait à l'incrédulité bien plus qu'à une prétendue exigence impérieuse des sens.

L'ivresse, soeur de la débauche est combattue par un changement radical de vie, quelquefois par l'astreinte à un dur travail, semblable à celui que fit le Fils prodigue avant de retrouver la Maison du Père.

L'acédie est particulièrement néfaste pour l'âme quand elle rejette la consolation offerte par Dieu. Après avoir soigneusement éliminé les facteurs purement physiques qui pourraient être en cause, le confesseur s'attaquera à cet esprit de découragement et de vanité de toute chose qu'est l'acédie. Cet état vient souvent d'une passion secrète

( Saul devint mélancolique parce qu'il était envieux). Si cette passion n'est pas découverte par le pénitent, qui confesse ne plus pouvoir prier, il faut lui conseiller de demander à Dieu aide et pardon et alors l'esprit d'acédie le quittera. Il lui sera conseillé de se tourner vers les autres avec amour et compassion, humilité et patience et par l'amour mutuel et la sympathie, il apprendra même à consoler les autres. "L'acédie est une sorte de vide ou de flétrissement de l'âme et l'amour compassionné d'une âme saine, continuée en union en Dieu, peut emplir le vide de cette âme malade. Quelquefois une simple bonne parole et la promesse de prier pour la personne qui souffre inonde immédiatement son âme de joie et elle est libérée du sentiment oppressif de solitude."

L'envie ou la jalousie est liée à un autre désir passionné. Un sentiment -faux- d'injustice y est lié. Le remède est dans l'application à voir dans la personne enviée ou jalousée, toutes bonnes choses et actions qui diminueront ainsi l'emprise de ce péché et en persévérant, le pénitent devra être persuadé qu'il arrivera à ne plus considérer personne comme un rival ou un ennemi.

L'amour de l'argent est un péché difficile à comprendre pour les prêtres. L'amour de l'argent est souvent combiné avec une piété extérieure liée à l'illusion spirituelle. Pour distinguer entre l'avarice-passion et le désintéressement réel, questionner sur l'honnêteté, la joie d'aider les autres que peut procurer l'argent. Rappeler aussi l'amour de l'argent de Judas.

Le métropolite Antoine parle ensuite du combat nécessaire contre le péché et de la non moins grande nécessité d'approcher la confession dans un esprit de repentir véritable. "Le type de confession le plus indésirable est celui venant d'une personne [qui va se confesser] en se disant : "Il est impossible de vivre sans pécher. J'ai péché, et bien sûr, je pécherai encore mais il ne peut en être autrement. Pourquoi me désolerais-je des péchés que j'ai commis, lorsque je sais que demain je recommencerai à les commettre? Je ne nie pas le sacrement de la sainte Communion, mais je le reçois par obéissance à la doctrine chrétienne, je n'en ressens aucun effet bénéfique réel pour mon âme et je n'en ressentirai probablement jamais aucun. J'accepte que tout ce qui est taxé de péché dans l'Écriture en soit un, je ne suis pas coupable de mensonge quand je m'accuse devant le prêtre d'être pécheur, mais je pense que si ces deux mystères - confession et communion- n'existaient pas, je ne serais ni meilleur ni pire que je ne suis à présent, en les recevant tous les ans ou quatre fois l'an." Beaucoup de gens pensent ainsi, même s'ils n'expriment pas ouvertement une telle attitude et la majorité d'entre eux, et plus spécialement ceux qui n'ont pas d'éducation, ne serait pas capable de le faire."* Le confesseur doit réveiller chez le pénitent le souci du salut de son âme et cela peut se faire en particulier si le confesseur convainc celui qui se confesse de l'importance de tout péché pour le salut de son âme.

Viennent ensuite trois chapitres consacrés aux péchés contre le prochain, contre Dieu et contre notre propre âme, mettant l'accent sur la nécessité de suivre le Sauveur et non la foule, le besoin d'une vie spirituelle pour éviter le péché. Il montre l'importance de l'assistance aux offices religieux dans I'Église et la nécessité de la prière personnelle chez soi. L'importance d'une vie centrée sur les offices de I'Église dans I'Église et d'une existence rythmée par le calendrier liturgique orthodoxe est évidente.

Destiné aux confesseurs, ce livre du Métropolite Antoine peut s'avérer utile à ceux qui se confessent, tant il est vrai que tous, prêtres ou laïcs se confessent et qu'il n'y a pas dans notre Église d'Église enseignante et d'Église enseignée...

" Quiconque commet un terrible péché et ne s'en repent pas devient comme Caïn. Avant même qu'il ne réalise quelle chose terrible il a faite, il commence à ressentir un chagrin qu'il ne comprend tout d'abord pas, tout comme Saul. Il devient alors irritable et commence à trouver des défauts à tous ceux autour de lui, qui lui sont chers. L'affection de ses enfants, de sa femme, de ses parents ne le rend plus heureux mais lui devient un fardeau. S'il est engagé dans une occupation élevée, socialement ou intellectuellement, cela lui semble maintenant étranger à son âme: il voudrait échapper à lui-même, mais il ne peut le faire. Il est indubitablement difficile pour lui d'être avec ceux qu'il a criminellement trompés- sa femme par exemple s'il l'a trompée, ou son employeur, s'il l'a volé. Il recherche alors la solitude ou la compagnie de gens qui n'ont rien contre les choses qui pèsent sur sa conscience. Mais en tout cas, il recherche l'oubli et il peut le trouver pour un court répit, dans l'alcoolisme seulement pour être ensuite plus écrasé par les reproches redoublés de sa conscience et demandant l'oubli à nouveau et encore, au fond il trouve le désespoir et souvent le suicide, la destruction éternelle de son âme, après quoi, même les prières de I'Église sont impuissantes. Bienheureux le pécheur horrifié à temps par sa chute qui l'admet devant le prêtre et demande pardon à ceux envers lesquels il est coupable. Mais plus profonde aura été la chute, plus endurcie sera l'âme et plus il lui sera difficile de s'humilier et de se repentir. Si maintenant vous êtes empli de sentiments de repentance, alors vous devriez réaliser qu'à chaque fois que vous répétez ou aggravez votre péché, le sentiment de repentir devient plus faible et s'enfuit de vous comme une ombre matinale. Il n'est pas fortuit que le pécheur dans I'Église même s'écrie douloureusement : «Je n'ai ni les pleurs, ni la repentance, ni la componction, mais Toi, ô Dieu Sauveur, accorde-les moi !» Recherche les joie spirituelles, les joies du pur amour et de la conduite de rectitude. Force-toi à faire au moins quelque action pour accomplir ce commandement; prescris-toi un labeur pour la gloire de Dieu et le salut de ton âme, alors le péché perdra continuellement son attraction pour toi et enfin ( et peut-être immédiatement ) te paraîtra odieux car ainsi que l'écrit l'Apôtre :" Marche selon l'Esprit, et tu n'accompliras pas les oeuvres de la chair.»

S'il doit faire que ses enfants spirituels ne désirent des miracles et des visions et ne Lui en demandent, le prêtre devrait leur rappeler que mentalement, ils doivent se mettre devant Dieu pendant la prière, de plus, et ceci est particulièrement important, on devrait se souvenir que mentalement nous levons les yeux vers Dieu pendant la prière, mais que le Seigneur lui aussi baisse son regard vers nous, sondant nos coeurs, lisant nos pensées et prenant soin de nos demandes et de nos paroles de louange. Cette pensée repousse toujours l'inattention et la distraction pendant qu'une personne prie. Car si une personne parlant à un Roi fait attention à chaque parole que dit le Roi et se pénètre de sa signification, se concentre, est remplie de respect, alors il s'ensuit que quiconque parle au Seigneur, se sentant le regard de Celui Qui Voit Tout dirigé sur lui, sera empli d'un frisson de révérence et de sainte componction.

Confession quotidienne des péchés.

 

Je Te confesse, mon Seigneur , Dieu et Créateur, à Toi glorifié et adoré dans la sainte Trinité du Père, du Fils et du saint Esprit, tous les péchés que j'ai commis tous les jours de ma vie, à toute heure, maintenant et dans le passé, jour et nuit, en pensée, parole et action, par gloutonnerie, ivresse, paroles oiseuses, acédie, indolence, contradiction, négligence, agressivité, égoïsme, avarice, vol, mensonge, malhonnêteté,curiosité, jalousie, envie, colère, ressentiment et souvenir des injustices à mon égard, haine, esprit mercenaire et aussi par tous mes sens, la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, et tous les autres péchés, spirituels et corporels par lesquels je T'ai irrité, mon Dieu et Créateur et par lesquels j'ai causé des injustices à mon prochain. Triste à cette pensée, mais déterminé au repentir, je me tiens coupable devant Toi, mon Dieu. Aide-moi seulement mon Seigneur et Dieu, je T'en prie humblement par mes larmes. Pardonne-moi mes péchés passés par ta Miséricorde et absous moi de tout ce que j'ai confessé en ta Présence car Tu es bon et ami de l'homme. Amen !

 

LA CONFESSION

d'après les dix Commandements (EXODE 20,1-17)

 

PREMIER COMMANDEMENT

Moi, l'Éternel, je suis ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison des esclaves. Tu n'auras pas d'autres dieux en face de moi.

Avez-vous toujours la pensée et la crainte de Dieu en votre coeur ?

Votre foi est-elle ébranlée par le scepticisme et le doute ?

Remettez-vous en cause les saints principes de la foi orthodoxe ?

Demandez-vous à Dieu d'affermir votre foi ?

Vous arrive-t-il de désespérer de la miséricorde de Dieu ?

Priez-vous chaque jour, matin et soir? Votre prière est-elle fervente ?

Assistez-vous aux offices divins à chaque fois que cela vous est possible ? Les manquez-vous pour des raisons acceptables ?

Préférez-vous lire des livres religieux et en fait en lisez-vous ?

Avez-vous lu des livres athées et hérétiques par curiosité malsaine ?

Quand I'Église le demande, faites-vous volontiers des donations pour des oeuvres charitables et pour l'Église ?

Avez-vous consulté des diseuses de bonne aventure ?

Avez-vous participé à des séances de spiritisme ? de magie ?

Lisez-vous des horoscopes ? Vous intéressez-vous à l'occultisme ?

Avez-vous oublié la chose la plus importante de l'existence, c'est-à-dire la préparation pour l'éternité et ce que vous répondrez à Dieu pour vous être adonné à la vanité, à l'indolence, au vain plaisir et à la négligence ?

DEUXIEME COMMANDEMENT

Tu ne te feras pas de statue ni aucune forme de ce qui est en haut dans le ciel, ou de ce qui est en bas sur la terre, ou de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point.

Dieu a-t-Il pour vous la première place ? Peut-être que Dieu ne prend pas chez vous la première place qui est laissée à quelque chose chose d'autre comme par exemple l'accumulation d'argent, l'acquisition de propriété, l'amusement, la distraction, la nourriture ou la boisson, les vêtements, l'apparence extérieure, le désir de ne vous consacrer qu'à vous-même, celui de jouer le premier rôle en tout, de recevoir des louanges, de passer votre temps à vous distraire, à lire des livres frivoles etc... ?

Etes-vous distrait de la pensée de Dieu par une passion pour la télévision, le cinéma, le théâtre, les jeux de cartes ?

Peut-être, à cause des soucis occasionnés par votre famille, oubliez-vous Dieu et évitez-vous de Lui être agréable en faisant ce qu'attend de vous l'Église ?

S'il en est ainsi, cela signifie que vous servez une idole et que celle-ci et non Dieu a la première place pour vous.

Peut-être que l'art, le sport ou l'étude tiennent chez vous la première place ? Peut-être que quelque passion (amour de l'argent, gloutonnerie, amour charnel) a pris possession de votre coeur? Vous êtes-vous fait une idole de vous-même par orgueil ou égotisme?

Examinez-vous.

TROISIEME COMMANDEMENT

Tu ne prendras point le Nom de L'Éternel , ton Dieu, en vain, car l'Éternel ne laisseras pas impuni celui qui prendra son nom en vain.

Utilisez-vous un langage ordurier dans la conversation de tous les jours ?

Avez-vous utilisé d'une manière irréfléchie et irrévérencieuse le Nom de Dieu, ou, ce qui est pire, avez-vous plaisanté à propos d'une chose sainte ?

Ou bien, Dieu préserve!, dans un accès d'amertume, de colère ou de désespoir, vous êtes-vous laissé aller à maugréer contre Dieu ou à L'insulter ?

Avez-vous fait un serment que vous n'avez pas respecté ?

Vous êtes-vous laissé aller à l'acédie ?

Avez-vous prié d'une manière distraite ou sans être attentif à ce que vous disiez ?

QUATRIEME COMMANDEMENT

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.

Avez-vous violé la sainteté des dimanches et jours de fêtes fixés par l'Église en travaillant pour un gain ou un profit quelconque ?

Au lieu d'assister aux offices divins les jours de fêtes, passez-vous votre temps à vous distraire, au bal, au théâtre, au cinéma ou en d'autres lieux où nulle mention n'est faite de Dieu ?

Avez-vous organisé de telles distractions ou rassemblements qui ont ainsi empêché les gens d'aller à I'Église ?

Assistez-vous d'une manière consciente aux offices divins ? Arrivez-vous à l'Église en retard, au milieu ou à la fin de l'office ? Quittez-vous l'Église avant la fin de l'office ? Assistez-vous à l'office le dimanche et les jours de fête ?

Aidez-vous les pauvres et les nécessiteux ?

Respectez-vous les carêmes prescrit?

Vous est-il arrivé d'être ivre ou d'utiliser des drogues ?

CINQUIEME COMMANDEMENT

Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.

Avez-vous quelquefois manqué de respect à vos parents, avez-vous été inattentifs à leurs avis et à leurs inquiétudes à votre égard ? Avez-vous pris soin d'eux dans leurs maladies et leur vieillesse ?

Si vos parents sont morts, priez-vous souvent, à l'Église ou chez vous pour le repos de leur âme ?

Avez-vous manqué de respect pour les prêtres de l'Église ? Les avez-vous critiqués ? Avez-vous eu du ressentiment envers eux quand ils vous ont rappelé l'éternité, la préparation pour l'éternité, le salut de votre âme, le péché, ou bien quand ils vous ont demandé d'obéir à l'Église et à ses règles ?

Avez-vous insulté quelqu'un qui était plus âgé que vous ?

SIXIEME COMMANDEMENT

Tu ne tueras point.

Nous n'avez pas tué quelqu'un physiquement au sens littéral mais peut-être avez-vous été indirectement la cause de la mort de quelqu'un: vous eussiez pu aider quelqu'un pauvre ou malade mais vous ne l'avez point fait, vous n'avez pas nourri ceux qui avaient faim, donné à boire à ceux qui avaient soif, reçu un étranger, vêtu ceux qui étaient nus, visité les malades et ceux qui étaient en prison (Mt 25,34-46) ?

Avez-vous commis un meurtre spirituel, c'est-à-dire, avez-vous mené quelqu'un hors du droit chemin; avez-vous été séduit par l'hérésie ou le schisme; avez-vous poussé quelqu'un à pécher ?

Avez-vous tué quelqu'un spirituellement par un déploiement de malice ou de haine ?

Pardonnez-vous à ceux qui vous ont offensé ?

Gardez-vous longtemps malice et ressentiment dans votre coeur ?

Vous blâmez-vous en tout ou en certaines choses seulement ?

Avez-vous eu recours à des opérations illégales (avortements) ce qui est aussi un meurtre, un péché conjoint de l'époux et de l'épouse ?

SEPTIEME COMMANDEMENT

Tu ne commettras point d'adultère.

Avez-vous vécu une relation charnelle avec quelqu'un du sexe opposé sans avoir reçu le sacrement du mariage de l'Église ?

Vous conduisez-vous librement et d'une manière licencieuse avec les membres du sexe opposé ?

Vous êtes-vous souillé en vous laissant aller à des pensées ou des désirs impurs et lubriques ? ou en lisant des livres pornographiques ou en regardant des images pornographiques ? ( chansons lestes, plaisanteries et films obscènes etc... )

Avez-vous commis des actes impurs seul ou avec d'autres personnes ?

Avez-vous commis l'adultère ?

Avez-vous eu des pratiques charnelles contre-nature ?

 

HUITIEME COMMANDEMENT

Tu ne voleras point.

Avez-vous volé la propriété de quelqu'un d'une manière directe ou indirecte ? - par fraude, ruses diverses ou conspiration ?

Peut-être n'avez-vous pas fait ce que vous deviez faire en retour d'un service reçu ?

Avez-vous souhaité ardemment avoir des possessions matérielles sans désirer les partager avec ceux qui en ont aussi besoin ?

L'avarice s'est-elle emparée de votre âme ?

Avez-vous accepté des choses volées ?

Avez-vous disposé de choses qui vous avaient seulement été confiées.

 

NEUVIEME COMMANDEMENT

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

Avez-vous médit de votre prochain ?

Avez-vous critiqué les autres, répandu des choses scandaleuses sur eux ou les avez-vous insultés pour ce que vous imaginez être leurs péchés et leurs vices ?

Aimez-vous écouter des rumeurs malsaines concernant certaines personnes et puis les répandre, étant alléché par le vain bavardage ?

DIXIEME COMMANDEMENT

Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni rien de ce qui appartient à ton prochain.

Enviez-vous les autres ? L'envie mène à la malice et à la haine et peut vous conduire à commettre des actes inconsidérés qui peuvent aller jusques au meurtre.

Confession quotidienne des péchés.

Je Te confesse, mon Seigneur , Dieu et Créateur, à Toi glorifié et adoré dans la sainte Trinité du Père, du Fils et du saint Esprit, tous les péchés que j'ai commis tous les jours de ma vie, à toute heure, maintenant et dans le passé, jour et nuit, en pensée, parole et action, par gloutonnerie, ivresse, paroles oiseuses, acédie, indolence, contradiction, négligence, agressivité, égoïsme, avarice, vol, mensonge, malhonnêteté,curiosité, jalousie, envie, colère, ressentiment et souvenir des injustices à mon égard, haine, esprit mercenaire et aussi par tous mes sens, la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, et tous les autres péchés, spirituels et corporels par lesquels je T'ai irrité, mon Dieu et Créateur et par lesquels j'ai causé des injustices à mon prochain. Triste à cette pensée, mais déterminé au repentir, je me tiens coupable devant Toi, mon Dieu. Aide-moi seulement mon Seigneur et Dieu, je T'en prie humblement par mes larmes. Pardonne-moi mes péchés passés par ta Miséricorde et absous moi de tout ce que j'ai confessé en ta Présence car Tu es Bon et Ami de l'homme. Amen !